Jun 2, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Episode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 9 : Yerebatan Sarnıcı, domaine de Méduse

Difficile de passer devant sans être frappé par sa majesté, son immense stature, ses six interminables minarets qui semblent déchirer le ciel. La Mosquée Bleue, qu’on appelle ainsi en raison des milliers de carreaux de faïence provenant d’Iznik qui en parent l’intérieur et dont la dominante de couleur créé un ensemble bleu, se voit de loin et attire nécessairement le regard. Ses façades sont de marbre, de ce marbre qu’on retrouve partout dans la ville sous de multiples formes, dans tous les lieux publics, sur les places, les fontaines, les pavements des magasins, et même jusque dans les toilettes publiques, à Beyazit, où des dalles de marbre séparent les cabines des toilettes à la turque et à la Süleymaniye où le marbre occupe richement le moindre espace dans les toilettes souterraines de la mosquée. Ce marbre veinée de gris et de bleu, d’une exceptionnelle finesse, n’est pas là par hasard. La région n’a pas l’air spécialement pourvue en minéraux, et il faut en réalité aller du côté d’une île au nom étrange, Proconnèse (île aux chevreuils en grec), qu’en turc on appelle Marmara Adası et qui donna son nom à la mer qui borde Istanbul. Marmara, c’est tout simplement le marbre, celui qui affleure et donne sa majesté à l’Istanbul ottomane en la parant de blanc, un blanc qui éblouit et donne mal à la tête lorsque le soleil s’y réfléchit.
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May 31, 2012 | Architectures, Arts |
Sur le site de la BNF/Gallica. De très belles illustrations.

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May 31, 2012 | Passerelle |

Photo © Etienne Cazin
Je comprends ce que j’ai. Mes journées passent lentement, je n’étais plus habitué.
Regarder passer une péniche festonnée de loupiotes de toutes les couleurs sous les frondaisons des saules, dont les innombrables doigts viennent frôler l’onde, assis au bord de la route, le front plongé dans mes pensées.
Au loin un oiseau lance ses trilles par-dessus les chapeaux d’un couple qui fait du vélo sur les bords de la Seine, et je me reprends doucement. Je retombe sur les lignes de Germain-Thomas, avec les oiseaux qui piaillent dans un arbre au loin :
Je comprends ce que j’ai. Mes journées passent lentement, je n’étais plus habitué.
Je suis seul. Je n’étais plus habitué.
Je suis solitaire, comme toujours.
Et ce qui me ronge est que j’ai déjà commencé mon voyage tandis que je reste ici, incapable de rompre les amarres, enfermé autant dans l’espace que dans mon esprit.
Je souffre sans vraiment m’en rendre compte, une violence sourde et handicapante.
Je vais mourir d’être ici.
Le contraire de ce que dit Depardon : « Bien seul, mais bien libre »
Ah oui, pas d’autres bruits que celui des jours qui ne se plaignent pas, la nature beuglant son silence aux oreilles écarlates. Les natures les plus éloquentes sont celles qui ne font pas de bruit superflus et les villes les plus belles sont celles qui n’ont aucunes prétentions. Il faudra se rappeler l’heure tout de même, on n’est pas éternel, il faudra se rappeler l’heure et prendre à bras le corps nos frustrations et les déposer au loin. J’avais l’idée de m’endormir un peu au chaud sous les arbres, mais le temps m’a rattrapé, c’était bon comme un soir d’été, avant qu’il ne pleuve.
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May 25, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 8 : Kedi ve köpek (Chats et chiens)

Voici un lieu que j’avais déjà visité dans mes rêves et dans lequel je me suis enfoui, trente six pieds sous terre. La citerne enfouie sous terre est une des innombrables réserves d’eau que les Romains ont laissé comme patrimoine à une Constantinople ottomane et la plus grande de toutes. Un peu plus loin se trouve Birbin direk ou citerne de Philoxenos, la citerne aux mille colonnes (224 en fait), aujourd’hui à sec et ouverte à la visite quand ils ont le temps, et plus bas, au pied de l’ancien hôtel de ville, celle de Théodose. On pense que la ville en comptait environ 80 dans ce genre et on se rend bien compte avec la géographie de la ville que leur emploi était essentiel notamment en cas de rupture des aqueducs lors des sièges.
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May 24, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 7 : Le Grand Bazar (Kapalıçarşı) et la mosquée Bayezid II (Beyazıt Camıı)

Le chat au pied du minbar de Sainte-Sophie
S’il est une chose qui surprend à Istanbul, c’est l’omniprésence des chats. Véritables rois des rues, ils se faufilent partout sous les palissades, par les vantaux des caves et investissent les poubelles qu’ils retournent avec une certaine dextérité, habitent certainement en colocation dans les maisons abandonnées qu’on trouve à tous les coins de rue. Les seuls chiens que j’ai vus se trouvaient sur la rive asiatique, à Üsküdar. Les uns ou les autres sont les rois du pavé, et ce n’est pas rare de les voir étendus sur le passage des badauds, pas inquiétés pour un sou par la présence des humains. Mon fils a même sympathisé avec un jeune chat qui tous les soirs nous attendait près du café des sports sur la place de Kadırga Meydanı et qu’il avait surnommé… Constantinople.
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