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Musique sou­fie

Musique sou­fie

Entraî­nante, enivrante à l’ex­trême, la musique sou­fie dont les rythmes lan­ci­nants par­viennent à che­viller l’é­mo­tion au corps, est une musique variée, dont l’aire d’ex­pan­sion s’é­tend de la Tur­quie au Pakis­tan. Du Qaw­wa­lî de la Chi­sh­tiyya (Inde et Pakis­tan) au Sama’ des Mev­le­vis (Tur­quie) en pas­sant par le Sûfyâ­na kâlam (Iran) et le Cem des Ale­vis (Tur­quie) jus­qu’au Mugham d’A­sie Cen­trale, la par­ti­cu­la­ri­té de cette musique est son ins­crip­tion dans un rituel reli­gieux dont la transe est le moyen prin­ci­pal de connaître l’ex­tase. La musique est une quête de spi­ri­tua­li­té pro­fonde qui passe par des expé­riences col­lec­tives. Le dikr (évo­ca­tion) consis­tant à répé­ter sans cesse le nom de Dieu (ou d’Al­lah) est le prin­cipe de base de cette reli­gion à part dans l’Is­lam. En effet, si le sou­fisme est rat­ta­ché à la sphère d’in­fluence de l’Is­lam, elle est consi­dé­ré par la com­mu­nau­té musul­mane comme une croyance pré-isla­mique, voire païenne. Dans le mev­le­visme (mou­ve­ment ins­pi­ré par Dja­lâl ad-Dîn Rûmî et aux­quels sont rat­ta­chés les der­viches tour­neurs), le cœur de la croyance est l’a­mour spi­ri­tuel por­té à son paroxysme ; c’est la rai­son pour laquelle on appelle sou­vent le sou­fisme « reli­gion de l’a­mour ». Retrou­vez de nom­breux artistes de la musique sou­fie sur thesufi.com.

Ecstasy of God

Céré­mo­nie du Sama’ mev­le­vi des der­viches tour­neurs (der­viş)
Pho­to © Emma­nuele Contini

Pho­to d’en-tête © Vla­di­mer Shioshvili

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La baleine

Tout ce qui est ori­gi­nal risque d’être mal accueilli par cette baleine lourde et dérou­tante — le public.

Robert Louis Stevenson
Lettre à Sid­ney Covin,
datée du 28 sep­tembre 1890

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Cou­rir le monde avec la Table de Peu­tin­ger (Tabu­la Peutingeriana)

Cou­rir le monde avec la Table de Peu­tin­ger (Tabu­la Peutingeriana)

La Tabu­la Peu­tin­ge­ria­na est un objet fas­ci­nant qui ne peut lais­ser qui que ce soit indif­fé­rent. Décou­verte par hasard dans une obs­cure biblio­thèque de Rhé­na­nie-Pala­ti­nat en 1494 par un poète alle­mand, Conrad Celtes, ama­teur de belles lettres et foui­neur impé­ni­tent dans les reliques cultu­relles de son pays, elle fut léguée à son ami l’hu­ma­niste Kon­rad Peu­tin­ger dont elle prit le nom.

Tabula Peutingeriana - Pars VIII

Com­po­sée de plu­sieurs par­che­mins, il manque mani­fes­te­ment à cette carte dans la ver­sion pri­mi­tive une par­tie sur la gauche puisque la pénin­sule ibé­rique n’y est pas repré­sen­tée. Le fac-simi­lé de Conra­di Mil­lie­ri réa­li­sé en 1887 pro­pose une recons­ti­tu­tion de cette par­tie man­quante. C’est tout de même une repré­sen­ta­tion qui mesure dans son inté­gra­li­té 6.82m x 0.34m et couvre une par­tie du monde connu d’une époque loin­taine puis­qu’elle a été des­si­née au XIIIè siècle et ce n’est déjà qu’une copie d’une carte romaine qui aurait été rédi­gée sous Théo­dose au IVè siècle. En effet, cette carte est une repré­sen­ta­tion de l’Em­pire Romain, mais à ceci près que la volon­té de celui qui l’a des­si­né n’é­tait pas réel­le­ment de des­si­ner une carte, mais bien plu­tôt une sché­ma­ti­sa­tion d’un ter­ri­toire sous forme de réseau, car ce qui est repré­sen­té en pre­mier lieu, ce sont les routes qui rejoignent les villes entre elles avec cette pré­cieuse infor­ma­tion qui consiste à retrou­ver les dis­tances. La volon­té de son concep­teur était clai­re­ment de don­ner des indi­ca­tions pré­cises pour pou­voir éta­blir un iti­né­raire qui, au besoin, pou­vait aller de l’Es­pagne à Cey­lan, et peut-être même plus loin… Les iti­né­raires sont repré­sen­tés de manière très réa­liste par l’in­clu­sion de détails per­met­tant clai­re­ment l’i­den­ti­fi­ca­tion des lieux, ce qui est assez remar­quable pour un objet cen­sé avoir été conçu il y a 15 siècles.
La Tabu­la Peu­tin­ge­ria­na est consi­dé­rée comme la pre­mière repré­sen­ta­tion «ration­nelle» du monde. Si aujourd’­hui, il existe des cartes très pré­cises, notam­ment grâce aux repré­sen­ta­tions satel­li­taires, il n’existe aucun outil de ce genre…

Tabula Peutingeriana - Table de Peutinger

Cli­quez sur l’i­mage pour la voir dans son intégralité

A lire sur le sujet : Fran­cis de Coninck, Han­ni­bal à tra­vers les Alpes, une énigme de 2000 ans ; aug­men­té des routes romaines pré­to­riennes à tra­vers les Alpes selon la table de Peu­tin­ger, Les Grands iti­né­raires de l’his­toire, Edp Sciences, 1992, 128 p.

Liens :

  1. Copie du fac-simi­lé de Conra­di Mil­lie­ri sur le site de la Biblio­the­ca Augus­ta­na d’Augsbourg
  2. Copie de l’o­ri­gi­nal (ca. 1200)
  3. Copie avec dif­fé­rents masques per­met­tant de repé­rer des élé­ments actuels
  4. Un court docu­men­taire (en anglais) sur la Tabula
  5. Le décou­page du monde actuel selon les parchemins
  6. L’iti­ne­ra­rium roma­num (docu­ment le plus pré­cis per­met­tant la loca­li­sa­tion des élé­ments de la table), une ancienne carte romaine recons­truite avec la tech­no­lo­gie Inter­net avec laquelle on peut même réa­li­ser un iti­né­raire à l’é­poque romaine…
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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie — 11 août) : Pata­ra et Xan­thos, les grandes cités lyciennes

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie — 11 août) : Pata­ra et Xan­thos, les grandes cités lyciennes

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 10 août) : Les göz­leme d’Esra, Fethiye, le tom­beau d’Amyntas

Bul­le­tin météo de la jour­née (same­di) :

  • 10h00 : 37.8°C / humi­di­té : 29% / vent 7 km/h
  • 14h00 : 43.1°C / humi­di­té : 55% / vent 17 km/h
  • 22h00 : 42.2°C / humi­di­té : 81% / vent 6 km/h

Encore une jour­née qui s’an­nonce calme sous un soleil écra­sant. Les tem­pé­ra­tures sont sim­ple­ment affo­lantes et dépassent lar­ge­ment les 40°C. La rai­son vou­drait que je reste enfer­mé dans ma chambre semi-cli­ma­ti­sée ou à l’ombre d’un para­sol au bord de la pis­cine, mais rien n’y fait, je n’ar­rive pas à res­ter en place, même si je lézarde un peu en som­no­lant après un petit déjeu­ner copieux, à base de fro­mage blanc et de tisane de sauge.
Je reste en admi­ra­tion devant ce petit appen­dice qui dépasse de la cuvette des toi­lettes, où que je sois pas­sé depuis mon arri­vée ici, sur la par­tie anté­rieure et qui pro­pulse un jet d’eau puis­sant des­ti­né à se net­toyer. Évi­dem­ment, le sujet est un peu déli­cat à trai­ter, mais je suis admi­ra­tif de ce pro­cé­dé utile et effi­cace qui ne me laisse plus aucun doute sur l’hy­giène de ce peuple qui a l’ha­bi­tude des bains publics et des ablu­tions liées à la prière. Je rêve qu’un jour en France, dans ce pays qu’on dit asep­ti­sé et hygié­niste, on puisse prendre autant soin de son hygiène cor­po­relle, ce qui est loin d’être le cas.

Patara ÖrenyeriLe midi, je retourne déjeu­ner chez Ezra avant de refaire un tour par l’hô­tel pour lire un peu Amin Maa­louf au bord de la pis­cine et piquer une tête dès que la tem­pé­ra­ture devient intolérable.
Cet après-midi, j’ai déci­dé de me rendre à Pata­ra. Après tout, c’est le site le plus proche d’i­ci et je ne suis même pas allé le voir. En fait, quand on suit la direc­tion du site (les sites archéo­lo­giques sont signa­lés par des pan­neaux écrits en blanc sur fond mar­ron qui font pen­ser à ceux qu’on trouve au bord des auto­routes fran­çaises) qui se trouve au bout de la route qui tra­verse le vil­lage, on arrive à ce qui res­semble à un poste fron­tière. Je crois que c’est la pre­mière fois que je vois un site aus­si bien gar­dé. Il se trouve que c’est éga­le­ment l’en­trée d’un site très connu car il passe pour être la plus belle plage de la côte turque. J’a­voue sans honte que je n’y suis pas allé de tout mon séjour, trou­vant cer­tai­ne­ment qu’il y avait bien d’autres choses à faire que d’al­ler se bai­gner dans la Médi­ter­ra­née. Cela dit, avec du recul, je regrette un peu, mais je m’en remet­trai. Après la bar­rière, on arrive donc sur le site qui s’é­tend tout au long de la route. Dès lors que je com­mence à vou­loir prendre des pho­tos, je me rends compte que quelque chose ne va pas, mon appa­reil reste obs­ti­né­ment éteint. Je com­mence à angois­ser en me disant que si mon appa­reil me lâche main­te­nant, je ne vais plus pou­voir gar­der d’i­mages de tout cela ; c’est sim­ple­ment incon­ce­vable pour moi. En ten­tant d’é­ta­blir un diag­nos­tic, je me rends compte que la bat­te­rie est absente de son com­par­ti­ment et en une frac­tion de seconde, je la revois dans son char­geur, bien au frais sur la table de la chambre d’hô­tel. Je n’ai plus qu’à prendre des pho­tos avec mon téléphone.

Turquie - jour 16 - Cités lyciennes - 006 - Patara et Xanthos

Turquie - jour 16 - Cités lyciennes - 012 - Patara et Xanthos

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Les Biblio­thèques Vir­tuelles Humanistes

Les Biblio­thèques Vir­tuelles Humanistes

Voi­ci un site pro­po­sé par l’uni­ver­si­té de Tours, met­tant à dis­po­si­tion des cen­taines d’ouvrages de la Renais­sance numé­ri­sés comme par exemple cet exem­plaire superbe de De archi­tec­tu­ra de Vitruve, le livre qui ins­pi­ra tant Léo­nard de Vin­ci. On trou­ve­ra éga­le­ment une base de don­nées (BaTyR – Base de Typo­gra­phie de la Renais­sance) dans laquelle sont mises à dis­po­si­tion des cen­taines d’images de let­trines et de marques typo­gra­phiques, mais aus­si une belle gale­rie de por­traits gra­vés. Un lieu riche et suave dans lequel il fait bon muser.

De architectura - Vitruve

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