Jan 3, 2015 | Arts |
Abraham-Louis Breguet n’est pas qu’un simple horloger, c’est également un physicien français de renom qui s’est illustré par la création des pendules sympathiques. Si le physicien qu’il était s’est fait de l’horlogerie une spécialité, c’est à cause de sa préoccupation technique de pouvoir mesurer le temps d’une manière fiable et de mettre à disposition pour ses collègues des objets de haute technicité. Il a par ailleurs participé au développement d’un objet que tout le monde porte aujourd’hui ; la montre-bracelet.
Alors certes, ces pendules ont vraiment quelque chose qui les rend sympathiques, mais là n’est pas la question. Ces pendules sont dites sympathiques car elles fonctionnent en réalité par couple. La pendule fonctionne de manière autonome mais sa particularité consiste à activer une tige tous les jours à minuit. La tige vient se ficher dans une montre logée dans son berceau sur le dessus de la pendule. Cette tige actionne le mécanisme de la montre qui se remet à l’heure automatiquement.
Le mécanisme de la montre compare alors son heure à celle de la pendule et ajuste la fréquence de battement de son balancier. Après quelques jours, cette fréquence est correctement ajustée. Ce mécanisme constitue l’un des premiers systèmes à rétroaction qui ait été élaboré. En effet, une erreur est mesurée et, de la grandeur de cette erreur, le mécanisme déduit la correction à apporter afin d’annuler la dite erreur. Dans ce cas précis, la correction porte sur la vitesse et ce qui est mesuré est l’espace parcouru. L’erreur de vitesse est donc intégrée. Ainsi, aussi petite qu’elle soit, son intégrale tendrait vers l’infini si la correction était insuffisante. (source Wikipedia)
De son vivant, Breguet ne fabriquera que cinq horloges de ce type.
Les plus notables sont l’horloge fabriquée pour le sultan Mahmud II (1784–1839) et aujourd’hui conservée au musée du Palais de Topkapı à Istanbul, celle du Duc d’Orléans, la plus richement décorée et également la pièce d’horlogerie la plus chère vendue aux enchères (6,8 millions de dollars, chez Sotheby’s en décembre 2012) et enfin celle vendue au roi des Français Louis-Philippe Ier, le 23 août 1834, aujourd’hui conservée au Mobilier National. C’est à mon sens la plus belle pièce, par sa sobriété visuelle, ses lignes pures et son esthétique intemporelle, ainsi que par la finesse de la montre qui se fiche sur le berceau.

Pendule sympathique de Mahmut II — Abraham-Louis Bréguet — Musée de Topkapi — Istanbul

Pendule sympathique — Abraham-Louis Bréguet — vendue au roi des Français Louis-Philippe, le 23 août 1834 — Paris, Mobilier national — Isabelle Bideau

Pendule Sympathique Breguet du Duc d’Orléans ‑Abraham-Louis Bréguet

Pendule Sympathique Breguet du Duc d’Orléans (détail) — Abraham-Louis Bréguet
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Jan 2, 2015 | Sur les portulans |
La mer a généré en son temps des hordes de personnages étranges. Petit glossaire des gens de la mer.

Willem van de Velde le Jeune — Bataille navale de la guerre anglo-hollandaise
Pirate: Le pirate est le personnage malfaisant par définition. Il agit sans ordre d’une nation, mais pour son propre compte dans l’unique but de s’enrichir. Il s’attaque principalement aux navires battant pavillon de nations puissantes pour leur arracher leur butin, mais parcourt aussi les côtes. Parmi les plus redoutés, on compte Blackbeard (Barbe-Noire), mais les pirates ont aussi connu leurs losers. Le plus célèbre d’entre eux est sans conteste Stede Bonnet, qui a vécu à la même époque que le terrifiant Edward Teach qui trouva le moyen de se faire piller plusieurs fois par Barbe-Noire et à se faire pendre haut et court tandis que son ennemi juré fut décapité sur son navire La Revanche de la Reine Anne
par Maynard.
L’image traditionnelle du pirate est née dans les Caraïbes et a généré tout un imaginaire que des écrivains tels que Stevenson dans l’île au trésor ont su exploiter.
Corsaire: Le corsaire, à la différence du pirate, est mandaté par sa nation pour piller les richesses des nations ennemies. Le corsaire est porteur d’une lettre de course qui légitime son action. Les premiers corsaires français sont mandatés par François 1er à une époque où l’hégémonie ibérique sur les territoires du Nouveau-Monde devient insupportable.
Flibustier: Voici l’influence des Pays-Bas dans cette histoire. Ce terme vient du flamand vrij buiter
, ce qui correspond à peu près à qui s’enrichit de manière ponctuelle, libre et impunie. La flibuste se développe dans la mer des Caraïbes par des hommes peu scrupuleux naviguant sur des embarcations légères (sloops, pinasses) et rapides, vivant de rapines et n’ayant généralement pas l’étoffe de ces grands que l’on appelait pirates
. L’originalité de la flibuste, c’est l’organisation sociale très structurée et l’établissement d’une base sur la terre ferme.
Boucanier: Contrairement à l’idée reçue, le boucanier n’est pas forcément un marin. Il est souvent sédentarisé et sert de base arrière à la piraterie et à la flibuste. Le terme boucan désigne à l’origine la viande de bœuf frottée d’épices et séchée au-dessus d’un feu lent sur de longues perches installées sur les plages des petites îles caribéennes. Également hiérarchisés, les boucaniers approvisionnent les marins en vivres, nourriture et boisson.
Boucaniers et flibustiers constituent la population des “Frères de la Côte”.
L’émergence des ces populations étranges de mers prend ses racines dans le nouvel ordre mondial généré par la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. L’Espagne et le Portugal se partagent alors le monde et affrètent des galions pour vider le continent nouveau de son or. Ce trafic est incertain et soumis au vent. Dans un premier temps, les pirates vont infester les mers et les rivages pour guetter ces navires chargés d’or, mais aussi d’épices et de rhum. Ensuite, c’est sous l’impulsion de la France, des Pays-Bas et de l’Angleterre, indignés d’être ainsi écartés de cette course à la puissance, que la Guerre de Course va s’engager. Tout prend naissance dans ce creuset, entre les comptoirs établis dans les ports et la route maritime qui mène à l’Europe, dans la mer des Caraïbes, beaucoup moins armée et protégée que les côtes de l’Espagne ou du Portugal.
La distinction entre pirate et corsaire s’efface quelque fois, selon les humeurs des gouvernants. Ainsi, Francis Drake s’enrichit personnellement et abreuve la couronne d’Angleterre de richesses, tandis que le frère de la Reine, l’espagnol Philippe II mugit contre ses déprédations et finit par perdre la face en 1588 lorsque son Invincible Armada est défaite par le célèbre corsaire britannique. Pourtant, celui-ci finira empoisonné, considéré comme pirate alors que jamais il ne s’est enrichi au détriment de son pays.
Un autre corsaire célèbre, Surcouf aura une phrase qui définit bien ce qui se passait sur les mers pendant ces longs siècles. A un Anglais qui lui dit: Vous vous battez pour l’argent alors que nous autres soldats de la Marine nous nous battons pour l’honneur !
, il rétorquera: Alors nous nous battons tous les deux pour ce que nous n’avons pas…
.
Quelques liens:
Billet sauvé de la noyade depuis Empty Quarter.
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Dec 31, 2014 | Routes croisées |
Dernier jour de l’année, une nouvelle année qui se referme. Quoi de mieux qu’un prélude pour cela ?
The Fairy Queen d’Henry Purcell… tiré bien évidemment du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Je marche à l’envers, décidément. Dans un certain sens, je suis heureux que 2014 se termine pour tout un tas de raisons, et heureux aussi que 2015 arrive. Une année en 5 ne peut être qu’une bonne année.
[audio:prelude.xol]
Henry Purcell — The Fairy Queen — First Music, Prelude
New english voices, Academia Bizantina, direttore Ottavio Dantone
Une nouvelle année qui s’ouvre comme un bouton de lilas. J’ai déjà quelques projets personnels qu’il me tient à cœur de réaliser comme par exemple… faire tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire en 2014. Pour commencer.
Je crois bien que c’est la première année que je me laisse déborder de cette manière, la première année où je me dis que je n’ai vraiment pas eu le temps de faire ce que je voulais. Mes nouvelles responsabilités vont grandement m’occuper dès le 5 janvier prochain, et le 7 je soutiens mon deuxième master. Après, j’arrête, je n’irai pas plus loin. Voici déjà 3 ans que je me consacre à mes études et j’ai réellement l’impression d’avoir laissé tout le reste de côté. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais à présent, j’ai tout simplement envie de continuer à explorer la vie comme je le faisais avant et pour cela j’ai besoin de temps de cerveau disponible. C’est sans compter tout le stress généré et dont je n’avais pas spécialement besoin, surtout cette année.
Alors je laisse 2014 derrière moi, sans me retourner, et je continue. Ce fut l’année de mes quarante ans que je n’ai vraiment pas sentis. Quarante ans c’est quelque chose quand-même. Mais c’est beaucoup moins que tout ces gens plus jeunes qui passent leur temps à le laisser filer sans rien en faire. Avec tout ce qui remplit chacune de mes années je me dis que je fais comme Daniel Picouly — j’adore ce que dit ce type mais il me fatigue dès qu’il ouvre la bouche —, j’essaie de vivre deux vies en n’oubliant pas que je n’en ai qu’une seule.
Ces vacances de fin d’année m’ont été profitables. Parce que je n’ai rien fait, j’ai dormi, je me suis reposé, j’ai lu un peu, du bout des lèvres, j’ai regardé la nature blanchir au petit matin et écouté Bach, Purcell et Schubert plus que de raison. Et puis j’ai revu l’ami François, ce qui m’a rempli de joie. Encore une manière d’être dans l’excitation intellectuelle.
Il est temps de tout boucler, de laisser l’année se refermer tout doucement comme on referme un sachet de bonbons, histoire de ne pas en être écœuré. 2015 devrait démarrer sur les chapeaux de roues ; le tout étant de ne pas la laisser rouler trop vite. Cette année, j’aimerais repartir loin, me laisser baigner par d’autres mers, me laisser happer par d’autres atmosphères, chavirer au large, mais aussi, drôle d’envie, de partir visiter l’Allemagne… peut-être même l’Autriche… On verra bien jusqu’où me mènent mes pas, le principal étant de ne jamais s’arrêter.
2015, une année pour la couleur…
[audio:attoIV.xol]
Henry Purcell — The Fairy Queen — Acte IV — Now the winter come slowly
New english voices, Academia Bizantina, direttore Ottavio Dantone
Photo d’en-tête :
La querelle d’Oberon et de Titania par Sir Joseph Noel Paton
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Dec 28, 2014 | Balade luxembourgeoise, Carnets de route (Osmanlı lale) |
Une simple photo un peu jaunie de moi sur les marches du calvaire, sur la Grand Place d’Echternach, prise par mon grand-père. Nous sommes, il me semble, en 1985. Il faudrait que je m’en assure en retrouvant l’ordre chronologique des photos. 2014, c’est mon fils qui va sur ses douze ans, à peu près l’âge que j’ai sur la photo, qui monte sur le calvaire. Hasard heureux dont je ne me rends compte qu’une fois revenu et lorsque je regarde les photos que mon grand-père avait prises à l’époque. Culottes courtes, gilet croisé, chaussettes blanches, raie sur le côté ; je me rends compte à quel point je n’étais déjà plus du tout dans l’air du temps. Finalement, j’aurais passé ces quarante dernières années de ma vie en décalage.

Romuald au pied du calvaire d’Echternach
Echternach (Iechternach en luxembourgeois, Eechternoach ou Iechternoach en dialecte) est une petite ville d’à peine 5000 habitants, nichée dans un repli de la Sûre (D’Sauer) qui fait la frontière avec l’Allemagne. De l’autre côté du pont, Echternacherbrück, Deutschland.
Nous sommes à une trentaine de kilomètres de Luxembourg, à peine 25 de Trier (Trèves) en Allemagne. La ville en elle-même n’a pas beaucoup d’attrait, c’est une ville de moyenne importance, une sorte de poste-frontière qui ne ressemble plus beaucoup à ce qu’elle était du temps de sa splendeur. La Grand Place et la Place du Marché (Marktplatz), mais également l’hôtel de ville, le Dingstuhl (ou Denzelt, instance administrative et judiciaire), témoigne de la puissance passée de la ville. La présence du culte de Saint Willibrord, saint patron du Luxembourg et de la basilique fondée sur la crypte où il repose est en outre un symbole culturel identitaire fort pour les Luxembourgeois.

Echternach (Luxembourg) — Eglise Saints Pierre et Paul

Echternach (Luxembourg) — Eglise Saints Pierre et Paul
Dans cette petite ville tranquille, loin des lieux touristiques, se trouve une petite église, perchée en haut d’un rocher et à laquelle on accède par une volée d’escaliers moussus. A l’intérieur de l’église Saints Pierre et Paul, entre sobriété et polychromie, on trouve une atmosphère calme et colorée. Les vitraux modernes diffusent une lumière douce et les peintures des murs sont peintes dans un style très allemand, dans des polychromies qui donnent une bonne idée de la manière dont était décorées les églises naguère. Je reste quelques instants dans ce lieu un peu perché, un peu à mi-hauteur entre les hommes et les dieux, sans être dérangé par qui que ce soit. Un festival a lieu ici tous les ans, un festival de musique classique ; l’acoustique semble parfaite.

Echternach — Église Saints Pierre et Paul

Echternach (Luxembourg) — Rue des écoliers — Shullergaas

Echternach (Luxembourg) — Place du marché
En sortant de l’église, j’emprunte la rue des écoliers (Shullergaas) pour rejoindre la Place du Marché où se trouve le Dingstuhl. Sur la jolie place se trouve une fontaine fleurie et l’on trouve encore ici quelques arcades sur cette place pavée. La Grand Place, elle, laisse entrevoir ce que pouvait être la vie de cette ville ne serait-ce qu’au début du XXè siècle.
Echternach — Entrée de l’ancienne abbaye
Echternach — Marktplatz
Echternach — Marktplatz am Monats
Echternach — Dingstuhl
Echternach — Grand Place
Echternach — Rue de la Montagne
C’est ici que je retrouve le calvaire au pied duquel j’ai été pris en photo. Depuis cette rue remonte la rue de la Gare, gare qui n’existe plus depuis sa destruction en 1974. Le dernier train de la Sauerlinn (ligne de la Sûre) est parti de la gare d’Echternach en 1964. Aujourd’hui, c’est une gare routière qui occupe son ancien emplacement. Dans cette rue, c’est une longue succession de commerces, de restaurants aux enseignes parfois peintes pas tous ouverts, de petits magasins de vêtements, de tabacs que les Allemands frontaliers viennent envahir à cause du prix du tabac beaucoup plus intéressant que chez eux. La rue se termine par un portique, puis par la gare routière, au bord de la Sûre ; un immense parking attend le passage des cars qui parcourent la région. C’est apparemment le rendez-vous des marginaux des environs, punks à chiens, clochards errants, alcooliques que se cachent dans ce lieu d’échange, entre errance et no man’s land. Un type aux cheveux longs, canette de bière à la main, m’attend à la sortie des toilettes publiques de la gare ; il avait juste envie de parler, ce que je fais de bonne grâce.

Echternach (Luxembourg) — Basilique Saint Willibrord

Echternach (Luxembourg) — Basilique Saint Willibrord

Echternach (Luxembourg) — Basilique Saint Willibrord — Pierre Richardot

Echternach (Luxembourg) — Basilique Saint Willibrord — Ange et suaire de Véronique, Atelier de Trèves
Je remonte la rue pour revenir sur la basilique Saint Willibrord qui date du XIè siècle, bâtie sur une église carolingienne dont la crypte est l’unique vestige ; c’est ici qu’aujourd’hui se trouve le cénotaphe contenant les restes du saint protecteur du Luxembourg. C’est une immense bâtisse austère, dans un style roman classique qui ne date que de 1868, et si elle a été détruite en 1944, elle a par la suite été reconstruite à l’identique et la façade est directement inspirée de celle de Paray-le-Monial. L’intérieur est un intérieur de basilique intégrée à une abbaye bénédictine, c’est-à-dire foncièrement austère. Des cartes postales anciennes datant du début du XXè siècle montrent que l’intérieur a été décoré de polychromies et de motifs géométriques. Aujourd’hui, tout a disparu pour lui rendre un aspect conventionnel. Si le sarcophage de Willibrord a été conservé intact, c’est parce que malgré l’effondrement de la basilique et le bombardement qui l’a mise à terre, la crypte a été miraculeusement épargnée. Le cénotaphe a été remonté dans le chœur après sa restauration en 1868, puis redescendu dans la crypte après la consécration suite à la restauration en 1953. Un petit musée situé dans la sacristie me fait m’arrêter devant deux pièces superbes : Un statue pour le monument de Pierre Richardot et un ange et suaire de Véronique datant de la fin du XVè siècle réalisé dans l’atelier de Trèves.
Echternach — Intérieur de la basilique Saint Willibrord
Echternach — Choeur de la basilique Saint Willibrord
Echternach — Crypte de la basilique Saint Willibrord
Echternach — Façade de la basilique Saint Willibrord
Si la ville demeure importante par la consécration de Saint Willibrord comme saint protecteur du pays, elle est aussi connue pour sa procession dansante, inscrite sur la liste représentative de l’héritage culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette procession, si elle consacre le fait religieux, s’est trouvé fortement contestée par l’Église qui y voyait autrefois une rémanence de culte païen. Elle est aujourd’hui parfaitement intégrée à la vie religieuse et culturelle de la ville, rassemblant tous les ans plus de 13000 pèlerins. Cette procession dansante se fait dans toute la ville et sa particularité réside dans le fait que les danseurs sont reliés entre eux par des foulards blancs, brodés aux armoiries de la ville. Le caractère jubilatoire et dansant de cette procession en fait un objet d’étude ethnographique fascinant qui la fait remonter à un temps immémorial.
Echternach — Procession dansante
Echternach — Procession dansante — danseuses
Echternach — Procession dansante — danseuses et enfants
Echternach — Procession dansante — danseurs echternachois
Echternach — Procession dansante — procession du clergé
Echternach — Procession dansante — danseurs
Echternach — Procession dansante dans la cour de la basilique
Echternach — Procession dansante — femmes dansantes
Le matin, en arrivant, je me suis arrêté dans une supérette à l’entrée de la ville ; c’est ici que j’entends pour la première fois une langue jamais entendue jusque là. A la caisse, un couple de jeunes s’exprime dans cette langue dont on a peine à s’imaginer qu’elle est une vraie langue ; le luxembourgeois (lëtzebuergesch). Peut-être même est-ce ce dialecte d’Echternach et qui semble rouler sous la langue… ? Je quitte la ville dans cette atmosphère un peu mystique dont je m’enrobe, immergé dans les lieux de spiritualité et je file vers Vianden, en frôlant la frontière, en la traversant plusieurs fois, encore une fois.

Echternach (Luxembourg) — Rue du Pont
Voir les 25 photos de cette journée à Echternach sur Flickr.
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Dec 27, 2014 | Arts |
Voici un peintre que je ne qualifierais pas spécialement de bon peintre. En réalité, Oreste Adamovitch Kiprensky (Орест Адамович Кипренский) est un peintre académique pur, qui se situe dans la catégorie des peintres de la période romantique russe. Cet enfant illégitime sort de l’académie de Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg avec la médaille d’or et se fait connaître avec des scènes de bataille dans lesquels il insère des portraits ; sa carrière sera ensuite celle d’un peintre des grands du monde dans lequel il vit. Ses tableaux les plus célèbres restent celui du Colonel hussard Yevgraf Davydof et celui du poète Alexandre Pouchkine. Si sa peinture est absolument conventionnelle, pour ne pas dire un peu rasoir, Kiprensky demeure un grand dessinateur, ce qui nous indiqué par un nombre très important d’études, de nus à la sanguine et de pastels. Le portrait de Pyotr Olenin reste un exemple magnifique de son art au crayon. Le romantisme qui transpire de son œuvre fait de lui un capteur de son temps, d’un mélange de rigidité dans les attitudes et de légèreté dans les gestes ; une peinture qui n’est pas vraiment pas ma tasse de thé mais qui capte des lumières blafardes dans les carnations et qui témoigne que la peinture n’est que l’art d’attraper la lumière…
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait de Sergey Uvarov — 1815
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait de Pyotr Olenin — 1813
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait de Catherine Sergueïevna Avdouline, née Yakovlev — 1822
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait du Colonel Yevgraf Davydov — 1812
Orest Adamovich Kiprensky — Le jeune jardinier — 1817
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait du poète Alexandre Pouchkine — 1827
Orest Adamovich Kiprensky — Autoportrait — 1828
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait de Catherine Petrovna Rostopchinoy — 1809
Orest Adamovich Kiprensky — La pauvre Lisa — 1827
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait de A.O. Smirnova — 1830
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait du Prince Nikita Petrovich Trubetskoy — 1826
Orest Adamovich Kiprensky — Portrait de Bertel Thorvaldsen — 1833
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