Jul
16
2010
C’est l’été, il fait presque beau, j’ai décidé de ne pas trop écrire et de partager quelques textes originaux. En plein dans le texte de Colin Thubron, l’ombre de la route de la soie, j’exulte devant une série d’anecdotes délectables, comme l’histoire de l’agneau végétal.
Photo © Sarah Macmillan
La Chine et l’Ouest continuèrent pourtant à vivre dans l’ignorance l’une de l’autre pendant des siècles. Ainsi les Romains, connaissant le coton, s’imaginèrent que la soie poussait sur des arbres, pendant que les Chinois se fondaient sur ce qu’ils savaient du ver à soie pour en déduire que le coton provenait d’un animal. Ils s’inventèrent donc un « agneau végétal », une créature surgie du sol, laquelle broutait secrètement la nuit et mettaient bas des petits qui donnaient du coton. Les Romains voyaient dans les lointains Chinois un peuple doux et béni ; simultanément, se répandait en Chine la rumeur, vague au départ, de l’existence d’une puissante monarchie élective, au-delà de la Perse, dotée de citoyens honnêtes et paisibles.
Colin Thubron, L’ombre de la route de la soie
Folio, 2006, p148
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Jul
13
2010
Si les chroniques de l’époque sont exactes, le terrible empereur gisait dans sa tombe, sous mes pieds, entouré de ses épouses exécutées et au milieu d’une reproduction à l’identique de son empire — modèle vaste et compliqué, sillonné de rivières de vif-argent et animé par d’invisibles mécaniques. Sept cents mille ouvriers, dit-on, avaient trimé sur ce mausolée au cours des dernières années de son règne et, à l’achèvement de l’ouvrage, ceux qui en savaient trop avaient été emmurés dedans au moyen de portes de pierre qui s’abaissaient d’elles-mêmes. Dans la chambre funéraire, parmi des montagnes sculptées dans le cuivre et des villes de pierres précieuses, l’empereur navigue dans un cercueil en forme de barque, sur une rivière de mercure qui débouche dans une mer du même métal, sous un ciel de nuit constellé de perles.
Archer de Qin Shi Huangdi
Ainsi il s’était ménagé dans la mort un royaume miroir autonome, une maîtrise parfaite. Ses cités de gemmes bâties pour l’éternité faisaient écho au statisme des cieux. Des portes et des passages intérieurs, secrètement protégés par des arquebuses armées et pointées dessus, scellaient les frontières de son état posthume. Il avait emmuré le passé et l’avenir. Ses ancêtres, comme ceux de l’Empereur jaune, avaient sans doute été des barbares, et pourtant c’est de lui que la Chine tient son nom. Les lampes de graisse de phoque qui éclairaient sa tombe devaient, paraît-il, brûler à jamais.
Colin Thubron, L’ombre de la route de la soie
Folio, 2006, p39
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Feb
26
2010
Sur la route de Datong en Chine, dans la province du Shanxi se trouve le monastère bouddhiste de Xuan Kong Si ou Heng Shang (localisation). Datant du VIIè siècle, il a été élevé sur la paroi à cinquante mètres du sol pour éviter les crues de la rivière qui se trouve en contrebas. Chef d’œuvre d’architecture aérienne, il semble reposer sur de fins piliers à peine posés sur la paroi, mais en réalité son entière structure repose sur un réseau d’énormes poutres en bois fichées horizontalement dans la paroi. Le paysage de vallée au pied du monastère contraste avec la verticalité de l’endroit et offre un panorama splendide sur les montagnes alentour.
Photo © EmmaG
Quelques photos assez impressionnantes ici.
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