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La baleine

Tout ce qui est original risque d'être mal accueilli par cette baleine lourde et déroutante - le public. Robert Louis Stevenson Lettre à Sidney Covin, datée du 28 septembre 1890

Le pha­raon cannibale

Lorsque le pharaon lui-même est plus grand que le plus grand des dieux, il les mange... Le pharaon devient dieu lui-même par le couronnement, il s'approprie la force des couronnes au sens le plus réaliste, en les mangeant. C'est de la même façon qu'il s'approprie la...

Le vam­pire de Ropraz

Le vam­pire de Ropraz

Jacques Chessex est très certainement trop peu connu. Mais qu’on ne s’y trompe pas ; celui qui fut Prix Goncourt en 1973 pour L’ogre est Suisse (comme ça c’est dit, histoire d’éviter l’appropriation). Il est d’ailleurs le seul Suisse à avoir obtenu ce prix, ainsi que...

Le pre­mier écri­vain social

Une devise qui résonne comme un bourdon, et surtout qui empêche de se complaire dans la paresse de l'esprit. Gardez-vous de l'ignorance et de la misère et de toute leur descendance, mais surtout de la première. [...] Hâte-toi, Babylone, [...] d'effacer son nom qui te...

Que deviennent les per­son­nages de papier… ?

Ceux de Falesa

Robert Louis Stevenson a fini sa courte vie (il est mort à 44 ans d’une crise d’apoplexie) dans les îles Samoa. Sa santé précaire depuis son plus jeune âge et un emphysème chronique lui rongeant les poumons le forcèrent à quitter le climat humide et froid de son...

Voir la mer — avec Fer­nand Braudel

Voir la mer — avec Fer­nand Braudel

Baie de Kekova, Lycie Turquie, août 2012 Parmi les références qu'il fait avoir fait l'effort de lire, je pense sincèrement que Fernand Braudel fait partie de ceux qui ont le mieux dit l'Histoire, car il a toujours regardé l'Histoire des Hommes par une lorgnette...

Le déluge au Baron d’A­lep — Par­tie 3

Thi­rion res­ta incons­cient pen­dant deux heures. On l’avait trans­por­té dans sa chambre, et le méde­cin appe­lé par Maz­lou­mian avait diag­nos­ti­qué une com­mo­tion sans gra­vi­té. Il se réveille­rait avec un mal de crâne et un trou dans la mémoire, mais rien de plus.

Le déluge au Baron d’A­lep — Par­tie 2

L’inscription ara­méenne disait : « Ceci appar­tient à la mai­son de Nabû-kudur­ri-usur, que nul ne le prenne. » Nabû-kudur­ri-usur. Nabu­cho­do­no­sor, en grec. Le roi de Baby­lone, celui qui avait détruit Jéru­sa­lem et dépor­té les Juifs, celui dont le nom réson­nait encore dans les malé­dic­tions bibliques. Mathilde avait relu ses notes trois fois pour être certaine.

Le déluge au Baron d’A­lep — Par­tie 1

Le train de Tau­rus entra en gare d’Alep avec trois heures de retard, ce qui n’étonna per­sonne. Mathilde Ver­dier des­cen­dit sur le quai dans la lumière décli­nante de novembre, sa valise à la main, son sac de tra­vail en ban­dou­lière. Elle por­tait un tailleur gris qui avait été élé­gant au départ de Bey­routh et qui ne l’était plus.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 10 à 12

Hel­sin­ki. 1955. Elle trouve le por­trait le len­de­main de sa visite à Sibe­lius. C’est par hasard. Elle se pro­mène dans les cou­loirs du Kämp, ces cou­loirs qu’elle connaît par cœur et qu’elle redé­couvre, chan­gés et identiques.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 7 à 9

Ber­lin. 1923.L’inflation est folle. Un dol­lar vaut quatre bil­lions de marks. On trans­porte l’argent dans des brouettes pour ache­ter une miche de pain. Les gens brûlent les billets pour se chauf­fer — c’est moins cher que le bois.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 4 à 6

Saint-Péters­bourg. 1910. Elle arrive par le train de nuit, celui qui part d’Helsinki à onze heures du soir et qui tra­verse la fron­tière à l’aube. La Fin­lande est encore russe, à cette époque. Un Grand-Duché de l’Empire, avec ses propres lois et sa propre mon­naie, mais russe quand même. Le Tsar est le Grand-Duc. Les sol­dats russes patrouillent dans les rues. Et les artistes fin­lan­dais vont à Saint-Péters­bourg comme on va à la capi­tale, parce que c’est là que tout se joue.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 1 à 3

Le fer­ry accoste à huit heures du matin. Novembre. Il fait encore nuit. Alma Löf­gren des­cend la pas­se­relle avec cette len­teur qu’elle a apprise à trans­for­mer en majes­té. Soixante-quinze ans. Une canne à pom­meau d’argent qu’elle n’utilisait pas il y a dix ans et qu’elle uti­lise désor­mais, non par néces­si­té mais par coquet­te­rie — une canne de diva, une canne de femme qui a chan­té Isolde et qui entend qu’on s’en souvienne.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 6

Le der­nier jour. Lars s’est réveillé avec la lumière. Louise était déjà habillée, assise au bord du lit, son télé­phone à la main. — Mon vol est à qua­torze heures.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 5

Le len­de­main, tout a bas­cu­lé. Lars s’est réveillé avec le bruit. Des cris, des klaxons, quelque chose qui res­sem­blait à des pétards mais qui n’en était pas. Il s’est redres­sé d’un coup. Louise était déjà debout, à la fenêtre.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 4

Le matin est venu trop vite. Lars s’est réveillé seul dans le lit. Les draps à côté de lui étaient frois­sés, encore tièdes. Il a enten­du l’eau cou­ler dans la salle de bain, et il est res­té allon­gé, à regar­der la lumière fil­trer par les persiennes.