Mar 8, 2011 | Arts, Livres et carnets |
Des dessins, des croquis, un geste simple et efficace et de l’encre de Chine, c’est une recette qui réussit spectaculairement à Antoine with ink qui met en scène avec une parfait sobriété ses croquis partiels. Il se dégage de ce travail une certaine force de caractère et il en ressort une vision apaisée de la ville. Du beau boulot à regarder sans modération.

Antoine with ink.
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Mar 7, 2011 | Arts, Histoires de gens |
L’histoire d’Eros et Psyché est une histoire tragique comme les Grecs les aimaient tant, une histoire dans laquelle Psyché, femme à la beauté incroyable se voit l’objet de cultes et de dévotions de la part des Hommes, mais ne trouve pas de mari pour l’épouser, contrairement à ses deux sœurs. Le culte dont elle est l’objet agace fortement Aphrodite, jalouse qu’on puisse la concurrencer. Elle envoie alors Eros pour la séduire et la punir en faisant en sorte qu’elle tombe amoureuse d’un humain méprisable, mais l’histoire tourne court quand Eros lui-même tombe amoureux de sa proie à la beauté insoutenable en se blessant avec une de ses flèches (car Eros n’est ni plus ni moins qu’un angelot armé d’un arc et de flèches…). Psyché arrive à échapper au cruel destin que la Pythie lui prédit et Eros la rejoint dans la palais d’or dans lequel Zephyr l’a déposée. Tous les deux passent leurs nuits à faire l’amour (c’est en tout cas comme ça que je traduis la scène ; il y a peu de chances pour que leurs nuits fussent passées à lire les Métamorphoses d’Ovide…) mais le dieu de l’amour demanda à son amante de ne pas chercher à connaître son identité. Comblée, elle souhaite toutefois découvrir l’identité de son amant qui la quitte tous les matins avant l’aube, et tandis qu’elle tend une lampe à huile au-dessus du visage du jeune homme, une goutte tombe sur son épaule et le réveille. Furieux, il s’enfuit et Aphrodite soumet la traîtresse à une série d’épreuves dont elle ne sortira pas indemne. Eros la ranimera d’un baiser… et l’emmènera devant Zeus qui lui fera boire l’ambroisie, pour lui donner l’éternité.
Cette histoire d’amour complexe et tourmentée a inspiré bon nombre d’artistes dont ils ont rendu des versions plus ou moins heureuses, plus ou moins sensuelles… Petit tour d’horizon avec des peintres peu connus et un sculpteur.

Károly BROCKY (Hongrois): Eros est représenté avec le corps d’un adolescent, mais à regarder de plus près, on jurerait que c’est le corps d’une personne de petite taille. Les proportions sont étrangement courtes et on voit bien que la jambe d’Eros est plus petite que celle de Psyché. Son tronc semble par contre trop grand. Sa position défie les lois de l’attraction et nous confirme que nous sommes bien en présence d’un être fantastique. C’est une œuvre qui m’a l’air neutre, sans grand intérêt, surtout pour un peintre tardif.

François-Édouard PICOT (Français): De la part d’un peintre néoclassique, on pouvait s’attendre à trouver dans cette histoire un sujet parfait. Nous avons ici un Eros gambadant, dans un style lyrique et enlevé dans un décor drapé, propret et ordonné. Même les ailes d’Eros ne sont pas froissées après cette nuit d’amour. Tout ici semble trop rangé, trop mis en scène, la toile manque cruellement de spontanéité, et au lieu d’une nuit d’amour passionnée, on se croirait plutôt dans une pièce de théâtre antique parfaitement accessoirisée. Toutefois, la lumière est absolument superbe.

Hugh Douglas HAMILTON (Irlandais): J’aime beaucoup celui-ci (peut-être parce que Psyché ressemble à une fille que je connais). Le mouvement d’Eros est tout en tension et enveloppe son amante. Ici le décor n’est plus une chambre, mais nous sommes en pleine nature, ce qui augmente l’impression de clandestinité, et Psyché étrangement, a les yeux ouverts. Pour le coup, je me demande si la scène correspond à la période où ils se rencontrent dans le secret ou si ce n’est pas le moment où il la ressuscite, d’autant qu’elle aussi porte une paire d’ailes. Est-ce parce que l’auteur est Irlandais, mais il me semble que les amants ont les cheveux roux, non ?

Jacques-Louis DAVID (Français, à ne pas confondre avec le coiffeur): Je n’ai jamais beaucoup aimé David, trop pompeux à mon goût, trop partisan ou trop napoléonien pour être honnête. Ici, il me donne une autre bonne occasion de ne pas spécialement l’apprécier, car je trouve l’œuvre présente ridicule. Si cette Psyché m’indiffère par sa froideur, Eros a la trogne rouge et avinée d’un faune bacchusien et le cheveux luisant. On croirait un soûlard qui vient de tirer son coup, plutôt fier de ses prouesses. De plus, on a presque l’impression qu’il regarde le peintre de la scène… Vraiment, je la trouve inconvenante.

Joshua REYNOLDS (Anglais): Voici certainement la représentation que je trouve la plus belle et la plus sensuelle car la scène est prise sur le vif ; la main ouverte de Psyché le signifie bien. Eros, quant à lui, est ici désacralisé ; c’est un être frêle, pâle et jeune, mais d’une beauté troublante. Son sommeil a l’air profond et l’expression de son amante traduit son admiration, et certainement aussi le soulagement. Reynolds fut le maître de William Turner.

Antonio CANOVA (Italien): Je me souviens que mon professeur de dessin détestait Canova et qu’il m’invitait à me détourner de son œuvre, qui est pourtant d’une grand finesse, si l’on exclue son propre tombeau, particulièrement de mauvais goût. Cette sculpture de Canova est à mon sens d’une grande beauté. C’est ici la scène de la résurrection qui est évoquée et la position d’Eros soutenant le corps de son aimée qui à sa tour le prend de ses deux mains et un geste d’une finesse et d’une délicatesse hors du commun, fluide et naturelle, même si au fond, si on enlève toute poésie à la situation, je doute qu’il puisse la retenir par l’endroit où il la tient sans lui faire mal… (on me dit dans l’oreillette que ce n’est qu’une statue de marbre blanc et non de vrais êtres de chair). Canova a su transfigurer la scène et la rendre légère et sacrée, ce qui n’est pas forcément le cas des autres œuvres.
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Mar 5, 2011 | Histoires de gens |
Voici le temps où je n’ai plus à me plaindre de n’avoir rien à dire… Deux histoires qui se profilent, des mots qui s’assemblent, des bribes de scenarii qui s’agencent comme un désir fulgurant. Je ne prévois pas de dormir plus que de raison ces prochains temps. J’ai repris des forces ces derniers jours, l’air de rien, l’air de ne pas y toucher, les touches me glissent sous les doigts et puis pourquoi pas une seule histoire après tout. Il faut que je recherche dans les tréfonds de mon âme et de mon histoire personnelle pour retrouver une telle émotion, une telle envie de puissance, même si en apparence tout tend à démontrer le contraire. Rien ne va très bien, mais d’expérience, je sais que ce sont des moments de crise que surgissent les événements les plus importants d’une histoire. A moi de provoquer le destin.
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J’aime bien prendre la catastrophe de la Tunguska comme une métaphore de ce qui arrive parfois dans un parcours. Un événement surgi de nulle part dévaste tout, sans raison apparente et sans cause connue. La catastrophe détruit tout dans un rayon de 20 kilomètres, occasionne des dégâts sur plus de 100 et se fait entendre sur plus de 1500… et tout le monde s’en contrefout car il n’y a rien de connu au milieu de cette nature, rien qui ne soit cher à qui que ce soit. Tunguska, c’est un Hiroshima à l’envers ; une catastrophe dont on se fout n’est plus une catastrophe, c’est juste un événement isolé.
C’est la loi du témoignage. Si personne n’est là pour attester d’un fait, le fait n’existe pas. Pour qu’il y ait un assassinat, il faut être trois. Un assassin, une victime et un témoin. Sans témoin, ce n’est pas un assassinat, c’est une disparition et il n’en reste plus qu’un. Qui était là pour attester du meurtre d’Abel par son frère ?

Abel et Cain par Tintoretto (Jacopo Robusti)
La loi du témoignage nécessite toujours d’avoir quelqu’un pour attester. J’aime beaucoup ce mot, attester. Il porte en lui une certaine solennité, un je-ne-sais-quoi d’à la fois pompeux et de grave. De la même manière, on pourrait dire également que l’amour n’existe pas à deux mais à trois. Un amant, une amante (ou un autre amant, ou deux amantes…) et un jaloux, ou éconduit… Le troisième vient attester du fait que les deux autres s’aiment et fonde leur amour en en étant exclu. L’aigreur de l’amoureux éconduit est le témoignage de l’amour universel. Existe-t-il en dehors de cela ?
Y aurait-il des malades s’il n’existait pas de médecins ?
Y aurait-il la paix s’il n’y avait pas eu des guerres ?
Aurait-on des vacances si on ne travaillait pas ?
Et surtout l’amour existerait-il réellement s’il ne contenait pas déjà en lui-même sa propre déception ?
…

Je crois également que l’oubli a un rôle à jour dans cette loi, l’oubli et le souvenir. Ce qui s’oublie par manque d’intérêt peut très bien ressurgir lorsque la mémoire collectée refait surface. On croit que les histoires d’un petit village l’ont plongé dans l’anonymat, mais quelqu’un sort de son carton de vieilles cartes postales jaunies, toutes droit sorties d’un autre temps, d’une autre réalité. Les histoires sont retrouvées, les langues se délient, tout à coup on se souvient de Mr Machin qui était un sacré bonhomme et qui collectait les bouteilles en verre consignées et de cette petite place sur laquelle il y avait une fontaine, et qu’on a rasé car elle menaçait de s’effondrer. Mais le souvenir est là, dans sa latence et il n’attend qu’un petit déclenchement pour surgir, comme un événement, comme dans la toundra, au beau milieu de nulle part.
J’ai trouvé un peu par hasard ce blog : Les Abbesses de Gagny-Chelles. Le premier billet que j’y trouve s’appelle ainsi : Carte postale rare du tabac de l’Abbaye (Gagny Quartier du Chesnay) alors forcément, je ne peux m’empêcher de sourire un peu, légèrement ironique parce que comme tout le monde, je me dis mais qui cela peut-il donc intéresser ?, et en déroulant le fil, la réponse devient évidente.

J’ai lu les histoires de ces familles implantées dans ce quartier, la famille Bogastsheff, la famille Gromoff et son café, Félipa Munoz, la centenaire, j’ai lu toutes ces histoires, des histoires communes, personnelles, de famille qui ont traversé notre histoire contemporaine. La mémoire collectée et retranscrite fonde leur anonymat comme une histoire. Le témoignage donne consistance à l’oubli et l’événement surgit…

La loi du témoignage est également une loi qui a une forte valeur en art. L’artiste est également témoin, il atteste d’une réalité qui peut paraître inconnue tant que celle-ci n’est pas attestée au travers de son œuvre. C’est ainsi que le réalité de certaines œuvres d’art paraît plus réelle que la réalité elle-même. Le rôle de l’artiste est d’apporter foi en ce que nous ne connaissons pas encore. Étrangement, le Stetind de Peder Balke semble prendre plus de réalité, plus de corps et d’épaisseur que la montagne elle-même…

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Feb 27, 2011 | Arts, Sur les portulans |
Au gré de mes recherches dans Paris, de ce temps que je mets à contribution pour m’enrichir et ressortir de ces promenades aussi émerveillé qu’un gamin un lendemain de Noël, je découvre ou plutôt redécouvre ces lieux de mémoires oubliés. Par je ne sais quelle circonvolution ou circumambulation, j’arpente des lieux au hasard de mes rencontres. Tout d’abord, coincé entre les gyros et les petits restaurants étriqués de la rue Saint-Séverin, parmi les odeurs d’épices et de poisson qui, dès le matin, chatouillent les sens, j’emprunte la rue Galande et me retrouve nez à nez avec le chevet de l’église Saint-Julien-le-Pauvre. Malheureusement, elle n’était pas encore ouverte lorsque je suis passé. Ce n’est pas un hasard si les Grecs et les moyen-orientaux de Paris se retrouvent ici, car son culte est greco-melkite, un culte orthodoxe dont la plupart des fidèles sont originaires de Syrie, de Jordanie, du Liban et de Palestine. C’est également une des plus vieilles églises de Paris, car son aspect actuel date du XIIIè siècle ; on peut y voir sur le flanc sud ce qui reste de l’ossuaire, constitué d’une dizaine d’arches dans lesquelles on enterrait les corps des défunts jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça.


En reprenant ensuite le boulevard Saint-Germain, je suis arrivé au chevet de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet qui m’a souvent intrigué par son aspect très baroque. Elle n’a à mon sens que peu d’intérêt à l’intérieur, si ce n’est le superbe cénotaphe que Charles le Brun a conçu pour sa mère et la chapelle de la Vierge, construite dans un étrange style byzantin détonnant un peu avec le reste du bâtiment. A la sortie de l’église, une fille assez grande au visage fermé, les cheveux en bataille, attendait en fumant une cigarette, donnant au lieu un petit air de lieu de rencontre clandestin, un je-ne-sais-quoi de secret et un rien tentateur…

J’ai filé ensuite vers l’Institut du monde arabe en bifurquant par la rue de Poissy et en remontant les quais de Seine, face à la Tour d’Argent, encore fermée à cette heure là. Toujours étonnant ces restaurants où le menu n’est pas affiché sur la devanture… Le ciel était couvert, sombre, laissant à peine passer quelques rayons de soleil, une soleil brut et métallique qui donnait un aspect froid à la façade décorée d’iris géométriques. Quelques gouttes sur le coin du nez… Un temps gris de Paris… Après avoir visité les collections Khalili avec mon fils émerveillé, je me suis rendu à la Mosquée. Sans y avoir pensé au préalable, je suis arrivé en pleine heure de prière. La caisse était fermée et je me suis retrouvé fort démuni face à une porte ouverte, une caisse muette, et des gens qui affluaient de toutes les directions. Un monsieur d’une soixantaine d’années m’a demandé ce que je cherchais et lorsque je lui ai dit que je préparais une visite pour des jeunes gens en réinsertion professionnelle… il m’a pris le bras et m’a fait visiter, en me larguant au milieu de la cour principale, car il devait aller prier. Je lui ai demandé s’il travaillait ici. Non, me répondit-il, il n’était qu’un simple fidèle parmi les fidèles.

Entre deux lumières, entre deux ombres, j’ai repris la route du retour avec dans la poche le secret de ces jours pendant lesquels la réalité s’estompe pour dévoiler un passé qu’on a du mal à s’approprier. J’essaie également de me répéter ces mots de la chahada que j’essaie d’apprendre, mais que par manque de foi peut-être, je n’arrive pas à retenir car ils sont trop éloignés de ma réalité:
اشهد ان لآ اِلَـهَ اِلا الله و أشهد ان محمدا رسول الله
Achhadou an lâ ilâha illa-llâh, washadou ana muhammad rasûlu-llâhi
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Feb 26, 2011 | Arts, Livres et carnets |

Dans les collections permanentes de l’Institut du monde arabe se trouve un objet tout à fait extraordinaire. De loin, on croirait un tissu fin, une sorte d’étole décorative sur laquelle sont dessinées des lettres avec une grâce subtile. En se rapprochant, on s’aperçoit vite que des mots sont enchâssés dans des cartouches. On apprend que ces mots sont les chapitres des sourates du Coran. En s’approchant jusqu’à avoir le nez collé sur la vitre qui le protège, on peut lire les textes des sourates à l’intérieur de ce qu’on prenait pour les motifs abstraits reproduits tout au long du rouleau, une écriture tellement petite qu’on ne peut la déchiffrer qu’à quelques centimètres, une micrographie surprenante de régularité et s’intégrant parfaitement aux motifs non-figuratifs. Un travail de titan répété sur 6,5 mètres, sur un rouleau d’à peine douze centimètres de large, un travail d’une élégance étourdissante…
L’origine de cette écriture est détaillée par Annie Vernay-Nouri dans un texte sur les manuscrits arabes calligraphiés.
L’utilisation des figures en micrographie peut être replacée dans le cadre d’une culture où l’écriture et sa réalisation artistique, la calligraphie, ont occupé une place fondamentale dans l’art. Instrument de matérialisation de la parole divine, l’écriture arabe a été dès sa naissance à la recherche d’un véritable accomplissement esthétique et décoratif. L’énonciation de règles de formation des lettres par Ibn Muqla et la formalisation en six styles classiques a correspondu à la volonté de normaliser des pratiques existantes et de codifier des écritures parfois mal définies. L’écriture ghubârî (de l’arabe ghubâr, qui signifie poussière) ne constitue pas à proprement parler un style spécifique mais désigne tout type d’écriture minuscule dont la taille varie entre 1,3 et 3 mm. Elle peut s’employer avec tous les genres d’écriture mais était surtout utilisée avec le naskhî et le riqâ’. Selon Shihâb al-Dîn al-Qalqashandî, mort en 821/1418, secrétaire de chancellerie sous les Mamluks et auteur d’un manuel de chancellerie al-Subh al‑a‘shâ fî Sinâ‘at alinshâ’, le ghubârî était à l’origine destiné aux messages urgents qu’on attachait à l’aile des pigeons.
En dehors de cette fonction réservée à la poste (barîd), cette écriture était surtout utilisée pour les petits corans, en forme de codex ou en rouleaux, ainsi qu’aux écrits à caractère talismanique. La confection de rouleaux, dont on a de nombreux exemples, est attestée dès les périodes mamluke et ilkhanide, mais elle leur est certainement antérieure et resta vivante en Iran et en Turquie au moins jusqu’au XIXe siècle. On y recopiait des versets coraniques connus pour leur pouvoir protecteur, comme le verset du trône dans la sourate al-Baqâra (II, 255). Dans deux rouleaux conservés à la BNF, (Arabe 571 et 5102) les versets se déploient en un large thuluth dans lequel s’inscrit en caractères minuscules le texte coranique ou bien à l’inverse, les mots se détachent en blanc, sur un fonds rempli d’écriture. Ce caractère magique et protecteur de l’écriture est aussi présent dans les corans de format miniature (parfois octogonal) destinés à être glissés dans les vêtements. De la même manière, on copiait vers et dessins prophylactiques sur les chemises talismaniques qu’on portait à même la peau sous les armures pour se protéger au combat.
L’emploi de cette écriture a perduré dans des compositions calligraphiques exécutées principalement en Turquie (Safwat, 1996) au XIXe siècle, où des maîtres comme Mehmet Nuri Sivasi se sont illustrés. Un autre usage plus anecdotique existe encore en Afghanistan : c’est celui de graver sur des œufs ou des grains de riz l’une des sourates les plus courtes du Coran.
Marges, gloses et décor dans une série de manuscrits arabes.
Annie Vernay-Nouri, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée
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