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11 heures de train en 3 minutes : Paris (Gare de Lyon) — Firenze (San­ta-Maria Novella)

Paris-Florence - Gare de Bardonecchia

Pour inau­gu­rer les quelques mots que je vais rédi­ger sur Osmanlı lale en ce qui concerne mon voyage à Flo­rence, je tenais à pro­duire une petite vidéo que j’ai pris un plai­sir fou à réa­li­ser. C’est une fois arri­vé à la Gare de Lyon — il était pour­tant tôt et l’es­prit était encore embru­mé — que j’ai eu cette idée et que j’ai ima­gi­né pou­voir faire ce qui peut res­sem­bler à une com­pi­la­tion de stock-shots, mais ce côté pure­ment arti­sa­nal me plait énor­mé­ment. Je suis drô­le­ment fier du résul­tat pour une pre­mière ten­ta­tive qui a bien failli ne jamais voir le jour. N’hé­si­tez pas à mettre en plein écran et à mon­ter le son, ça vaut le coup… (more…)

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Cita­tions exhumées

Lorsque j’é­tais étu­diant, épin­glées au-des­sus de mon bureau sur le liège, se trou­vaient des éti­quettes sur les­quelles j’a­vais noté cer­taines des cita­tions les plus coquasses ou les plus signi­fi­ca­tives au regard du sujet de mon mémoire. Dans les divers démé­na­ge­ments suc­ces­sifs qui ont eu lieu depuis cette époque, j’é­tais per­sua­dé de les avoir per­dues, mais au détour d’un car­ton exhu­mé de sous le lit, elles étaient là, col­lées les unes avec les autres, déla­vées, frois­sées, l’encre presque dis­pa­rue, les mor­ceaux de scotch jau­nis par le temps, comme si tout ceci remon­tait à une époque que je n’au­rais même pas pu connaître… Flo­ri­lège… (more…)

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Mys­té­rieux por­trait de femme du Fayoum (l’in­ven­tion de la pein­ture de che­va­let et du pointillisme)

Ne vous est-il jamais arri­vé de ren­con­trer une pein­ture qui vous trouble à ce point que vous n’ar­ri­viez pas à chas­ser l’i­mage de votre mémoire ? Ne vous est-il jamais arri­vé d’être à ce point trou­blé par le visage d’une femme que vous n’au­riez jamais pu connaître puisqu’elle est morte il y a des cen­taines d’an­nées, éloi­gnée de vous par un gouffre d’in­tem­po­ra­li­té, mais que vous vous disiez tout de même que vous auriez aimé la connaître ? C’est à peu près l’im­pres­sion que j’ai eu la pre­mière fois que j’ai vu ce visage peint exhu­mé du Fayoum.

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Magie bar­the­sienne des espaces

En 1975, Roland Barthes inau­gure une série d’au­to­por­traits, dans lequel il pro­po­se­ra au lec­teur un por­trait en forme de ful­gu­rances, de petites phrases qui ne man­que­ront pas d’é­vo­quer les Frag­ments, frag­ments héra­cli­téens qui disent une véri­té laco­nique et poussent au dépas­se­ment de soi. Pour moi, Barthes est au mieux dans son Jour­nal de deuil, le Barthes le plus poi­gnant, le plus authen­tique, le plus for­mu­laire. Roland Barthes par Roland Barthes, un joli conden­sé intimiste.

Vous êtes le seul à ne jamais vous voir qu’en image, vous ne voyez jamais vos yeux, sinon abê­tis par le regard qu’ils posent sur le miroir ou sur l’objectif (il m’intéresserait seule­ment de voir mes yeux quand ils te regardent) : même et sur­tout pour votre corps, vous êtes condam­né à l’imaginaire.

Roland Barthes par Roland Barthes [1975]
Seuil, col­lec­tion « Écri­vains de tou­jours », 1995.

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Lava­bo inter inno­centes manus meas

Abbaye du Thoronet

Pho­to © Guillaume Colin et Pau­line Penot

Je lave­rai mes mains par­mi les innocents…

L’hy­giène a eu des heures labo­rieuses. Pour­tant, la règle que pro­non­ça Robert de Molesme sous le nom de règle de cis­ter­cienne (de l’abbaye de Cîteaux) impo­sa aux moines de se laver les mains avant tous les actes qui ryth­maient la vie reli­gieuse ; offices, prières, tra­vaux, repas. A cet effet, entre les par­ties com­munes et le réfec­toire se trou­vait géné­ra­le­ment le cloître qui était équi­pé d’une ins­tal­la­tion assi­mi­lable à une fon­taine, laquelle per­met­tait de se laver les mains avant les repas. Cette ins­tal­la­tion por­tait le nom de lava­bo, forme future du verbe lavare à la pre­mière per­sonne (je lave­rai) et a connu dans le monde moderne une expan­sion hygié­niste cer­taine, car en réa­li­té, et sans le savoir, ce que venait de prô­ner la règle reli­gieuse allait sau­ver une nombre impor­tant de vies humaines aux pires heures de notre his­toire, par le simple fait de se laver les mains avant de manger…

Lava­bo du monas­tère de Batha­la (Por­tu­gal)
Pho­to © Aky­nou

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