Oct 27, 2012 | Sur les portulans |

Pour inaugurer les quelques mots que je vais rédiger sur Osmanlı lale en ce qui concerne mon voyage à Florence, je tenais à produire une petite vidéo que j’ai pris un plaisir fou à réaliser. C’est une fois arrivé à la Gare de Lyon — il était pourtant tôt et l’esprit était encore embrumé — que j’ai eu cette idée et que j’ai imaginé pouvoir faire ce qui peut ressembler à une compilation de stock-shots, mais ce côté purement artisanal me plait énormément. Je suis drôlement fier du résultat pour une première tentative qui a bien failli ne jamais voir le jour. N’hésitez pas à mettre en plein écran et à monter le son, ça vaut le coup… (more…)
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Oct 26, 2012 | Livres et carnets |
Lorsque j’étais étudiant, épinglées au-dessus de mon bureau sur le liège, se trouvaient des étiquettes sur lesquelles j’avais noté certaines des citations les plus coquasses ou les plus significatives au regard du sujet de mon mémoire. Dans les divers déménagements successifs qui ont eu lieu depuis cette époque, j’étais persuadé de les avoir perdues, mais au détour d’un carton exhumé de sous le lit, elles étaient là, collées les unes avec les autres, délavées, froissées, l’encre presque disparue, les morceaux de scotch jaunis par le temps, comme si tout ceci remontait à une époque que je n’aurais même pas pu connaître… Florilège… (more…)
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Oct 25, 2012 | Arts, Histoires de gens |
Ne vous est-il jamais arrivé de rencontrer une peinture qui vous trouble à ce point que vous n’arriviez pas à chasser l’image de votre mémoire ? Ne vous est-il jamais arrivé d’être à ce point troublé par le visage d’une femme que vous n’auriez jamais pu connaître puisqu’elle est morte il y a des centaines d’années, éloignée de vous par un gouffre d’intemporalité, mais que vous vous disiez tout de même que vous auriez aimé la connaître ? C’est à peu près l’impression que j’ai eu la première fois que j’ai vu ce visage peint exhumé du Fayoum.

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Oct 24, 2012 | Livres et carnets |

En 1975, Roland Barthes inaugure une série d’autoportraits, dans lequel il proposera au lecteur un portrait en forme de fulgurances, de petites phrases qui ne manqueront pas d’évoquer les Fragments, fragments héraclitéens qui disent une vérité laconique et poussent au dépassement de soi. Pour moi, Barthes est au mieux dans son Journal de deuil, le Barthes le plus poignant, le plus authentique, le plus formulaire. Roland Barthes par Roland Barthes, un joli condensé intimiste.
Vous êtes le seul à ne jamais vous voir qu’en image, vous ne voyez jamais vos yeux, sinon abêtis par le regard qu’ils posent sur le miroir ou sur l’objectif (il m’intéresserait seulement de voir mes yeux quand ils te regardent) : même et surtout pour votre corps, vous êtes condamné à l’imaginaire.
Roland Barthes par Roland Barthes [1975]
Seuil, collection « Écrivains de toujours », 1995.
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Oct 23, 2012 | Histoires de gens |

Photo © Guillaume Colin et Pauline Penot
Je laverai mes mains parmi les innocents…
L’hygiène a eu des heures laborieuses. Pourtant, la règle que prononça Robert de Molesme sous le nom de règle de cistercienne (de l’abbaye de Cîteaux) imposa aux moines de se laver les mains avant tous les actes qui rythmaient la vie religieuse ; offices, prières, travaux, repas. A cet effet, entre les parties communes et le réfectoire se trouvait généralement le cloître qui était équipé d’une installation assimilable à une fontaine, laquelle permettait de se laver les mains avant les repas. Cette installation portait le nom de lavabo, forme future du verbe lavare à la première personne (je laverai) et a connu dans le monde moderne une expansion hygiéniste certaine, car en réalité, et sans le savoir, ce que venait de prôner la règle religieuse allait sauver une nombre important de vies humaines aux pires heures de notre histoire, par le simple fait de se laver les mains avant de manger…

Lavabo du monastère de Bathala (Portugal)
Photo © Akynou
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