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Une ency­clo­pé­die pour İst­anb­ul, par Reşat Ekrem Koçu

L’homme était his­to­rien et fait par­tie du patri­moine natio­nal turc. Il par­lait comme nul autre de sa ville, de son pays et déci­da un jour d’é­crire une ency­clo­pé­die sur la ville qui l’a­vait vu gran­dir. Reşat Ekrem Koçu y est né alors que la Tur­quie est encore otto­mane et vivra l’a­vè­ne­ment du kéma­lisme pen­dant ses jeunes années. C’est Orhan Pamuk dans son roman de sou­ve­nirs İst­anb­ul qui a redon­né ses lettres de noblesses à ce petit-fils de pacha qui a pas­sé une grande par­tie de sa vie à recueillir dans les jour­naux ce qui fai­sait le suc de sa vie et a ten­té de le col­lec­ter dans cette gigan­tesque œuvre. C’est tou­te­fois une İst­anb­ul déca­dente et en per­di­tion qu’il dépeint, c’est la ville de la fin d’un empire et c’est la rai­son pour laquelle son œuvre est empreinte d’une sourde nos­tal­gie, ce sen­ti­ment unique de ver­tige et de dou­leur mélan­co­lique que l’on ne res­sent qu’à İst­anb­ul, le hüzün.
A l’o­ri­gine, ce pro­jet tita­nesque aurait pu tenir en qua­rante ou cin­quante volumes, mais il ne réus­sit à en écrire que onze, et n’y par­vint qu’en vivant dans la misère jus­qu’à la fin de sa vie, per­clus de dettes, rui­né. Koçu était homo­sexuel et vivait très mal cet état de fait dans l’İst­anb­ul qui était la sienne ; com­bats de rues, ragots et his­toires sor­dides d’as­sas­si­nats et de tor­tures émaillent son œuvre téné­breuse, mais pas autant que ses longues des­crip­tions des jeunes hommes ren­con­trés dans les rues et dont il n’a­vait de cesse de dépeindre la beauté.
Il ne par­vint qu’à rédi­ger son ency­clo­pé­die que jus­qu’à la lettre G. Retrou­vez ici les 5 pre­miers tomes de cette İst­anb­ul Ansik­lo­pe­di­si.

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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 12 août) : Retour à Anta­lya, en pas­sant par le Mont Chi­mère (Yanar­taş) et l’arrivée à Nevşehir

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 12 août) : Retour à Anta­lya, en pas­sant par le Mont Chi­mère (Yanar­taş) et l’arrivée à Nevşehir

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 11 août) : Pata­ra et Xan­thos, les grandes cités lyciennes

Bul­le­tin météo de la jour­née (dimanche) :

  • 10h00 : 41.1°C / humi­di­té : 61% / vent 9 km/h
  • 14h00 : 42.2°C / humi­di­té : 61% / vent 17 km/h
  • 22h00 : 38.3°C / humi­di­té : 72% / vent 9 km/h

C’est le jour du départ pour Anta­lya. der­nière expé­di­tion pour retour­ner sur la route, direc­tion la Cap­pa­doce. Cette fois-ci, je ne prends pas l’a­vion, mais le car et j’a­voue que je suis un peu angois­sé. De toute façon, dès lors que je ne connais pas, je suis angois­sé, il y a tou­jours quelque chose qui m’in­quiète et qui me tord le ventre au point que je com­prends mieux pour­quoi je me sens par­fois aus­si épui­sé lorsque je voyage. Bien loin de ne pas pro­fi­ter, je suis tou­jours à l’af­fût, de peur de man­quer quelque chose, de me dire que je ne pour­rai jamais vivre le choses qu’une seule fois et que si je rate, c’est fichu. Les sens en éveil, je m’é­puise vite.

Je fais ma valise et je vais prendre mon der­nier petit déjeu­ner en com­pa­gnie des Alle­mands. Avec du recul, je n’é­tais pas très heu­reux d’être dans cet hôtel, même si je n’y ai pas­sé que très peu de temps au final et je me rends compte que tout ceci n’a pas d’im­por­tance, mal­gré le fait que la nui­tée n’é­tait pas don­née. Je pars sans regret et je file vers Kal­kan et Kaş, direc­tion l’est pour retrou­ver Anta­lya. Je dois rendre la voi­ture au loueur et retour­ner ensuite à la gare rou­tière (Oto­gar) et pour cela, j’ai pas mal de temps, rien ne presse, le car part à 21:00 et je dois rendre la voi­ture à 19:30. Une heure et demie pour rejoindre la gare rou­tière, c’est plu­tôt confortable.

Turquie - jour 17 - Route de Patara à Antalya et Mont Chimère - 01

Je me perds avec la voi­ture dans Kal­kan, dans les petites rues pen­tues et pavées qui des­cendent vers la mer sans arri­ver à la moindre plage ; il n’y a que des impasses et je me finis par me retrou­ver dans une rue que je n’ar­rive pas à remon­ter tel­le­ment elle monte. La voi­ture patine et ne veut plus avan­cer… Je sors et je regarde les pneus ; ils sont lisses ! Je ful­mine contre le loueur, son tacot et ses pneus mer­diques. J’ouvre le coffre, sors ma valise et redes­cends la rue en marche arrière. Ensuite je prends mon élan en fai­sant chauf­fer le moteur et je réus­sis à remon­ter la por­tion la plus dan­ge­reuse. Le moment le plus sym­pa, c’est quand je dois remon­ter la valise sur les pavés, sur une pente que même à pied j’ai du mal à gra­vir et en plein soleil… Une bonne suée dès le matin et je repars de Kal­kan un peu en colère. Je m’ar­rête à Kaş pour le déjeu­ner, à l’heure du muez­zin, dont le chant s’in­ten­si­fie ou s’é­touffe avec les rafales de vent. La mer (Akde­niz) est déchaî­née, dans un mau­vais jour ; le vent n’est pas en reste. Je trouve quand-même Kaş plus vivante que Pata­ra, qui semble comme en léthar­gie, sur le point de s’é­teindre. Un hôtel sur les hau­teurs est com­plè­te­ment aban­don­né, c’est dire à quel point les beaux jours sont der­rière. (more…)

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Musique sou­fie

Musique sou­fie

Entraî­nante, enivrante à l’ex­trême, la musique sou­fie dont les rythmes lan­ci­nants par­viennent à che­viller l’é­mo­tion au corps, est une musique variée, dont l’aire d’ex­pan­sion s’é­tend de la Tur­quie au Pakis­tan. Du Qaw­wa­lî de la Chi­sh­tiyya (Inde et Pakis­tan) au Sama’ des Mev­le­vis (Tur­quie) en pas­sant par le Sûfyâ­na kâlam (Iran) et le Cem des Ale­vis (Tur­quie) jus­qu’au Mugham d’A­sie Cen­trale, la par­ti­cu­la­ri­té de cette musique est son ins­crip­tion dans un rituel reli­gieux dont la transe est le moyen prin­ci­pal de connaître l’ex­tase. La musique est une quête de spi­ri­tua­li­té pro­fonde qui passe par des expé­riences col­lec­tives. Le dikr (évo­ca­tion) consis­tant à répé­ter sans cesse le nom de Dieu (ou d’Al­lah) est le prin­cipe de base de cette reli­gion à part dans l’Is­lam. En effet, si le sou­fisme est rat­ta­ché à la sphère d’in­fluence de l’Is­lam, elle est consi­dé­ré par la com­mu­nau­té musul­mane comme une croyance pré-isla­mique, voire païenne. Dans le mev­le­visme (mou­ve­ment ins­pi­ré par Dja­lâl ad-Dîn Rûmî et aux­quels sont rat­ta­chés les der­viches tour­neurs), le cœur de la croyance est l’a­mour spi­ri­tuel por­té à son paroxysme ; c’est la rai­son pour laquelle on appelle sou­vent le sou­fisme « reli­gion de l’a­mour ». Retrou­vez de nom­breux artistes de la musique sou­fie sur thesufi.com.

Ecstasy of God

Céré­mo­nie du Sama’ mev­le­vi des der­viches tour­neurs (der­viş)
Pho­to © Emma­nuele Contini

Pho­to d’en-tête © Vla­di­mer Shioshvili

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La baleine

Tout ce qui est ori­gi­nal risque d’être mal accueilli par cette baleine lourde et dérou­tante — le public.

Robert Louis Stevenson
Lettre à Sid­ney Covin,
datée du 28 sep­tembre 1890

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