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L’al­cool et la nostalgie

L’al­cool et la nostalgie

Quand je l’ai ren­con­trée à Paris nous avions dix huit ans à peine, je débar­quais de ma pro­vince et j’a­vais l’im­pres­sion de sor­tir de pri­son, de ren­trer du Gou­lag, de Maga­dan ou d’ailleurs et de retrou­ver une liber­té qu’en réa­li­té je n’a­vais jamais connue, à part dans les livres, dans les livres qui sont bien plus dan­ge­reux pour un ado­les­cent que les armes, puis­qu’ils avaient creu­sé en moi des dési­rs impos­sibles à com­bler, Kerouac, Cen­drars ou Conrad me don­naient envie d’un infi­ni départ, d’a­mi­tiés à la vie à la mort au fil de la route et de sub­stances inter­dites pour nous y mener, pour par­ta­ger ces ins­tants extra­or­di­naires sur le che­min, pour brû­ler dans le monde, nous n’a­vions plus de révo­lu­tion, il nous res­tait l’illu­sion du voyage, de l’é­cri­ture et de la drogue.

Mathias Enard

L’al­cool et la nos­tal­gie, Édi­tions Inculte, 2011

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Pierre Loti

Pierre Loti

Ceci est un bien petit livre, et sans doute je n’au­rais pas dû le publier ; il ne sem­ble­ra tolé­rable qu’à mes amis, connus ou inconnus.

Que les lec­teurs indif­fé­rents me le par­donnent, d’au­tant plus que ce sera le der­nier peut-être.…

Pierre Loti

, Avant-pro­pos du châ­teau de la belle au bois-dor­mant, Édi­tions Calmann-Lévy

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Pierre Loti

Ang­kor #1

De retour, dix ans plus tard, dans son musée d’en­fant, il sent la même odeur de mort. Même les rêves d’en­fant ne sont pas immor­tels et se couvrent de pous­sière. Cette triste décou­verte donne à Loti le sens du voyage d’Ang­kor comme d’une leçon de sagesse que le cré­pus­cule de la vie seul devait rendre lisible. Le voya­geur est deve­nu pèle­rin en accé­dant enfin à lui-même et au sen­ti­ment reli­gieux qui per­met de contem­pler la mort : la « Pitié suprême ».

Émi­lie Cappella

Le cré­pus­cule à Ang­kor, in Pierre Loti, Ang­kor, Édi­tions Magellan

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La ten­ta­tion de l’Oc­ci­dent #2

La ten­ta­tion de l’Oc­ci­dent #2

Mal­gré sa puis­sance pré­cise, le soir euro­péen est lamen­table et vide, vide comme une âme de conqué­rant. Par­mi les gestes les plus tra­giques et les plus vains des hommes, aucun, jamais, ne m’a paru plus tra­gique et plus vain que celui par lequel vous inter­ro­gez vos ombres illustres, race vouée à la puis­sance, race désespérée…

André Mal­raux

La ten­ta­tion de l’occident , Pléiade, 1926

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