Sorting by

×

Cana­let­to — L’in­té­rieur de la basi­lique Saint-Marc le Ven­dre­di Saint — 1730

Ce tout petit tableau (33 x 22,5 cm) de Cana­let­to est expo­sé actuel­le­ment au Musée Jac­que­mart-André pour l’ex­po­si­tion Cana­let­to-Guar­di. Il fait par­tie d’un petit lot de pein­tures excep­tion­nel­le­ment prê­té par la Cou­ronne du Royaume-Uni puis­qu’il fait par­tie des col­lec­tions per­son­nelles de la Reine d’An­gle­terre. Il n’y aura peut-être pas dans cette vie d’autre oppor­tu­ni­té de le voir expo­sé. Cette vue (vedu­ta) est rare à plus d’un titre puis­qu’on le sait, Cana­let­to avait pour sujet de pré­di­lec­tions ces vues de Venise que lui com­man­daient les riches visi­teurs de Venise. Cette scène d’in­té­rieur est donc une qua­si excep­tion. D’autre part, il est à noter que la scène se déroule lors d’une céré­mo­nie reli­gieuse, ce qui n’est pas le fond de com­merce du peintre, et en l’oc­cur­rence, c’est la célé­bra­tion du Ven­dre­di Saint. Ce qui nous per­met de savoir cela, c’est la pré­sence sous le bal­da­quin visible dans le fond, d’un sar­co­phage reli­quaire repré­sen­tant le saint Sépulcre que l’on sort de son taber­nacle le jeu­di saint à la veille de Pâques.

Dans cette pers­pec­tive exa­gé­rée qui per­met de voir la basi­lique dans son ensemble, comme au tra­vers d’un objec­tif grand-angle, on peut com­prendre que le peintre a sou­hai­té expri­mer l’im­pres­sion de gran­deur don­née par l’es­pace du bâti­ment reli­gieux. On voit aus­si qu’il a volon­tai­re­ment sou­hai­té rendre la cha­leur des lieux et de la lumière venant de chan­delles en mas­quant ce qui fait prin­ci­pa­le­ment l’in­té­rêt du lieu ; les mosaïques. Celles-ci sont à peine visibles, mais en revanche, la lueur des bou­gies se réver­bé­rant sur la croix et le fil de l’en­cen­soir créent une sen­sa­tion de proxi­mi­té et d’in­ti­mi­té, exa­cer­bée par la lumière se réflé­chis­sant sur la moi­tié supé­rieure des corps des fidèles.

De ce qui doit être une céré­mo­nie pleine de fer­veur se dégage au final une étrange ambiance silen­cieuse, solen­nelle, chaleureuse…

Read more
Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 — Le feu et la glace

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 — Le feu et la glace

Epi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 – Lumière sur le Duomo

Quit­tant la place du Duo­mo dont les cloches se mettent à val­ser dans tous les sens, je des­cends la Via de Cal­zaio­li qui mène vers l’autre cœur de la ville, la Piaz­za del­la Signo­ria avec son Palaz­zo Vec­chio, majes­teux édi­fice de pierre moyen­âgeux bar­dé d’é­cus­sons. Dans cette rue donc, je vois un visage dont je n’a­vais pas sou­ve­nir, une Flo­rence de façade, semi-vitrine de luxe des quar­tiers riches, mais je me rabroue un peu vite en me disant que depuis le Moyen-Âge, cette ville a tou­jours été riche, sinon la créa­tion artis­tique n’y aurait pas été si foi­son­nante. Dans cette rue donc, je tombe sur un bâti­ment somp­tueux, une sorte d’o­ra­toire car­ré aux façades rem­plies de sta­tues enchâs­sées dans leur niche fine­ment cise­lée. C’est Orsan­mi­chele. Orsan­mi­chele doit son nom étrange au fait qu’il est construit sur l’emplacement de l’an­cien Saint-Michel-au-jar­din (San Michele in orto ou Orto San Michele et donc par éli­sion, Or’ San Michele) et ce n’est pas vrai­ment une église, mais plu­tôt un ora­toire qui a ser­vi éga­le­ment d’en­tre­pôt et donc de mar­ché au grain. L’in­té­rieur contient un taber­nacle assez riche que l’on doit à Orca­gna, mais ce qui est sur­tout remar­quable, ce sont toutes ces sta­tues de saints qui ornent sa façade qui sont en réa­li­té les saints pro­tec­teurs des cor­po­ra­tions de mar­chands de la ville (on en revient à ce que je disais tout à l’heure). Cer­taines d’entre elles ont été réa­li­sées par Dona­tel­lo, Ghi­ber­ti et Giam­bo­lo­gna. Le bâti­ment lui-même, mal­gré son aspect mono­li­thique, semble d’une légè­re­té impres­sion­nante au regard des den­telles de sculp­tures qui ornent les niches et les arcades.

Florence - jour 1 - 086 - Via de Calzaioli - Orsanmichele (more…)

Read more

Keith Jar­rett — The Köln Concert (1975)

Il y avait bien long­temps que je n’a­vais pas écou­té un bel album de jazz, quelque chose qui néces­site que je tende l’o­reille et que j’ar­rête mes tra­vaux de pein­ture pour me poser et tout lais­ser en plan. Il y a des musiques si belles que le temps s’ar­rête et vous trans­porte ailleurs le temps d’une mélo­die. Le week-end der­nier, j’ai pas­sé une par­tie de ma jour­née à peindre et à écou­ter FIP. C’est là que j’ai décou­vert ce très bel album du jazz­man Keith Jar­rett, que je ne connais­sais en réa­li­té que de nom. Le mor­ceau a duré 26 minutes, vous com­pren­drez pour­quoi j’a­vais besoin de m’ar­rê­ter… c’est du Köln Concert de 1975 dont il est ques­tion… C’est sim­ple­ment excep­tion­nel, sur­tout au vu des condi­tions dans les­quelles cet album est né, dans une impro­vi­sa­tion totale à par­tir de quatre notes.

[audio:koln1.xol]

Keith Jar­ret — The Köln Concert (1975)
Ecm Records

Read more
Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 — Lumière sur le Duomo

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 — Lumière sur le Duomo

Épi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 1 – le voyage en train

Dès mon arri­vée, j’ai l’im­pres­sion d’ar­ri­ver dans un autre monde. Un per­son­nage campe fer­me­ment sur le quai de la gare, le regard sévère, les pieds soli­de­ment ancrés sur le sol, les bras croi­sés. C’est comme un rap­pel qu’i­ci encore, la vie est ryth­mée par la religion…

Florence - jour 1 - 014 - Gare de Firenze - Santa Maria Novella

Je jette un coup d’œil à l’ar­chi­tec­ture un rien futu­riste de l’é­di­fice qui date de 1934 et je me vois pro­je­té des années en arrière, lorsque nous sommes arri­vés avec notre petit groupe dans cette même gare, au même endroit. J’a­vais sim­ple­ment 20 ans de moins.

En sor­tant du bâti­ment, on se trouve nez à nez avec la très majes­tueuse église San­ta Maria Novel­la dans laquelle se trouvent de petits tré­sors de la pein­ture renais­sante. Pour l’ins­tant, l’heure est à la prise de pou­voir, je veux aller dépo­ser ma valise à l’hô­tel. Il se trouve à deux pas de la gare dans une ruelle inter­dite à la cir­cu­la­tion, la via Faenza.

Sur un mur, quel­qu’un me demande si je vis bien. Oui, tout se passe bien pour l’ins­tant, merci.

Florence - jour 1 - 017 - Via Faenza (more…)

Read more

Anto­nio Ber­ta­li, sonates à l’italienne

Dans la veine des com­po­si­teurs un peu confi­den­tiels se trouve un homme qui fut en son temps un com­po­si­teur pro­digue, même si son rôle res­ta plu­tôt anec­do­tique. En effet, Anto­nio Ber­ta­li ne reçut que le titre de maître de cha­pelle au cours de sa car­rière. Tan­dis que les com­po­si­teurs alle­mands ou autri­chiens de l’é­poque avaient ten­dance à s’ex­pa­trier vers l’I­ta­lie pour y rece­voir une for­ma­tion des plus grands maîtres, Ber­ta­li, lui, déci­da de quit­ter sa Vérone natale pour rejoindre Vienne et se mettre au ser­vice de l’empereur Fer­di­nand III. Si son œuvre s’est per­due pour par­tie dans la nature, il reste tout de même un des fon­da­teurs des bases de l’o­pé­ra ita­lien. Voi­ci une très belle sonate docue en trois mou­ve­ments, extraite de l’al­bum Valo­ro­so pro­duit en 2004, sous la direc­tion de Phi­lippe Pier­lot avec le Ricer­car Consort. A écou­ter sans modération.

[audio:bertali.xol] Read more