Mar 10, 2010 | Sur les portulans |

Photo © Stephan Ohlsen
Dans la langue vernaculaire, le Héligolandais (Halunder), on l’appelle simplement la terre, deät Lun.
Helgoland est un tout petit archipel composé de deux îles dont la superficie totale est de 4,2Km² et abrite quelques 1650 habitants.

L’île, située sur le territoire du länder de Schleswig-Holstein, en Allemagne donc, a servi de base sous-marine pendant la seconde guerre mondiale et par conséquent a été copieusement sulfatée par les Britanniques en 1946 avec 6 000 tonnes de TNT — ça fait environ 3,5 tonnes par habitant, ah oui, c’est beaucoup. Des plages de sables, des falaises de craie et de roches sédimentaires stratifiées impressionnantes, des phoques et des moutons, des maisons de pêcheurs en bois peintes de couleurs vives, Helgoland est un petit paradis vert dans la Baltique.

Photo © Juan Falque
Bref, tout ceci est très bucolique, je signe et je pars tout de suite.
Localisation sur Google Maps.
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Mar 10, 2010 | Passerelle |
C’est simplement indécent, mais j’adore ça… Mostly Empty Waves sur Flickr.

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Mar 10, 2010 | Livres et carnets |

Photo © Andy Hares
Quelqu’un de très cher m’a offert un guide touristique de l’Égypte. Le guide Geo pour ne pas le nommer. Pendant longtemps, j’ai évité le rayon tourisme des librairies, dédaigneux, me disant que la seule littérature valable pour voyager était celle des écrivains voyageurs, leurs trop nombreux ouvrages d’expérience, mais j’ai laissé ces idées au rencart et je pense à présent que rien ne vaut un guide de voyage pour plonger directement au cœur du sujet.
Aussi, à la fin du premier paragraphe de la page 413 concernant l’oasis de Siouah, je relève quelques mots qui piquent ma curiosité comme l’aiguillon d’une vive en plein mois d’août.
Depuis un siècle, l’histoire de l’oasis serait consignée dans le mystérieux Manuscrit de Sioua, compilation de récits parfois ancestraux, gardé secret.

Photo © Walid Hassanein
Selon toute vraisemblance, on m’a toujours caché l’existence de ce document et je trouve ça vexant. Du coup, j’ai cherché par moi-même sur Internet, mais rien ne m’est apparu pertinent. En outre, je me vite trouvé dévié par le courant et j’ai atterri sur le site de Gallica que je n’avais pas consulté depuis des lustres. Beaucoup de choses ont changé et surtout, le fonds s’en trouve considérablement augmenté. J’ai trouvé ce livre au titre interminable : Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l’histoire : ou Recueil des relations originales inédites, communiquées par des voyageurs français et étrangers ; des voyages nouveaux, traduits de toutes les langues européennes ; et des mémoires historiques sur l’origine, la langue, les mœurs et les arts des peuples, ainsi que sur les productions et le commerce des pays peu ou mal connus : accompagnées d’un bulletin où l’on annonce toutes les découvertes, recherches et entreprises qui tendent à accélérer les progrès des sciences historiques, spécialement de la géographie / publiées par MM. J. B. Eyriès et Malte-Brun dont le premier tome date de 1819.

J’ai également trouvé cette petite perle: Algérie et Tunisie : récits de voyage et études, par Alfred Baraudon.

Un peu plus loin, le Journal des voyages et des aventures de terre et de mer publié entre 1877 et 1929.

Et pour finir, Études de mythologie et d’archéologie égyptiennes. Vol. 6, par Gaston Maspero (1912).

Des trésors comme ça, il y a en a partout sur le web et toute une vie ne suffira pas à satisfaire les plus curieux, mais il faut que ça reste entre nous, hein ? Et puis avec tout, je n’ai toujours rien trouvé sur ce précieux manuscrit de Siouah…
Localisation de l’oasis de Siouah (ou Siwa) sur Google Maps.
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Mar 10, 2010 | Livres et carnets, Sur les portulans |

Photo © Eesti
- Thesiger s’apprête à traverser le Désert des déserts, Rub al-Khali (الربع الخالي), la Zone Vide, constituant la partie la plus méridionale de la péninsule arabique, un véritable enfer sur terre avec des températures dépassant plus que souvent les 50°C. Il tirera de ses multiples traversées un livre éponyme et bâtira des amitiés longues avec les Bédouins du désert, des hommes féroces, sans pitié vivant de razzias, toujours armés de leur fusil et de leur poignard richement ornée enfoncé dans la ceinture, le Jambiya (جمبية). Avant d’entrer dans le désert brulant il fait halte dans la vieille ville de Sana’a, capitale du Yémen ( ﺍﻟﺠﻤﻬﻮﺭﯾّﺔ اليمنية) et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses hauts immeubles en pisé polychromes et déjà habitée il y a plus de 2500 ans. La vieille ville compte 6500 maisons toutes déjà présentes au XIè siècle créant la perspective vertigineuse d’un damier graphique à perte de vue.

Photo © Eesti
Une galerie de photos sur le site de l’UNESCO.
Localisation de Sana’a sur Google Maps.

Photo © Kebnekaise
Plus à l’est, une autre ville du Yémen, Shibam (شبام), dans l’Hamadraout (également inscrite au patrimoine mondial), construite au XVIè siècle. La cité suit un plan carré et son mur d’enceinte est constitué de hautes tours, préfigurant l’urbanisme en hauteur encore en vigueur aujourd’hui. Uniquement composée de tours en terre au sommet peint en blanc destiné à protéger la matière des intempéries, c’est un cas unique d’architecture. Son nom est souvent accompagné du surnom de “Manhattan du désert” et aujourd’hui encore elle est habitée, protégée et vénérée par 7000 résidents permanents.

Photo © Wilfred Thesiger — Pitt Rivers Museum

Photo © Art History Archive
D’autres clichés intéressants sur Toxel.
Localisation sur Google Maps.
Wilfred Thesiger, Visions d’un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine.
Billet suivant: Mudhif Ma’dan et Yazidi, Wilfred Thesiger le nomade #4
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Mar 9, 2010 | Livres et carnets, Sur les portulans |
Sir Wilfred Patrick Thesiger a eu une chance folle. Tandis que son père Wilfred Gilbert exerce sa qualité de diplomate en Éthiopie au début du XXème siècle auprès du roi Ménélik II, le petit Wilfred Patrick nait dans une hutte traditionnelle aux alentours d’Addis-Abeba (አዲስ አበባ, nouvelle fleur en amharique). En 1930, après des études britanniques tout ce qu’il y a de plus conventionnelles, il retourne sur les terres abyssines pour la couronnement du nouveau Negusse Negest éthiopien, Ras Tafari Mekonnen, couronné sous le nom de Hailé Sélassié Ier (ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ), où il est invité d’honneur. C’est de ce retour sur cette terre d’origine et d’une mission chez les féroces Danakils que naîtra une carrière d’explorateur bien remplie.
Durant cette période, il rapportera une ensemble de photographies d’un lieu absolument unique au monde, Lalibela (ላሊበላ). Située à 2 630 mètres d’altitude, la ville porte le nom du Négus de l’époque, Gebra Maskal Lalibela (1172 — 1212) qui avait fait du lieu sa capitale, remplaçant ainsi la belle et antique Aksoum (አክሱም). Le lieu n’a pas été choisi au hasard. On sait que le peuple éthiopien est en grande majorité de confession chrétienne orthodoxe, se disant à la fois fils de Makeda, Reine de Saba et du Roi Salomon. Aussi, sous la pression de l’expansion arabe sous le règne des Fatimides, Jérusalem est de plus en plus difficile à atteindre et ce lieu sera la nouvelle Jérusalem (la Jérusalem noire) en raison de sa topographie. Symboliquement, elle représentera la Terre Sainte.
En tout, ce sont onze églises construites de part et d’autre du Yordanos (on y entend Jourdain) dont les plus célèbres sont celles de Saint-Georges (Bete Giyorgis), Bete Medhane Alem et Bete Emmanuel. Leur particularité est d’avoir été creusées à même le roc sous le niveau du sol, ce qui implique le déplacement de milliers de tonnes de pierre. Elles ont toutes été percées dans ces immenses blocs, ce qui en fait le plus grand ensemble monolithique fonctionnel au monde. Si certaines sont construites dans un style traditionnel orthodoxe, d’autres comme Bete Emmanuel, la plus massive, reprennent une ornementation typiquement axoumite.
Thesiger a rapporté de ce lieu et d’Afrique quelques photographies (1960). Lalibela sur Google Maps.

Beta Giyorgis vu d’en haut

Beta Giyorgis vu d’en bas

Sculptures et polychromies de Bete Maryam

Sculptures et polychromies de Bete Maryam

Bet Medhane Alem
Les deux premières photos © Aluka, les trois suivantes © A. Davey.
Wilfred Thesiger, Visions d’un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine.
Billet suivant: Sana’a et Shibam, au pays des mangeurs de qât, Wilfred Thesiger le nomade #3
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