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Deät Lun

Pho­to © Ste­phan Ohlsen

Dans la langue ver­na­cu­laire, le Héli­go­lan­dais (Halun­der), on l’ap­pelle sim­ple­ment la terre, deät Lun.
Hel­go­land est un tout petit archi­pel com­po­sé de deux îles dont la super­fi­cie totale est de 4,2Km² et abrite quelques 1650 habitants.

L’île, située sur le ter­ri­toire du län­der de Schles­wig-Hol­stein, en Alle­magne donc, a ser­vi de base sous-marine pen­dant la seconde guerre mon­diale et par consé­quent a été copieu­se­ment sul­fa­tée par les Bri­tan­niques en 1946 avec 6 000 tonnes de TNT — ça fait envi­ron 3,5 tonnes par habi­tant, ah oui, c’est beau­coup. Des plages de sables, des falaises de craie et de roches sédi­men­taires stra­ti­fiées impres­sion­nantes, des phoques et des mou­tons, des mai­sons de pêcheurs en bois peintes de cou­leurs vives, Hel­go­land est un petit para­dis vert dans la Baltique.

Pho­to © Juan Falque

Bref, tout ceci est très buco­lique, je signe et je pars tout de suite.
Loca­li­sa­tion sur Google Maps.

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Petits miracles entre nous

Pho­to © Andy Hares

Quel­qu’un de très cher m’a offert un guide tou­ris­tique de l’É­gypte. Le guide Geo pour ne pas le nom­mer. Pen­dant long­temps, j’ai évi­té le rayon tou­risme des librai­ries, dédai­gneux, me disant que la seule lit­té­ra­ture valable pour voya­ger était celle des écri­vains voya­geurs, leurs trop nom­breux ouvrages d’ex­pé­rience, mais j’ai lais­sé ces idées au ren­cart et je pense à pré­sent que rien ne vaut un guide de voyage pour plon­ger direc­te­ment au cœur du sujet.
Aus­si, à la fin du pre­mier para­graphe de la page 413 concer­nant l’oasis de Siouah, je relève quelques mots qui piquent ma curio­si­té comme l’ai­guillon d’une vive en plein mois d’août.

Depuis un siècle, l’his­toire de l’oa­sis serait consi­gnée dans le mys­té­rieux Manus­crit de Sioua, com­pi­la­tion de récits par­fois ances­traux, gar­dé secret.

Pho­to © Walid Has­sa­nein

Selon toute vrai­sem­blance, on m’a tou­jours caché l’exis­tence de ce docu­ment et je trouve ça vexant. Du coup, j’ai cher­ché par moi-même sur Inter­net, mais rien ne m’est appa­ru per­ti­nent. En outre, je me vite trou­vé dévié par le cou­rant et j’ai atter­ri sur le site de Gal­li­ca que je n’a­vais pas consul­té depuis des lustres. Beau­coup de choses ont chan­gé et sur­tout, le fonds s’en trouve consi­dé­ra­ble­ment aug­men­té. J’ai trou­vé ce livre au titre inter­mi­nable : Nou­velles annales des voyages, de la géo­gra­phie et de l’his­toire : ou Recueil des rela­tions ori­gi­nales inédites, com­mu­ni­quées par des voya­geurs fran­çais et étran­gers ; des voyages nou­veaux, tra­duits de toutes les langues euro­péennes ; et des mémoires his­to­riques sur l’o­ri­gine, la langue, les mœurs et les arts des peuples, ain­si que sur les pro­duc­tions et le com­merce des pays peu ou mal connus : accom­pa­gnées d’un bul­le­tin où l’on annonce toutes les décou­vertes, recherches et entre­prises qui tendent à accé­lé­rer les pro­grès des sciences his­to­riques, spé­cia­le­ment de la géo­gra­phie / publiées par MM. J. B. Eyriès et Malte-Brun dont le pre­mier tome date de 1819.

J’ai éga­le­ment trou­vé cette petite perle: Algé­rie et Tuni­sie : récits de voyage et études, par Alfred Baraudon.

Un peu plus loin, le Jour­nal des voyages et des aven­tures de terre et de mer publié entre 1877 et 1929.

Journal des voyages et des aventures de terre et de mer

Et pour finir, Études de mytho­lo­gie et d’ar­chéo­lo­gie égyp­tiennes. Vol. 6, par Gas­ton Mas­pe­ro (1912).

Des tré­sors comme ça, il y a en a par­tout sur le web et toute une vie ne suf­fi­ra pas à satis­faire les plus curieux, mais il faut que ça reste entre nous, hein ? Et puis avec tout, je n’ai tou­jours rien trou­vé sur ce pré­cieux manus­crit de Siouah…
Loca­li­sa­tion de l’oa­sis de Siouah (ou Siwa) sur Google Maps.

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Sana’a et Shi­bam, au pays des man­geurs de qât, Wil­fred The­si­ger le nomade #3

Pho­to © Ees­ti

  1. The­si­ger s’ap­prête à tra­ver­ser le Désert des déserts, Rub al-Kha­li (الربع الخالي), la Zone Vide, consti­tuant la par­tie la plus méri­dio­nale de la pénin­sule ara­bique, un véri­table enfer sur terre avec des tem­pé­ra­tures dépas­sant plus que sou­vent les 50°C. Il tire­ra de ses mul­tiples tra­ver­sées un livre épo­nyme et bâti­ra des ami­tiés longues avec les Bédouins du désert, des hommes féroces, sans pitié vivant de raz­zias, tou­jours armés de leur fusil et de leur poi­gnard riche­ment ornée enfon­cé dans la cein­ture, le Jam­biya (جمبية). Avant d’en­trer dans le désert bru­lant il fait halte dans la vieille ville de Sana’a, capi­tale du Yémen ( ﺍﻟﺠﻤﻬﻮﺭﯾّﺔ اليمنية) et ins­crite au patri­moine mon­dial de l’U­NES­CO pour ses hauts immeubles en pisé poly­chromes et déjà habi­tée il y a plus de 2500 ans. La vieille ville compte 6500 mai­sons toutes déjà pré­sentes au XIè siècle créant la pers­pec­tive ver­ti­gi­neuse d’un damier gra­phique à perte de vue.

Pho­to © Ees­ti

Une gale­rie de pho­tos sur le site de l’UNES­CO.
Loca­li­sa­tion de Sana’a sur Google Maps.

Pho­to © Keb­ne­kaise

Plus à l’est, une autre ville du Yémen, Shi­bam (شبام), dans l’Ha­ma­draout (éga­le­ment ins­crite au patri­moine mon­dial), construite au XVIè siècle. La cité suit un plan car­ré et son mur d’en­ceinte est consti­tué de hautes tours, pré­fi­gu­rant l’ur­ba­nisme en hau­teur encore en vigueur aujourd’­hui. Uni­que­ment com­po­sée de tours en terre au som­met peint en blanc des­ti­né à pro­té­ger la matière des intem­pé­ries, c’est un cas unique d’ar­chi­tec­ture. Son nom est sou­vent accom­pa­gné du sur­nom de “Man­hat­tan du désert” et aujourd’­hui encore elle est habi­tée, pro­té­gée et véné­rée par 7000 rési­dents permanents.

Pho­to © Wil­fred The­si­ger — Pitt Rivers Museum

Pho­to © Art His­to­ry Archive

D’autres cli­chés inté­res­sants sur Toxel.
Loca­li­sa­tion sur Google Maps.

Wil­fred The­si­ger, Visions d’un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine.

Billet sui­vant: Mud­hif Ma’dan et Yazi­di, Wil­fred The­si­ger le nomade #4

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Églises mono­li­thiques de Lali­be­la, Wil­fred The­si­ger le nomade #2

Sir Wil­fred Patrick The­si­ger a eu une chance folle. Tan­dis que son père Wil­fred Gil­bert exerce sa qua­li­té de diplo­mate en Éthio­pie au début du XXème siècle auprès du roi Méné­lik II, le petit Wil­fred Patrick nait dans une hutte tra­di­tion­nelle aux alen­tours d’Addis-Abe­ba (አዲስ አበባ, nou­velle fleur en amha­rique). En 1930, après des études bri­tan­niques tout ce qu’il y a de plus conven­tion­nelles, il retourne sur les terres abys­sines pour la cou­ron­ne­ment du nou­veau Negusse Negest éthio­pien, Ras Tafa­ri Mekon­nen, cou­ron­né sous le nom de Hai­lé Sélas­sié Ier (ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ), où il est invi­té d’hon­neur. C’est de ce retour sur cette terre d’o­ri­gine et d’une mis­sion chez les féroces Dana­kils que naî­tra une car­rière d’ex­plo­ra­teur bien remplie.
Durant cette période, il rap­por­te­ra une ensemble de pho­to­gra­phies d’un lieu abso­lu­ment unique au monde, Lali­be­la (ላሊበላ). Située à 2 630 mètres d’al­ti­tude, la ville porte le nom du Négus de l’é­poque, Gebra Mas­kal Lali­be­la (1172 — 1212) qui avait fait du lieu sa capi­tale, rem­pla­çant ain­si la belle et antique Aksoum (አክሱም). Le lieu n’a pas été choi­si au hasard. On sait que le peuple éthio­pien est en grande majo­ri­té de confes­sion chré­tienne ortho­doxe, se disant à la fois fils de Make­da, Reine de Saba et du Roi Salo­mon. Aus­si, sous la pres­sion de l’ex­pan­sion arabe sous le règne des  Fati­mides, Jéru­sa­lem est de plus en plus dif­fi­cile à atteindre et ce lieu sera la nou­velle Jéru­sa­lem (la Jéru­sa­lem noire) en rai­son de sa topo­gra­phie. Sym­bo­li­que­ment, elle repré­sen­te­ra la Terre Sainte.
En tout, ce sont onze églises construites de part et d’autre du Yor­da­nos (on y entend Jour­dain) dont les plus célèbres sont celles de Saint-Georges (Bete Giyor­gis), Bete Med­hane Alem et Bete Emma­nuel. Leur par­ti­cu­la­ri­té est d’a­voir été creu­sées à même le roc sous le niveau du sol, ce qui implique le dépla­ce­ment de mil­liers de tonnes de pierre. Elles ont toutes été per­cées dans ces immenses blocs, ce qui en fait le plus grand ensemble mono­li­thique fonc­tion­nel au monde. Si cer­taines sont construites dans un style tra­di­tion­nel ortho­doxe, d’autres comme Bete Emma­nuel, la plus mas­sive, reprennent une orne­men­ta­tion typi­que­ment axoumite.
The­si­ger a rap­por­té de ce lieu et d’A­frique quelques pho­to­gra­phies (1960). Lali­be­la sur Google Maps.

Beta Giyor­gis vu d’en haut

Ethiopia, Lalibela, Beta Giyorgis

Beta Giyor­gis vu d’en bas

Sculp­tures et poly­chro­mies de Bete Maryam

Sculp­tures et poly­chro­mies de Bete Maryam

Bet Med­hane Alem

Les deux pre­mières pho­tos © Alu­ka, les trois sui­vantes © A. Davey.
Wil­fred The­si­ger, Visions d’un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine.

Billet sui­vant: Sana’a et Shi­bam, au pays des man­geurs de qât, Wil­fred The­si­ger le nomade #3

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