May 25, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 8 : Kedi ve köpek (Chats et chiens)

Voici un lieu que j’avais déjà visité dans mes rêves et dans lequel je me suis enfoui, trente six pieds sous terre. La citerne enfouie sous terre est une des innombrables réserves d’eau que les Romains ont laissé comme patrimoine à une Constantinople ottomane et la plus grande de toutes. Un peu plus loin se trouve Birbin direk ou citerne de Philoxenos, la citerne aux mille colonnes (224 en fait), aujourd’hui à sec et ouverte à la visite quand ils ont le temps, et plus bas, au pied de l’ancien hôtel de ville, celle de Théodose. On pense que la ville en comptait environ 80 dans ce genre et on se rend bien compte avec la géographie de la ville que leur emploi était essentiel notamment en cas de rupture des aqueducs lors des sièges.
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May 24, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 7 : Le Grand Bazar (Kapalıçarşı) et la mosquée Bayezid II (Beyazıt Camıı)

Le chat au pied du minbar de Sainte-Sophie
S’il est une chose qui surprend à Istanbul, c’est l’omniprésence des chats. Véritables rois des rues, ils se faufilent partout sous les palissades, par les vantaux des caves et investissent les poubelles qu’ils retournent avec une certaine dextérité, habitent certainement en colocation dans les maisons abandonnées qu’on trouve à tous les coins de rue. Les seuls chiens que j’ai vus se trouvaient sur la rive asiatique, à Üsküdar. Les uns ou les autres sont les rois du pavé, et ce n’est pas rare de les voir étendus sur le passage des badauds, pas inquiétés pour un sou par la présence des humains. Mon fils a même sympathisé avec un jeune chat qui tous les soirs nous attendait près du café des sports sur la place de Kadırga Meydanı et qu’il avait surnommé… Constantinople.
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May 23, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 6 : Sokollu Mehmed Paşa Külliyesi (Kadırga)

On m’avait prévenu ! Le grand bazar, c’est une immense blague, c’est plein de touristes américains en bermudas qui viennent dépenser des fortunes pour couvrir de toc leur épouse en Gucci et Chanel. Effectivement, beaucoup d’argent qui passe d’une main à l’autre, beaucoup de monde, beaucoup de charlatans, beaucoup de vol institutionnalisé, bref, tout ce qui compose une parfaite carte postale pour cars de touristes chinois (exit les Japonais). Pourtant se rendre dans le grand bazar ne manque pas de charme. C’est un peu une plongée en apnée dans un monde de sirènes qui vous vantent leurs produits et vous prient instamment de visiter leur boutique pour commencer à vous vendre quelque chose, n’importe quoi, tout, pourvu que vous sortiez les Atatürk. Passée la noyade, on prend vite l’air renfrogné de celui qui ne cherche rien en particulier et souhaite qu’on lui laisse le passage, et comme avec les chiens de garde, surtout, ne jamais les regarder dans les yeux… On vous prévient, n’achetez rien sans l’avoir au préalable négocié, il existe des techniques pour cela… Pour éviter le monde, il faut éviter le grand bazar. Pourtant, c’est avec une certaine délectation que je me suis plongé dedans, je voulais connaître ça. (more…)
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May 13, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 5 : Divan Yolu Caddesi et Çemberlitaş

Dans le quartier de Kadırga, à deux pas de l’hôtel, je passe le soir venu devant un bâtiment avec une grande porte verte flanquée d’un palmier défraichi et encore ouverte alors qu’il est presque 21 heures. En venant du bas de la rue, rien n’indique qu’on est en face d’une des plus belles mosquées d’Istanbul. Construite sur le flanc d’une des collines de la ville, son complexe s’étend sur tout un pâté de maison qu’on peut à peu près apprécier lorsqu’on descend Katip Sinan Camii Sokak, seule rue qui donne une belle perspective sur l’ensemble, même si on voit plus les cheminées de la medrese que la cour de la mosquée elle-même. Son plan est tout à fait particulier puisque, comme dans une autre mosquée que je visiterai plus tard du côté d’Eminönü, il faut monter une grande volée de marches pour se retrouver dans la cour, face au şardivan. Face aux murs latéraux de l’entrée, sur le parvis, sont agenouillés de jeunes garçons qui se balancent en ânonnant des textes dont je n’arrive pas à reconnaître la langue. Tantôt debout, tantôt assis, ils expriment par ce balancement leur ferveur. Troublé par leurs gestes, je finis par me demander s’ils ne sont pas juifs, alors j’émets des hypothèses hasardeuses, me disant qu’ils viennent peut-être ici par qu’il y a peu de synagogues en ville, mais je me raisonne vite : nous sommes dans une medrese, une école coranique, et ils ne sont là que pour apprendre les versets du Coran et les réciter. D’ailleurs, l’homme que j’avais vu la veille leur parler a un aspect sévère et le charisme d’un homme d’église. Veste verte posée sur les épaules, chachia noire, barbe blanche taillée en pointe sur un visage anguleux, il n’a rien de sympathique. C’est pourtant lui qui surveille les allées et venues des quelques personnes qui y entrent. (more…)
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May 12, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 4 : Kadırga Meydanı et Emir Sinan Mahallesi

Où que l’on soit à Istanbul, d’où qu’on vienne et où qu’on aille, il est difficile de ne pas passer par Divan Yolu Caddesi. Cette artère qui traverse la ville d’est en ouest et qui sur une bonne partie est interdite à la circulation (sauf au tramway et à quelques taxis) est en réalité l’antique Mésè, une route commençant au Milion, autrefois matérialisé par un arc et qui marquait le point de référence à partir duquel toutes les distances étaient calculées (dont il ne reste aujourd’hui plus qu’un fragment discret non loin de la citerne basilique) et qui rejoignait aux limites de la muraille de Théodose la porte dorée donnant accès à la route vers Rome. Cette route traversait alors le forum de Constantin, dont il ne reste plus aujourd’hui qu’une colonne au sommet de laquelle l’Empereur était représenté sous la forme d’Apollon-Hélios, colonne qu’on appelle aujourd’hui en turc Çemberlitaş ou colonne cerclée. (more…)
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