On arrive à Metz comme on arrive dans les villes de frontière : avec une légère hésitation dans le pas, une incertitude sur la langue qu’on va entendre, sur la pierre qu’on va toucher.
On arrive à Metz comme on arrive dans les villes de frontière : avec une légère hésitation dans le pas, une incertitude sur la langue qu’on va entendre, sur la pierre qu’on va toucher.
Il y a une chose que l’on remarque à Metz avant même de sortir de la gare : la couleur change. Pas la lumière, pas le ciel — la pierre. On arrive depuis Nancy dans un train qui longe la Moselle et ses villages aux façades couleur miel, on descend sur le quai, et brusquement on se retrouve sous une voûte de grès gris pâle, presque froide, aux reflets légèrement bleutés selon l’heure.
Il y a dans le Grand Nord russe un endroit où l’on a tenté de commettre un geste insensé : creuser la Terre non pas pour en extraire du pétrole ou des diamants, mais simplement pour voir jusqu’où elle consentirait à se laisser transpercer. L’endroit s’appelle la péninsule de Kola, une étendue désolée balayée par des vents qui sentent l’océan et l’infini, avec ses forêts maigres et ses sols qui craquent sous le gel.
Il est des lieux où la vie et la mort cessent de s’opposer et se prennent par la main pour marcher ensemble, presque paisiblement. À Najaf, au sud de l’Irak, s’étend Wadi al-Salam, la « vallée de la paix » — le plus vaste cimetière du monde. Ses dimensions donnent le vertige : plusieurs kilomètres carrés de tombes, de mausolées et de galeries souterraines, comme une ville qui n’aurait jamais cessé de croître, mais dont les habitants ne parlent plus.
Il faut parfois pousser une porte entrouverte pour entrer dans le cœur secret d’une ville. À Florence, derrière un porche discret de la Via del Proconsolo, se tient depuis plus d’un millénaire la Badia Fiorentina. Fondée en 978 par Willa, marquise de Toscane, cette abbaye est l’un de ces lieux où l’Histoire s’accumule comme des couches de peinture, chaque époque y ajoutant sa touche sans jamais effacer complètement la précédente.
On dit souvent qu’Istanbul est une ville de ponts. C’est vrai, mais réducteur. Avant que le béton ne se tende d’une rive à l’autre, il y avait déjà, sur l’eau, des silhouettes blanches striées d’orange qui faisaient le lien : les vapur. Ces ferries grinçants, crachotant de la vapeur comme des locomotives à moitié marines, ont longtemps été l’unique manière de relier l’Europe à l’Asie sans se mouiller les pieds.
Ce n’est pas parce qu’on est confinés qu’on n’a pas le droit de voyager. Une fois par jour, je vais essayer de vous faire découvrir le monde, les lieux que j’aimerais connaître un jour et que d’autres ont eu la chance de parcourir. Aujourd’hui, nous retournons en Chine, dans l’ancien Turkestan.
Ce n’est pas parce qu’on est confinés qu’on n’a pas le droit de voyager. Une fois par jour, je vais essayer de vous faire découvrir le monde, les lieux que j’aimerais connaître un jour et que d’autres ont eu la chance de parcourir. Aujourd’hui, nous partons à Lecce, dans le sud de l’Italie.
Ce n’est pas parce qu’on est confinés qu’on n’a pas le droit de voyager. Une fois par jour, je vais essayer de vous faire découvrir le monde, les lieux que j’aimerais connaître un jour et que d’autres ont eu la chance de parcourir. Aujourd’hui, nous partons à Shaxi, en Chine.
Quel nom étrange… Église en bois debout… En bois debout… Le nom de ces églises qu’on ne trouve plus guère qu’en Norvège vient de la manière dont le bois est travaillé. En réalité, l’expression est “bois de bout”, par opposition à “bois de fil”.