Jul 1 2010

Diapositives égyptiennes

Sur le site du Brooklyn Museum, une superbe collection de diapositives datant du début du XXème siècle, colorisées à la main, décrivant aussi bien les fouilles archéologiques de l’époque que des lieux ou des personnages. Des paysages fantomatiques et une impression de grandiloquence édifiante.

Via BLDGBLOG.


Jun 3 2010

Sobek à Kom Ombo

Toujours c’est quelque temple enfoui dans les sables jusqu’aux épaules et qu’on voit en partie, comme un vieux squelette déterré. Des dieux à tête de crocodile et d’ibis sont peints sur la muraille blanchie par les fientes des oiseaux de proie qui nichent entre les intervalles des pierres. Nous nous promenons entre les colonnes. Avec nos bâtons de palmier et nos songeries, nous remuons toute cette poussière. Nous  regardons à travers les brèches des temples le ciel qui cassepète de bleu. Le Nil coulant à pleins bords serpente au milieu du désert, ayant une frange de verdure à chaque rive. C’est toute l’Égypte.

Gustave Flaubert, in Correspondance


May 16 2010

Les faveurs de Néfertiabet

Stèle : la princesse Néfertiabet devant son repas

Stèle : la princesse Néfertiabet devant son repas. Ancien Empire, 4e dynastie, règne de Khéops (2590-2565 av. J.-C.). Musée du Louvre

La pyramide était entourée de plusieurs petites, dont les bases subsistent encore. On y reconnait aisément la situation de celle qu’Hérodote dit avoir été bâtie par la fille de Chéops, au frais de ses amants, qui payaient chacune de ses faveurs d’un bloc de pierre d’Éthiopie. Cette pyramide n’avait, selon notre auteur, qu’un phletre de base, c’est-à-dire soixante-sept pieds et demi ; elle était donc beaucoup plus petite que celle dont nous venons de parler ; mais je me suis convaincu que c’était parce que les pierres en étaient moindres, et non pas parce qu’il y en avait moins. Cependant en ne prenant que la moitié du nombre marqué ci-dessus, nous aurons cent-soixante sept mille trois cents quatre-vingt trois faveurs et demie, somme qui, pour une jeune princesse, paraîtra toujours assez considérable.

Jean-François Champollion

Un esprit chagrin serait en droit de se demander qui est le pingre qui y est allé d’une seule demi-faveur (et l’esprit encore plus chagrin répondra certainement : “tous”)


Mar 18 2010

Délices du Caire et de la nuit d’orient

Source BNF

De la nuit cairote, je ressens encore les odeurs et les couleurs, la poussière du désert sur les trottoirs, je revois les murs de terre sèche, le Nil majestueux reflétant à l’infini un soleil écrasant. Visite guidée parmi les rayonnages de la bibliothèque.

Avec Gaston Maspero et son Guide du visiteur au Musée du Caire (1902). Une visite virtuelle dans le célèbre musée par un égyptologue de renom.

Cinq mois au Caire et dans la Basse Égypte / par Gabriel Charmes, 1880, un texte suave et moderne. Continue reading


Mar 17 2010

Fruits sucrés du passé

Louis VIII par Henri Lehmann,
château de Versailles

Le roi de France Louis VIII, dit Le Lion, fils de Philippe-Auguste, mari de Blanche de Castille et père du futur Louis IX, plus connu sous le nom de Saint-Louis, était un homme d’une piété exemplaire. Son histoire est tragique. Parti en croisade contre les Albigeois soutenus par Raymond VII, comte de Toulouse (gravement suspecté de ne pas avoir voulu cautionner le massacre des hérétiques Cathares), il mène ses troupes aux portes d’Avignon qui finira par tomber puis aux portes de Toulouse. Mais l’hiver, ses maladies et les désertions auront raison de son armée. Le Roi de France Louis VIII sera frappé par la dysenterie.
Il lui aurait pourtant suffi de prendre le traitement qu’on recommandait à l’époque pour chasser le mal : coucher avec une jeune vierge, mais le Roi était pieux et refusa. Il mourut en 1226 dans d’atroces souffrances (près de la nationale 9), à Montpensier. Entre la dysenterie et coucher avec la vierge, mon cœur balance.

En parlant de pieux, voici une petite anecdote qui appartient également à l’Histoire.
Mamelouk (مملوك) est un terme arabe qui signifie possédé. Les mamelouks n’étaient ni plus ni moins que d’anciens esclaves qui se constituaient en milices au service d’un calife ottoman. Ils envahirent l’Égypte à partir de 1250 et malgré le fait qu’ils étaient de grands bâtisseurs (et pilleurs également) et des artistes hors-pair, laissant leur trace dans tous les plus beaux monuments de l’Égypte ayyubide, ils n’étaient pas spécialement réputés pour leur délicatesse comme en témoigne l’origine de leur nom. Leurs occupations consistaient surtout à passer à peu près tout le monde au fil de leur lame recourbée. Leurs supplices préférés étaient al-tawsit et al-khazuq.
Al-khazuq consiste à empaler les corps, tandis que al-tawsit consiste à les découper en deux à partir de l’abdomen. Une raffinement suprême.

Je ne me lasse jamais de ces petits faits qui font la grande histoire…