October 2013

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Emile Prisse d’Avennes en trois nouveaux volumes

Il y avait bien longtemps que je n’avais présenté ces livres merveilleux illustrés par le génialissime Prisse d’Avennes, qui illuminent de leurs couleurs puissantes les plus belles pages de l’Égypte ancienne. Un volume de texte, deux volumes d’illustrations, tous les trois disponibles sur le site de Gallica. Histoire de l’art egyptien d’après les monuments… / […]

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L’art crétois comme naturalisme triomphant

Vertige de la liste minoen par Fernand Braudel. A la grande époque de l’art crétois — celle des seconds palais —, avant la période mycénienne qui figera toute cette liberté, le naturalisme est triomphant : bêtes et plantes sont partout sur les murs ou au flanc des vases de céramique ; un brin d’herbe, une touffe de […]

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C'était un Bouddah qui écartait ainsi de son visage les ronces, les feuilles et les griffes de la jungle. Mais non pas une de ces idoles classiques de marbre ou d'or au même front, au même sourire que j'avais vu reproduites indéfiniment dans tant de sanctuaires. Celui-là était une vieille, vieille image brunie et grêlée, abandonnée au sein de la nature vierge et livrée au vent, à la mousson, au soleil et à l'étau des arbres. La promiscuité avec les éléments, le contact de la sève, cet affrontement, ce mariage plein de magie avait donné au buste une vie inquiétante et sublime. L'ancienne sérénité mystique demeurait sans doute dans le pli des yeux mais, par l'effet des ans et des intempéries, les joues s'étaient ravinées, les oreilles s'étaient aiguisées et le sourire auguste était devenu, sur les lèvres ébréchées, un rire effrayant. Était-ce un Bouddah ou était-ce un Faune que cet être de pierre animée, à la fois captif et souverain de la jungle ?

Joseph Kessel, La vallée des rubis - Gallimard, 1955

Je ne vous mène pas à l'intérieur, dit Maung Khin Maung, et sa voix exprimait une émotion singulière. Il faudrait des jours et des jours, et encore vous n'auriez fait qu'une partie du chemin. Je ne crois pas qu'il existe aujourd'hui un mineur, même parmi les plus vieux, qui connaisse entièrement les gorges souterraines à quoi conduit cette crevasse. Toute la montagne est creuse. On fouille là depuis des siècles. Aux galeries, aux caves et aux grottes naturelles, les mineurs de rubis ont ajouté par centaines, couloirs, niches, cellules, alvéoles. Dans tous les sens. A tous les niveaux. Sur le flan des abîmes obscurs. Au fond des gouffres noirs. Là même où reposent les ossements immenses des bêtes qui n'existent plus sur terre... Les squelettes des Grands Éléphants Morts.

Joseph Kessel, La vallée des rubis - Gallimard, 1955

Les formes successives d’une âme n’ont pas d’autre rapport entre elles que celui qu’ont le nuage et les plantes que sa pluie fait croître. Vous savez que la créature n’a aucun souvenir de ses états antérieurs. Il est difficile de limiter cette idée avec des paroles d’Europe. Du moins puis-je dire que ce qui a été traduit par « Tu renaîtras chacal » le serait moins mal par « de tes actes, à ta mort, un chacal naîtra ». Car il s’agit là d’exprimer la pensée de races pour lesquelles le chacal ne sait pas qu’il fut homme, n’est soumis qu’à des lois animales ; pour lesquelles la destinée n’est point marquée par la conscience que l’individu en prend, mais par l’infime changement qu’elle apporte au monde.

André Malraux, La tentation de l’occident Pléiade, 1926

En prélude à la vallée des rubis de Joseph Kessel… Le temple des mendiants

On peut commencer à lire Joseph Kessel en passant par la grande porte, avec Le Lion et les livres qui ont été portés à l’écran et que l’on connaît plus pour leur succès propre que par le nom de celui qui en a écrit l’histoire, comme La passante du sans-souci ou L’armée des ombres. Ou […]

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Un artiste de la lumière méconnu: Nikolai Kornilievich Bodarevsky

Né en 1850 et mort en 1921, Nikolai Kornilievich Bodarevsky s’illustra en peignant les dernièrs portraits de la Tsarine Alexandra Fiodorovna Romanova, épouse du Tsar Nicolas II, princesse Victoria Alix Hélène Louise Béatrice de Hesse et du Rhin. Sa peinture de jeunesse, une peinture rurale et lumineuse prenant pour sujet des scènes de genre de l’Ukraine […]

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Je fermai un instant les yeux pour mieux imaginer, mieux voir ce que suggéraient ces paroles. Les cataractes crevaient le ciel, noyaient l'horizon et, sous les trombes d'eau, les petits hommes jaunes cherchaient dans la boue les morceaux de minerai précieux... Quand je regardais à nouveau autour de moi, la verte vallée s'étendait jusqu'aux toits de Mogok.

Joseph Kessel, La vallée des rubis. Gallimard, 1955

Thaïlande, sous une lumière d’ocre (2) – Ambiances sonores à Bangkok

Après les ambiances sonores de Chiang Mai et son charme désuet, arrivée dans la capitale bruyante et étouffante, polluée et fourmillante, mais tout de même attirante. Bangkok fait partie de ces villes qui divisent, qu’on aime à la folie ou qu’on déteste, parce que dans un sens comme dans l’autre, tout semble très facile. Bangkok […]

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Le visage de Savorgnan de Brazza

J’ai trouvé un jour un livre sur les explorateurs* sur la couverture duquel figurait un visage très beau, énigmatique, figé, le visage de quelqu’un qui m’était complètement inconnu. Cet argument aurait en fait suffi à ce que j’achète ce livre, la publicité en était savamment faite. Et puis, je l’ai oublié, jusqu’à hier soir où […]

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