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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 10 août) : Les göz­leme d’Es­ra, Fethiye, le tom­beau d’Amyntas

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 10 août) : Les göz­leme d’Es­ra, Fethiye, le tom­beau d’Amyntas

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 9 août) : Dans les gorges de Saklıkent (Kanyo­nu)

Bul­le­tin météo de la jour­née (ven­dre­di) :

  • 10h00 : 38.7°C / humi­di­té : 27% / vent 15 km/h
  • 14h00 : 42.0°C / humi­di­té : 23% / vent 11 km/h
  • 22h00 : 40.0°C / humi­di­té : 67% / vent 4 km/h

Réveillé ce matin par le chant des cri­quets dans l’at­mo­sphère brû­lante qui frappe au car­reau. Mes nuits cli­ma­ti­sés res­semblent à des cau­che­mars où j’os­cille entre la nudi­té par­faite et l’en­gon­ce­ment dans les toiles blanc cas­sé, sau­cis­son­né comme une rosette de Lyon ou un foie gras cuit à cœur. Ils se sont répar­tis ente le jar­din de la pis­cine et celui sur lequel donne la cour­sive, ce qui a le don de pro­duire un son en sté­réo pas­sa­ble­ment enivrant. Je dis cri­quet, mais je suis vrai­ment inca­pable de dire quel genre de coléo­ptère est capable de faire ce genre de bruit et je ne suis pas cer­tain que si j’ar­rive à connaître le nom turc cela m’a­vance à grand chose.

Ce n’est pas parce que je suis en vacances que je ne lis pas. Je viens de finir le livre de Daniel Arasse, On n’y voit rien, que j’ai trou­vé beau­coup moins fas­ci­nant qu’His­toires de pein­tures, beau­coup moins éclai­rant, plus égo­cen­tré et sur ma lan­cée je com­mence la lec­ture, dès le petit matin, de Les Croi­sades vues par les Arabes d’Amin Maa­louf.

Je prends quelques notes sur la manière de tenir mes car­nets, com­ment les ordon­ner, de les numé­ro­ter et de les indexer, de mettre des onglets, d’in­sé­rer du maté­riau à l’in­té­rieur. Vœux pieux. Il me semble qu’en ce moment je mange beau­coup, peut-être l’ef­fet de la cha­leur, ou alors parce que les repas sont plus légers, ou alors parce que je ne res­sens plus beau­coup la sen­sa­tion de satiété.

Turquie - jour 15 - Fethiye - 006 - Patara gözleme evi

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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 9 août) : Dans les gorges de Saklıkent (Kanyo­nu)

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 9 août) : Dans les gorges de Saklıkent (Kanyo­nu)

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 8 août) : Arri­vée à Pata­ra, Gele­miş, Kum­luo­va, le Lêtốon

Bul­le­tin météo de la jour­née (jeu­di) :

  • 10h00 : 36.8°C / humi­di­té : 26% / vent 20 km/h
  • 14h00 : 40.5°C / humi­di­té : 19% / vent 7 km/h
  • 22h00 : 36.3°C / humi­di­té : 44% / vent 6 km/h

Il reste encore dix jours de Tur­quie, j’en suis au jour 14. J’ai l’im­pres­sion d’être ici depuis une éter­ni­té et l’an­goisse qui m’é­trei­gnant avant d’ar­ri­ver de me retrou­ver dans des lieux qui ne me convien­draient pas est loin der­rière moi. Je suis ici dans mon élé­ment, mal­gré cette cha­leur, mal­gré cette impres­sion de ne pas pou­voir res­pi­rer… Mais tout va bien.
Je prends mon petit déjeu­ner sur une ter­rasse recou­verte d’une ton­nelle très années 70, qui donne sur un pay­sage de col­lines et la mer au loin ; le vent rafraî­chis­sant du matin souffle tan­dis que je me repais de fro­mage blanc et d’une infu­sion de sauge très déli­cate avant de plon­ger dans la pis­cine. Pen­dant tout ce séjour, je fais exprès de me gaver au petit déjeu­ner pour n’a­voir pas à poser les pieds sous la table le midi et ain­si perdre le moins de temps pos­sible. Fina­le­ment, je me demande si l’ob­jec­tif ini­tial des vacances qui est de se repo­ser n’a pas été oublié en cours de route. Mais est-ce si grave que ça ?

Turquie - jour 14 - Saklikent Kanyonu - 004

Aujourd’­hui, direc­tion Saklıkent pour aller se fondre dans les gorges (kanyo­nu). Il paraî­trait que le site est très fré­quen­té en cette sai­son et les guides conseillent de par­tir tôt. De plus, ce que j’en ai vu à mon retour de Pamuk­kale, de nuit, ne m’a pas beau­coup plu. Une enfi­lade de bou­tiques attrape-couillon-de-tou­riste s’é­tire sur près de 500 mètres avant d’ar­ri­ver au par­king. Mais il en faut plus pour me désar­mer et sans le savoir, je prends une route le long d’une rivière large et caillou­teuse qui me fait arri­ver de l’autre côté de ce lieu de per­di­tion. J’ar­rive sur un par­king où je me gare tran­quille­ment et je me fais alpa­guer par un rabat­teur qui me demande de venir man­ger dans son res­tau­rant ; il est à peine 11h00… Je lui dis peut-être après la visite, mais je me rends compte une fois que je me suis éloi­gné que je suis en fait garé sur le par­king de son res­tau­rant… (more…)

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La plante-tur­ban

La plante-tur­ban

Dau­zat : « Tulipe; emprun­té au turc tül­bend, pro­pre­ment “(plante)-turban”. » […]
En 1562, Soli­man fait les hon­neurs de son jar­din à Ogier Ghis­lain de Bus­beck, ambas­sa­deur du Saint Empire ger­ma­nique, qui s’ex­ta­sie devant une fleur incon­nue, la tulipe et rentre chez lui avec quelques bulbes. L’an­née d’a­près, le baron de Bus­beck fait admi­rer les pre­mières tulipes de son jar­din à ses visi­teurs. Dans les années qui sui­virent, la répu­ta­tion de la tulipe gagne l’Eu­rope, les bulbes voyagent dans les malles de diplo­mates et des mar­chands, la fleur s’é­pa­nouit en Hol­lande, la demande aug­mente, le com­merce s’or­ga­nise, les prix montent (en 1637, mille pièce d’or pour un seul oignon), les spé­cu­la­teurs s’en mêlent, la pro­duc­tion se diver­si­fie, des gros­sistes engagent des for­tunes pour atta­quer le mar­ché anglais, qui boude les bulbes. Le flegme bri­tan­nique pro­voque un repli panique à la bourse de Haar­lem, c’est le krach.
En dehors de la bulle finan­cière, la folie-tulipe conti­nue ; sur les bords du Bos­phore, toute la popu­la­tion est tou­chée. Au début du XVIIIè siècle, un « registre des jar­dins de tulipes d’İst­anb­ul » réper­to­rie onze cent huit varié­tés. Quand com­mence une grande époque de fête et d’in­sou­ciance, qui coïn­cide avec la fin du règne d’Ah­med III, on l’ap­pelle l’ère des tulipes. Un vent de plai­sir souffle sur la ville, le sul­tan nomme un ministre des jar­dins et la tuli­po­ma­nie connaît son apo­théose. En 1720, des réjouis­sances sans pré­cé­dent sont orga­ni­sées dans toute la ville en l’hon­neur de la cir­con­ci­sion de quatre fils du sul­tan qui reçoit dans son palais de Beşik­taş, sur les bords du Bos­phore, avec des tor­tues-lam­pions dans les jar­dins de tulipes.

Daniel Ron­deau, İst­anb­ul
Folio Gal­li­mard pour NiL Edi­tions, 2002

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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 8 août) : Arri­vée à Pata­ra, Gele­miş, Kum­luo­va, le Lêtôon

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 8 août) : Arri­vée à Pata­ra, Gele­miş, Kum­luo­va, le Lêtôon

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 7 août) : Pamuk­kale, le châ­teau de coton et le mar­ty­rium de l’apôtre Phi­lippe, Hiérapolis

Bul­le­tin météo de la jour­née (mer­cre­di) :

  • 10h00 : 35.8°C / humi­di­té : 27% / vent 33 km/h
  • 14h00 : 38.9°C / humi­di­té : 19% / vent 9 km/h
  • 22h00 : 39.6°C / humi­di­té : 64% / vent 7 km/h

C’é­tait mon der­nier jour au Kaş Marin Hotel. Je quitte l’hô­tel sans vrai­ment regret­ter. Je n’é­tais pas là pour faire bron­zette, juste me poser un peu et avoir un point de chute dans les envi­rons, guère plus. L’air mafieux du patron, le per­son­nel à l’œil un peu torve, tout ceci était le cadet de mes sou­cis. Comme on m’a fait payer au début du séjour — on ne sait jamais, des fois que je me cara­pate à tra­vers la Tur­quie avec une voi­ture imma­tri­cu­lée à Izmir — je prends mon petit déjeu­ner, je file à la chambre pour enfi­ler mon maillot de bain et je retourne ran­ger ma valise pour m’é­chap­per loin de là après avoir dépo­sé la clé sur le comp­toir. J’é­vite soi­gneu­se­ment de regar­der autour de moi. Dom­mage, je n’au­rais pas lais­sé une bonne image du Fran­çais moyen, mais là, je rends la mon­naie de ma pièce.

Turquie - jour 13 - Letôon, Kumluova - 001 - Kas

Il est quand même l’heure de déjeu­ner, alors je prends la direc­tion de la ville, dans le petit res­tau­rant où j’ai pris à man­ger à empor­ter (götur­mek) avant-hier (au Lykia Café) et je suis à peine posé sous les ven­ti­la­teurs que le muez­zin com­mence à chan­ter, tan­dis que des petits chats font les imbé­ciles sous les tables. Je mange un plat d’Ev mantı (ravio­lis à la viande et à la crême) et une assiette de frites.

Je prends la route tran­quille­ment. Il n’y a qu’une tren­taine de kilo­mètres entre mes deux points de chute et je prends le temps, un peu, de regar­der le pay­sage et je tourne lorsque je vois le pan­neau mar­ron indi­quant Pata­ra. Pata­ra n’est pas une ville en soi, mais le nom que le hameau a pris en rela­tion avec le site archéo­lo­gique qui se trouve au bout de la route. Il me semble, mais je n’en suis pas cer­tain, que la petite ville est en fait la ville de Gele­miş. Ce n’est fina­le­ment qu’une route bor­dée de quelques mai­sons et d’hô­tels, quelques com­mer­çants et rien d’autre. En cher­chant au pre­mier abord l’hô­tel, je me retrouve en cinq minutes tout au bout de la ville à remon­ter de l’autre côté de la val­lée sur les hau­teurs ; là, je peux consta­ter l’é­ten­due des dégâts. On sent que Pata­ra n’est plus ce qu’elle était ; de grands hôtels désor­mais fer­més, aban­don­nés, des bâtisses immenses déser­tées et qui ne retrou­ve­ront jamais leur faste d’an­tan. (more…)

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#occu­py­ge­zi

#occu­py­ge­zi

En sou­tien à la contes­ta­tion qui secoue ces jours-ci la Tur­quie toute entière, le Per­ro­quet Sué­dois revêt pen­dant quelques jours les cou­leurs de l’oc­cu­pa­tion, change de nom et n’hé­site pas à crier à Erdoğan : “Her gün çapul­cu deği­lim” (tous les jours, je suis un van­dale). Toutes les pho­tos viennent du Tum­blr #occu­py­ge­zi.

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