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Tra­di­tions funé­raires des Han de l’ouest (2) : les lin­ceuls (ou armures) de jade

Cong* en néphrite

Le jade est une pierre semi-pré­cieuse connue sur­tout au tra­vers de la varié­té verte qui a fait sa renom­mée, mais la plu­part des jades sont blancs. Pierre très dure, elle est géné­ra­le­ment dif­fi­cile à tailler et depuis les Incas, on lui prête des ver­tus médi­ci­nales cen­sées gué­rir les mala­dies liées au rein et les coliques néphré­tiques, à tel point qu’on a attri­bué à une de ses varié­tés le nom de néphrite. Les cou­leurs du jade varient du blanc au vert avec plus ou moins d’in­ten­si­té, mais peuvent éga­le­ment être bleu­tés, noirs ou roses. (more…)

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Tra­di­tions funé­raires des Han de l’ouest (1) : la Mar­quise de Dai

Atten­tion, ce billet contient des images pou­vant heur­ter la sen­si­bi­li­té de cer­taines personnes.

Par­mi les décou­vertes sur­pre­nantes faites en Chine, celles qui sont sor­ties de terre du site de Mawang­dui (馬王堆) entre 1972 et 1974 sont par­ti­cu­liè­re­ment éton­nantes. Sous deux tumu­li datant de la dynas­tie des Han de l’ouest se trou­vait un tré­sor excep­tion­nel ; celui du Mar­quis de Dai (軼侯), enter­ré avec sa femme (Xin Zhui — 辛追) et son fils. Mal­heu­reu­se­ment, les tombes du père et du fils n’é­taient pas dans un très bon état de conser­va­tion, mais en revanche, celle la Mar­quise était remar­qua­ble­ment conser­vée. Enchâs­sé dans une struc­ture en bois ajus­tée, se trou­vaient un cer­cueil en laque d’une fac­ture excep­tion­nelle, dans lequel se trou­vaient deux autres cer­cueils gigognes ain­si qu’une très belle ban­nière en forme de T, longue de 205 cen­ti­mètres, répu­tée comme étant la plus ancienne pein­ture sur soie conser­vée. Rete­nu par neuf cein­tures, le corps de la Mar­quise a été retrou­vé enve­lop­pé d’une ving­taine d’é­pais­seurs de voiles de soie d’une finesse excep­tion­nelle, dont le plus léger pèse à peine trente grammes. A l’in­té­rieur, un corps momi­fié conser­vé comme aucun autre… (more…)

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Le bianz­hong et le jian du Mar­quis Yi de Zeng

Pho­to © Feng Zhong

Par­mi les objets trou­vés dans la tombe du Mar­quis Yi (乙) de Zeng, datant du Vè siècle avant J.-C., se trou­vait un ins­tru­ment colos­sal, regrou­pant 65 cloches de bronze, toutes rete­nues sur une char­pente fine­ment ouvra­gée. La décou­verte de cet ins­tru­ment dans la tombe du roi d’une petite pro­vince de la période des Royaumes Com­bat­tants (战国) indique à quel point les arts pre­naient une place impor­tante dans les cours des petits royaumes d’a­lors. Dans la tombe ont éga­le­ment été trou­vés les cer­cueils emboi­tés du Mar­quis, recou­verts d’un somp­tueux laque rouge et noir ain­si qu’un jian en bronze, une énorme cuve à double fond ser­vant d’i­so­therme. (more…)

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Le masque tao­tie (tao tie wen)

Masque taotie sur la couverte d'un ding en bronze de la dynastie Shang

Le masque tao­tie a cette par­ti­cu­la­ri­té de se confondre avec la déco­ra­tion de cer­tains types de réci­pients, notam­ment les ding, des tri­podes mas­sifs ori­gi­nel­le­ment en céra­mique mais géné­ra­le­ment en bronze cen­sés recueillir les offrandes et pla­cés à l’en­trée des temples, équi­pés de deux poi­gnées oppo­sées. La dis­cré­tion de ces déco­ra­tions per­met d’ap­por­ter une symé­trie douce et de creu­ser des figures en bas-relief, plus facile à figu­rer sur des objets en bronze. On retrouve la plu­part du temps ces motifs enchâs­sés au creux de spi­rales car­rées et de cro­chets enrou­lés. (more…)

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La tigresse (vase You de la dynas­tie Shang)

De la dynas­tie des Shang 商朝 (ou Yin) s’é­ten­dant du XVIIIè au XIè siècle avant Jésus-Christ nous est par­ve­nue cette tigresse, carac­té­ris­tique de l’âge du bronze chi­nois ; elle mesure 32 cm de haut et repré­sente une féline pos­tée sur ses pattes arrière et sa queue, tenant dans son giron une sil­houette humaine, la gueule ouverte ren­fer­mant la tête. Le décor recou­vrant cet objet de déco­ra­tion riche des­ti­né à rece­voir des bois­sons fer­men­tées est par­ti­cu­liè­re­ment fin et recher­ché, se confon­dant en volutes car­rées et a pour par­ti­cu­la­ri­té d’être cou­vert de repré­sen­ta­tions animalières.
Cette tigresse, sous son aspect pro­tec­teur, serait en fait rela­tive à une légende selon laquelle Ziwen, petit-fils de Ruoao, aurait été recueilli bébé par une tigresse qui l’au­rait éle­vé. On retrouve trace de ce récit dans les Annales des Prin­temps et des Automnes (春秋 Chūn Qiū) com­men­té dans le com­men­taire de Zuo (左傳). L’in­ter­pré­ta­tion du sacri­fice rituel ou du rite cha­ma­nique n’est pas à exclure, même si l’at­ti­tude du per­son­nage laisse trans­pa­raitre une cer­taine sérénité.

Pho­to © Sté­phane Piera /
Musée Cer­nu­schi / Roger-Viollet

Le car­tel de la tigresse sur le site du Musée Cernuschi.

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