Oct 21, 2011 | Architectures, Arts, Sur les portulans |

Le 7 octobre 1593, est fondée une ville pour commémorer la victoire de la République de Venise sur l’Empire Ottoman à la bataille de Lépante. Le 7 octobre est également le jour de la Sainte Justine, sous le patronage de laquelle la ville de Palmanova est placée .

Son plan en étoile à neuf branches, calqué sur le modèle bastionné du tracé de fortifications à l’italienne, utilise les dernières innovations en matière d’architecture militaire et inspirera bon nombre de constructions ultérieures, et nombre d’architectes, dont un certain Vauban. L’auteur de cette perle qui, vu du ciel, est un pur témoignage d’harmonie architecturale est un certain Vincenzo Scamozzi (portrait d’une exceptionnelle beauté peint par Veronese ci-dessus), qui en plus de son activité d’architecte était également scénographe pour le théâtre. Une de ses plus belles créations est le Teatro all’Antica de Sabbioneta.
Aujourd’hui, la ville n’a quasiment pas changé de physionomie.

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May 20, 2011 | Architectures, Arts |
Cette curieuse structure portant le nom étrange de bâoli(1) est en réalité un puits à degrés. Celui de Chand en est un exemplaire assez surprenant car situé dans une région semi-désertique, arrosée pendant trois mois de l’année par la mousson, il est planté au milieu d’une ville de moyenne importance, portant le nom de Abhaneri. La construction datant du IXème siècle, comporte en tout 3500 marches sur 13 étages, pour une profondeur de 30 mètres et n’est pas qu’un simple puits destiné à récolter les eaux de pluie ; il sert également de réservoir pour l’irrigation des plaines et certainement accessoirement de lieu de repos rafraîchissant. Ce qui est étonnant, c’est qu’en plus d’avoir une forme de pyramide inversée, sa structure présente des marches disposées de telle sorte à reproduire le même motif géométrique mais à l’envers. La fonction esthétique est très certainement soutenue par une fonction symbolique, voire religieuse, mais il est difficile de la déterminer de nos jours, même si on se doute que ces bâolis jouent un rôle dans les ablutions rituelles hindoues.
On trouve surtout ces monuments en forme de ziggourats inversées dans l’ouest de l’Inde, là où le climat est chaud et humide.

Bâoli de Chand, Abhaneri
Bâoli de Panna Mia

Bâoli Adalaj Vav
Localisation du bâoli de Chand sur Google Maps.
Notes :
(1) bawdi (Hindi: बावड़ी), baoli (Hindi: बावली), vaav (Gujarati: વાવ)
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Apr 29, 2011 | Architectures, Arts |
Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.
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C’est le parement intérieur d’un arc, qu’on désigne aussi sous le nom d’intrados. Dans une voûte, chaque claveau possède sa douelle. A est la douelle du claveau représenté fig. 1.
Vient du grec empyros, έμπυριος (embyrios) signifiant qui est enflammé, dérivé de πυρ (feu)
Partie du ciel la plus élevée, que les anciens regardaient comme le séjour des divinités célestes.

Bosch Hieronymus, vers 1450–1516. “LES VISIONS DE L’AU-DELÀ: L’ASCENSION VERS L’EMPYRÉE”,
détail. 1500–1504. Dernier des 4 panneaux, 87x40 cm. Huile sur bois. Venise, Palazzo Ducale.
Déverbal de enfouir. Un enfeu est une tombe encastrée dans l’épaisseur du mur d’un édifice religieux (église, cimetière). Il était généralement réservé aux nobles.
Il peut être superposé. Des gisants peuvent figurer en dessous ou au-dessus. Plusieurs niches peuvent montrer le défunt à différents moments de sa vie. Des saints peuvent aussi y figurer.

Enfeu dans un prieuré dominicain, Athenry, County Galway, Edwin Rae
Vieux français : escot : « rameau » et de perche.
- (Arts) Perche qui, dans un échafaudage, soutient des perches ou planches horizontales.
- (Bâtiment) Grande perche verticale d’échafaudage en bois ou en acier munie d’une poulie, servant à élever des matériaux de construction.
Perche ou baliveau posé verticalement pour soutenir les boulins d’un échafaud de maçon (voy. Échafaud). L’escoperche est aussi une pièce de bois munie d’une poulie à son extrémité supérieure, et qu’on attache au sommet d’une chèvre pour en augmenter la hauteur ou lui donner plus de nez.
Imposte
Dans l’architecture classique maçonnée :
- Une imposte est une pierre saillante (généralement dure) qui forme le couronnement du piédroit d’un arc (l’imposte est au piédroit ce que le chapiteau est à la colonne). Cette pierre est généralement moulurée selon les ordres architecturaux.
- Le corps de moulure de l’arc (le châssis de tympan) se nomme également imposte .
Un orant (ou priant, du latin orare, prier) désigne, dans l’art religieux, un personnage représenté dans une attitude de prière, souvent agenouillé. La réalisation est fréquemment une statue en ronde-bosse ou une sculpture en haut-relief.
Associé au gisant, c’est l’un des éléments de décoration d’un tombeau ou d’un enfeu.

Tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis dans la Rotonde des Valois,
Basilique de Saint-Denis — Gravure d’Alexandre Lenoir (19e siècle)
Les spolia (terme latin neutre pluriel, donc masculin pluriel en français) ou remplois ou réemplois, désignent la réutilisation, notamment sous l’empire romain tardif, de pièces et œuvres d’art de monuments romains antérieurs comme matériaux de construction dans un nouveau monument (comme par exemple l’arc de Janus, l’arc de Constantin).
Il n’est pas établi si cet usage est d’abord idéologique (retour à une gloire passée), esthétique (remploi d’œuvres d’art appréciées et ainsi sauvegardées) ou pratique (récupération d’un monument en ruine, et coût de matière première réduite).
L’hypothèse du recyclage pour des raisons économiques et pratiques est la plus probable, dans l’édification des remparts des cités romaines à partir de la fin du IIIe siècle, par la réutilisation de pierres de monuments, en particulier funéraires, bâtis à l’entrée des villes et souvent à l’abandon.


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Apr 24, 2011 | Architectures, Arts, Histoires de gens |
La Yerebatan Sarnıcı (la citerne enfouie sous terre), également connue sous le nom grec de Basilikè kinstérnè (Βασιλικὴ κινστέρνη) est un lieu étrange situé sous les pieds d’Istanbul, ou plutôt de Constantinople. On dit souvent de cette « citerne basilique » que c’est le monument, en dehors de la cathédrale Sainte-Sophie, qui mérite le plus l’attention des touristes (ce qui n’est pas forcément un label de référence). En l’occurrence, cette citerne avait exactement le même rôle que le réservoir de Montsouris à Paris. C’est l’empereur Justinien qui décida la construction en 532 de cette citerne si grande qu’on l’appelle Basilikè, afin de contenir les eaux pluviales hivernales en surabondance pour les stocker pour les périodes plus sèches. Cette spécificité du climat turc et l’absence de cours d’eau souterrain permettant l’apport suffisant en eau courante a été à l’origine du creusement de plusieurs citernes sous le sol de la ville ; on pouvait autrefois en dénombrer environ quatre-vingt dont la capacité totale devait avoisiner 900 000 m3 pour les citernes à ciel ouvert et 160 000 m3 pour les souterraine. La capacité de la citerne Yerebatan Sarnıcı, la plus importante parmi les souterraines est de 78 000 m3 (138 x 64,6 m) tandis que celle d’Aétius, à ciel ouvert, mesurait 244 m sur 85 m, pour une profondeur de 14 m environ et une capacité évaluée à 250 ou 300 000 m3.
Une des curiosités de ce lieu étrange, est l’utilisation de futs monolithiques et de chapiteaux de colonnes corinthiens en remploi. Deux des trois-cents trente-six colonnes reposent sur d’énormes blocs rectangulaires taillés représentant la gorgone Méduse. Personne ne sait pourquoi ils sont là, ni quelle est leur signification et surtout pourquoi l’un de ces blocs est renversé et l’autre de côté. On visite ce lieu parfaitement hors du commun, et dont l’ambiance donne réellement l’impression qu’on se trouve dans quelque lieu saint, avec des bottes.
Localisation sur Google Maps.

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Apr 9, 2011 | Arts |
Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.
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Dans l’architecture classique, grecque et romaine antique, les acrotères (du grec ancien ἀκρωτήριον, puis du latin acroterium) sont des socles (piédestaux) soutenant des ornements, disposés au sommet ou sur les deux extrémités d’un fronton.
Les statues-acrotères caractéristiques, conservées au musée de Murlo, comme le cowboy de Murlo constituent les vestiges étrusques de l’antique fabrique locale de Poggio Civitate.
Par extension, les acrotères désignent les ornements eux-mêmes ; il peut s’agir de statues, de statuettes en pierre, de vases en terre cuite.
Dans l’architecture moderne, on appelle mur acrotère, en abrégé acrotère, un muret situé en bordure de toitures terrasses pour permettre le relevé d’étanchéité. Cette appellation a largement remplacé, en France, celle, originale, de mur besquaire qu’on trouve au Québec et en Belgique.

Acrotère : tête de sphinx et fragments d’aile, vers 540 — 520 avant J.-C.
Provenance : Thèbes ?, Atelier corinthien, Terre cuite polychrome
Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, Musée du Louvre
Les chitons (Polyplacophora) sont des mollusques marins appartenant à la classe des polyplacophores.
Le terme chiton dérive du grec ancien χιτών [chitōn], qui désigne ce qui enveloppe, la χιτωνίσκος [Chitōniscos] étant une sorte de tunique pour femme.
Le chiton est un vêtement de la Grèce antique. Tunique de lin au plissé fin, cousue sur les côtés, ceinturée à la taille, courte et sans manche pour les hommes, longue et avec manches pour les femmes, portée par les hommes comme par les femmes.
D’abord confectionné en laine dans les périodes les plus anciennes, il est ensuite fabriqué en lin et gagne alors en ampleur pour se porter avec une ceinture à la taille.
Chez les hommes, il peut couvrir la jambe jusqu’à mi-cuisse ou descendre jusqu’au pied. Il peut être orné de dessins géométriques pour les jours de fête. Il se peut se porter avec un pallium (sorte de manteau). Dans l’armée, le chiton est porté sous l’armure et est d’une couleur vive généralement bleu ou rouge.
Chez les femmes, il se porte long. On parle parfois de chiton ionique. Avec l’apparition du lin, il remplace progressivement le péplos qui n’est pas un vêtement cousu mais drapé, dont il se différencie car il ne retombe pas en plis sur la poitrine et se porte bouffant à la taille grâce à une ceinture.

Victoire de Samothrace, IIè siècle av. J.-C., Musée du Louvre
La coroplathie ou coroplastie est un mode de fabrication de figures le plus souvent en terre cuite dont l’origine est proche-orientale et importée dans le bassin occidental de la mer Méditerranée par les Phéniciens.
Les Étrusques la pratiquent (terres cuites du palais de Poggio Civitate à Murlo, ancêtres divinisés en statues-acrotères à large « chapeau » dits cowboy de Murlo) et son apogée est atteint entre la fin du VIe et le premier quart du Ve siècle av. J.-C. par les décors du temple de Portonaccio à Véies, et ceux des deux temples de Pyrgi.
Divers modes de fabrication ont prévalu : modelée parfois à la main, elle peut aussi être issue de moules. Dans le monde punique, elle est surtout réalisée au tour.

Aurige, début du Ve siècle avant J.-C., Terre cuite, Collection Campana, 1863
Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, Musée du Louvre
La glyptique (du grec ancien γλυπτός / glyptós, « objet gravé ») est l’art de la taille de pierres, en creux (intaille) ou en relief (camée). Elle exprime le plus souvent une idéologie politique, religieuse ou culturelle.
Ce terme est souvent approprié pour désigner l’art de tailler les sceaux-cylindres en Mésopotamie.
Dans le Proche-Orient ancien, un sceau-cylindre est un cylindre orné de motifs représentant des dieux ou des symboles du pouvoir. Ils servent la plupart du temps à imprimer ces motifs sur de l’argile, mais on les retrouve également dans des tombeaux royaux. Ils apparaissent à partir de la période d’Uruk (4100–3300 av. J.-C.).
Un sceau-cylindre est un petit cylindre sur lequel est gravé un motif, avec un court texte identifiant son possesseur (« X, fils de Y, serviteur de tel dieu ») pour les périodes postérieures à l’invention de l’écriture. Il est fait pour être déroulé sur un tablette d’argile. De ce fait, la surface imprimable reproduit une frise, extensible à l’infini, et est plus grande que celle d’un sceau normal. Cela augmente donc le potentiel narratif et décoratif du sceau, et en fait un support iconographique potentiellement très riche.

Sceau-cylindre et son empreinte, représentant une scène mythologique :
Assur attaquant un monstre est acclamé par une déesse. Stéatite, Assyrie, IXe-VIIIe siècle av. J.-C.
Département des Antiquités orientales, Musée du Louvre
Du grec ancien ἱεροδούλη, de ἱερόν hiéros (« sacré ») et de δούλη (« esclave de sexe féminin »).
(Grèce ancienne et Anatolie) Esclave du temple dédiée à un dieu ou une déesse particulière, avec une connotation fréquente de prostituée sacrée. Cette prostitution était tolérée car au service du dieu ou de la déesse en question.
Extrait du paragraphe Troisième genre dans les sociétés historiques, article Troisième sexe, Wikipedia.
Dans la mythologie mésopotamienne, qui compte parmi les productions les plus anciennes connues de l’humanité, il y a une référence à un type de personnes qui ne sont ni hommes ni femmes. Selon le mythe de création sumérien retrouvé sur une tablette du second millénaire, la déesse Ninhursag présente un corps n’ayant ni organes génitaux mâles, ni organes génitaux femelles. Sa place dans la société, assignée par Enki, est d’être « face au roi ». Dans le mythe akkadien de Atrahasis (vers ‑1700), Enki demande à Nintu, la déesse de la naissance, d’établir une troisième catégorie de personnes, en addition aux hommes et aux femmes, qui comprendrait les démons qui volent les jeunes enfants, les femmes infertiles et les prêtresses qui n’ont pas le droit d’être enceintes. À Babylone, à Sumer et en Assyrie, certains types d’individus qui remplissaient un rôle religieux au service d’Inanna/Ishtar ont été décrits comme un troisième genre. Ils pratiquaient la prostitution sacrée (hiérodule), la danse extatique, la musique et le théâtre, portaient des masques et des attributs des deux autres genres. À Sumer, le nom cunéiforme qui leur était attribué était ur.sal (« chien/homme-femme ») et kur.gar.ra (aussi décrit comme homme-femme). Les universitaires modernes, en tentant de les décrire en termes des catégories de genre contemporaines, ont utilisé les termes de « vivant comme des femmes » ou en utilisant des qualifications d’hermaphrodite, eunuque, homosexuels, travestis, hommes efféminés (entre autres).
Voir aussi Nadītu, Qedesha, Hiérogamie (Hieros Gamos)

Déesse Lilitu, Inanna/Ishtar, Ereshkigal, XIXè-XVIIIè siècle av. J.-C. British Museum
Un propylée est à l’origine un vestibule conduisant à un sanctuaire. Aujourd’hui on l’emploie au pluriel, il désigne un accès monumental. C’est la porte d’entrée d’un sanctuaire, la séparation entre un lieu profane (la cité) et un monde divin (le sanctuaire).
Le plus célèbre exemple de propylée est celui de l’Acropole d’Athènes, réalisé par Mnésiclès de 437 à 432 av. J.-C., dans le cadre des grands travaux de Périclès après les guerres médiques. Il est composé d’un vestibule central et de deux ailes de chaque côté. À l’Est et à l’Ouest, il est flanqué de deux portiques avec six colonnes doriques. L’aile nord se nomme la pinacothèque et était une salle de banquet et d’exposition d’œuvres d’art.

Julien David Le Roy. Vue des Ruines des Propylées, ou de la Porte de la Citadelle d’Athènes.
Les Ruines des Plus Beaux Monuments de la Grèce. 1758.
Un rhyton, rython ou rhython (du grec rhein, couler) désigne un vase en terre cuite ou en métal mesurant environ 25 centimètres de hauteur qui se représente sous la forme d’une corne, à une anse, comportant une ouverture de fond par laquelle le liquide s’écoule et dont l’extrémité se termine par une tête animale ou humaine. Il a été essentiellement fabriqué par les Thraces et les Romains au cours des Ve et VIe siècles avant Jésus-Christ. Il était utilisé pour boire mais aussi pour certaines cérémonies et rituels religieux comme lors des libations.
Une bien riche collection de rythons…

Rython Thrace du trésor de Kazanlak (Seuthopolis, capitale du royaume des Odryses), Bulgarie
La toreutique est l’art de travailler le métal par le martelage de métaux (or et argent principalement) ou par la gravure, allant de la simple courbure du métal à l’inscription de motifs détaillés gravés ou en relief dans le métal choisi. Ce travail se fait par l’usage d’outils divers tels que la masse, le marteau, des ciseaux à tranchant en biseau ou encore un burin. On peut ainsi avoir tendance à la rapprocher de l’orfèvrerie. La toreutique existe depuis la haute antiquité. Elle est attestée à l’Age du Bronze et a fleuri en Mésopotamie et en Perse, bien que le terme n’ait été inventé qu’au XIXe siècle.

Consulter le très riche blog des étudiantes en archéologie de Paris I, qui semble malheureusement ne plus être alimenté depuis 2010.
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