Apr 25, 2011 | Arts, Histoires de gens |
Au nombre des découvertes archéologiques de ces dernières années, on a pu voir fleurir des choses absolument exceptionnelles. Même si à notre époque, il nous reste tout de même plus de chances de découvrir l’hypogée cachée d’un Toutankhamon plutôt que les jardins suspendus de Babylone ou le temple d’Ishtar de Marduk, l’éventail des possibles reste franchement étendu, même si nous savons que l’archéologie est une science qui finira par mourir doucement ; en effet, le nombre de découvertes possibles risque d’aller en s’amenuisant, les découvertes se succédant et la conservation des éléments de fouilles non découverts risquant finalement de ne pas être exploitable ou tout simplement disparaître. Cette science porte en elle un drame : celui de devoir sans cesse découvrir des restes d’une civilisation. Même si l’archéologue a une vision positive de la découverte, le profane est toujours déçu de découvrir le délabrement. Sauf… sauf dans quelques cas, où l’on se demande encore comment les objets ont pu nous arriver dans un tel état de conservation.
En France, la dernière découverte de taille a été faite en Arles, grande cité romaine au passé riche. On a trouvé dans le Rhône, immense dispensateur de trésors qui n’ont certainement pas tous été mis à jour, une tête de Jules César en marbre, grandeur nature et réalisée de son vivant. On estime que c’est le portrait le plus réaliste de l’empereur, un portrait au regard dur et froid, à la calvitie naissante.

Le mithraeum d’Angers
Si l’événement a été beaucoup moins médiatisé, car beaucoup moins spectaculaire, il n’en reste pas moins une découverte d’importance. Sur le territoire de la ville d’Angers, a été mis à jour les restes d’un mithraeum (pluriel mithraea), un temple cultuel dédié au Dieu Mithra, une divinité d’origine indo-iranienne dont le culte est très développé à l’époque romaine et très largement diffusé sur le territoire des conquêtes. On le sait peu, mais le Culte de Mithra, culte ésotérique accessible par cooptation, fut pendant quelques temps un concurrent sérieux du christianisme avant d’être interdit, comme tous les autres cultes païens en 391 par l’édit de Théodose. Mais pourquoi des traces de ce culte à Angers, si loin de son lieu de naissance ? Mithra est un dieu guerrier dont le culte s’est surtout développé chez les légionnaires romains. Passablement suspect, il n’était pas de bon ton, dans une Rome qui avait adopté le christianisme comme religion d’état de se déclarer mithraïste. Aussi, les lieux de culte étaient-ils généralement enfouis sous terre, exigus, confinés et ne pouvaient que rarement recevoir plus de quarante personnes à la fois. La découverte d’un de ce lieux à Angers marque les progressions de l’expansion de ce culte sur le continent, qu’on retrouve en réalité jusqu’à Londres.

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Apr 23, 2011 | Arts, Sur les portulans |
Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.
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La baliste (du latin ballista et du grec βαλλίστρα, à partir du mot βάλλειν, ballein, « lancer, jeter », au pluriel ballistæ en latin) était une arme développée à partir d’une arme grecque plus ancienne. Son fonctionnement est basé sur différents mécanismes utilisant l’action de deux leviers sur des ressorts à torsion, constitués de plusieurs faisceaux de fibres tordues. Les premières versions lançaient de lourdes flèches ou des projectiles sphériques, comme des pierres de différentes tailles, au cours des sièges. Elles ont servi de base pour développer une arme de tir plus petite, le scorpion et peut-être le polybolos. Cette arme est abandonnée au haut Moyen Âge au profit des engins à contrepoids, la pierrière puis ses perfectionnements : la bricole, le mangonneau, le trébuchet. Cependant, le nom “baliste” est conservé au Moyen Âge pour désigner l’arbalète à tour et parfois, abusivement, les engins de siège à contrepoids.
Voir également : Cheiroballistra/Manuballista, carroballista, polybolos
Une baliste à quatre roues tirées par des chevaux caparaçonnés, tirée d’une gravure illustrant une édition de 1552 du catalogue de machines de guerre De Rebus Bellicis vers 400.
Mangonneau
Le terme mangonneau (dérivé du mot Greco-latin manganon, qui signifie “machine de guerre”) désigne un engin militaire offensif de l’époque médiévale, une sorte de catapulte, un engin de siège utilisé pour lancer des projectiles contre les murs des châteaux forts, très proche du trébuchet.
La signification exacte du terme est discutée, et plusieurs interprétations ont été suggérées. Il pourrait s’agir du nom d’un contrepoids d’artillerie (trébuchets), probablement un contrepoids fixe, ou avec un type particulier de cadre. Le terme arabe manajaniq vient du même mot, et s’applique à différents types de trébuchet. Il est également possible qu’il fasse référence à plusieurs types d’engins de siège, utilisés à d’autres époques ou en d’autres lieux, ou encore d’un terme général.
- Portée : 150 mètres
- Boulets : jusqu’à 100 kg
- Cadence de tir : 2 tirs par heure
- Servants : 12

Illustration issue du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc.
L’onagre était un engin de siège de la période romaine post-classique qui tire son nom de l’analogie de son mouvement avec celui de la ruade d’un onagre, sorte d’âne sauvage. Il s’agit d’une sorte de catapulte Romaine qui utilise la force de torsion, provenant généralement d’une corde torsadée, pour stocker l’énergie nécessaire au tir.
D’après le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècles (tome 5), les historiens romains s’accordent tous pour ranger l’onagre, comme la catapulte et le scorpion, dans les engins de jets offensifs mais leurs descriptions sont, ou bien succinctes, ou bien contradictoires : on trouve en effet le terme onagre comme synonyme de scorpion chez Marcellin (VIe siècle) ou onagre comme engin lançant des pierres (par opposition aux javelots) chez Végèce, ou onagre comme synonyme vulgaire de catapulte chez Jean le Lydien.Certains la décrivent comme une petite catapulte capable d’envoyer des petits projectiles à 30 m de distance ou 40 m de haut, d’autres comme une arbalète géante.

Illustration issue du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc.
Une rondache est un bouclier de forme circulaire et généralement de taille moyenne. Elle est utilisée dans les combats rapprochés, ou corps à corps, comme moyen de protection et d’intimidation. Elle est souvent associée à l’épée courte. La rondache est petite, légère et sans encombre pour l’attaque, ce qui lui donne toute sa qualité lors des combats. Sa forme ronde laisse libre cours au mouvement de l’arme et dévie facilement les coups, et peut facilement être utilisée pour repousser l’ennemi en corps à corps.

Rondache de parement : Le Laocoon
Italie du Nord, (Milan ?) seconde moitié du XVIe siècle
Département des Objets d’art, Musée du Louvre
La targe est un petit bouclier qui se tenait à la main ou, dans des cas beaucoup plus rares, était directement fixé sur le canon d’avant bras gauche si le combattant portait une armure. Le diamètre de la targe est d’au maximum 40 centimètres. Elle est constituée exclusivement de fer et non de bois.

Targe de tournoi, Allemagne, vers 1450.
Metropolitan Museum of Art, New-York
Le trébuchet fait partie des pièces d’artillerie médiévales dites à contrepoids. Il s’agit d’un engin de siège qui a été utilisé au Moyen Âge, soit pour détruire la maçonnerie des murs, soit pour lancer des projectiles par dessus les fortifications. Il est parfois appelé «trébuchet à contrepoids» afin de le différencier d’une arme plus ancienne qu’on appelait «trébuchet à traction», une version primitive de l’engin où la force de propulsion était fournie par des hommes et non par un contrepoids.
- Portée : 200 mètres
- Boulets : 80 à 100 kg
- Cadence de tir : 1 à 2 tirs par heure
- Servants : 60
Illustration issue du Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc.
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Apr 17, 2011 | Arts |
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Cognomen
Le cognomen (au pluriel cognomina) est le surnom d’un Romain de l’antiquité. Après le prénom et le nom de famille (gentilice), il constituait généralement le troisième nom du tria nomina traditionnel du citoyen romain. L’usage du cognomen apparaît dans l’épigraphie latine à la fin du IVe siècle av. J.-C., avec P. Cornelius Scapula, mais il se limite à l’aristocratie, où il devint d’un usage héréditaire, comme le prénom qui passait de père en fils ainé, ce qui engendra la répétitivité des tria nomina d’une génération à l’autre. On se mit à ajouter un second surnom pour distinguer les individus.

Denier de Caracalla, Rome, 200 ap. J.-C.
Le siège Curule (sella curulis) est un symbole du pouvoir en Rome antique, sur lequel pouvaient s’asseoir les magistrats et promagistrats romains possédant l’imperium, ce qui inclut les consuls, les dictateurs, les maîtres de cavalerie, préteurs, édiles curules. Si Jules César a été autorisé à s’asseoir sur un siège curule fait d’or, il était traditionnellement fait d’ivoire, avec les pieds incurvés formant un X large sans dossier ni accotoirs. Le siège pouvait être plié et transporté.

Relief funéraire représentant une chaise curule. Marbre, œuvre romaine, 50 av. J.-C.-50 ap. J.-C. Provenance : Torre Gaia, Via Casilina, Rome.

Examen d’un malade, extrait de ‘Liber notabilium Philippi Septimi, francorum regis, a libris Galieni extractus’, par Guy de Pavia, 1345 (vellum) Ecole italienne, Musée Condé, Chantilly, France
Les flamines (singulier flamen en latin) sont des prêtres romains voués au culte d’un seul dieu. Ils sont au nombre de 15, 3 flamines majeurs et 12 flamines mineurs, choisis pour certains par le grand pontife, élus par la plèbe pour d’autres. Ils vouent alors leur vie à un dieu particulier. Les flamines portaient l’apex, un bonnet conique en cuir blanc. Ils jouissaient d’un grand prestige mais, en retour, ils étaient l’objet de nombreux interdits très contraignants.Les flamines conservaient chez eux la flamme sacrée, symbole de leur fonction.

Le gyrovague (du latin ancien gyrus, « cercle », et vagus, « vagabond ») était un moine vivant seul, dans l’errance et passant de monastère en monastère, sans être membre d’aucun. Le concile de Chalcédoine (451) interdit ce genre de vie monastique. Il n’existe plus aujourd’hui dans l’église catholique. Dans le christianisme des premiers siècles ceux qui fuyaient le monde à la recherche de Dieu, se mettaient à l’écoute d’un maître spirituel, généralement un ermite retiré dans le désert (Antoine le grand et les Pères du désert). Ils restaient libres, et passaient d’un maître à l’autre au fur et à mesure de leur progrès spirituel. Ce type de vie ascétique était assez commun dans l’ancienne Syrie, la Mésopotamie et l’Égypte. Lorsque les premières communautés monastiques furent créées (avec Pacôme, au milieu du IVe siècle), cette même pratique continua : certains moines, appelés les gyrovagues, passaient d’un monastère à l’autre. Rien ne les en empêchait. Certains ne restaient que quelques jours en chaque monastère avant de reprendre leur errance.

Saint-Jean Chrisostome
Un haruspice ou aruspice est un pratiquant de l’haruspicine (de l’étrusque haru, entrailles, et spicio, « je regarde », transcrit par haruspex en latin), un devin étrusque qui examinait les entrailles d’un animal sacrifié pour en tirer des présages quant à l’avenir ou à une décision à prendre. Les haruspices d’Étrurie se distinguaient du reste de la population par leur costume : ils portaient un manteau court bordé de franges (similaire à la peau de la bête sacrifiée) et non la toge étrusque (la tebenna), fermé par une fibule au niveau du cou, et un couvre-chef à large bord et au sommet pointu et surtout, ils portaient leurs libri haruspicini et rituales (comme on le constate sur les sarcophages figurés des défunts haruspices). Le foie de Piacenza est un vestige étrusque en bronze qui servait de modèle à l’hépatologie (syn: hépatoscopie, hépatomancie, extipicine ou splanchnomancie), la divination donnée par l’haruspice suite à l’examen des entrailles animales, en l’occurrence un foie de mouton. Il est conservé au Musée municipal de Piacenza dont le siège est au Palazzo Farnese.

Miroir étrusque avec représentation du devin Calchas examinant un foie. Italie, Vulci, Ve siècle av. J.-C. Musée du Vatican.
L’onomastique (du grec onoma, nom) est la science qui étudie les noms propres. En égyptologie, l’onomastique est une science aussi complexe qu’indispensable. En effet, elle permet d’attribuer un objet ou un monument à telle ou telle personne. Mais la tâche des égyptologues est rendue bien difficile par la multiplication des titulatures des pharaons (cinq noms de couronnement !).

Quadrupède fantastique sur une ligne de base. A l’exergue, croisette entre deux points. Cité de Jublains, Mayenne
La pyxis ou pyxide est un petit vase rond, à fond plat (parfois pointu à l’époque géométrique, lorsque des trous permettaient de le suspendre), et généralement doté d’un couvercle. Il sert de boîtier ou de coffret à bijoux. Le Moyen Âge en a fait un coffret à hosties. La pyxide d’al-Mughira est une boîte en ivoire taillée d’un seul bloc dans une défense d’éléphant (le fond n’a donc pas été rapporté), réalisée en al-andalus en 968 et actuellement conservée au musée du Louvre depuis 1898, date de son acquisition par le musée. Retrouvée dans la ville califale de Madinat al-Zahra, elle constitue un chef d’œuvre de l’art islamique de cette période, et à coup sûr l’un des joyaux du musée du Louvre, par son décor extrêmement fin et détaillé.

Pyxide au nom d’al-Mughira. Espagne, Madinat al-Zahra, 968 Ivoire d’éléphant, décor sculpté et gravé Département des Arts de l’Islam, Musée du Louvre
Le Sicle est un poids et une monnaie utilisés chez les anciens hébreux. Le shekel ‘hadash (en hébreu : שקל חדש, c’est-à-dire le nouveau shekel, abrégé ש“ח dans le langage courant), ou shekalim au pluriel (prononcé shkalim), est la monnaie nationale de l’État d’Israël. Le shekel est divisé en 100 agorot, pluriel d’agorah, qui vient d’un mot Akkadien (Mésopotamie) et signifie graine. Le shekel fait référence, à l’origine, à une unité de poids et à une monnaie utilisée en Mésopotamie depuis le 3e millénaire av. J.-C. jusqu’au Ier siècle appelée aussi shekel ou sicle. Ce fut également l’unité de poids utilisée par les Hébreux (il en est fait mention dans certains passages de la Bible et il est notamment utilisé pour recenser le peuple dans le désert après la sortie d’Égypte). Le nom est lié étymologiquement au mithqal, unité de poids arabe. Le shekel biblique valait 6 grammes d’argent.

Sicles frappés en Lydie, à Sardes. 485–420.
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Apr 9, 2011 | Arts |
Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.
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Dans l’architecture classique, grecque et romaine antique, les acrotères (du grec ancien ἀκρωτήριον, puis du latin acroterium) sont des socles (piédestaux) soutenant des ornements, disposés au sommet ou sur les deux extrémités d’un fronton.
Les statues-acrotères caractéristiques, conservées au musée de Murlo, comme le cowboy de Murlo constituent les vestiges étrusques de l’antique fabrique locale de Poggio Civitate.
Par extension, les acrotères désignent les ornements eux-mêmes ; il peut s’agir de statues, de statuettes en pierre, de vases en terre cuite.
Dans l’architecture moderne, on appelle mur acrotère, en abrégé acrotère, un muret situé en bordure de toitures terrasses pour permettre le relevé d’étanchéité. Cette appellation a largement remplacé, en France, celle, originale, de mur besquaire qu’on trouve au Québec et en Belgique.

Acrotère : tête de sphinx et fragments d’aile, vers 540 — 520 avant J.-C.
Provenance : Thèbes ?, Atelier corinthien, Terre cuite polychrome
Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, Musée du Louvre
Les chitons (Polyplacophora) sont des mollusques marins appartenant à la classe des polyplacophores.
Le terme chiton dérive du grec ancien χιτών [chitōn], qui désigne ce qui enveloppe, la χιτωνίσκος [Chitōniscos] étant une sorte de tunique pour femme.
Le chiton est un vêtement de la Grèce antique. Tunique de lin au plissé fin, cousue sur les côtés, ceinturée à la taille, courte et sans manche pour les hommes, longue et avec manches pour les femmes, portée par les hommes comme par les femmes.
D’abord confectionné en laine dans les périodes les plus anciennes, il est ensuite fabriqué en lin et gagne alors en ampleur pour se porter avec une ceinture à la taille.
Chez les hommes, il peut couvrir la jambe jusqu’à mi-cuisse ou descendre jusqu’au pied. Il peut être orné de dessins géométriques pour les jours de fête. Il se peut se porter avec un pallium (sorte de manteau). Dans l’armée, le chiton est porté sous l’armure et est d’une couleur vive généralement bleu ou rouge.
Chez les femmes, il se porte long. On parle parfois de chiton ionique. Avec l’apparition du lin, il remplace progressivement le péplos qui n’est pas un vêtement cousu mais drapé, dont il se différencie car il ne retombe pas en plis sur la poitrine et se porte bouffant à la taille grâce à une ceinture.

Victoire de Samothrace, IIè siècle av. J.-C., Musée du Louvre
La coroplathie ou coroplastie est un mode de fabrication de figures le plus souvent en terre cuite dont l’origine est proche-orientale et importée dans le bassin occidental de la mer Méditerranée par les Phéniciens.
Les Étrusques la pratiquent (terres cuites du palais de Poggio Civitate à Murlo, ancêtres divinisés en statues-acrotères à large « chapeau » dits cowboy de Murlo) et son apogée est atteint entre la fin du VIe et le premier quart du Ve siècle av. J.-C. par les décors du temple de Portonaccio à Véies, et ceux des deux temples de Pyrgi.
Divers modes de fabrication ont prévalu : modelée parfois à la main, elle peut aussi être issue de moules. Dans le monde punique, elle est surtout réalisée au tour.

Aurige, début du Ve siècle avant J.-C., Terre cuite, Collection Campana, 1863
Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, Musée du Louvre
La glyptique (du grec ancien γλυπτός / glyptós, « objet gravé ») est l’art de la taille de pierres, en creux (intaille) ou en relief (camée). Elle exprime le plus souvent une idéologie politique, religieuse ou culturelle.
Ce terme est souvent approprié pour désigner l’art de tailler les sceaux-cylindres en Mésopotamie.
Dans le Proche-Orient ancien, un sceau-cylindre est un cylindre orné de motifs représentant des dieux ou des symboles du pouvoir. Ils servent la plupart du temps à imprimer ces motifs sur de l’argile, mais on les retrouve également dans des tombeaux royaux. Ils apparaissent à partir de la période d’Uruk (4100–3300 av. J.-C.).
Un sceau-cylindre est un petit cylindre sur lequel est gravé un motif, avec un court texte identifiant son possesseur (« X, fils de Y, serviteur de tel dieu ») pour les périodes postérieures à l’invention de l’écriture. Il est fait pour être déroulé sur un tablette d’argile. De ce fait, la surface imprimable reproduit une frise, extensible à l’infini, et est plus grande que celle d’un sceau normal. Cela augmente donc le potentiel narratif et décoratif du sceau, et en fait un support iconographique potentiellement très riche.

Sceau-cylindre et son empreinte, représentant une scène mythologique :
Assur attaquant un monstre est acclamé par une déesse. Stéatite, Assyrie, IXe-VIIIe siècle av. J.-C.
Département des Antiquités orientales, Musée du Louvre
Du grec ancien ἱεροδούλη, de ἱερόν hiéros (« sacré ») et de δούλη (« esclave de sexe féminin »).
(Grèce ancienne et Anatolie) Esclave du temple dédiée à un dieu ou une déesse particulière, avec une connotation fréquente de prostituée sacrée. Cette prostitution était tolérée car au service du dieu ou de la déesse en question.
Extrait du paragraphe Troisième genre dans les sociétés historiques, article Troisième sexe, Wikipedia.
Dans la mythologie mésopotamienne, qui compte parmi les productions les plus anciennes connues de l’humanité, il y a une référence à un type de personnes qui ne sont ni hommes ni femmes. Selon le mythe de création sumérien retrouvé sur une tablette du second millénaire, la déesse Ninhursag présente un corps n’ayant ni organes génitaux mâles, ni organes génitaux femelles. Sa place dans la société, assignée par Enki, est d’être « face au roi ». Dans le mythe akkadien de Atrahasis (vers ‑1700), Enki demande à Nintu, la déesse de la naissance, d’établir une troisième catégorie de personnes, en addition aux hommes et aux femmes, qui comprendrait les démons qui volent les jeunes enfants, les femmes infertiles et les prêtresses qui n’ont pas le droit d’être enceintes. À Babylone, à Sumer et en Assyrie, certains types d’individus qui remplissaient un rôle religieux au service d’Inanna/Ishtar ont été décrits comme un troisième genre. Ils pratiquaient la prostitution sacrée (hiérodule), la danse extatique, la musique et le théâtre, portaient des masques et des attributs des deux autres genres. À Sumer, le nom cunéiforme qui leur était attribué était ur.sal (« chien/homme-femme ») et kur.gar.ra (aussi décrit comme homme-femme). Les universitaires modernes, en tentant de les décrire en termes des catégories de genre contemporaines, ont utilisé les termes de « vivant comme des femmes » ou en utilisant des qualifications d’hermaphrodite, eunuque, homosexuels, travestis, hommes efféminés (entre autres).
Voir aussi Nadītu, Qedesha, Hiérogamie (Hieros Gamos)

Déesse Lilitu, Inanna/Ishtar, Ereshkigal, XIXè-XVIIIè siècle av. J.-C. British Museum
Un propylée est à l’origine un vestibule conduisant à un sanctuaire. Aujourd’hui on l’emploie au pluriel, il désigne un accès monumental. C’est la porte d’entrée d’un sanctuaire, la séparation entre un lieu profane (la cité) et un monde divin (le sanctuaire).
Le plus célèbre exemple de propylée est celui de l’Acropole d’Athènes, réalisé par Mnésiclès de 437 à 432 av. J.-C., dans le cadre des grands travaux de Périclès après les guerres médiques. Il est composé d’un vestibule central et de deux ailes de chaque côté. À l’Est et à l’Ouest, il est flanqué de deux portiques avec six colonnes doriques. L’aile nord se nomme la pinacothèque et était une salle de banquet et d’exposition d’œuvres d’art.

Julien David Le Roy. Vue des Ruines des Propylées, ou de la Porte de la Citadelle d’Athènes.
Les Ruines des Plus Beaux Monuments de la Grèce. 1758.
Un rhyton, rython ou rhython (du grec rhein, couler) désigne un vase en terre cuite ou en métal mesurant environ 25 centimètres de hauteur qui se représente sous la forme d’une corne, à une anse, comportant une ouverture de fond par laquelle le liquide s’écoule et dont l’extrémité se termine par une tête animale ou humaine. Il a été essentiellement fabriqué par les Thraces et les Romains au cours des Ve et VIe siècles avant Jésus-Christ. Il était utilisé pour boire mais aussi pour certaines cérémonies et rituels religieux comme lors des libations.
Une bien riche collection de rythons…

Rython Thrace du trésor de Kazanlak (Seuthopolis, capitale du royaume des Odryses), Bulgarie
La toreutique est l’art de travailler le métal par le martelage de métaux (or et argent principalement) ou par la gravure, allant de la simple courbure du métal à l’inscription de motifs détaillés gravés ou en relief dans le métal choisi. Ce travail se fait par l’usage d’outils divers tels que la masse, le marteau, des ciseaux à tranchant en biseau ou encore un burin. On peut ainsi avoir tendance à la rapprocher de l’orfèvrerie. La toreutique existe depuis la haute antiquité. Elle est attestée à l’Age du Bronze et a fleuri en Mésopotamie et en Perse, bien que le terme n’ait été inventé qu’au XIXe siècle.

Consulter le très riche blog des étudiantes en archéologie de Paris I, qui semble malheureusement ne plus être alimenté depuis 2010.
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Mar 25, 2011 | Arts |
Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.
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Lorsque j’étais encore étudiant, je m’étais constitué un répertoire, un bête répertoire de mots que je pouvais glaner au fil de mes lectures dans une démarche à plusieurs étapes.
- Récupérer les mots inconnus pour en trouver plus tard à l’aide d’un dictionnaire la définition.
- Collecter en seul endroit ces petites pépites.
- Perpétuer cette collection au travers des différents âges de ma vie et ne pas les oublier.
Résultat, j’ai perdu ce carnet. Tout au moins ai-je dû l’égarer dans un endroit si bien caché qu’on le retrouvera le jour où mes héritiers passeront mes biens par le feu. En attendant ce jour, voici un billet en forme de mini-lexique. Les liens renvoient la plupart du temps aux articles Wikipedia dont ils sont issus ou à leurs références.
Épithète de Vénus ou Aphrodite : qui sort de l’eau. (poème de Rimbaud) le plus célèbre exemple est La Naissance de Vénus de Botticelli.

Venus anadyomène, Alexandre Cabanel, 1863
Terme archéologique qui désigne la technique de reconstruction d’un monument en ruines grâce à l’étude méthodique de l’ajustement des différents éléments qui composent son architecture.
Il peut aussi s’agir d’éléments reconstitués en matériaux contemporains pour présenter un détail de construction donnant l’échelle d’un édifice.

Reliefs de l’arc de Septime Sévère, Leptis Magna, Libye
L’astragale est une moulure arrondie, sorte d’anneau ou de boudin, séparant le chapiteau de la colonne. Au Moyen Âge, l’astragale fait généralement partie du chapiteau (constituant ainsi sa base) et est séparé de la colonne par un joint. Dans l’art antique, c’est le contraire : l’astragale est toujours séparé du chapiteau. L’astragale désigne aussi une moulure régnant sur la façade. On parle de nez de marche en astragale, pour les marches ayant un débord en arrondi.
Le terme astragale vient du latin astragalus qui signifie « os du talon », lui-même dérivé du grec astragalos, qui signifie « vertèbre ».

L’évergétisme (ou, plus rare, évergésie) est un terme introduit au XXe siècle dans le lexique francophone par l’historien André Boulanger. Il dérive directement du verbe grec εύεργετέω signifiant « je fais du bien ». Dans sa définition originale, l’évergétisme consiste, pour les notables, à faire profiter la collectivité de leurs richesses. Il complète le clientélisme, lien individuel et personnel entre le patron et ses clients. L’historien Paul Veyne y a consacré son important ouvrage Le Pain et le Cirque.

Proconsul Marcus Nomius Balbus, évergète d’Herculanum
Une métope est un panneau à peu près rectangulaire, le plus souvent décoré de reliefs sous un bandeau horizontal. Dans la frise dorique, elle alterne avec les triglyphes. Une plaque assez mince porte les reliefs et reste indépendante de la partie postérieure, ou contre-métope. Une demi-métope est une portion de métope occupant l’angle d’une frise dorique depuis la Renaissance. En effet la frise dorique antique se retourne sur un triglyphe désaxé par rapport à la colonne.
Vient du grec « métopê », de « méta » : entre et « ôpê » : ouverture.

En architecture, on appelle modénature les proportions et dispositions de l’ensemble des éléments d’ornement que constituent les moulures et profils des moulures de corniche ainsi que les proportions et dispositions des membres de façade constituant le style architectural.

Le terme vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l’art et la technique du siège. On l’applique aussi à la défense des villes contre les sièges. LES POLIORCÉTIQUES d’APOLLODORE DE DAMAS COMPOSÉES POUR L’EMPEREUR HADRIEN. Traduction du texte publié par M. Ch. WESCHER (Poliorcétique des Grecs. 1867, hep. impér., p. 135–193). Avec 37 figures extraites des manuscrits grecs.

Gravure d’époque du siège de Privas
Suffète est le nom des premiers magistrats de Carthage. Leur pouvoir ne durait qu’un an. Ils étaient à Carthage ce que les consuls étaient à Rome.

Hannibal Barca, suffète de Carthage
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