Mots d’un voca­bu­laire oublié V

Aver­tis­se­ment: billet à haute teneur en mots rares et pré­cieux, sau­vés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Douelle

C’est le pare­ment inté­rieur d’un arc, qu’on désigne aus­si sous le nom d’intra­dos. Dans une voûte, chaque cla­veau pos­sède sa douelle. A est la douelle du cla­veau repré­sen­té fig. 1.

Douelle.png

Empy­rée

Vient du grec empy­ros, έμπυριος (emby­rios) signi­fiant qui est enflam­mé, déri­vé de πυρ (feu)
Par­tie du ciel la plus éle­vée, que les anciens regar­daient comme le séjour des divi­ni­tés célestes.

Bosch Hie­ro­ny­mus, vers 1450–1516. “LES VISIONS DE L’AU-DELÀ: L’AS­CEN­SION VERS L’EMPYRÉE”,
détail. 1500–1504. Der­nier des 4 pan­neaux, 87x40 cm. Huile sur bois. Venise, Palaz­zo Ducale.

Enfeu

Déver­bal de enfouir. Un enfeu est une tombe encas­trée dans l’é­pais­seur du mur d’un édi­fice reli­gieux (église, cime­tière). Il était géné­ra­le­ment réser­vé aux nobles.

Il peut être super­po­sé. Des gisants peuvent figu­rer en des­sous ou au-des­sus. Plu­sieurs niches peuvent mon­trer le défunt à dif­fé­rents moments de sa vie. Des saints peuvent aus­si y figurer.

Enfeu dans un prieu­ré domi­ni­cain, Athen­ry, Coun­ty Gal­way, Edwin Rae

Esco­perche (ou écoperche)

Vieux fran­çais : escot : « rameau » et de perche.

  1. (Arts) Perche qui, dans un écha­fau­dage, sou­tient des perches ou planches horizontales.
  2. (Bâti­ment) Grande perche ver­ti­cale d’é­cha­fau­dage en bois ou en acier munie d’une pou­lie, ser­vant à éle­ver des maté­riaux de construction.

Perche ou bali­veau posé ver­ti­ca­le­ment pour sou­te­nir les bou­lins d’un écha­faud de maçon (voy. Écha­faud). L’escoperche est aus­si une pièce de bois munie d’une pou­lie à son extré­mi­té supé­rieure, et qu’on attache au som­met d’une chèvre pour en aug­men­ter la hau­teur ou lui don­ner plus de nez.

Imposte

Dans l’ar­chi­tec­ture clas­sique maçonnée :

  • Une imposte est une pierre saillante (géné­ra­le­ment dure) qui forme le cou­ron­ne­ment du pié­droit d’un arc (l’im­poste est au pié­droit ce que le cha­pi­teau est à la colonne). Cette pierre est géné­ra­le­ment mou­lu­rée selon les ordres architecturaux.
  • Le corps de mou­lure de l’arc (le châs­sis de tym­pan) se nomme éga­le­ment imposte .

Orant

Un orant (ou priant, du latin orare, prier) désigne, dans l’art reli­gieux, un per­son­nage repré­sen­té dans une atti­tude de prière, sou­vent age­nouillé. La réa­li­sa­tion est fré­quem­ment une sta­tue en ronde-bosse ou une sculp­ture en haut-relief.

Asso­cié au gisant, c’est l’un des élé­ments de déco­ra­tion d’un tom­beau ou d’un enfeu.

Tom­beau d’Hen­ri II et de Cathe­rine de Médi­cis dans la Rotonde des Valois,
Basi­lique de Saint-Denis — Gra­vure d’A­lexandre Lenoir (19e siècle)

Rem­ploi

Les spo­lia (terme latin neutre plu­riel, donc mas­cu­lin plu­riel en fran­çais) ou rem­plois ou réem­plois, dési­gnent la réuti­li­sa­tion, notam­ment sous l’empire romain tar­dif, de pièces et œuvres d’art de monu­ments romains anté­rieurs comme maté­riaux de construc­tion dans un nou­veau monu­ment (comme par exemple l’arc de Janus, l’arc de Constan­tin).
Il n’est pas éta­bli si cet usage est d’a­bord idéo­lo­gique (retour à une gloire pas­sée), esthé­tique (rem­ploi d’œuvres d’art appré­ciées et ain­si sau­ve­gar­dées) ou pra­tique (récu­pé­ra­tion d’un monu­ment en ruine, et coût de matière pre­mière réduite).
L’hy­po­thèse du recy­clage pour des rai­sons éco­no­miques et pra­tiques est la plus pro­bable, dans l’é­di­fi­ca­tion des rem­parts des cités romaines à par­tir de la fin du IIIe siècle, par la réuti­li­sa­tion de pierres de monu­ments, en par­ti­cu­lier funé­raires, bâtis à l’en­trée des villes et sou­vent à l’abandon.

Reused inscribed blocks

Arch of Constantine

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L’or de Mer­cie, ou le tré­sor du Staffordshire

Le 5 juillet 2009, un chô­meur anglais du nom de Ter­ry Her­bert pas­sant une par­tie de ses jour­nées à cher­cher des tré­sors avec sa poêle à frire, a fini par en trou­ver un, tout bête­ment, dans un champ au nord de Bir­min­gham. Pen­dant six jours, il va déter­rer plus de cinq cents frag­ments d’or et d’argent fine­ment ouvra­gés avant de pré­ve­nir le coro­ner de sa décou­verte, une des plus impor­tantes sur le sol anglais. Sous terre, c’est plus de 1600 objets et frag­ments, répar­tis de la manière sui­vante : 45% d’or, 45% d’argent et 10% d’al­liages ou maté­riaux. Sans data­tion pré­cise à ce jour, on estime que les objets datent d’une période allant du début du VIè siècle au début du VIIIè, période à laquelle la région consti­tuait le royaume bar­bare de Mer­cie, qui a pros­pé­ré sous le règne du roi Pen­da (vers 630–655) et qui connut son apo­gée sous le règne du roi Offa (757–796).

Si le tré­sor a été retrou­vé dans un champ, il a été enter­ré au croi­se­ment de Wat­ling Street, la voie romaine par­cou­rant l’île du sud-est au nord-ouest et des val­lées de la Tame et de la Trent. Ce n’est sans doute pas un hasard qu’ils soient tous réunis à cet endroit. Autre chose, tous ces objets sont pas­sa­ble­ment endom­ma­gés, tor­dus, déchi­que­tés et sont exclu­si­ve­ment des objets mili­taires ; aucune parure fémi­nine n’a été trou­vée, mais éton­nam­ment, aucune lame d’é­pée non plus. Les objets sont essen­tiel­le­ment reli­gieux ou des parures de guerre, des pom­meaux d’é­pées, etc. et semblent avoir été entas­sés en plu­sieurs fois, ce qui laisse pen­ser que l’en­droit était en fait un dépôt. On a cru éga­le­ment à un dépôt votif d’armes comme on en trouve en Scan­di­na­vie, mais on jetait alors les armes dans des marais, et qui plus est avec leurs lames. L’hy­po­thèse rete­nue pour l’ins­tant est que l’en­droit était en fait une cache ser­vant de gise­ment pour un rem­ploi futur d’une matière pre­mière prête à être refon­due et réutilisée.

Confor­mé­ment au Trea­sure Act de 1996, la tota­li­té du tré­sor a été rache­tée par l’É­tat, et la somme de 4 mil­lions d’eu­ros a été par­ta­gée entre Ter­ry Her­bert et le pro­prié­taire du champ.

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César l’Ar­lé­sien et le mithraeum

Au nombre des décou­vertes archéo­lo­giques de ces der­nières années, on a pu voir fleu­rir des choses abso­lu­ment excep­tion­nelles. Même si à notre époque, il nous reste tout de même plus de chances de décou­vrir l’hy­po­gée cachée d’un Tou­tan­kha­mon plu­tôt que les jar­dins sus­pen­dus de Baby­lone ou le temple d’I­sh­tar de Mar­duk, l’é­ven­tail des pos­sibles reste fran­che­ment éten­du, même si nous savons que l’ar­chéo­lo­gie est une science qui fini­ra par mou­rir dou­ce­ment ; en effet, le nombre de décou­vertes pos­sibles risque d’al­ler en s’a­me­nui­sant, les décou­vertes se suc­cé­dant et la conser­va­tion des élé­ments de fouilles non décou­verts ris­quant fina­le­ment de ne pas être exploi­table ou tout sim­ple­ment dis­pa­raître. Cette science porte en elle un drame : celui de devoir sans cesse décou­vrir des restes d’une civi­li­sa­tion. Même si l’ar­chéo­logue a une vision posi­tive de la décou­verte, le pro­fane est tou­jours déçu de décou­vrir le déla­bre­ment. Sauf… sauf dans quelques cas, où l’on se demande encore com­ment les objets ont pu nous arri­ver dans un tel état de conservation.

En France, la der­nière décou­verte de taille a été faite en Arles, grande cité romaine au pas­sé riche. On a trou­vé dans le Rhône, immense dis­pen­sa­teur de tré­sors qui n’ont cer­tai­ne­ment pas tous été mis à jour, une tête de Jules César en marbre, gran­deur nature et réa­li­sée de son vivant. On estime que c’est le por­trait le plus réa­liste de l’empereur, un por­trait au regard dur et froid, à la cal­vi­tie naissante.

Le mithraeum d’Angers

Si l’é­vé­ne­ment a été beau­coup moins média­ti­sé, car beau­coup moins spec­ta­cu­laire, il n’en reste pas moins une décou­verte d’im­por­tance. Sur le ter­ri­toire de la ville d’An­gers, a été mis à jour les restes d’un mithraeum (plu­riel mithraea), un temple cultuel dédié au Dieu Mithra, une divi­ni­té d’o­ri­gine indo-ira­nienne dont le culte est très déve­lop­pé à l’é­poque romaine et très lar­ge­ment dif­fu­sé sur le ter­ri­toire des conquêtes. On le sait peu, mais le Culte de Mithra, culte éso­té­rique acces­sible par coop­ta­tion, fut pen­dant quelques temps un concur­rent sérieux du chris­tia­nisme avant d’être inter­dit, comme tous les autres cultes païens en 391 par l’édit de Théo­dose. Mais pour­quoi des traces de ce culte à Angers, si loin de son lieu de nais­sance ? Mithra est un dieu guer­rier dont le culte s’est sur­tout déve­lop­pé chez les légion­naires romains. Pas­sa­ble­ment sus­pect, il n’é­tait pas de bon ton, dans une Rome qui avait adop­té le chris­tia­nisme comme reli­gion d’é­tat de se décla­rer mithraïste. Aus­si, les lieux de culte étaient-ils géné­ra­le­ment enfouis sous terre, exi­gus, confi­nés et ne pou­vaient que rare­ment rece­voir plus de qua­rante per­sonnes à la fois. La décou­verte d’un de ce lieux à Angers marque les pro­gres­sions de l’ex­pan­sion de ce culte sur le conti­nent, qu’on retrouve en réa­li­té jus­qu’à Londres.

mithraeum angers

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Mots d’un voca­bu­laire oublié IV

Aver­tis­se­ment: billet à haute teneur en mots rares et pré­cieux, sau­vés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Baliste (Scor­pion)

La baliste (du latin bal­lis­ta et du grec βαλλίστρα, à par­tir du mot βάλλειν, bal­lein, « lan­cer, jeter », au plu­riel bal­listæ en latin) était une arme déve­lop­pée à par­tir d’une arme grecque plus ancienne. Son fonc­tion­ne­ment est basé sur dif­fé­rents méca­nismes uti­li­sant l’action de deux leviers sur des res­sorts à tor­sion, consti­tués de plu­sieurs fais­ceaux de fibres tor­dues. Les pre­mières ver­sions lan­çaient de lourdes flèches ou des pro­jec­tiles sphé­riques, comme des pierres de dif­fé­rentes tailles, au cours des sièges. Elles ont ser­vi de base pour déve­lop­per une arme de tir plus petite, le scor­pion et peut-être le poly­bo­los. Cette arme est aban­don­née au haut Moyen Âge au pro­fit des engins à contre­poids, la pier­rière puis ses per­fec­tion­ne­ments : la bri­cole, le man­gon­neau, le tré­bu­chet. Cepen­dant, le nom “baliste” est conser­vé au Moyen Âge pour dési­gner l’arba­lète à tour et par­fois, abu­si­ve­ment, les engins de siège à contrepoids.

Voir éga­le­ment : Cheiroballistra/Manuballista, car­ro­bal­lis­ta, poly­bo­los

Une baliste à quatre roues tirées par des che­vaux capa­ra­çon­nés, tirée d’une gra­vure illus­trant une édi­tion de 1552 du cata­logue de machines de guerre De Rebus Bel­li­cis vers 400.

Man­gon­neau

Le terme man­gon­neau (déri­vé du mot Gre­co-latin man­ga­non, qui signi­fie “machine de guerre”) désigne un engin mili­taire offen­sif de l’é­poque médié­vale, une sorte de cata­pulte, un engin de siège uti­li­sé pour lan­cer des pro­jec­tiles contre les murs des châ­teaux forts, très proche du trébuchet.
La signi­fi­ca­tion exacte du terme est dis­cu­tée, et plu­sieurs inter­pré­ta­tions ont été sug­gé­rées. Il pour­rait s’agir du nom d’un contre­poids d’artillerie (tré­bu­chets), pro­ba­ble­ment un contre­poids fixe, ou avec un type par­ti­cu­lier de cadre. Le terme arabe mana­ja­niq vient du même mot, et s’ap­plique à dif­fé­rents types de tré­bu­chet. Il est éga­le­ment pos­sible qu’il fasse réfé­rence à plu­sieurs types d’engins de siège, uti­li­sés à d’autres époques ou en d’autres lieux, ou encore d’un terme général.

  • Por­tée : 150 mètres
  • Bou­lets : jus­qu’à 100 kg
  • Cadence de tir : 2 tirs par heure
  • Ser­vants : 12


Illus­tra­tion issue du Dic­tion­naire rai­son­né de l’architecture fran­çaise du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viol­let-le-Duc.

Onagre

L’onagre était un engin de siège de la période romaine post-clas­sique qui tire son nom de l’a­na­lo­gie de son mou­ve­ment avec celui de la ruade d’un onagre, sorte d’âne sau­vage. Il s’a­git d’une sorte de cata­pulte Romaine qui uti­lise la force de tor­sion, pro­ve­nant géné­ra­le­ment d’une corde tor­sa­dée, pour sto­cker l’éner­gie néces­saire au tir.
D’a­près le Dic­tion­naire rai­son­né de l’ar­chi­tec­ture fran­çaise du XIe au XVIe siècles (tome 5), les his­to­riens romains s’ac­cordent tous pour ran­ger l’o­nagre, comme la cata­pulte et le scor­pion, dans les engins de jets offen­sifs mais leurs des­crip­tions sont, ou bien suc­cinctes, ou bien contra­dic­toires : on trouve en effet le terme onagre comme syno­nyme de scor­pion chez Mar­cel­lin (VIe siècle) ou onagre comme engin lan­çant des pierres (par oppo­si­tion aux jave­lots) chez Végèce, ou onagre comme syno­nyme vul­gaire de cata­pulte chez Jean le Lydien.Cer­tains la décrivent comme une petite cata­pulte capable d’en­voyer des petits pro­jec­tiles à 30 m de dis­tance ou 40 m de haut, d’autres comme une arba­lète géante.

Illus­tra­tion issue du Dic­tion­naire rai­son­né de l’architecture fran­çaise du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viol­let-le-Duc.

Ron­dache

Une ron­dache est un bou­clier de forme cir­cu­laire et géné­ra­le­ment de taille moyenne. Elle est uti­li­sée dans les com­bats rap­pro­chés, ou corps à corps, comme moyen de pro­tec­tion et d’in­ti­mi­da­tion. Elle est sou­vent asso­ciée à l’é­pée courte. La ron­dache est petite, légère et sans encombre pour l’at­taque, ce qui lui donne toute sa qua­li­té lors des com­bats. Sa forme ronde laisse libre cours au mou­ve­ment de l’arme et dévie faci­le­ment les coups, et peut faci­le­ment être uti­li­sée pour repous­ser l’en­ne­mi en corps à corps.

Ron­dache de pare­ment : Le Laocoon
Ita­lie du Nord, (Milan ?) seconde moi­tié du XVIe siècle
Dépar­te­ment des Objets d’art, Musée du Louvre

Targe

La targe est un petit bou­clier qui se tenait à la main ou, dans des cas beau­coup plus rares, était direc­te­ment fixé sur le canon d’a­vant bras gauche si le com­bat­tant por­tait une armure. Le dia­mètre de la targe est d’au maxi­mum 40 cen­ti­mètres. Elle est consti­tuée exclu­si­ve­ment de fer et non de bois.

Targe de tour­noi, Alle­magne, vers 1450.
Metro­po­li­tan Museum of Art, New-York

Tré­bu­chet

Le tré­bu­chet fait par­tie des pièces d’artillerie médié­vales dites à contre­poids. Il s’agit d’un engin de siège qui a été uti­li­sé au Moyen Âge, soit pour détruire la maçon­ne­rie des murs, soit pour lan­cer des pro­jec­tiles par des­sus les for­ti­fi­ca­tions. Il est par­fois appe­lé «tré­bu­chet à contre­poids» afin de le dif­fé­ren­cier d’une arme plus ancienne qu’on appe­lait «tré­bu­chet à trac­tion», une ver­sion pri­mi­tive de l’engin où la force de pro­pul­sion était four­nie par des hommes et non par un contrepoids.

  • Por­tée : 200 mètres
  • Bou­lets : 80 à 100 kg
  • Cadence de tir : 1 à 2 tirs par heure
  • Ser­vants : 60

Illus­tra­tion issue du Dic­tion­naire rai­son­né de l’architecture fran­çaise du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viol­let-le-Duc.

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Mots d’un voca­bu­laire oublié III

Aver­tis­se­ment: billet à haute teneur en mots rares et pré­cieux, sau­vés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Cogno­men

Le cogno­men (au plu­riel cogno­mi­na) est le sur­nom d’un Romain de l’antiquité. Après le pré­nom et le nom de famille (gen­ti­lice), il consti­tuait géné­ra­le­ment le troi­sième nom du tria nomi­na tra­di­tion­nel du citoyen romain. L’usage du cogno­men appa­raît dans l’épi­gra­phie latine à la fin du IVe siècle av. J.-C., avec P. Cor­ne­lius Sca­pu­la, mais il se limite à l’aristocratie, où il devint d’un usage héré­di­taire, comme le pré­nom qui pas­sait de père en fils ainé, ce qui engen­dra la répé­ti­ti­vi­té des tria nomi­na d’une géné­ra­tion à l’autre. On se mit à ajou­ter un second sur­nom pour dis­tin­guer les individus.

Denier de Cara­cal­la, Rome, 200 ap. J.-C.

Curule (Siège)

Le siège Curule (sel­la curu­lis) est un sym­bole du pou­voir en Rome antique, sur lequel pou­vaient s’as­seoir les magis­trats et pro­ma­gis­trats romains pos­sé­dant l’impe­rium, ce qui inclut les consuls, les dic­ta­teurs, les maîtres de cava­le­rie, pré­teurs, édiles curules. Si Jules César a été auto­ri­sé à s’as­seoir sur un siège curule fait d’or, il était tra­di­tion­nel­le­ment fait d’i­voire, avec les pieds incur­vés for­mant un X large sans dos­sier ni acco­toirs. Le siège pou­vait être plié et transporté.

Relief funé­raire repré­sen­tant une chaise curule. Marbre, œuvre romaine, 50 av. J.-C.-50 ap. J.-C. Pro­ve­nance : Torre Gaia, Via Casi­li­na, Rome.

Exa­men d’un malade, extrait de ‘Liber nota­bi­lium Phi­lip­pi Sep­ti­mi, fran­co­rum regis, a libris Galie­ni extrac­tus’, par Guy de Pavia, 1345 (vel­lum) Ecole ita­lienne, Musée Condé, Chan­tilly, France

Fla­mine

Les fla­mines (sin­gu­lier fla­men en latin) sont des prêtres romains voués au culte d’un seul dieu. Ils sont au nombre de 15, 3 fla­mines majeurs et 12 fla­mines mineurs, choi­sis pour cer­tains par le grand pon­tife, élus par la plèbe pour d’autres. Ils vouent alors leur vie à un dieu par­ti­cu­lier. Les fla­mines por­taient l’apex, un bon­net conique en cuir blanc. Ils jouis­saient d’un grand pres­tige mais, en retour, ils étaient l’ob­jet de nom­breux inter­dits très contraignants.Les fla­mines conser­vaient chez eux la flamme sacrée, sym­bole de leur fonction.

Gyro­vague

Le gyro­vague (du latin ancien gyrus, « cercle », et vagus, « vaga­bond ») était un moine vivant seul, dans l’errance et pas­sant de monas­tère en monas­tère, sans être membre d’aucun. Le concile de Chal­cé­doine (451) inter­dit ce genre de vie monas­tique. Il n’existe plus aujourd’­hui dans l’église catho­lique. Dans le chris­tia­nisme des pre­miers siècles ceux qui fuyaient le monde à la recherche de Dieu, se met­taient à l’é­coute d’un maître spi­ri­tuel, géné­ra­le­ment un ermite reti­ré dans le désert (Antoine le grand et les Pères du désert). Ils res­taient libres, et pas­saient d’un maître à l’autre au fur et à mesure de leur pro­grès spi­ri­tuel. Ce type de vie ascé­tique était assez com­mun dans l’an­cienne Syrie, la Méso­po­ta­mie et l’É­gypte. Lorsque les pre­mières com­mu­nau­tés monas­tiques furent créées (avec Pacôme, au milieu du IVe siècle), cette même pra­tique conti­nua : cer­tains moines, appe­lés les gyro­vagues, pas­saient d’un monas­tère à l’autre. Rien ne les en empê­chait. Cer­tains ne res­taient que quelques jours en chaque monas­tère avant de reprendre leur errance.

Saint-Jean Chri­so­stome

Harus­pice

Un harus­pice ou arus­pice est un pra­ti­quant de l’harus­pi­cine (de l’étrusque haru, entrailles, et spi­cio, « je regarde », trans­crit par harus­pex en latin), un devin étrusque qui exa­mi­nait les entrailles d’un ani­mal sacri­fié pour en tirer des pré­sages quant à l’a­ve­nir ou à une déci­sion à prendre. Les harus­pices d’Étru­rie se dis­tin­guaient du reste de la popu­la­tion par leur cos­tume : ils por­taient un man­teau court bor­dé de franges (simi­laire à la peau de la bête sacri­fiée) et non la toge étrusque (la teben­na), fer­mé par une fibule au niveau du cou, et un couvre-chef à large bord et au som­met poin­tu et sur­tout, ils por­taient leurs libri harus­pi­ci­ni et rituales (comme on le constate sur les sar­co­phages figu­rés des défunts harus­pices). Le foie de Pia­cen­za est un ves­tige étrusque en bronze qui ser­vait de modèle à l’hé­pa­to­lo­gie (syn: hépa­to­sco­pie, hépa­to­man­cie, exti­pi­cine ou splanch­no­man­cie), la divi­na­tion don­née par l’ha­rus­pice suite à l’exa­men des entrailles ani­males, en l’oc­cur­rence un foie de mou­ton. Il est conser­vé au Musée muni­ci­pal de Pia­cen­za dont le siège est au Palaz­zo Far­nese.

Miroir étrusque avec repré­sen­ta­tion du devin Cal­chas exa­mi­nant un foie. Ita­lie, Vul­ci, Ve siècle av. J.-C. Musée du Vatican.

Ono­mas­tique

L’ono­mas­tique (du grec ono­ma, nom) est la science qui étu­die les noms propres. En égyp­to­lo­gie, l’o­no­mas­tique est une science aus­si com­plexe qu’in­dis­pen­sable. En effet, elle per­met d’at­tri­buer un objet ou un monu­ment à telle ou telle per­sonne. Mais la tâche des égyp­to­logues est ren­due bien dif­fi­cile par la mul­ti­pli­ca­tion des titu­la­tures des pha­raons (cinq noms de couronnement !).

Qua­dru­pède fan­tas­tique sur une ligne de base. A l’exergue, croi­sette entre deux points. Cité de Jublains, Mayenne

Pyxide

La pyxis ou pyxide est un petit vase rond, à fond plat (par­fois poin­tu à l’époque géo­mé­trique, lorsque des trous per­met­taient de le sus­pendre), et géné­ra­le­ment doté d’un cou­vercle. Il sert de boî­tier ou de cof­fret à bijoux. Le Moyen Âge en a fait un cof­fret à hos­ties. La pyxide d’al-Mughi­ra est une boîte en ivoire taillée d’un seul bloc dans une défense d’é­lé­phant (le fond n’a donc pas été rap­por­té), réa­li­sée en al-anda­lus en 968 et actuel­le­ment conser­vée au musée du Louvre depuis 1898, date de son acqui­si­tion par le musée. Retrou­vée dans la ville cali­fale de Madi­nat al-Zah­ra, elle consti­tue un chef d’œuvre de l’art isla­mique de cette période, et à coup sûr l’un des joyaux du musée du Louvre, par son décor extrê­me­ment fin et détaillé.

Pyxide au nom d’al-Mughi­ra. Espagne, Madi­nat al-Zah­ra, 968 Ivoire d’é­lé­phant, décor sculp­té et gra­vé Dépar­te­ment des Arts de l’Is­lam, Musée du Louvre

Sicle

Le Sicle est un poids et une mon­naie uti­li­sés chez les anciens hébreux. Le she­kel ‘hadash (en hébreu : שקל חדש, c’est-à-dire le nou­veau she­kel, abré­gé ש“ח dans le lan­gage cou­rant), ou she­ka­lim au plu­riel (pro­non­cé shka­lim), est la mon­naie natio­nale de l’État d’Israël. Le she­kel est divi­sé en 100 ago­rot, plu­riel d’agorah, qui vient d’un mot Akka­dien (Méso­po­ta­mie) et signi­fie graine. Le she­kel fait réfé­rence, à l’origine, à une uni­té de poids et à une mon­naie uti­li­sée en Méso­po­ta­mie depuis le 3e mil­lé­naire av. J.-C. jusqu’au Ier siècle appe­lée aus­si she­kel ou sicle. Ce fut éga­le­ment l’unité de poids uti­li­sée par les Hébreux (il en est fait men­tion dans cer­tains pas­sages de la Bible et il est notam­ment uti­li­sé pour recen­ser le peuple dans le désert après la sor­tie d’Égypte). Le nom est lié éty­mo­lo­gi­que­ment au mith­qal, uni­té de poids arabe. Le she­kel biblique valait 6 grammes d’argent.

Sicles frap­pés en Lydie, à Sardes. 485–420.

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