Le Perroquet Suédois
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La cantatrice du Kämp — Chapitres 7 à 9
Berlin. 1923.L’inflation est folle. Un dollar vaut quatre billions de marks. On transporte l’argent dans des brouettes pour acheter une miche de pain. Les gens brûlent les billets pour se chauffer — c’est moins cher que le bois.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 4 à 6
Saint-Pétersbourg. 1910. Elle arrive par le train de nuit, celui qui part d’Helsinki à onze heures du soir et qui traverse la frontière à l’aube. La Finlande est encore russe, à cette époque. Un Grand-Duché de l’Empire, avec ses propres lois et sa propre monnaie, mais russe quand même. Le Tsar est le Grand-Duc. Les soldats russes patrouillent dans les rues. Et les artistes finlandais vont à Saint-Pétersbourg comme on va à la capitale, parce que c’est là que tout se joue.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 1 à 3
Le ferry accoste à huit heures du matin. Novembre. Il fait encore nuit. Alma Löfgren descend la passerelle avec cette lenteur qu’elle a apprise à transformer en majesté. Soixante-quinze ans. Une canne à pommeau d’argent qu’elle n’utilisait pas il y a dix ans et qu’elle utilise désormais, non par nécessité mais par coquetterie — une canne de diva, une canne de femme qui a chanté Isolde et qui entend qu’on s’en souvienne.
Un voyage hors du temps
Vous êtes donc dans un espace, perdu dans le nulle part, qui fête cette année ses quinze ans.
