Blog
Dernières nouvelles du mondeLe déluge au Baron d’Alep — Partie 3
Thirion resta inconscient pendant deux heures. On l’avait transporté dans sa chambre, et le médecin appelé par Mazloumian avait diagnostiqué une commotion sans gravité. Il se réveillerait avec un mal de crâne et un trou dans la mémoire, mais rien de plus.
Le déluge au Baron d’Alep — Partie 2
L’inscription araméenne disait : « Ceci appartient à la maison de Nabû-kudurri-usur, que nul ne le prenne. » Nabû-kudurri-usur. Nabuchodonosor, en grec. Le roi de Babylone, celui qui avait détruit Jérusalem et déporté les Juifs, celui dont le nom résonnait encore dans les malédictions bibliques. Mathilde avait relu ses notes trois fois pour être certaine.
Le déluge au Baron d’Alep — Partie 1
Le train de Taurus entra en gare d’Alep avec trois heures de retard, ce qui n’étonna personne. Mathilde Verdier descendit sur le quai dans la lumière déclinante de novembre, sa valise à la main, son sac de travail en bandoulière. Elle portait un tailleur gris qui avait été élégant au départ de Beyrouth et qui ne l’était plus.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 10 à 12
Helsinki. 1955. Elle trouve le portrait le lendemain de sa visite à Sibelius. C’est par hasard. Elle se promène dans les couloirs du Kämp, ces couloirs qu’elle connaît par cœur et qu’elle redécouvre, changés et identiques.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 7 à 9
Berlin. 1923.L’inflation est folle. Un dollar vaut quatre billions de marks. On transporte l’argent dans des brouettes pour acheter une miche de pain. Les gens brûlent les billets pour se chauffer — c’est moins cher que le bois.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 4 à 6
Saint-Pétersbourg. 1910. Elle arrive par le train de nuit, celui qui part d’Helsinki à onze heures du soir et qui traverse la frontière à l’aube. La Finlande est encore russe, à cette époque. Un Grand-Duché de l’Empire, avec ses propres lois et sa propre monnaie, mais russe quand même. Le Tsar est le Grand-Duc. Les soldats russes patrouillent dans les rues. Et les artistes finlandais vont à Saint-Pétersbourg comme on va à la capitale, parce que c’est là que tout se joue.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 1 à 3
Le ferry accoste à huit heures du matin. Novembre. Il fait encore nuit. Alma Löfgren descend la passerelle avec cette lenteur qu’elle a apprise à transformer en majesté. Soixante-quinze ans. Une canne à pommeau d’argent qu’elle n’utilisait pas il y a dix ans et qu’elle utilise désormais, non par nécessité mais par coquetterie — une canne de diva, une canne de femme qui a chanté Isolde et qui entend qu’on s’en souvienne.
Les nuits du Strand — Chapitre 6
Le dernier jour. Lars s’est réveillé avec la lumière. Louise était déjà habillée, assise au bord du lit, son téléphone à la main. — Mon vol est à quatorze heures.
Les nuits du Strand — Chapitre 5
Le lendemain, tout a basculé. Lars s’est réveillé avec le bruit. Des cris, des klaxons, quelque chose qui ressemblait à des pétards mais qui n’en était pas. Il s’est redressé d’un coup. Louise était déjà debout, à la fenêtre.
Les nuits du Strand — Chapitre 4
Le matin est venu trop vite. Lars s’est réveillé seul dans le lit. Les draps à côté de lui étaient froissés, encore tièdes. Il a entendu l’eau couler dans la salle de bain, et il est resté allongé, à regarder la lumière filtrer par les persiennes.
Les nuits du Strand — Chapitre 3
La chambre était plongée dans une obscurité chaude. Le ventilateur tournait au plafond, son ombre passant et repassant sur les murs comme une respiration mécanique. Par la fenêtre entrouverte, les bruits de Rangoun montaient — un chien, une moto au loin, le silence pesant du couvre-feu.
Les nuits du Strand — Chapitre 2
Il a mal dormi. La chaleur, les draps qui collaient, le ventilateur qui grinçait à chaque rotation. Et autre chose — cette présence de l’autre côté du mur, ce corps qu’il devinait, cette femme qu’il ne connaissait pas et qui occupait déjà trop de place dans sa tête.
Les nuits du Strand — Chapitre 1
Le ventilateur brassait l’air sans conviction. Une rotation lente, presque résignée, qui déplaçait la chaleur d’un coin à l’autre du bar sans jamais la dissiper. Lars regardait les pales tourner. Il comptait les tours parfois, quand l’ennui devenait trop dense.
Flora au Grand Hôtel — Partie 8
Elle fit ses malles à l’aube. Elle plia les robes que Charles lui avait offertes, rangea les gants, les chapeaux, l’ombrelle qu’elle n’avait jamais su tenir. Elle laissa un pourboire pour Marie sur la table de nuit, avec un mot qu’elle avait écrit la veille, un mot simple, quelques lignes seulement.
Flora au Grand Hôtel — Partie 7
Elle resta trois jours encore. Trois jours étranges, suspendus. Elle ne descendait plus dans le hall, évitait la salle à manger, prenait ses repas dans sa chambre. Marie les lui montait sans commentaire, avec parfois un sourire furtif, une fleur posée sur le plateau.



