Dec 17, 2009 | Passerelle |
Saint-Nicolas en Europe — 2
Küssnacht est une petite ville du canton de Schwytz (canton aux très belles armoiries), au bord du lac des Quatre Cantons dans laquelle se déroule une étrange procession, le soir du 5 décembre, la veille de la Saint-Nicolas ; le Klausjagen, ou chasse au Nicolas.
Le cortège s’annonce, sortant de la nuit, par le claquement secs dans l’air froid de ceux qu’on appelle les fouettards, leurs fouets frôlant la tête des spectateurs et chassant symboliquement les mauvais esprits.
Viennent ensuite les Iffelträger, personnages enchanteurs habillés de blanc et ceints de rouge et compagnons du Saint. Sur leur tête, ils portent des mitres de carton ciselé (Iffelen), ornés à la manière des vitraux et éclairés de l’intérieur, mettant en valeur l’image de Nicolas toujours représenté au centre du décor. Le cortège lumineux et superbe annonce l’arrivée du Saint accompagné de ses compagnons les croquemitaines.
Le cortège est clos par une nuée d’hommes faisant tinter leurs clarines et d’autres sonnant du cor dans un vacarme assourdissant.

Photo © Daylife
La signification de cette délégation, c’est la tradition de la vénération de Saint-Nicolas mêlée à des scènes de l’Apocalypse, la lumière puis le vacarme des cors… Toute la nuit, on ripaille, on boit et on chante jusqu’au lever du jour, car il faut échanger pour ce jour nouveau des vœux de fertilité, de santé et de bonheur. Ce qui est fêté ici la veille de la Saint-Nicolas, c’est un rituel précoce de passage à la nouvelle année, dans lequel on extirpe de la nuit les forces malfaisantes pour les amener vers la lumière et les prier de venir en aide aux hommes.
Curieux syncrétisme religieux, cette fête associe la tradition liturgique chrétienne, le culte du soleil, celui du dieu taureau Mithra et les traditions mythologiques alpines et germaniques. La présence forte de la lumière est également associable à la purification solsticiale. Si les origines de cette fêtes restent finalement obscures et diverses, on trouve peut-être une explication dans le nom de la ville ; Rigi. Rigi vient de Rigidus Mons, Reine des Montagnes qui depuis le temps des Celtes s’élevant face à la ville est un lieu hautement symbolique, véritable observatoire du soleil levant.
- Localisation de Küssnacht am Rigi sur Google Maps.
- Une vidéo sur Youtube montrant les fouettards et les sonneurs de clarines.
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Dec 16, 2009 | Eclairs de génie |
J’avais envie d’un peu de neige alors voilà, comme il fait froid mais que le ciel est encore clair comme l’eau qui vient de naître, j’ai collé quelques flocons découpés dans mes draps et j’ai allumé le ventilateur.
C’est malin, j’en ai plein dans les dents…
EDIT: en fait c’est ça, pour qu’il neige sur Paris, il suffit de mettre des flocons sur mon blog.
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Dec 15, 2009 | Eclairs de génie |
De très belles reproductions provenant de l’Université du Wisconsin sur ce peuple considéré comme le peuple aborigène du Japon, souvent méprisé et persécuté au cours de son histoire. Les Aïnous. Sur Bibliodyssey.

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Dec 15, 2009 | Eclairs de génie |
On les a vu trainer un peu partout sur la toile, mais c’est vraiment parce que ce sont de très belles pièces. Sur le site de Simon Page.

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Dec 14, 2009 | Histoires de gens, Livres et carnets |
Je suis tombé complètement par hasard sur ce DVD consacré à Nicolas Bouvier, un DVD dans lequel on parle de l’écrivain et où l’on peut l’entendre et le voir parler. C’est ni plus ni moins que le documentaire qui a été utilisé pour le siècle d’écrivains de Bernard Rapp. On commence le voyage dans sa maison de Cologny, une grande bâtisse modeste, sans fard. A la balustrade du balcon, on reconnaît Eliane Bouvier, sa femme et à ses côtés un homme qui ne me dit rien. L’homme n’a plus un seul cheveu sur le caillou, le visage bouffi et l’œil chassieux, le corps gonflé et disproportionné. Dès que la caméra se rapproche de lui, on reconnait ce qui reste de pureté du visage de l’homme qui a roulé avec sa Fiat Topolino de Genève jusqu’en Inde. Une bouche un peu rieuse et le regard heureux de celui qui a vu les hommes, le Diogène des temps modernes.

Le documentaire a été tourné quelques mois avant sa mort, mais avant de partir, il a voulu raconter quelques bribes de sa vie, ses influences littéraires, Montaigne et les autres, les rencontres qu’il faisait lorsque son père amenait chez lui des conférenciers qu’il jugeait intéressant et c’est ainsi qu’il rencontra Thomas Mann et Marguerite Yourcenar, parler encore et toujours du voyage, de la maturation de l’œuvre, de ses quatre voyages en Chine dont pas un seul ne donnera lieu à la moindre ligne d’écriture, le lieu où l’écrivain devient muet…
Le souffle court, la voix qui s’éteint dans la fumée d’une énième cigarette, un verre d’alcool, Bouvier est à court, on pourrait presque le sentir partir, il n’a plus d’énergie et la maladie le ronge. Pourtant, l’esprit est là, il parle comme il écrit, même si sous ses centaines de pages qu’il nous a laissé, il n’y a finalement que quatre livres composés comme tels, nous jette des os à ronger, de ces os sur lesquels on pourrait méditer à l’infini…
En revenant de voyage nous sommes comme des galions pleins de poivre et de muscade et d’autres épices précieuses, mais une fois revenu au port, nous ne savons jamais que faire de notre cargaison.
Nicolas Bouvier : le vent des mots
Calmettes Joël, Bauer Olivier
Editions Chiloé, 2008
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