Où en étions nous ?

01/12/2010

Vivre n’est pas si facile pour moi et si on me demande souvent pourquoi je lis, pourquoi je papillonne, pourquoi je m’intéresse et pourquoi je suis curieux, pourquoi je suis toujours occupé à quelque chose et pourquoi je ne m’ennuie jamais, pourquoi j’ai constamment l’air de penser à quelque chose, pourquoi je parle tant quand je m’y mets, pourquoi il y a de la passion dans mes yeux, pourquoi je ne dors plus, pourquoi je n’arrive pas à renoncer à tout ce que je m’étais promis de renoncer, pourquoi je suis si malheureux en fin de compte et pourquoi je n’arriverai jamais à rien qui puisse me satisfaire complètement, et pourquoi je m’intéresse toujours à des choses qui a priori n’intéressent personne et pourquoi je ne fais jamais rien comme tout le monde et pourquoi je ne laisse jamais tomber, et pourquoi j’ai parfois les yeux rougis par le sang et les larmes et pourquoi j’aime tant les femmes et pourquoi j’aime tant être avec elle et pourquoi je déteste les aimer alors que je pourrais aimer les haïr de toutes mes forces, et pourquoi elles m’ont tant fait souffrir quand moi j’avais tant besoin qu’on ne m’offre que de l’amour, pourquoi je crie souvent entre mes oreilles pour faire taire le bruit de la nuit, pourquoi je deviens dingue et pourquoi je m’en veux trop, alors je répondrais qu’il faut que je reste en activité car si le néant m’envahit, si le rien arrive à se saisir de moi, si le vent souffle sur la plaine, si la poussière me brule les yeux, peut-être alors — je ne sais pas, je n’ai jamais essayé — peut-être vais-je ne pas supporter ça. Et je ne sais pas ce qu’il y a après.

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Bande originale du film In the electric mist,
chanté et joué par Courtney Granger, artiste américain cajun d’expression française

Sooke - from Gordon's Beach

Geißstraße

commerce building, san antonio, texas

7 comments

  1. Comment by fabienne

    fabienne Reply 02/12/2010 at 15:12

    se tenir debout, nu, sur la plaine, face au vent et laisser venir ce qui doit venir…

  2. Comment by fabienne

    fabienne Reply 02/12/2010 at 16:51

    ou tourner le dos à la tempête, creuser son chemin dans les sables, aller droit là où le coeur porte

  3. Comment by fabienne

    fabienne Reply 02/12/2010 at 16:51

    (et sinon j’adore le dessin de Paul Heaston)

  4. Comment by Le Perroquet Suédois

    Le Perroquet Suédois Reply 02/12/2010 at 20:27

    Ou alors prendre la tempête en plein visage…

  5. Comment by helene

    helene Reply 02/12/2010 at 22:33

    se prendre la tempête en plein visage , oui faire face , puis des éclaircies surviennent ,et le beau temps finit toujours par revenir .

  6. Comment by francois

    francois Reply 03/12/2010 at 02:09

    Rideau

    Derrière le mur, il y a la mer
    Derrière le rideau, il y a le ciel
    Entre mur et rideau, il y a le temps

    (Maintenant, parlons du décor
    De son endroit, de son envers
    Monde sans moi
    Scène de rêve et de raison
    Chant qui pleure et qui parle
    Faux soir et vrai jour
    Entremêlés
    Inséparables)

    Devant le rideau, il y a le présent
    Devant le public, il y a le rideau
    Entre public et rideau, les projecteurs

    Qui éclairent mes yeux
    Eclairent cette vie que le rideau partage
    Vie de pantin
    Vie de douleur
    Vie d’illusion
    C’est quoi, la vie, quand le rideau retombe ?

    (Zhai Yongming)

  7. Comment by Le Perroquet Suédois

    Le Perroquet Suédois Reply 04/12/2010 at 07:14

    Le sommeil de la raison engendre des monstres…

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