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Istanbul - avril 2012 - jour 5 - 030 - Citerne basilique (Yerebatan Sarnıcı)

Voici un lieu que j’avais déjà visité dans mes rêves et dans lequel je me suis enfoui, trente six pieds sous terre. La citerne enfouie sous terre est une des innombrables réserves d’eau que les Romains ont laissé comme patrimoine à une Constantinople ottomane et la plus grande de toutes. Un peu plus loin se trouve Birbin direk ou citerne de Philoxenos, la citerne aux mille colonnes (224 en fait), aujourd’hui à sec et ouverte à la visite quand ils ont le temps, et plus bas, au pied de l’ancien hôtel de ville, celle de Théodose. On pense que la ville en comptait environ 80 dans ce genre et on se rend bien compte avec la géographie de la ville que leur emploi était essentiel notamment en cas de rupture des aqueducs lors des sièges.

Istanbul - avril 2012 - jour 5 - 017 - Citerne basilique (Yerebatan Sarnıcı)

La citerne basilique est un des monuments les plus anciens de Constantinople encore en parfait état. La curiosité de cette citerne réside dans le fait que les colonnes utilisées sont en remploi d’autres bâtiments. J’ai une théorie concernant la présence des deux têtes de Méduse composant le socle de deux colonnes situées dans un des coins. Les Gorgones sont des monstres des Enfers, les enfants des dieux Céto et Phorcys : Euryale, Sthéno et Méduse. Les deux têtes de Méduse devaient venir d’un temple païen d’origine grecque et la citerne datant des premiers temps chrétiens, entre le IVème et le VIIème siècle, il aura fallu cacher ces monstres païens aux yeux des croyants en les enfouissant sous le niveau de l’eau, ce qu’il y avait de plus proche des enfers. La construction de la citerne était l’occasion rêvée de s’en débarrasser sans les détruire. Le fait que les deux têtes ne sont pas orientées dans le bon sens était peut-être aussi un moyen de désactiver leur pouvoir maléfique.

Istanbul - avril 2012 - jour 5 - 028 - Citerne basilique (Yerebatan Sarnıcı) - Méduse

Le lieu est assez magique, encore inondé et on peut voir au fond de l’eau des carpes aux couleurs fades s’ébrouer entre les colonnes dont les chapiteaux sont presque tous différents. La maçonnerie de briques rouges retenues par un mortier fin est caractéristiques des constructions byzantines, une construction qui a fait ses preuves car cela fait 1500 ans qu’elle supporte l’esplanade qui se trouve au-dessus.

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