De nouveaux mots
Des mots de vacances, un déménagement, des collages et morceaux de journaux peints, découpés. En tout quarante pages de ce Glam Moleskine.
Des mots de vacances, un déménagement, des collages et morceaux de journaux peints, découpés. En tout quarante pages de ce Glam Moleskine.
Quelques jours à la montagne sur la commune de Bellevaux (Haute-Savoie), des jours pleins d’une saine fatigue et parfois d’instants de panique dans la neige tombant par paquets entiers, battue par le vent. Sur les versants de ces contreforts des Alpes avec en toile de fond les charpentes du Mont-Blanc et les Alpes Suisses le soleil s’est montré cabot, jouant avec les crêtes rocheuses et se dérobant à l’envi, traçant sur la neige vierge des routes à mi-chemin entre rêve et réalité.
Le très excellent blog Bibliodyssey, spécialisé dans l’art de l’illustration et les documents anciens et qui a pour habitude d’alimenter abondamment d’images chacun de ses billets, vient de publier un très bel article sur le Codex de Dresde qui a fait coulé tant d’encre ces derniers temps à cause de la sortie du film 2012 (ceci est un euphémisme car on était tout de même plus près de l’asphyxie d’information et de délires paranoïaques). Conservé à la Sächsische Landesbibliothek de Dresde, le manuscrit aurait été rédigé au XIIè siècle et se compose de 39 feuillets en accordéon de 9 × 20,5 cm pour une longueur totale de 3,56m et reste considéré comme le plus beau et le plus complet des manuscrits maya ; il est une source essentielle de compréhension pour le calendrier maya et leur système astronomique. Avant tout, c’est un superbe document en couleur, dont on doit en partie la découverte à l’explorateur allemand Alexander von Humboldt, même s’il a été endommagé par une inondation suite au bombardement de la ville de Dresde de 1945. Toutefois, ce document est réputé n’être qu’une copie envoyée par Hernán Cortés en 1519 en Europe d’un original composé entre 700 et 900 après J.-C., ce qui en fait, de loin, le plus vieux livre du continent américain
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Takeo Kamiya est un architecte qui pendant des années a bourlingué en Inde et dans nombre d’autres pays. Il a collecté et commenté ses photos sur son site et malgré le fait que tout soit documenté en japonais donne à voir de très belles images d’une rare qualité. Via BLDGBLOG.
C’est un bateau immense qui pendant des années est resté en cale sèche à pourrir dans une vasière des côtes britanniques, après avoir frôlé le succès sur mer lors de l’America’s Cup entre 1934 et 1937. Sorti des chantiers navals Camper & Nicholsons à Gosport aux côtés de deux autres monstres des mers, le Shamrock et le Velsheda, il a flambé sur les mers mais n’a jamais réussi à battre ses deux challengers, le Rainbow et le Ranger pendant la célèbre course. Endeavour (nom de voile J-K4), c’est un peu le roi des mers, un cotre bermudien au pont entièrement recouvert de pin du Canada dont on se souvient comme étant le plus beau des yachts jamais construits. Grâce à la navigatrice Elizabeth Meyer, Endeavour sortira de sa vasière une fois restauré sur place, pour le plus grand bonheur des amateurs de voile.
L’histoire dit que tout vient des moines capucins (Ordo Fratrum Minorum Capuccinorum) pour qui la mort revêtait un caractère expiatoire et finalement devint objet de vénération et de respect. La Sicile est terre de mystère, terre aride entourée d’une Méditerranée féconde et on imagine parfaitement ses petites cités silencieuses écrasées par le soleil entourées d’un voile de complot et de silence, et dans les rues escarpées de ces hameaux accrochées aux falaises passer les ombres de ces moines pour le moins peu avenants. Dès leur arrivée sur l’île, ils construisent des églises en calcaire blanc et d’après la tradition datant de Constantin, surélèvent ces bâtisses au-dessus d’excavations qu’on nomme catacombes, comme on peut en voir à Syracuse sous l’Eglise San Giovanni Evangelista. Constituées la plupart du temps en cimetières communautaires et en hypogées de droit privé, les premières catacombes, telles qu’on peut les visiter aujourd’hui en Sicile, sont des cryptes ouvertes au vent du large, battues par des vents chauds et sec et lorsque les corps des moines capucins décédés sont posés à même le sol de cette crypte, puis lavés au vinaigre, l’atmosphère et le temps font leur œuvre, desséchant les chairs plus vite qu’un processus de décomposition normal.
Les moines ayant découvert ces techniques de conservation vont développer leur savoir faire et redonner à leurs morts — en particulier aux prélats et dignitaires mais aussi aux riches donateurs — l’aspect de vivants dans ces caves pour le moins lugubres en creusant des loculi (niches) dans lesquels les cadavres sont maintenus dans les positions debout à l’aide de câbles et de crochets ou assise sur des trônes percés afin que la gravité permette la descente naturelle des organes en décomposition dans ces vespasiennes à usage unique… Le moins que l’on puisse dire c’est que ces moines ont développé une relation pour le moins étroite avec leurs morts, perfectionnant des techniques passées dans le langage courant des civilisations égyptiennes ou précolombiennes.
L’utilisation de ces lieux de mort a perduré jusqu’aux prémices du XXè siècle avec les très célèbres catacombes capucines (Localisation sur Google Maps) de l’église Santa Maria della Pace de Palerme, dans lesquels on peut voir aujourd’hui des centaines de corps alignés, vêtus de leurs plus beaux atours, souvent les yeux ouverts dans des expressions terrifiantes et dont la seule couleur de la peau et une certaine maigreur laissent penser que ces mannequins ne sont plus en vie. Le corps de la petite Rosalia Lombardo, décédée à l’âge de deux ans et embaumé par le célèbre Alfredo Salafia est aujourd’hui encore une attraction, qui à mon sens relève plus de l’amusement ou de la performance que d’un rituel mortuaire véritablement “chrétien”.
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Ce soir, je m’endors dans les bras du premier baronnet d’Abbotsford, sir Walter Scott. J’ai envie de me faire un nouvel ami de l’auteur des Tales of my Landlord et en particulier de cette œuvre grandiose qu’est le Cœur du Mid-Lothian. Je raconterai comment c’était une fois que j’aurais lu les 900 pages traduites par un monsieur au prénom qui sonne comme une forêt romantique… Sylvère Monod.