Oct 10, 2013 | La vallée des rubis |
De retour, dix ans plus tard, dans son musée d’enfant, il sent la même odeur de mort. Même les rêves d’enfant ne sont pas immortels et se couvrent de poussière. Cette triste découverte donne à Loti le sens du voyage d’Angkor comme d’une leçon de sagesse que le crépuscule de la vie seul devait rendre lisible. Le voyageur est devenu pèlerin en accédant enfin à lui-même et au sentiment religieux qui permet de contempler la mort : la « Pitié suprême ».
Émilie Cappella
Le crépuscule à Angkor, in Pierre Loti, Angkor, Éditions Magellan
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Oct 9, 2013 | La vallée des rubis |
Malgré sa puissance précise, le soir européen est lamentable et vide, vide comme une âme de conquérant. Parmi les gestes les plus tragiques et les plus vains des hommes, aucun, jamais, ne m’a paru plus tragique et plus vain que celui par lequel vous interrogez vos ombres illustres, race vouée à la puissance, race désespérée…
André Malraux
La tentation de l’occident , Pléiade, 1926
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Oct 9, 2013 | La vallée des rubis |
La suprême beauté d’une civilisation affinée, c’est une attentive inculture du moi.
André Malraux
La tentation de l’occident , Pléiade, 1926
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Oct 8, 2013 | Livres et carnets |
L’homme était historien et fait partie du patrimoine national turc. Il parlait comme nul autre de sa ville, de son pays et décida un jour d’écrire une encyclopédie sur la ville qui l’avait vu grandir. Reşat Ekrem Koçu y est né alors que la Turquie est encore ottomane et vivra l’avènement du kémalisme pendant ses jeunes années. C’est Orhan Pamuk dans son roman de souvenirs İstanbul qui a redonné ses lettres de noblesses à ce petit-fils de pacha qui a passé une grande partie de sa vie à recueillir dans les journaux ce qui faisait le suc de sa vie et a tenté de le collecter dans cette gigantesque œuvre. C’est toutefois une İstanbul décadente et en perdition qu’il dépeint, c’est la ville de la fin d’un empire et c’est la raison pour laquelle son œuvre est empreinte d’une sourde nostalgie, ce sentiment unique de vertige et de douleur mélancolique que l’on ne ressent qu’à İstanbul, le hüzün.
A l’origine, ce projet titanesque aurait pu tenir en quarante ou cinquante volumes, mais il ne réussit à en écrire que onze, et n’y parvint qu’en vivant dans la misère jusqu’à la fin de sa vie, perclus de dettes, ruiné. Koçu était homosexuel et vivait très mal cet état de fait dans l’İstanbul qui était la sienne ; combats de rues, ragots et histoires sordides d’assassinats et de tortures émaillent son œuvre ténébreuse, mais pas autant que ses longues descriptions des jeunes hommes rencontrés dans les rues et dont il n’avait de cesse de dépeindre la beauté.
Il ne parvint qu’à rédiger son encyclopédie que jusqu’à la lettre G. Retrouvez ici les 5 premiers tomes de cette İstanbul Ansiklopedisi.
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Oct 2, 2013 | Livres et carnets |
Tout ce qui est original risque d’être mal accueilli par cette baleine lourde et déroutante — le public.
Robert Louis Stevenson
Lettre à Sidney Covin,
datée du 28 septembre 1890
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