Les livres de Jacques Ier Androuet du Cer­ceau

Jacques Ier Androuet du Cer­ceau est un acteur majeur de la Renais­sance en ceci qu’il a lar­ge­ment contri­bué à faire connaître les monu­ments de cette période de l’his­toire de l’art fran­çais au tra­vers d’une somme aujourd’hui recon­nue comme étant une réfé­rence en matière de pro­pé­deu­tique de l’art (Les plus excel­lents bas­ti­ments de France).

Effec­ti­ve­ment, nombre d’ar­chi­tectes du XVIIème siècle se ser­vi­ront de ses tra­vaux comme d’une base de tra­vail. Aujourd’­hui on se sert encore des des­sins d’An­drouet comme d’une réfé­rence pour nombre de bâti­ments n’exis­tant plus ou ayant subi des modi­fi­ca­tions sub­stan­tielles, lui qui, bien qu’ar­chi­tecte de renom même à son époque, semble-t-il, a pas­sé la majeure par­tie de son exis­tence à des­si­ner et à gra­ver plu­tôt qu’à faire exé­cu­ter. Androuet, on le sent dans ses repré­sen­ta­tions, a été for­te­ment ins­pi­ré par Pal­la­dio, qu’il a par ailleurs cer­tai­ne­ment ren­con­tré.

Ses œuvres majeures sont dis­po­nibles sur le site Archi­tec­tu­ra, de l’U­ni­ver­si­té de Tours :

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Mots d’un voca­bu­laire oublié X

Aver­tis­se­ment: billet à haute teneur en mots rares et pré­cieux, sau­vés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Plectre

Un plectre est un dis­po­si­tif per­met­tant de pin­cer ou grat­ter les cordes d’un ins­tru­ment. Il est géné­ra­le­ment appe­lé média­tor (« onglet » en Bel­gique, « pic » ou « pick » au Qué­bec, « pick » en anglais) dans le domaine de la gui­tare, de la man­do­line et des ins­tru­ments sem­blables : il s’a­git alors d’un petit acces­soire que l’on tient entre le pouce et l’in­dex. On appelle onglet le type de plectre uti­li­sé aus­si pour les ins­tru­ments ou les styles requé­rant l’u­ti­li­sa­tion indi­vi­duelle de plu­sieurs doigts pour grat­ter les cordes (ex : « fin­ger­pi­cking coun­try », cithare, kânun, etc.). Celui-ci s’en­file sur le bout du doigt.

Pein­ture murale de la nécro­pole thé­baine, vers 1420 — 1411

Put­to

Put­to (put­ti au plu­riel) est un terme archi­tec­tu­ral ita­lien dési­gnant sur une façade la sta­tue d’un nour­ris­son jouf­flu et moqueur. Il s’a­git presque tou­jours d’un gar­çon et par­fois d’un ange. Les put­ti peuvent se trou­ver essen­tiel­le­ment sur les monu­ments de la Renais­sance ita­lienne, en par­ti­cu­lier sur tous les bâti­ments rele­vant du baroque sici­lien, dont ils consti­tuent l’une des carac­té­ris­tiques prin­ci­pales. Le per­son­nage du put­to est ins­pi­ré de l’art de la Grèce antique, mais fut redé­cou­vert et réuti­li­sé au début du Quat­tro­cen­to. Ce sont des anges sym­bo­li­sant l’a­mour.

Put­ti peints par Raphaël dans la Cha­pelle Six­tine (1513)

Ruden­ture

Orne­ment en forme de câble ou de bâton uni ou sculp­té dont on gar­nit les can­ne­lures d’une colonne ou d’un pilastre dans leur par­tie infé­rieure.

Sar­doine

La sar­doine (du grec ancien σάρδιον / sár­dion, pro­ba­ble­ment « de la ville de Sardes ») est une pierre de cou­leur rouge-brun, plus ou moins trans­lu­cide. Il s’a­git en fait d’une varié­té de cal­cé­doine.
On en trouve un usage dans l’art isla­mique et dans l’art byzan­tin. En outre, les artistes du Moyen Âge ont beau­coup appré­cié la reprise d’ob­jets orien­taux en sar­doine, et leur ont ajou­té une mon­ture d’or­fè­vre­rie : le vase d’A­lié­nor du tré­sor de la basi­lique de Saint-Denis, actuel­le­ment conser­vé au musée du Louvre, en est un exemple.

Coupe des Pto­lé­mées, 1er siècle avant ou après J.C.
Cabi­net des Médailles

Eton­nant vase-camée. Cette somp­tueuse pièce du tré­sor de Saint-Denis aurait été offerte éga­le­ment à l’abbaye par le roi Charles le Chauve. Elle est taillée dans un seul bloc de sar­doine et frappe par sa vir­tuo­si­té tech­nique, l’équilibre de la forme dans l’espace, le jeu sur les dif­fé­rentes cou­leurs de la pierre. Sait-on encore de nos jours façon­ner la sar­doine ? La tra­di­tion rap­porte qu’elle ser­vait lors du sacre des reines de France. Elle fai­sait donc par­tie de ce qu’on appelle les rega­lia. Le décor en haut-relief évoque les pré­pa­ra­tifs d’une céré­mo­nie dio­ny­siaque. Sur cha­cune des faces, une table char­gée de vases et les branches d’un arbre aux­quelles sont étran­ge­ment sus­pen­dus des masques bachiques. Datant du 1er siècle avant ou après J.C., ce can­thare antique pour­rait être l’œuvre d’un ate­lier d’Alexandrie. Il fut trans­for­mé en calice par une riche mon­ture d’orfèvrerie, à l’époque de Charles le Chauve, fon­due lors d’un vol en 1804.
Cercle Her­na­ni

Sca­phé

Le sca­phé (ou skaphe, sca­phium ou sca­phion) est un objet de type cadran solaire dont on dit qu’il a été inven­té par Aris­tarque de Samos (IIIè siècle avant J.-C.). Il consiste en une boule hémi­sphé­rique por­tant une gno­mon à l’in­té­rieur, dont le som­met ne dépasse pas la forme de l’hé­mi­sphère. Douze ins­crip­tions gra­vées à la per­pen­di­cu­laire de l’hé­mi­sphère indiquent les heures du jour. C’est à l’aide de cet ins­tru­ment qu’Era­tos­thène de Cyrène mesu­ra la lon­gueur de l’arc méri­dien com­pris entre les deux tro­piques.

Sca­phé réa­li­sé par Georg Hart­mann en 1539 à Nurem­berg, lai­ton doré
Musée d’his­toire des sciences, Oxford

Sty­lo­bate

Sty­lo­bate en archi­tec­ture désigne :

  • Un pié­des­tal sup­por­tant une colon­nade, com­por­tant mou­lure, base et cor­niche régnant sur le pour­tour d’un édi­fice.
  • Le degré supé­rieur consti­tuant l’emmarchement dans cer­tains cas d’ar­chi­tec­ture grecque avec péri­style ou faux-péri­style de pilastres.
  • Un sou­bas­se­ment déco­ré de mou­lure et for­mant un avant-corps sui­vant les res­sauts d’une façade. Cer­tains sou­bas­se­ments réunis et conti­nus sont dénom­més sté­réo­bate.

sty­lo­bate incur­vé du Par­thé­non d’A­thènes

Tran­si

Contrai­re­ment au gisant repré­sen­tant un per­son­nage cou­ché et endor­mi, dans une atti­tude béate ou sou­riante, le tran­si est une sculp­ture funé­raire qui figure un per­son­nage éga­le­ment cou­ché, mais ici dans le réa­lisme de la putré­fac­tion. De façon excep­tion­nelle, ce tran­si, comme celui du duc René dans l’église Saint-Étienne à Bar-le-Duc, sculp­té par Ligier Richier, est debout, son écu lis­sé, et ten­dant son cœur à pleine main vers le ciel.

Appa­ru dans ce XIVe siècle où guerre (celle de Cent Ans), peste et famine ont empor­té la moi­tié de la popu­la­tion, le tran­si marque une cas­sure dans l’art funé­raire du Moyen Âge. L’hor­reur et les vers, la putré­fac­tion et les cra­pauds rem­placent — bru­ta­le­ment — sou­rires, heaume ou hen­nin. Guillaume de Har­ci­gny ne joint pas les mains dévo­te­ment, mais tente, de ses pha­langes sèches, de cacher un sexe pour­ri depuis long­temps. Le car­di­nal Lagrange exhorte le pas­sant non à prier pour lui, mais à faire preuve d’hu­mi­li­té, car tu seras bien­tôt comme moi, un cadavre hideux, pâture des vers.
Le terme tran­si appa­raît au XIIe siècle dans l’ac­cep­tion de « tran­si de vie », c’est-à-dire « tré­pas­sé ». La reli­gion popu­laire, empreinte de magie, en fait un saint à invo­quer dans les cas déses­pé­rés. On trouve un bon exemple de ce culte à Gana­go­bie dans les Alpes-de-Haute-Pro­vence.
Seules cer­taines régions sont tou­chées par le rem­pla­ce­ment des gisants par des tran­sis. Ain­si en est-il de l’Est de la France et de l’Al­le­magne occi­den­tale. En revanche, le tran­si demeure excep­tion­nel en Ita­lie ou en Espagne.

Tran­sis de Louis XII et d’Anne de Bre­tagne,
à Saint-Denis, par Gio­van­ni di Gius­to Bet­ti

Ortho­state

Un ortho­state ou ortho­stat (nom mas­cu­lin) désigne, dans l’ar­chi­tec­ture gré­co-romaine, cha­cun des blocs de pierre dres­sés de chant, en une ou plu­sieurs ran­gées, à la base des murs.
Dans le cadre de l’ar­chi­tec­ture antique, les ortho­states sont des blocs de pierre paral­lé­lé­pi­pé­diques beau­coup plus hauts que pro­fonds, habi­tuel­le­ment éta­blis au-des­sous de l’é­lé­va­tion d’as­sise de par­paings.
L’u­sage du terme a été géné­ra­li­sé dans la des­crip­tion archi­tec­tu­rale de beau­coup de cultures. Par­fois entou­ré d’un simple filet, l’or­tho­stat est géné­ra­le­ment dépour­vu de décor sculp­té, à part dans quelques palais assy­riens, comme à Khor­sa­bad.
Le terme est éga­le­ment employé pour dési­gner des pierres dres­sées, plan­tées ver­ti­ca­le­ment, comme les men­hirs méga­li­thiques, ou plus géné­ra­le­ment, les pierres indi­vi­duelles qui font par­tie d’une struc­ture méga­li­thique plus grande, comme les murs des allées cou­vertes ou les com­po­sants ver­ti­caux des tri­lithes, comme à Sto­ne­henge.

Scène de chasse au lion, ortho­state du palais de Ninive repré­sen­tant Assur­ba­ni­pal,
conser­vée au Bri­tish Museum

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Les Quatre Livres de l’Ar­chi­tec­ture d’An­drea Pal­la­dio

L’art ita­lien de la Renais­sance prend son envol à par­tir des ver­ge­tures du pas­sé exhu­mé de la terre, là où les Antiques ont pros­pé­ré jus­qu’à la chute de l’empire romain. On a presque ten­dance à oublier que Rome a décli­né bien avant la chute de l’empire romain et que la capi­tale de l’empire change deux fois avant que la civi­li­sa­tion romaine soit rasée de près par les hordes de bar­bares qui ravagent l’oc­ci­dent connu en quelques années. Rome est aban­don­née comme rési­dence impé­riale et le pou­voir éclate entre plu­sieurs villes comme Milan, Nico­mé­die ou Trèves. Constan­tin dépla­ce­ra la capi­tale de l’empire à Byzance et ain­si Rome fini­ra secouée par les trem­ble­ment de terre, enfouie sous la terre, la végé­ta­tion et les détri­tus, déman­te­lée pierre après pierre, sac­ca­gée, pro­fa­née jus­qu’à sa redé­cou­verte. Les cours ita­liennes par­ti­ront à la recherche de ce pas­sé pres­ti­gieux oublié en amor­çant les pre­mières fouilles archéo­lo­giques in situ. C’est d’ailleurs à la fin du XVème siècle qu’on retrouve les ves­tiges de la Mai­son Dorée (domus aurea) de Néron dans des cir­cons­tances rocam­bo­lesques.

Un jeune Romain tom­ba dans un trou sur les pentes de l’Oppius et se retrou­va dans une sorte de grotte cou­verte de pein­tures sur­pre­nantes. D’autres jeunes artistes explo­rèrent à leur tour ces salles éton­nantes. Les fresques ain­si décou­vertes ins­pi­rèrent un nou­veau style de déco­ra­tion plein de fan­tai­sie, que l’on bap­ti­sa «gro­tesques». Les célèbres artistes Dome­ni­co Ghir­lan­daio, Raphaël et Michel-Ange des­cen­dus à leur tour eurent la révé­la­tion de ce qu’était l’art antique oublié. On pense que Raphaël en tira une par­tie de son ins­pi­ra­tion pour la déco­ra­tion des fameuses Loges du Vati­can. (Wiki­pe­dia)

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