C’est un mor­ceau d’une com­po­si­tion assez simple, avec un nombre limi­té d’ins­tru­ments et d’une cer­taine len­teur indi­quant bien la fonc­tion qu’il occupe. Hen­ry Pur­cell com­po­sa ce mor­ceau en hom­mage à la reine Mary II d’An­gle­terre qui fit un bref pas­sage dans le pay­sage de la royau­té anglaise puis­qu’elle ne régna que de 1689 à 1694. La grande reine, par la taille, puis­qu’elle mesu­rait 1,80m, suc­com­ba à 32 ans à une épi­dé­mie de variole à la fin du mois de décembre 1694, lors d’un hiver rigou­reux où la Tamise fut prise dans les glaces. Mariée à Guillaume III d’O­range-Nas­sau, celui-ci conti­nua de régner jus­qu’en 1702.

Mar­quée par une sombre puis­sance liée à l’u­ti­li­sa­tion de caisses pro­fondes de deux tona­li­tés dif­fé­rentes et de cuivres (en réa­li­té des flatt trum­pet, ancêtres baroques du trom­bone) jouant une simple et triste mélo­pée, j’ai per­son­nel­le­ment décou­vert ce mor­ceau dans mes années d’en­fance lorsque je me pas­sais en boucle le 33 tours de la bande ori­gi­nale du film A clo­ck­work orange (Orange Méca­nique) de Stan­ley Kubrick. Ambiance recueille­ment et solen­ni­té pour ce qu’on ima­gine par­fai­te­ment être joué en église, avec toute la pompe néces­saire pour ces évé­ne­ments.

Triste his­toire que celle de ce mor­ceau qui fut non seule­ment joué aux funé­railles de la Reine Mary, mais éga­le­ment aux propres funé­railles de Pur­cell qui s’é­tei­gnit à son tour en 1695, un peu moins d’un an après la reine.

[audio:queenmary.xol]

Fune­ral sen­tences for death of Queen Mary II — March
Music for Queen Mary, Sir John Eliot Gar­di­ner, Equale Brass Ensemble, Mon­te­ver­di Choir and Orches­tra (2004)

[audio:queenmary2.xol]

Fune­ral sen­tences for death of Queen Mary II — The man is born
Music for Queen Mary, Sir John Eliot Gar­di­ner, Equale Brass Ensemble, Mon­te­ver­di Choir and Orches­tra (2004)

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