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Willem Claes­zoon Heda — Petite nature morte d’ap­pa­rat au crabe

Une simple toile car­rée de 118 sur 118 cm, un citron pelé, une aiguière, un Roe­mer, une flûte à cham­pagne des plus fines, une nappe soyeuse et brillante tout juste sor­tie du meuble, un bol d’o­lives, un pain rond, une nappe de velours épais, et voi­ci une nature-morte des plus déli­cates, incroya­ble­ment fine, par Willem Claes­zoon Heda, plus connu sous le nom de Claesz. Heda. Qui sait ce qui se cache dans le reflet de l’aiguière ?

Willem Claeszoon Heda - Petite nature morte d'apparat au crabe - 1648 - 118x118 - Musée de l'Ermitage - Saint-Petersbourg

Willem Claes­zoon Heda — Petite nature morte d’ap­pa­rat au crabe — 1648 — 118x118 — Musée de l’Er­mi­tage — Saint-Petersbourg

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Salve Regi­na — HWV 241 (Georg Frie­drich Haendel)

Georg Friedrich Haendel J’a­vais déjà par­lé d’une très belle œuvre d’Haen­del, le Dixit Domi­nus (HWV 232). Voi­ci désor­mais l’œuvre clas­sée HWV 241, plus connue sous le nom de Salve Regi­na, jouée pour la pre­mière fois en 1707 dans la majes­tueuse Basi­lique San­ta Maria in Mon­te­san­to de Rome.
Toute en dou­ceur, en pro­fon­deur, je tenais à faire écou­ter cette ver­sion diri­gée par Marc Min­kows­ki en 2009, inter­pré­tée par Annick Mas­sis, Mag­da­le­na Kozená et Les Musi­ciens du Louvre.
A écou­ter pour la pro­fon­deur de ses basses et la pure­té cris­tal­line de la voix de soprano.

[audio:salve.xol] Read more

L’é­mer­gence du pro­blème pictural

William Turner - Norham Castle on the Tweed - 1815 - Tate Gallery - Londres

William Tur­ner — Norham Castle on the Tweed — 1815 — Tate Gal­le­ry — Londres

En 1815, « le peintre, trop joaillier, a accu­mu­lé trop de beau­té » ; en 1835, « seul le peintre, le vieux peintre appa­raît, qui a su sacri­fier tout le pit­to­resque au pic­tu­ral ». La thèse de Signac a le mérite d’être claire : tout appro­fon­dis­se­ment du tra­vail de la pein­ture conduit à l’é­li­mi­na­tion du détail, de la ten­ta­tion du pit­to­resque au pro­fit du pro­blème pic­tu­ral, et l’é­vo­lu­tion même de la pein­ture au XIXe siècle montre l’é­mer­gence pro­gres­sive de cette prise de conscience.

William Turner - Norham Castle on the Tweed - 1830-40 - Tate Gallery - Londres

William Tur­ner — Norham Castle on the Tweed — 1830–40 — Tate Gal­le­ry — Londres

Daniel Arasse, Le Détail, pour une his­toire rap­pro­chée de la peinture
Flam­ma­rion, 2008

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Pein­tures sur tranche

Annonciation sur la tranche d'un livre

Annon­cia­tion sur la tranche d’un livre

Cer­tains livres, bien qu’on ne s’en doute guère, recèlent des petits tré­sors, comme ces livres dont la tranche a été peinte de manière à ce que la pein­ture ne se voit que lorsque les pages sont dis­po­sées d’une cer­taine manière, peu natu­relle à vrai dire.
Il est tout à fait pos­sible qu’on n’en ait pas encore décou­vert qui sont de véri­tables œuvres d’art. A voir, plu­sieurs exemples sur La Boîte Verte.

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Vision sombre d’un Stam­bou­liote sur sa ville

Vendeur de salep dans la lumière du matin - Vieux pont de Galata - Istanbukl - 1957

Ven­deur de salep dans la lumière du matin — Vieux pont de Gala­ta — Istan­bul — 1957

Le pho­to­graphe est l’es­clave du monde réel, et d’ailleurs c’est pour cette rai­son que je ne pho­to­gra­phie plus İst­anb­ul, parce que c’est de la merde (ou alors seule­ment si c’est une com­mande, pour prendre l’argent). J’ai assis­té à la des­truc­tion de la ville, j’ai vu le vieux cime­tière armé­nien, près de l’é­glise Notre-Dame-de-Sion, retour­né par les bull­do­zers pour éta­blir les fon­da­tions de deux hôtels, le Divan et le Hil­ton ; j’ai sui­vi les tra­vaux qui ont éven­tré la ville pour ouvrir la route de l’aé­ro­port ; en 1958, pen­dant la deuxième vague de démo­li­tion, j’ai vu d’é­normes machines, des dino­saures à moteur, écra­ser des mai­sons les unes après les autres. A cette époque, j’ai pho­to­gra­phié jour et nuit ce qu’on était en train de détruire. Avec les mai­sons, c’est un mode de vie qu’on a balayé. Quand j’é­tais enfant, les habi­tants pou­vaient être pauvres ou riches, mais il y avait des gens chics, des gens sym­pa­thiques, on sou­le­vait son cha­peau pour se saluer, main­te­nant ce ne sont plus que des pay­sans, İst­anb­ul a été conquis une seconde fois, nous sommes occu­pés par qua­torze mil­lions d’A­na­to­liens. Bien sûr, on me dit que les Otto­mans fai­saient déjà venir ce genre de pay­sans, mais ils ne les uti­li­saient que pour le métier des armes, les Stam­bou­liotes n’al­laient jamais à la guerre, ils se conten­taient sage­ment d’ap­plau­dir le départ et le retour de l’ar­mée. Il est arri­vé ce qui devait arri­ver ; les Ana­to­liens ont pris leur revanche. Aujourd’­hui, il n’y a plus un mil­liar­daire turc qui ne soit né en Ana­to­lie. C’est pour toutes ces rai­sons que je sors main­te­nant sans mon Lei­ca. D’ailleurs, il n’y a pas qu’İst­anb­ul, le monde entier s’en­lai­dit. Le béton gagne. Bien sûr que j’aime le Bos­phore, et les fumées des bateaux. Ces fumées, c’est la vie — c’est la guerre aus­si— oui, la guerre et la vie, et ces quais, c’est la porte sur un autre monde, nulle part au monde vous ne trou­ve­rez une ville où l’on change de conti­nent en cinq minutes.

Mosquée Süleymaniye Camii - Corne d'Or - Istanbul - 1962

Mos­quée Süley­ma­niye Camii — Corne d’Or — Istan­bul — 1962

Celui qui parle est un Stam­bou­liote pur jus, un pho­to­graphe émé­rite qu’on peut s’é­ton­ner d’en­tendre par­ler avec ces mots si durs à l’en­contre des Ana­to­liens et des pay­sans. Ce pho­to­graphe, c’est Ara Güler, celui que par­tout dans le monde on consi­dère comme le chantre d’Is­tan­bul, celui qui dit mieux que qui­conque au tra­vers de ses 800.000 cli­chés le pas­sé d’une ville depuis les années 50 jus­qu’à aujourd’­hui, même si, comme il le dit lui-même, il ne pho­to­gra­phie plus de la même manière parce qu’il a vu sa ville métamorphosée.
Ara Güler fait par­tie du club très fer­mé des mas­ters of Lei­ca et un très beau livre de ses pho­tos a été édi­té en 2009 aux édi­tions du Paci­fique, avec un texte admi­rable d’Orhan Pamuk. Ces mots si durs ont été recueillis par Daniel Ron­deau dans İst­anb­ul, NiL Edi­tions, 2002.
Les trois pho­tos de cet article pro­viennent du site de Mag­num.

Esplanade de la Yeni Camii - Eminönü - Istanbul - 1972

Espla­nade de la Yeni Camii — Eminönü — Istan­bul — 1972

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