Tvøst
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Dimanche
DIMANCHE — Le toit
Il plut.
Pour la première fois de la semaine, il plut. Pas la bruine féroïenne habituelle — ce crachin horizontal que le vent transforme en aiguilles et qui n’est ni de la pluie ni du brouillard mais quelque chose entre les deux, une humidité guerrière — non, une vraie pluie. Verticale. Lourde. Des gouttes épaisses qui tambourinaient sur le toit d’herbe de l’hôtel avec un bruit sourd, organique, le bruit de doigts sur un ventre, et l’herbe du toit buvait, et le bâtiment entier semblait s’enfoncer un peu plus dans la colline, comme un animal qui se couche sous la pluie et attend que ça passe.
Bárður se réveilla tard. Sept heures. Pour lui, c’était tard. Son corps avait décidé sans lui — avait décidé de dormir, de récupérer, de se taire pendant quelques heures de plus. Il resta allongé. Écouta la pluie. La pluie avait un son différent depuis le sous-sol — un grondement lointain, étouffé, comme un orage vu de l’intérieur d’une montagne. Les murs de béton brut vibraient légèrement.
Dimanche. Pas de service. Katrin gérait le petit-déjeuner — des choses simples, du pain, des œufs, du skyr, rien qui nécessite ses mains. Ses mains étaient libres. Ses mains n’avaient rien à faire.
Il les regarda. Posées sur le drap blanc. Deux mains d’homme de quarante-sept ans — larges, épaisses, la peau sèche et craquelée par le froid et les lavages répétés, une cicatrice ancienne sur le pouce gauche — un couteau qui avait glissé, il y a vingt ans, un accident stupide qu’il n’avait même pas senti sur le moment parce qu’il était en plein service et que le corps, en plein service, n’a pas le temps de sentir. Des mains qui savaient tout faire — pétrir, trancher, dresser, tuer — et qui, ce matin, ne savaient pas quoi faire d’elles-mêmes.
Il se leva. S’habilla. Pas la veste blanche. Un pull de laine. Un jean. Ses mains de dimanche. Ses mains de rien.
En passant devant la chambre d’Eirikur, il s’arrêta. La porte était entrouverte. C’était nouveau. Depuis lundi — depuis le début de la semaine, depuis le retour du garçon —, la porte avait été fermée. Toujours fermée. Une frontière, un mur, un panneau qui disait : n’entre pas. Et ce matin elle était entrouverte. Pas grande ouverte — entrouverte, trois centimètres, un interstice, presque rien.
Presque rien. Mais aux Féroé, presque rien est souvent tout.
Bárður regarda par l’interstice. Eirikur dormait. Pour de vrai, cette fois — pas le faux sommeil des jours précédents, pas le silence habité, mais le vrai sommeil, le sommeil lourd, profond, de quelqu’un qui a vidé quelque chose et qui se remplit de silence. Il était couché sur le ventre, un bras hors du lit, les écouteurs sur l’oreiller à côté de sa tête — pas sur ses oreilles, à côté, comme un objet posé, comme un outil dont on n’a pas besoin pour l’instant.
Bárður regarda son fils dormir. Une minute. Deux minutes. Il nota la manière dont sa poitrine se soulevait — lentement, régulièrement — et la manière dont sa main pendait hors du lit, les doigts ouverts, détendus, et il pensa à ces mêmes doigts fermés autour d’un mønustingari et la pensée ne vint pas. C’est-à-dire qu’il chercha la pensée — la pensée de son fils tenant l’arme, de son fils dans l’eau rouge, de son fils tuant — et la pensée n’était pas là. Elle avait été là. Pendant des mois, peut-être des années, elle avait été là, l’image de la transmission, de la continuation, de la ligne — Óli, Bárður, Eirikur, trois noms, trois mains, un même geste. Et maintenant l’image était vide. Non pas effacée — vidée. Comme une maison après un déménagement. Les murs sont là, les pièces sont là, mais les meubles sont partis et la lumière tombe autrement.
Il referma doucement la porte. Pas tout à fait — il la laissa entrouverte. Les trois centimètres. L’interstice.
Et monta.
*
Léone partait.
Sa valise était dans le hall, son sac de cabine sur l’épaule, le carnet dans la poche. Le vol pour Bergen décollait à treize heures — si le brouillard le permettait, si le vent le permettait, si les Féroé voulaient bien la laisser partir. On ne quittait jamais cet endroit sans sa permission.
Rannvá était à la réception. Elles se regardèrent.
— Merci, dit Léone.
— Pour quoi ?
— Pour tout ça.
Rannvá inclina la tête. Ce geste féroïen — ni oui ni non, un acquiescement sans engagement, une manière de recevoir les mots sans les commenter.
— Vous écrirez quoi ? demanda-t-elle.
Léone hésita. C’était la question qu’elle se posait depuis la veille. Depuis la colline de Sandavágur. Depuis le sang. Depuis le tvøst dans l’assiette blanche et le goût de ce qu’on sait.
— Je ne sais pas encore.
— C’est la meilleure réponse, dit Rannvá.
Elle sourit. Un vrai sourire, le deuxième que Léone lui voyait — le premier avait été pour Óli. Celui-ci était pour elle. Léone le prit comme un cadeau.
— Il y a un homme, dit Léone. Le client de la chambre 12. Barbe rousse. Un sac photo.
Rannvá ne dit rien. Son visage ne changea pas.
— Il a filmé la grind. Depuis la colline. Il est parti hier matin.
Silence.
— Je sais, dit Rannvá.
Bien sûr qu’elle savait. Rannvá savait toujours. Rannvá voyait tout depuis sa réception comme Bárður voyait tout depuis sa cuisine — deux personnes debout à leur poste, deux vigies, deux phares qui éclairaient le même bout de monde depuis deux angles différents.
— Les images vont sortir, dit Léone.
— Les images sortent toujours.
— Ça sera dur. Pour Bárður. Pour l’hôtel.
Rannvá la regarda. Les yeux gris, clairs, inébranlables. Les yeux de quelqu’un qui a vu les images sortir dix fois, vingt fois, et qui a vu l’hôtel résister dix fois, vingt fois, et qui sait que la prochaine fois sera comme les précédentes — difficile, douloureuse, survivable.
— Nous sommes un pays de cinquante mille personnes, dit Rannvá. Le monde nous déteste un mois par an. Le reste du temps, il nous oublie. On a l’habitude.
Elle marqua une pause.
— Et Bárður est solide.
— Oui, dit Léone. Mais son fils —
— Son fils est son fils. Pas une image sur Internet.
Léone hocha la tête. Il n’y avait rien à ajouter. Rannvá avait raison. Rannvá avait toujours raison — pas de cette raison bruyante qui argumente et démontre, mais de cette raison silencieuse des gens qui ont traversé beaucoup de choses et qui savent que la plupart des choses se traversent.
Léone posa sa clé sur le comptoir. La clé de la chambre 7. La chambre avec vue sur la mer, la chambre où elle avait dormi dans la lumière et mangé du globicéphale et écrit des mots qu’elle n’avait pas fini d’écrire.
— Au revoir, Rannvá.
— Au revoir.
Pas de « revenez nous voir ». Pas de « ce fut un plaisir ». Juste au revoir, net, droit, féroïen. Léone prit sa valise et sortit.
Dehors, la pluie. La pluie et le vent et le vert et le gris et cette lumière impossible qui n’existait qu’ici, cette lumière d’aquarium, de rêve, de monde englouti. Elle chargea sa valise dans la Hyundai. Démarra. Descendit la colline.
Elle ne se retourna pas. Mais dans le rétroviseur, elle vit l’hôtel s’éloigner — ce long bâtiment de bois enfoncé dans l’herbe, ce toit vivant, cette créature patiente couchée dans la colline — et elle pensa : il sera toujours là. Quand les images sortiront, quand le monde criera, quand les pétitions circuleront et que les menaces arriveront par milliers dans les boîtes mail de gens qui vivent sur un caillou dans l’Atlantique Nord, il sera toujours là. L’hôtel. L’herbe. Le vent. Et Bárður dans sa cuisine, avec ses couteaux et son silence et ses mains qui savent tout faire sauf toucher son fils.
*
À dix heures, Bárður monta sur le toit.
Il n’y avait pas de raison particulière. Pas de réparation urgente, pas d’inspection à faire. Le toit d’herbe de l’Hôtel Føroyar nécessitait un entretien régulier — on vérifiait le drainage, on arrachait les mauvaises herbes, on surveillait les zones où la terre s’amincissait — mais c’était un travail de semaine, pas de dimanche, et personne ne l’attendait là-haut.
Il monta quand même. Par l’échelle de service, à l’arrière du bâtiment, celle que les ouvriers utilisaient. L’échelle était mouillée — la pluie — et il grimpa prudemment, les mains sur les barreaux glissants, le pull de laine trempé en quelques secondes. Quand il atteignit le toit, il se redressa et le vent le frappa — plein visage, pleine poitrine, un vent d’ouest cette fois, le vent normal, le vent revenu, chargé de pluie et de sel.
Le toit était un monde.
Vu d’en bas, vu de la route, vu des photos dans les magazines, le toit d’herbe de l’Hôtel Føroyar était une image — pittoresque, charmante, instagrammable. Vu d’en haut, debout dessus, c’était autre chose. C’était un pré. Un vrai pré, avec de la vraie herbe, de la vraie terre, de vrais insectes, de vraies pâquerettes minuscules qui poussaient entre les brins et qui n’avaient aucune idée qu’elles poussaient sur un hôtel. La terre était spongieuse sous ses bottes. L’herbe lui arrivait aux chevilles. Le vent la couchait par vagues, comme la mer, et la pluie la faisait briller d’un vert si intense qu’il en devenait presque douloureux — un vert de vitrail, un vert de début du monde.
Bárður marcha sur le toit. Lentement. Sentant la terre sous ses pieds, la terre vivante sur un bâtiment de bois et de verre, la terre qui ne savait pas qu’elle était un toit et qui faisait son travail de terre — absorber, nourrir, pousser, vivre. C’était ça que Bárður aimait dans cet hôtel, ça qu’il n’avait jamais su dire et qu’il sentait ce matin avec une acuité nouvelle — l’hôtel était vivant. Pas comme un bâtiment est vivant — plomberie, électricité, gens qui vont et viennent — mais vivant pour de vrai. Il poussait. Il respirait. Il faisait partie de la colline.
Comme lui faisait partie de l’île.
Comme ses mains faisaient partie de l’eau rouge.
Comme Eirikur ne ferait plus partie de cette chose dont il avait toujours fait partie.
Bárður s’arrêta au milieu du toit. La vue. On voyait tout d’ici — Tórshavn en bas, le port, les maisons rouges et noires, l’église, Tinganes, la mer, les îles au loin — Nólsoy, Hestur, Koltur — posées sur l’horizon comme des dos de baleines, et au-dessus de tout le ciel, immense, gris, mouvant, ce ciel des Féroé qui n’était jamais le même deux minutes de suite et qui ce matin était magnifique de laideur, lourd de nuages noirs et bas, percé par endroits de trouées lumineuses qui projetaient sur la mer des colonnes de lumière blanche, comme des projecteurs cherchant quelqu’un dans le noir.
Il resta debout. La pluie sur son visage. Le vent dans ses cheveux. Les pieds dans l’herbe, sur le toit, sur l’hôtel, sur la colline, sur l’île, sur le monde. Et il pensa — pas avec des mots, pas avec la langue, avec le corps tout entier — il pensa à tout. À la semaine. Au lundi, au couteau, à la première tranche de ræst. Au mardi, au marché, à Óli sur le banc. Au mercredi, au vent d’est, à Léone qui demandait « Vous me montrerez ? ». Au jeudi, à la rumeur, au SMS de Heðin, au brennivín dans le noir. Au vendredi. Au sang. À l’œil du globicéphale. Au corps qui s’effondre. Au « jamais » d’Eirikur. Au samedi, au silence, à la morue d’Óli, aux mains tremblantes du vieil homme posées sur les siennes.
Et il pensa : je ne sais pas.
Pas « je ne sais pas si j’ai raison ». Pas « je ne sais pas si j’ai tort ». Pas « je ne sais pas si je recommencerai ». Juste : je ne sais pas. Les trois mots les plus honnêtes qu’un homme puisse prononcer, debout sur un toit d’herbe, sous la pluie, dans le vent, au bout du monde.
Il ne savait pas s’il chasserait encore. Il ne savait pas s’il refuserait. Il ne savait pas si l’œil du globicéphale le regarderait encore, la prochaine fois, ou s’il parviendrait à ne pas le voir, comme il avait toujours fait avant, comme tous les chasseurs font, parce que pour tuer il faut ne pas voir certaines choses et que ne pas voir est un talent, un muscle, un apprentissage qui se transmet de père en fils.
Sauf quand le fils dit non.
Sauf quand le fils, en disant non, vous oblige à voir.
Il entendit un bruit derrière lui. Un bruit de pas sur l’herbe mouillée. Un bruit léger, hésitant, un bruit de quelqu’un qui ne sait pas s’il a le droit d’être là.
Il se retourna.
Eirikur.
Le garçon était monté par l’échelle de service. Il portait un sweat à capuche trop grand, trempé, les cheveux plaqués sur le front par la pluie. Il n’avait pas ses écouteurs. Pour la première fois de la semaine, il n’avait pas ses écouteurs. Ses oreilles étaient nues, offertes au vent, et Bárður, en voyant ça — ces oreilles sans écouteurs, ce visage sans rideau —, sentit quelque chose bouger dans sa poitrine, quelque chose de lourd et de chaud qui ressemblait à ce qu’il avait ressenti hier soir quand Óli avait posé ses mains tremblantes sur les siennes.
Eirikur s’approcha. Pas tout près. Trois mètres. La distance qu’on met entre soi et quelqu’un quand on ne sait pas encore ce qu’on est venu faire.
Ils se regardèrent.
La pluie tombait entre eux, sur eux, autour d’eux. Le vent soufflait. L’herbe ondulait sous leurs pieds. L’hôtel, en dessous, vivait sa vie — les clients, les couloirs, les bruits feutrés, la cuisine vide, Rannvá à la réception, le monde — et eux étaient au-dessus, sur l’herbe, dans le ciel, entre la terre et l’air, debout sur le dos de cette créature patiente qui les portait depuis le début de la semaine.
Eirikur ne dit rien. Bárður ne dit rien.
C’était suffisant.
Non — c’était plus que suffisant. C’était exact. C’était le mot juste, le geste juste, le silence juste. Deux hommes — un homme et un garçon, un père et un fils, un chasseur et celui qui ne chassera pas — debout ensemble sur un toit d’herbe, dans la pluie, dans le vent, et le silence entre eux qui n’était plus un mur mais un espace. Un espace où quelque chose pouvait tenir. Pas de la réconciliation, pas du pardon, pas de la compréhension — rien d’aussi propre, rien d’aussi fini. Quelque chose de plus petit et de plus grand. La simple présence. Le fait d’être là. De ne pas être parti. De ne pas être descendu.
Eirikur fit un pas. Puis un autre. Il vint se placer à côté de son père. Pas contre lui — à côté. À un bras de distance. La distance des Djurhuus. La distance qui dit : je suis là mais je suis moi.
Ils regardèrent ensemble. Tórshavn. Le port. La mer. Les îles au loin, qui apparaissaient et disparaissaient dans les nuages comme des pensées qu’on n’arrive pas à retenir. Les bateaux, en bas, minuscules, attachés au quai. Les mouettes, au-dessus, qui se laissaient porter par le vent sans battre des ailes, comme des virgules dans une phrase trop longue. Et au-delà de tout — au-delà du port, au-delà des îles, au-delà de l’horizon — l’Atlantique Nord, vaste, gris, vivant, indifférent, qui contenait dans ses profondeurs les globicéphales qui nageaient encore, qui nageraient toujours, qui ne sauraient jamais ce qu’un garçon de quinze ans avait dit à son père dans une cuisine éclairée au néon un vendredi soir.
Bárður leva la main.
Pas vers son fils — vers la mer. Il montra quelque chose. Eirikur suivit son regard. Au large, à peine visible entre les creux des vagues, un souffle. Un panache de vapeur, infime, aussitôt emporté par le vent. Puis un autre. Puis un dos noir, luisant, qui perçait la surface et replongeait.
Des globicéphales. Un petit groupe. Cinq, six peut-être. Qui passaient au large de Tórshavn, en route vers le nord, vers les eaux profondes, vers les courants froids où ils trouvaient les calmars dont ils se nourrissaient. Ils passaient. Ils ne s’arrêtaient pas. Ils n’entraient pas dans la baie. Ils passaient, et le geste de Bárður — ce bras levé, cette main tendue vers la mer — n’était pas un geste de chasseur montrant une proie. C’était un geste d’homme montrant le monde à son fils. Regarde. C’est là. Ça existe. Ça respire comme nous.
Eirikur regarda. Longtemps. Les dos noirs disparurent au-delà de la pointe de Tinganes. La mer redevint grise, vide, ordinaire. Mais pendant un instant — un instant qui dura aussi longtemps qu’il devait durer, pas plus, pas moins — pendant un instant, père et fils avaient regardé la même chose et vu la même chose, et ce qu’ils avaient vu n’était ni la chasse ni le refus de la chasse, ni le sang ni l’absence de sang, mais simplement des animaux vivants qui nageaient dans l’eau froide, et c’était beau, et c’était tout, et c’était assez.
La pluie redoubla. Le vent forcit. L’herbe du toit se coucha sous les rafales.
Eirikur leva le visage vers le ciel. La pluie ruisselait sur ses joues, dans ses yeux, sur ses lèvres. Il ne s’essuya pas. Il resta ainsi, le visage offert, comme on fait quand on est jeune et qu’on croit encore que la pluie peut laver quelque chose.
Puis il redescendit. L’échelle, les barreaux mouillés, les pieds prudents. Il disparut à l’intérieur de l’hôtel.
Bárður resta.
Il resta sur le toit. Seul. Dans la pluie. Les pieds dans l’herbe, les mains le long du corps — ces mains qui avaient tenu le couteau et le mønustingari et les tranches de ræst et la morue de son père et qui maintenant ne tenaient rien, qui étaient vides, qui pendaient, qui recevaient la pluie dans leurs paumes ouvertes.
Il pensa à lundi. Demain, lundi. La cuisine. Le couteau. Le plan de travail. Le pain de seigle au four. Katrin qui arrive à six heures. Les premiers clients à sept. Le ræst. Le tvøst. Les gestes. Les gestes qui reviendraient, qui reviennent toujours, parce que les gestes sont plus forts que les pensées et plus tenaces que les doutes et que les mains, quand on les a éduquées pendant trente ans, savent ce qu’elles font même quand la tête ne sait plus.
Et il pensa : peut-être que c’est ça. Peut-être que c’est tout. On monte sur le toit. On regarde. On voit les baleines passer. On ne sait pas. On redescend. On cuisine.
Il redescendit.
L’hôtel l’avala. Le toit d’herbe se referma au-dessus de lui — vivant, vert, patient, indifférent aux hommes et à leurs questions. La pluie continua de tomber. L’herbe continua de pousser. Et quelque part dans la cuisine, un couteau attendait sur une planche, la lame tournée vers le plafond, et le lundi arrivait, et le lundi arriverait toujours, et les mains de Bárður Djurhuus sauraient quoi faire.
FIN