Aug 26, 2012 | Histoires de gens, Livres et carnets |
Afin de boucler le chapitre sur les empereurs de Constantinople et de jeter un voile sur cette période trouble qui n’eut presque que pour unique objet ce qu’on appela la querelle des images, nous allons terminer avec l’un des pires artistes de l’iconoclasme, l’empereur Théophile (qui, selon l’étymologie, veut tout de même dire qui aime Dieu, ou qui est aimé de Dieu — ça n’aide en rien à comprendre, c’est juste pour préciser). Celui-ci est mort dans son lit après avoir été blessé lors de la prise de sa ville natale par le calife, calmement, loin du tumulte des choses politiques et des complots ourdis, et l’histoire retiendra de lui qu’il œuvra pour tenter de réduire la corruption dans son empire.

Deux poètes venus de Palestine à la demande du patriarche de Jérusalem afin de le convaincre de cesser de persécuter les chrétiens adorateurs des images firent les frais de sa cruauté ; Théophane et Théodore, particulièrement virulents dans leurs poèmes et dans leurs propos finirent attachés dans une cellule où le bourreau se chargea de leur laisser un joli souvenir. (more…)
Read more
Jul 22, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), Histoires de gens, La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Episode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 16 : Le passage du boeuf, reflets sur le sombre Bosphore…
Hors les murs de Théodose se trouvait autrefois une petite ville devenue aujourd’hui un des quartiers d’Istanbul et un haut-lieu de l’Islam traditionnel. Cette ville d’Eyüp a vu tomber le compagnon du Prophète Abu Ayyub al-Ansari lors du premier siège de Constantinople en 670. Enterré sur place, il repose aujourd’hui en bonne place dans le mausolée au cœur de la cour de la mosquée portant son nom. La mosquée en elle-même n’a rien d’exceptionnel, si ce n’est qu’elle est très élégante et s’élève fièrement au pied de la colline sur laquelle sont saupoudrées les sépultures blanches en marbre de Marmara, et sur lesquelles les habitants d’Istanbul viennent ici en nombre pour prier et se recueillir. On est ici bien loin de l’Istanbul moderne et pleine de vie. Le temps s’est arrêté, on vit au rythme des adhan, loin du tumulte.
(more…)
Read more
Jul 7, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 15 : Sur la rive asiatique, Üsküdar, Kuzguncuk et la Yeni Valide Camii…

Le Bosphore, en soi, ce n’est qu’un bras de mer qui sépare deux rives que l’histoire a rapproché et que le mythologie a désigné comme étant le lieu du passage de la belle Io transformée en vache par Zeus amoureux. Ce n’est que ce bras de mer qui détache l’Europe de l’Asie et qui voit tous les jours une partie de la population stambouliote traverser en ferry ou en vapur pour se rendre d’un côté à l’autre. Le voyage coûte 2TL qu’il faut échanger contre un jeton en plastique rouge et nous voici dans un autre monde. Ce Bosphore attire comme un aimant. Large comme une rivière, ce n’en est pas moins la mer et c’est le point de passage obligé pour les bateaux desservant la Mer Noire, Odessa et Sebastopol.
(more…)
Read more
Jul 3, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 14 : sur les quais d’Eminönü, Yeni Camii, Sirkeci, Mısır Çarşısı

Café turc et lokoum en terrasse, sous le soleil de Kuzguncuk
Rien de plus facile que d’aller en Asie. A Eminönü, trouvez le quai où l’on voit écrit en gros Üsküdar, mettez deux pièces d’une lire turque dans le jetonmatik, passez le tourniquet et… embarquez. A quelques encablures de cette rive se trouve l’Asie, celle qu’on appelait autrefois Mineure… Une immense péninsule qui s’engouffre jusqu’à l’Iran. Sur cette rive, qui à l’arrivée sur le quai d’Üsküdar semble bruyante, touffue, ramassée, l’air n’est pas le même qu’en face. (more…)
Read more
Jun 25, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 13 : une mosquée au-dessus du monde, Rüstem Paşa Camii

Voici un des quartiers les plus animés d’Istanbul. Loin de Sultanahmet et ses restaurants chers, loin de l’Istanbul calme face à la mer de Marmara, Eminönü est un carrefour où se bousculent ceux qui traversent le pont de Galata pour aller à Beyoğlu, ceux prennent le tram pour s’engouffrer dans les petites rues au pied de la Süleymaniye, ceux qui prennent le bateau ou le car pour Eyüp et ceux qui prennent le ferry pour la rive asiatique et qui peuvent se targuer de dire qu’il vont travailler en Asie la journée et retournent le soir en Europe. (more…)
Read more