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Dernières nouvelles du mondeLa confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 13 à 15
Une semaine passa. Une semaine étrangement normale, après tout ce qui s’était passé. Osman reprit ses habitudes — les bains le matin, le thé avec Madame Zorić l’après-midi, les dîners dans la grande salle où les mêmes personnages jouaient les mêmes rôles.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 10 à 12
De retour au Gellért, Osman trouva l’hôtel en effervescence. Ferenc était réapparu. Le lift-boy avait repris son poste au paternoster comme si de rien n’était. Il portait son uniforme impeccable, actionnait les manettes avec sa précision habituelle, et citait Wittgenstein aux clients interloqués.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 7 à 9
Pamuk descendit l’escalier de service — pas le grand escalier de marbre, pas le paternoster, mais un escalier étroit, dissimulé derrière une porte de service que personne n’utilisait jamais. Osman le suivit, de plus en plus intrigué. Le chat semblait savoir exactement où il allait. Il descendait avec l’assurance d’un guide, s’arrêtant parfois pour vérifier que l’humain suivait.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 4 à 6
« Vous devez absolument venir », dit Nigel Ashworth-Pennington. C’était le troisième jour d’Osman au Gellért, et l’hydrologue britannique avait adopté l’Ottoman avec l’enthousiasme d’un golden retriever découvrant un nouveau maître. Il l’attendait chaque matin aux bains, le rejoignait pour le déjeuner, et lui exposait ses théories sur la plomberie romaine avec une passion qui ne faiblissait jamais.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 1 à 3
Le train entra en gare de Budapest-Keleti avec cette lenteur majestueuse qu’affectent les express internationaux lorsqu’ils daignent enfin s’arrêter quelque part. Osman Fazıl Bey, debout dans le couloir du wagon-lit, regardait défiler les quais sans les voir. Il portait un costume de Savile Row — cadeau d’un attaché britannique en des temps meilleurs — et un fez bordeaux qu’il n’avait aucune intention d’ôter, quoi qu’en pensât la République turque et ses décrets vestimentaires.
Une saison au Shepheard’s — Partie 5 (fin)
On lui donna une heure pour récupérer ses affaires au Shepheard’s. Un officier l’accompagna. Dans le taxi, Dorlange regardait défiler les rues du Caire — les mêmes rues qu’il avait parcourues avec Nehad, la nuit, il y avait si peu de temps. Tout lui semblait étranger maintenant, comme un décor qu’on aurait démonté et remonté à l’identique, mais dont quelque chose aurait changé.
Une saison au Shepheard’s — Partie 4
Août arriva comme une fièvre. La chaleur était devenue une chose solide, un mur qu’on traversait pour aller d’un endroit à l’autre. Les gens ne marchaient plus — ils se traînaient, s’arrêtaient à l’ombre, repartaient. Au Shepheard’s, les ventilateurs tournaient jour et nuit mais ne servaient à rien. Les draps étaient trempés dès le réveil. On buvait de l’eau tiède, du thé tiède, du whisky tiède. On attendait le soir.
Une saison au Shepheard’s — Partie 3
Elle l’emmena à la Cité des Morts. Le taxi les déposa à la lisière du quartier, là où la ville s’arrêtait et où commençait autre chose. Des tombes, d’abord — des mausolées, des dômes, des pierres blanches sous la lune. Puis des maisons, basses, collées aux tombes, construites entre elles, contre elles, parfois dedans. Des lumières aux fenêtres. Des gens qui vivaient là, parmi les morts.
Une saison au Shepheard’s — Partie 2
Il la revit le lendemain. Et le surlendemain. Et tous les soirs qui suivirent. Dorlange descendait au cabaret vers dix heures, prenait la même table au fond, commandait ses whiskys et attendait. L’orchestre jouait ses airs fatigués, des couples dansaient mollement, des officiers riaient trop fort — il ne voyait rien. Il attendait Nehad.
Une saison au Shepheard’s — Partie 1
Le taxi le déposa devant l’hôtel et Dorlange resta planté là, sa valise à la main, stupide sous le soleil brûlant. Trois heures de l’après-midi. Pas un souffle. La lumière tapait si fort qu’on ne voyait plus rien — juste cette façade blanche, les stores baissés, et sur la terrasse des types en uniforme avachis sur leurs chaises comme des cadavres en permission.
La porte des heures (chapitres 21 à 22 — Epilogue)
Ils prirent le bateau pour Athènes trois jours plus tard. Un petit vapeur grec qui traversait la mer Égée — escales à Mykonos, Syros, puis Le Pirée. Leyla passa la plupart du voyage sur le pont, regardant la mer. Silencieuse. Tendue.
La porte des heures (chapitres 18 à 20)
Le Taurus Express quitta Constantinople à huit heures du matin, direction Alep via Ankara et Adana. Deux jours de voyage à travers l’Anatolie — paysages arides, villages isolés, et une chaleur qui augmentait à chaque kilomètre vers le sud.
La porte des heures (chapitres 15 à 17)
La nuit du raid, Rupert, Ayşe, Wolfgang, Percival, Nikolai et Leyla se rendirent discrètement à Balat — le vieux quartier juif de Constantinople, perché sur les collines au-dessus de la Corne d’Or.
La porte des heures (chapitres 12 à 14)
Rupert aurait dû se douter que la tranquillité relative des derniers jours était suspecte. Dans son expérience, la belle Constantinople n’offrait jamais plus de quarante-huit heures consécutives sans incident majeur.
La porte des heures (chapitres 9 à 11)
Rupert avait, au cours des derniers mois, développé une théorie personnelle selon laquelle les moments de danger extrême se déroulent toujours au ralenti — permettant ainsi d’observer avec une clarté douloureuse tous les détails et la progression de sa propre catastrophe imminente.


