Éton­nam­ment, en fran­çais, Chine et chien sont des ana­grammes. Ce qui ne signi­fie pas grand-chose, somme toute. Tou­te­fois, le sino­gramme signi­fie hiron­delle alors qu’elle repré­sente une mai­son avec un double toit. C’est en tout cas ce que ça laisse paraître, car en réa­li­té, c’est un sino­gramme repré­sen­tant ce qui se trouve au-des­sus de l’homme, au sens méta­pho­rique. L’hi­ron­delle, par défi­ni­tion, se trouve au-des­sus de l’homme…

Tout ceci, sera l’oc­ca­sion, cer­tai­ne­ment, de l’ap­prendre cette année. J’au­rais effec­ti­ve­ment pu appro­fon­dir le turc, langue chan­tante et douce, même si j’ai quelques rudi­ments qui me per­mettent de com­prendre le sens d’une phrase, le baha­sa Indo­ne­sia qui sonne si joli­ment comme des bruits de mobiles en bam­bou dans le vent d’une val­lée, avec ses mots doubles et ses 6 façons de dire bon­jour, le far­si avec ses voyelles longues et fines comme de la soie verte, ou encore le thaï an avec ses 44 consonnes et ses innom­brables voyelles qu’on place avant la consonne de sa syl­labe ou qu’on n’é­crit par­fois pas, ses diph­tongues tout aus­si nom­breuses et ses signes dia­cri­tiques, sans par­ler des tons des­cen­dants ou ascen­dants. J’au­rais pu apprendre l’a­rabe comme je me l’é­tais pro­mis, mais la vie n’est en rien ter­mi­née, elle com­mence hier. Fina­le­ment, c’est le chi­nois man­da­rin (汉语) que j’ai choi­si pour débu­ter l’an­née du chien de terre ().

Elle com­mence à peine. En Chine et dans tous les pays qui uti­lisent un calen­drier luni-solaire, elle com­men­ce­ra le 16 février, jour de la deuxième nou­velle lune depuis le sol­stice d’hi­ver, quand le soleil se trou­ve­ra dans le signe du ver­seau. On peut la sou­hai­ter bonne et heu­reuse, aux gens qu’on aime, c’est une conven­tion, une tra­di­tion un peu obli­ga­toire au pre­mier jour de l’an­née. A ceux qui nous indif­fèrent ou qu’on déteste, on ne sau­rait leur sou­hai­ter une mau­vaise année, même si l’on n’en pense pas moins… Quoi qu’il en soit, à tous, indif­fé­rem­ment, d’une manière uni­ver­selle, on ne peut que sou­hai­ter la lumière. Sans la lumière, on ne peut voir et lors­qu’on ne voit rien, tout nous inter­dit et tout nous est inter­dit. Tout le reste ne compte pas vrai­ment. Alors sim­ple­ment…

過年好

Illus­tra­tion © Wu Guanz­hong (吴冠中)