Sorting by

×

Les nuits du Strand — Cha­pitre 6

Le der­nier jour. Lars s’est réveillé avec la lumière. Louise était déjà habillée, assise au bord du lit, son télé­phone à la main. — Mon vol est à qua­torze heures.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 5

Le len­de­main, tout a bas­cu­lé. Lars s’est réveillé avec le bruit. Des cris, des klaxons, quelque chose qui res­sem­blait à des pétards mais qui n’en était pas. Il s’est redres­sé d’un coup. Louise était déjà debout, à la fenêtre.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 4

Le matin est venu trop vite. Lars s’est réveillé seul dans le lit. Les draps à côté de lui étaient frois­sés, encore tièdes. Il a enten­du l’eau cou­ler dans la salle de bain, et il est res­té allon­gé, à regar­der la lumière fil­trer par les persiennes.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 3

La chambre était plon­gée dans une obs­cu­ri­té chaude. Le ven­ti­la­teur tour­nait au pla­fond, son ombre pas­sant et repas­sant sur les murs comme une res­pi­ra­tion méca­nique. Par la fenêtre entrou­verte, les bruits de Ran­goun mon­taient — un chien, une moto au loin, le silence pesant du couvre-feu.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 2

Il a mal dor­mi. La cha­leur, les draps qui col­laient, le ven­ti­la­teur qui grin­çait à chaque rota­tion. Et autre chose — cette pré­sence de l’autre côté du mur, ce corps qu’il devi­nait, cette femme qu’il ne connais­sait pas et qui occu­pait déjà trop de place dans sa tête.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 1

Le ven­ti­la­teur bras­sait l’air sans convic­tion. Une rota­tion lente, presque rési­gnée, qui dépla­çait la cha­leur d’un coin à l’autre du bar sans jamais la dis­si­per. Lars regar­dait les pales tour­ner. Il comp­tait les tours par­fois, quand l’ennui deve­nait trop dense.

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 8

Elle fit ses malles à l’aube. Elle plia les robes que Charles lui avait offertes, ran­gea les gants, les cha­peaux, l’ombrelle qu’elle n’avait jamais su tenir. Elle lais­sa un pour­boire pour Marie sur la table de nuit, avec un mot qu’elle avait écrit la veille, un mot simple, quelques lignes seulement.

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 7

Elle res­ta trois jours encore. Trois jours étranges, sus­pen­dus. Elle ne des­cen­dait plus dans le hall, évi­tait la salle à man­ger, pre­nait ses repas dans sa chambre. Marie les lui mon­tait sans com­men­taire, avec par­fois un sou­rire fur­tif, une fleur posée sur le plateau.

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 6

Le len­de­main, tout chan­gea. Elle des­cen­dit tard, épui­sée par la nuit blanche, encore habi­tée par la conver­sa­tion sur la digue. Elle avait rêvé de lui, ou plu­tôt de ses mots. Cette idée que les sou­ve­nirs écrits deve­naient autre chose, qu’ils duraient, qu’ils ne dis­pa­rais­saient pas.

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 5

Elle le ren­con­tra la nuit sui­vante, sur la digue. Elle n’arrivait plus à dor­mir. Depuis la lettre de Charles, depuis la scène devant la porte, quelque chose s’était déré­glé en elle. Elle res­tait éveillée jusqu’à l’aube, lisait le roman de Charles qu’elle avait ter­mi­né et recom­men­cé, pen­sait à l’écrivain du qua­trième, à ses cahiers, à ce livre sur les sou­ve­nirs qu’il ne finis­sait jamais.