Le dernier jour. Lars s’est réveillé avec la lumière. Louise était déjà habillée, assise au bord du lit, son téléphone à la main. — Mon vol est à quatorze heures.
Le dernier jour. Lars s’est réveillé avec la lumière. Louise était déjà habillée, assise au bord du lit, son téléphone à la main. — Mon vol est à quatorze heures.
Le lendemain, tout a basculé. Lars s’est réveillé avec le bruit. Des cris, des klaxons, quelque chose qui ressemblait à des pétards mais qui n’en était pas. Il s’est redressé d’un coup. Louise était déjà debout, à la fenêtre.
Le matin est venu trop vite. Lars s’est réveillé seul dans le lit. Les draps à côté de lui étaient froissés, encore tièdes. Il a entendu l’eau couler dans la salle de bain, et il est resté allongé, à regarder la lumière filtrer par les persiennes.
La chambre était plongée dans une obscurité chaude. Le ventilateur tournait au plafond, son ombre passant et repassant sur les murs comme une respiration mécanique. Par la fenêtre entrouverte, les bruits de Rangoun montaient — un chien, une moto au loin, le silence pesant du couvre-feu.
Il a mal dormi. La chaleur, les draps qui collaient, le ventilateur qui grinçait à chaque rotation. Et autre chose — cette présence de l’autre côté du mur, ce corps qu’il devinait, cette femme qu’il ne connaissait pas et qui occupait déjà trop de place dans sa tête.
Le ventilateur brassait l’air sans conviction. Une rotation lente, presque résignée, qui déplaçait la chaleur d’un coin à l’autre du bar sans jamais la dissiper. Lars regardait les pales tourner. Il comptait les tours parfois, quand l’ennui devenait trop dense.