Java - jour 2

28/02/2014

Les choses sérieuses commencent à Java. Ce matin, après un bon petit déjeuner, je commande un taxi pour un lieu qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de Jogja. En réalité, le lieu a été totalement absorbé par la ville, de la même manière qu’on peut dire que les pyramides de Gizah font désormais partie du Caire. Le lieu que je vais visiter a quelque chose de particulier en cette île à majorité musulmane, puisque que c’est le plus grand monument hindouiste du pays.

A l’origine, j’ai demandé un taxi pour me rendre à l’Office du Tourisme, qui est à peu près le seul point de repère pour un type perdu comme moi dans une ville pareille. Le taxi qui est venu me chercher à l’hôtel m’y emmène en mettant le meter. Pendant qu’il roule, je calcule le prix auquel la course jusqu’à Prambanan pourrait me revenir, alors je lui demande si c’est possible. Il me dit que oui, mais par contre que la course se fait sans le meter et qu’il me prendra 200 000 rps, l’équivalent de 12 euros, ce qui énorme pour ici. Il me dit un mot que je ne comprends pas… “di tungu, di tungu”. Je finis par regarder sur mon traducteur qui me dit “en attente”, alors je le remercie mais je lui dit non, et là il me fait une autre offre puisqu’il me propose de m’attendre pour 250 000 rps. Alors je fais le calcul et je me dis que si je dois repayer 200 000 pour le retour, autant que j’accepte son offre. C’est parti, tope là, même si c’est trop cher pour la course. Au moins ça lui paiera sa journée complète s’il veut se reposer un peu…

J’avais été prévenu : le site de Prambanan n’est ouvert qu’en partie puisqu’à cause de l’éruption du Kelud, il est recouvert de cendres, m’a-t-on dit. Une fois sur place, je ne vois pas la moindre cendre, sur les feuilles, sur l’herbe, etc. Mais le temple principal est fermé. Je peux tourner autour, m’extasier sur les centaines de temples construit autour, tous terrassés par le tremblement de terre de 2006, il n’en reste plus que 2 debout, ou alors c’est qu’ils ont été rebâtis, en sachant que tous ces temples ont été construits sans ciment, qu’ils ne tiennent, ou ne tenaient que grâce à la gravité. Les anciens n’avaient pas imaginé que lorsque la terre tremble, la gravité ne suffit plus. Peu importe, le temple est magnifique. Chacun des candi a une fonction. Le plus grand et le plus beau est dédié à Çiva, les deux autres de part et d’autre à Brahma et Vishnu. Les trois plus petits sont consacrés à leur véhicules (vâhana). Nandi le taureau pour Çiva, Hamsa le cygne pour Brahma et Garuda, mi-homme mi aigle pour Vishnu.

Ils sont construits de cette pierre noire qu’on trouve partout ici, et dont à Bali on construit la moindre maison, le moindre temple, cette pierre volcanique tendre et pourtant solide, sur laquelle les mousses s’installent si facilement et donnent un aspect antique très rapidement. Je n’arrive pas à savoir pourquoi on ne peut finalement pas entrer dans les candi et je trouve ça très frustrant d’être venu jusqu’ici pour ne voir finalement qu’une partie du temple. Je ne m’avoue pas vaincu pour autant.

Au bout du parc se trouve un autre temple, le candi Sewu. Celui-ci a une autre particularité ; c’est le second plus grand temple bouddhiste de l’Indonésie, après Borobudur, mais si l’on considère, comme ce qui semble être le cas que Borobudur n’est pas vraiment un temple, il serait alors le plus grand. Ici, tout est ouvert, même si c’est en rénovation. Beaucoup de temples écroulés sur les flancs, mais le temple principal a été remis debout par une équipe d’archéologues hollandais. L’entrée dans le temple est impressionnante. On arrive dans le temple principal par une grande porte qui donne sur une salle sombre et haute de plafond dans laquelle trône un grand autel vide. Je me demande bien ce qui pouvait se trouver là auparavant. Une statue colossale du Bouddha ?

Il fait très chaud aujourd’hui et le courant d’air frais que je trouve à la croisée des coursives fait un bien fou… Tous ces temples sont superbes et sont les vestiges d’un passé grandiose. Alors pourquoi cribler le paysage de ces horribles poubelles bleues que personne n’utilise de toute façon ?

Retour en ville, sur Malioboro. De gentils étudiants veulent parler anglais avec moi et puis être pris en photo avec moi. Celui qui me parle a un anglais très hésitant, mais j’essaie de le mettre à l’aise. Nous rigolons bien, et après ils veulent me faire visiter la ville. Je décline gentiment. Je visite le marché du batik (Beringharjo), celui qu’un gentil monsieur m’avait conseillé près du Taman Sari, et dès l’entrée, on me dissuade d’entrer en me disant qu’il n’y a rien après, juste finalement des commerçants plus honnêtes que les autres qui vendent leur produits au prix juste. C’est infernal cette manie de vouloir vendre plus cher au touriste… Tout le monde me regarde, me scrute, certains sourient, d’autres me disent “hello mister”, à quoi je réponds “selamat sore”, alors on rit beaucoup parce que je dis deux mots de bahasa, certains me touchent, peut-être pour éprouver ma réalité physique. Un touriste, ici, quelle idée saugrenue !!

Retour à l’hôtel à l’heure du thé, avec un beignet de banane au fromage rapé, sous une lumière jaune de fin de journée.

Je mange au resto de l’hôtel, un gudeg manggar (jeunes fleurs de coco, poulet cuit dans le lait de coco et légumes cuits à la vapeur) accompagné d’un gin fizz (qu’ici on prononce guine fisse). Ici on boit de l’alcool et on vend aussi des préservatifs aux caisses des supermarchés, tenues par des jeunes filles voilées.

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