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by Romuald Le Peru | 04/07/2026 | La caravane bleue | 0 Comments
Il y a une inscription en arabe au-dessus d’une porte basse, sur l’Egnatia. La rue est bruyante, les scooters slaloment entre les touristes, une odeur de koulouri grillé flotte depuis l’étal d’en face. On passe devant sans regarder. C’est précisément là qu’il faut s’arrêter. Ce que l’on frôle ainsi, sans le savoir, c’est le plus vieux hammam ottoman de Grèce.
by Romuald Le Peru | 01/07/2026 | La caravane bleue | 0 Comments
Il y avait, dit-on, des immeubles à six étages. Des rues larges de cinq à six mètres, des patios ouverts sur le ciel bleu de Tunisie, des sols couverts de ce béton gris piqué d’éclats blancs que les archéologues nomment encore « pavement punique ». Une ville riche, dense, organique — trois cent mille âmes sur un promontoire coincé entre deux mers, une Méditerranée marchande et calculatrice que Rome avait décidé d’effacer.
by Romuald Le Peru | 10/04/2026 | La fosse aux cobras, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Elle arriva un vendredi de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un carnet Moleskine serré contre sa poitrine comme un bouclier.
by Romuald Le Peru | 10/04/2026 | La fosse aux cobras, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Il arriva un jeudi de décembre, par le vol de Francfort, avec deux valises, un sac en bandoulière bourré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui donnait l’air d’un homme qui a cessé de se soucier de son apparence depuis suffisamment longtemps pour que cette négligence soit devenue un style.
by Romuald Le Peru | 10/04/2026 | La fosse aux cobras, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Le plateau n’était pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que personne n’avait jamais su nommer, mais Nong l’appelait le plateau d’argent parce que c’était ainsi que le Dr. Henn l’avait appelé la première fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne comprenait pas un mot d’anglais.
by Romuald Le Peru | 09/04/2026 | L'odeur de l'orange, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Le mercredi, ils firent l’amour. Ce ne fut pas brutal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la précision d’un geste répété mille fois en pensée et la maladresse d’un geste accompli pour la première fois.
by Romuald Le Peru | 09/04/2026 | L'odeur de l'orange, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Il faut remonter. Il faut quitter janvier 2011, quitter la poussière du Majestic et les sirènes et les vidéos tremblantes sur les écrans de téléphone, il faut remonter le temps comme on remonte un escalier
by Romuald Le Peru | 09/04/2026 | L'odeur de l'orange, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
La pluie de janvier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans conviction sur les façades de l’avenue de Paris et donne aux trottoirs cet éclat trouble.
by Romuald Le Peru | 08/04/2026 | Les veilleurs de nuit, Saison humide | 0 Comments
Il avait plu toute la nuit. Une pluie régulière, obstinée, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mousson dans sa version la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau continu qui tombait du ciel comme si le ciel avait décidé de se vider et n’avait fixé aucune date limite.
by Romuald Le Peru | 08/04/2026 | Les veilleurs de nuit, Saison humide | 0 Comments
L’homme s’appelait Delvaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il marmonnait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’était qu’un vêtement usé qu’on porte encore par habitude.