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by Romuald Le Peru | 18/07/2026 | La caravane bleue | 0 Comments
Il y a, dans l’arrière-boutique d’un numismate de la rue de Richelieu, un meuble à tiroirs plats qui sent la cire et la poussière chaude. Le marchand tire le troisième du haut et le pose sur le comptoir sans un mot, comme on sert un plat. Cent alvéoles de feutre vert.
by Romuald Le Peru | 17/07/2026 | Sur les portulans | 0 Comments
On arrive à Metz comme on arrive dans les villes de frontière : avec une légère hésitation dans le pas, une incertitude sur la langue qu’on va entendre, sur la pierre qu’on va toucher.
by Romuald Le Peru | 16/07/2026 | Sur les portulans | 0 Comments
Il y a une chose que l’on remarque à Metz avant même de sortir de la gare : la couleur change. Pas la lumière, pas le ciel — la pierre. On arrive depuis Nancy dans un train qui longe la Moselle et ses villages aux façades couleur miel, on descend sur le quai, et brusquement on se retrouve sous une voûte de grès gris pâle, presque froide, aux reflets légèrement bleutés selon l’heure.
by Romuald Le Peru | 04/07/2026 | La caravane bleue | 0 Comments
Il y a une inscription en arabe au-dessus d’une porte basse, sur l’Egnatia. La rue est bruyante, les scooters slaloment entre les touristes, une odeur de koulouri grillé flotte depuis l’étal d’en face. On passe devant sans regarder. C’est précisément là qu’il faut s’arrêter. Ce que l’on frôle ainsi, sans le savoir, c’est le plus vieux hammam ottoman de Grèce.
by Romuald Le Peru | 01/07/2026 | La caravane bleue | 0 Comments
Il y avait, dit-on, des immeubles à six étages. Des rues larges de cinq à six mètres, des patios ouverts sur le ciel bleu de Tunisie, des sols couverts de ce béton gris piqué d’éclats blancs que les archéologues nomment encore « pavement punique ». Une ville riche, dense, organique — trois cent mille âmes sur un promontoire coincé entre deux mers, une Méditerranée marchande et calculatrice que Rome avait décidé d’effacer.
by Romuald Le Peru | 10/04/2026 | La fosse aux cobras, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Elle arriva un vendredi de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un carnet Moleskine serré contre sa poitrine comme un bouclier.
by Romuald Le Peru | 10/04/2026 | La fosse aux cobras, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Il arriva un jeudi de décembre, par le vol de Francfort, avec deux valises, un sac en bandoulière bourré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui donnait l’air d’un homme qui a cessé de se soucier de son apparence depuis suffisamment longtemps pour que cette négligence soit devenue un style.
by Romuald Le Peru | 10/04/2026 | La fosse aux cobras, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Le plateau n’était pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que personne n’avait jamais su nommer, mais Nong l’appelait le plateau d’argent parce que c’était ainsi que le Dr. Henn l’avait appelé la première fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne comprenait pas un mot d’anglais.
by Romuald Le Peru | 09/04/2026 | L'odeur de l'orange, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Le mercredi, ils firent l’amour. Ce ne fut pas brutal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la précision d’un geste répété mille fois en pensée et la maladresse d’un geste accompli pour la première fois.
by Romuald Le Peru | 09/04/2026 | L'odeur de l'orange, Les veilleurs de nuit | 0 Comments
Il faut remonter. Il faut quitter janvier 2011, quitter la poussière du Majestic et les sirènes et les vidéos tremblantes sur les écrans de téléphone, il faut remonter le temps comme on remonte un escalier