Sorting by

×

Tra­ver­ser Ispahan

Tra­ver­ser Ispahan

Cha­pitre 6

 

VI

Les preuves

« Vous êtes trem­pé, Nahavandi. »

La voix venait de l’ombre des arcades, et Bah­ram se figea, la minia­ture ser­rée contre sa poi­trine, l’eau du bas­sin ruis­se­lant de ses vête­ments sur les dalles de pierre.

André Godard sor­tit de l’obscurité.

Le Fran­çais était en tenue de soi­rée, une veste de lin claire sur une che­mise blanche, et il tenait à la main un verre de cognac qu’il fai­sait tour­ner dis­trai­te­ment entre ses doigts, et son visage, dans la lumière des lampes qui éclai­raient le jar­din, était impos­sible à déchif­frer, ni hos­tile ni ami­cal, sim­ple­ment atten­tif, vigi­lant, comme le visage d’un homme qui attend de voir ce qui va se pas­ser avant de déci­der de son attitude.

« Godard Khan, dit Bah­ram, et sa voix était calme, plus calme qu’il ne l’au­rait cru pos­sible vu les cir­cons­tances. Je ne vous avais pas vu. »

« Évi­dem­ment. Vous étiez trop occu­pé à pêcher dans le bassin. »

Godard s’ap­pro­cha len­te­ment, ses chaus­sures cris­sant sur le gra­vier de l’al­lée, et il s’ar­rê­ta à quelques pas de Bah­ram, et son regard des­cen­dit vers le paquet enve­lop­pé de tis­su imper­méable que Bah­ram tenait contre lui.

« Je sup­pose que c’est ce que je pense que c’est, dit-il. La minia­ture de Mos­tow­fi. Celle que Pope cherche depuis ce matin. Celle pour laquelle il a retour­né la chambre 14 dès que les poli­ciers ont eu le dos tourné. »

Bah­ram ne répon­dit pas. Il n’y avait rien à répondre. Le tis­su mouillé lais­sait devi­ner la forme rec­tan­gu­laire du cadre, et nier aurait été absurde, aurait été insul­tant pour l’in­tel­li­gence de Godard.

« Mon­trez-moi », dit Godard.

Ce n’é­tait pas une ques­tion. Ce n’é­tait pas non plus un ordre. C’é­tait quelque chose entre les deux, une demande for­mu­lée avec l’au­to­ri­té tran­quille de quel­qu’un qui a l’ha­bi­tude d’être obéi mais qui pré­fère ne pas avoir à l’exiger.

Bah­ram hési­ta un ins­tant, puis défit l’en­ve­loppe de tis­su ciré.

La minia­ture appa­rut dans la lumière des lampes, intacte, mira­cu­leu­se­ment pré­ser­vée mal­gré son séjour dans l’eau, car Mos­tow­fi avait bien fait les choses, avait pro­té­gé son tré­sor avec le soin d’un homme qui sait que cer­taines choses valent plus que la vie, et le jar­din peint par Beh­zad brillait sous les étoiles comme s’il venait d’être ache­vé, le prince et la prin­cesse tou­jours assis face à face, les musi­ciens tou­jours jouant leur musique silen­cieuse, les oiseaux tou­jours volant dans leur ciel d’or.

Godard regar­da la minia­ture lon­gue­ment, sans rien dire, et quelque chose pas­sa sur son visage, quelque chose qui res­sem­blait à de l’é­mo­tion, à de l’ad­mi­ra­tion, à cette forme de res­pect que seuls les vrais connais­seurs éprouvent devant la vraie beauté.

« Beh­zad, dit-il enfin. Ou son ate­lier. Fin du quin­zième siècle. C’est authen­tique. Pope avait rai­son sur ce point au moins. »

« Vous saviez qu’elle existait ? »

« Je savais que Mos­tow­fi pos­sé­dait des pièces impor­tantes. Je savais qu’il en ven­dait cer­taines à des col­lec­tion­neurs étran­gers. Je fer­mais les yeux, parce que je ne pou­vais pas tout sur­veiller, parce que je ne pou­vais pas tout empê­cher, parce que cet homme avait besoin d’argent pour vivre et que per­sonne en Iran n’a­vait les moyens de lui ache­ter ce qu’il avait à vendre. »

Il but une gor­gée de cognac, et son regard se per­dit un ins­tant vers le bas­sin, vers l’eau noire où les étoiles tremblaient.

« Mais celle-ci, dit-il, je ne la connais­sais pas. Et main­te­nant que je la connais, je ne peux plus fer­mer les yeux. Vous comprenez ? »

*

Ils s’as­sirent sur un banc de pierre, à l’é­cart de la ter­rasse où les der­niers clients finis­saient leur dîner, et Bah­ram racon­ta tout à Godard.

Il lui par­la de sa ren­contre avec Mos­tow­fi dans le jar­din, de leur conver­sa­tion sur la poé­sie et sur la perte, de l’in­vi­ta­tion à prendre le petit-déjeu­ner dans la chambre 14, de la minia­ture posée sur le rebord de la fenêtre. Il lui par­la de la lettre trou­vée sous le tapis, des accu­sa­tions contre Pope, des docu­ments com­pro­met­tants que Mos­tow­fi pré­ten­dait avoir confiés à quel­qu’un. Il lui par­la de sa conver­sa­tion avec Pope dans le cou­loir, de la façon dont l’A­mé­ri­cain avait mini­mi­sé la minia­ture, de l’in­ten­si­té de son regard quand il avait deman­dé si Bah­ram avait remar­qué quelque chose de « particulier ».

Godard écou­tait sans l’in­ter­rompre, fumant une ciga­rette qu’il avait tirée d’un étui d’argent, et son visage res­tait impas­sible, mais ses yeux, dans la pénombre, brillaient d’une lueur que Bah­ram ne par­ve­nait pas à interpréter.

« La lettre, dit Godard quand Bah­ram eut fini. Vous l’a­vez encore ? »

Bah­ram sor­tit le papier frois­sé de sa poche et le ten­dit au Français.

Godard lut len­te­ment, son visage éclai­ré par la flamme de son bri­quet qu’il tenait d’une main, et quand il eut fini, il replia la lettre avec soin et la glis­sa dans la poche inté­rieure de sa veste.

« Mos­tow­fi dit qu’il a confié des docu­ments à quel­qu’un. Quel­qu’un qui n’a pas peur de Pope. Vous avez une idée de qui cela pour­rait être ? »

Bah­ram secoua la tête.

« Non. Je ne connais pas assez les gens de son entou­rage. Je ne sais même pas s’il avait un entourage. »

« Il en avait un, dit Godard. Très réduit, très secret. Des gens de l’an­cien régime, comme lui. Des Qajars déchus, des aris­to­crates rui­nés, des nos­tal­giques qui se retrou­vaient par­fois pour par­ler du bon vieux temps et mau­dire Reza Shah. La plu­part sont inof­fen­sifs. Des vieillards qui radotent. Mais certains… »

Il lais­sa la phrase en sus­pens, comme s’il hési­tait à en dire plus.

« Cer­tains quoi ? » deman­da Bahram.

« Cer­tains ont gar­dé des contacts avec l’é­tran­ger. Avec les Bri­tan­niques sur­tout. Les ser­vices de ren­sei­gne­ment de Sa Majes­té s’in­té­ressent beau­coup à l’I­ran, vous savez. Le pétrole, la posi­tion stra­té­gique, la fron­tière avec l’U­nion sovié­tique… Il y a des gens, dans ce pays, qui tra­vaillent pour Londres sans même s’en rendre compte. Ils croient ser­vir leurs inté­rêts, et ils servent ceux de l’Empire. »

Bah­ram pen­sa à Freya Stark, à sa façon de tra­ver­ser des régions inter­dites, à ses contacts avec les tri­bus, à cette liber­té de mou­ve­ment qui sem­blait incom­pa­tible avec le sta­tut d’une simple voya­geuse, et il se deman­da si elle aus­si fai­sait par­tie de ce réseau invi­sible, si elle aus­si ser­vait des inté­rêts qu’elle ne nom­mait pas.

« Et Pope ? deman­da-t-il. Il tra­vaille pour les Américains ? »

Godard eut un rire bref, sans joie.

« Pope tra­vaille pour Pope. C’est plus simple et plus com­pli­qué à la fois. Il aime sin­cè­re­ment l’art per­san, je vous l’ai dit. Mais il aime aus­si l’argent, et la gloire, et le pou­voir que donne la connais­sance. Il sait des choses sur beau­coup de gens. Il a des dos­siers, des preuves, des docu­ments. C’est pour cela qu’on le laisse faire, qu’on ferme les yeux sur ses tra­fics. Parce qu’il est dan­ge­reux. Parce qu’il pour­rait faire tom­ber des têtes s’il le voulait. »

« Et Mos­tow­fi le savait ? »

« Mos­tow­fi savait beau­coup de choses. C’é­tait un homme de l’an­cien régime, ne l’ou­bliez pas. Il avait gran­di dans un monde de secrets et d’in­trigues, de conspi­ra­tions et de tra­hi­sons. Il savait com­ment fonc­tion­nait le pou­voir, com­ment cir­cu­lait l’in­for­ma­tion, com­ment on pou­vait détruire un homme avec quelques mots bien pla­cés. S’il dit qu’il avait des preuves contre Pope, je le crois. La ques­tion est de savoir où sont ces preuves maintenant. »

*

La ter­rasse s’é­tait vidée.

Les der­niers clients étaient ren­trés dans leurs chambres, les ser­veurs avaient débar­ras­sé les tables, et le jar­din de l’Ab­ba­si était retom­bé dans ce silence par­ti­cu­lier des nuits d’é­té, ce silence qui n’est pas vrai­ment le silence mais une autre forme de musique, faite du mur­mure de l’eau, du chant des grillons, du bruis­se­ment des feuilles dans la brise tiède.

Godard se leva et écra­sa sa ciga­rette sous son talon.

« Voi­ci ce que nous allons faire, dit-il. Vous allez gar­der la minia­ture. Ne la mon­trez à per­sonne, ne dites à per­sonne que vous l’a­vez trou­vée. Je vais essayer de décou­vrir à qui Mos­tow­fi a confié ses docu­ments. Si ces preuves existent vrai­ment, elles pour­raient chan­ger beau­coup de choses. »

« Et Pope ? »

« Pope va conti­nuer à cher­cher la minia­ture. Il va retour­ner la chambre de Mos­tow­fi, inter­ro­ger les domes­tiques, faire pres­sion sur le direc­teur de l’hô­tel. Il ne trou­ve­ra rien, parce qu’il n’y a rien à trou­ver. Et quand il aura com­pris qu’elle a dis­pa­ru, il soup­çon­ne­ra tout le monde. Y com­pris vous. »

« Je sais. »

« Vous êtes prêt à prendre ce risque ? »

Bah­ram regar­da la minia­ture qu’il tenait tou­jours entre ses mains, ce jar­din peint il y a cinq siècles, ces figures figées dans leur bon­heur éter­nel, et il pen­sa à Mos­tow­fi, à sa digni­té bles­sée, à sa soli­tude, à cette mort soli­taire dans un fau­teuil face à la fenêtre, et il sut qu’il n’a­vait pas le choix, qu’il n’a­vait jamais eu le choix, que cer­taines déci­sions sont prises avant même qu’on sache qu’on les prend.

« Oui, dit-il. Je suis prêt. »

Godard hocha la tête, et quelque chose pas­sa dans son regard, quelque chose qui res­sem­blait à du res­pect, peut-être même à de l’affection.

« Vous êtes un homme bien, Naha­van­di. Votre père serait fier de vous. »

Et sans rien ajou­ter, il s’é­loi­gna dans la nuit, sa sil­houette se fon­dant dans l’ombre des arcades, et Bah­ram res­ta seul dans le jar­din, la minia­ture contre son cœur, et il pen­sa à son père, le cal­li­graphe silen­cieux qui copiait des poèmes dans son ate­lier de Djol­fa, et il se deman­da ce que son père aurait fait à sa place, et il sut, avec une cer­ti­tude qui le sur­prit lui-même, que son père aurait fait exac­te­ment la même chose.

*

Le len­de­main matin, tout avait changé.

L’at­mo­sphère de l’Ab­ba­si, d’or­di­naire si pai­sible, si hors du temps, était char­gée d’une ten­sion pal­pable, comme si un orage appro­chait, comme si quelque chose d’in­vi­sible mais de mena­çant pla­nait au-des­sus du jar­din et de ses habitants.

Bah­ram le sen­tit dès qu’il des­cen­dit sur la ter­rasse pour le petit-déjeu­ner. Les regards des clients étaient dif­fé­rents, fuyants ou au contraire trop insis­tants. Les conver­sa­tions s’in­ter­rom­paient quand il pas­sait. Les ser­veurs évi­taient de croi­ser ses yeux.

Pope était là, à sa table habi­tuelle, et il regar­dait Bah­ram avec une fixi­té qui n’a­vait rien d’a­mi­cal, qui n’a­vait rien de la jovia­li­té qu’il affi­chait d’or­di­naire, et Bah­ram com­prit que l’A­mé­ri­cain savait, ou du moins soup­çon­nait, qu’il était impli­qué d’une manière ou d’une autre dans la dis­pa­ri­tion de la miniature.

Il s’as­sit à une table éloi­gnée, com­man­da du thé, et attendit.

Il n’eut pas à attendre longtemps.

Pope se leva de sa table et tra­ver­sa la ter­rasse à grands pas, et il vint s’as­seoir en face de Bah­ram sans deman­der la per­mis­sion, et son visage, de près, était dif­fé­rent de celui que Bah­ram connais­sait, plus dur, plus froid, sans le sou­rire com­mer­cial qui était d’or­di­naire son masque.

« Naha­van­di, dit-il à voix basse, assez bas pour que les tables voi­sines n’en­tendent pas. Nous avons un pro­blème, vous et moi. »

« Ah oui ? dit Bah­ram en por­tant son verre de thé à ses lèvres. Quel genre de problème ? »

« La minia­ture de Mos­tow­fi a dis­pa­ru. Elle n’é­tait pas dans sa chambre quand on a inven­to­rié ses affaires. Elle n’est nulle part. Et vous êtes le der­nier à être entré dans cette chambre avant que les auto­ri­tés n’arrivent. »

« Je suis aus­si le pre­mier à être arri­vé après la femme de chambre. C’est différent. »

« Ne jouez pas sur les mots avec moi. »

La voix de Pope était cou­pante main­te­nant, métal­lique, et il n’y avait plus rien de l’homme char­mant et volu­bile qui dis­cou­rait sur l’art per­san, plus rien de l’a­ma­teur éclai­ré qui citait des vers de Hafez, plus rien que cette dure­té, cette déter­mi­na­tion, cette volon­té de fer qui avait fait de lui l’un des hommes les plus puis­sants du monde de l’art.

« Je ne joue pas, dit Bah­ram. Je vous dis ce que je sais. Je suis entré dans la chambre. J’ai vu le corps de Mos­tow­fi. J’ai vu ses affaires autour de lui. Je n’ai rien pris. »

« Vrai­ment ? »

« Vrai­ment. »

Ils se regar­dèrent un long moment, et c’é­tait un duel silen­cieux, une épreuve de force où cha­cun cher­chait à faire plier l’autre par la seule inten­si­té de son regard, et Bah­ram sen­tit que tout se jouait main­te­nant, que s’il bais­sait les yeux, s’il mon­trait le moindre signe de fai­blesse, Pope sau­rait qu’il mentait.

Il ne bais­sa pas les yeux.

Ce fut Pope qui détour­na le regard le premier.

« Très bien, dit-il en se levant. Vous ne savez rien. Per­sonne ne sait rien. La minia­ture s’est envo­lée. C’est un miracle, une inter­ven­tion divine. Ou alors quel­qu’un ment, et quand je décou­vri­rai qui, cette per­sonne regret­te­ra d’être née. »

Et il s’é­loi­gna, sa démarche raide de colère conte­nue, et Bah­ram res­ta seul à sa table, le cœur bat­tant, les mains trem­blantes, et il but son thé d’un trait pour se calmer.

*

Freya Stark vint s’as­seoir à sa place quelques minutes plus tard.

« Vous avez l’air d’a­voir vu un fan­tôme, dit-elle. Ou d’en avoir affron­té un. »

« Pope, dit Bah­ram. Nous avons eu une conversation. »

« J’ai vu. Tout le monde a vu. Il n’a­vait pas l’air content. »

« Il cherche la minia­ture de Mos­tow­fi. Il pense que je l’ai prise. »

Freya Stark le regar­da avec une expres­sion indé­chif­frable, et Bah­ram se deman­da si elle savait, si elle devi­nait, si son regard per­çant voyait à tra­vers les men­songes comme il voyait à tra­vers les mon­tagnes et les déserts qu’elle avait traversés.

« Et c’est le cas ? » demanda-t-elle.

Bah­ram hési­ta. Il ne connais­sait cette femme que depuis deux jours. Il ne savait pas vrai­ment qui elle était, pour qui elle tra­vaillait, quels inté­rêts elle ser­vait. Mais quelque chose en elle lui ins­pi­rait confiance, quelque chose qui n’é­tait pas la sym­pa­thie ni l’a­mi­tié mais peut-être la recon­nais­sance d’une âme sœur, de quel­qu’un qui, comme lui, cher­chait quelque chose qu’il ne pou­vait pas nommer.

« Mos­tow­fi l’a cachée, dit-il à voix basse. Avant de mou­rir. Il savait qu’il allait mou­rir, et il l’a cachée quelque part où Pope ne la trou­ve­ra jamais. »

« Et vous savez où ? »

« Oui. »

« Et vous ne la don­ne­rez pas à Pope. »

« Non. »

Freya Stark sou­rit, et c’é­tait le pre­mier vrai sou­rire que Bah­ram lui voyait, un sou­rire qui trans­for­mait son visage dur et angu­leux, qui le ren­dait presque beau.

« Bien, dit-elle. C’est bien. Mos­tow­fi était un vieil imbé­cile amer, mais il avait rai­son sur une chose : les choses doivent res­ter là où elles sont. C’est pour cela que je voyage, vous savez. Pour voir les choses là où elles sont, avant qu’on les emporte. »

Elle se leva et posa sa main sur l’é­paule de Bah­ram, un geste bref, presque masculin.

« Faites atten­tion à vous, Naha­van­di. Pope n’est pas un homme qu’on contra­rie impu­né­ment. Et s’il découvre que vous avez la minia­ture, il fera tout pour la récu­pé­rer. Tout. »

« Je sais, dit Bah­ram. Mais je n’ai pas le choix. »

« On a tou­jours le choix. C’est ce qui rend les choses difficiles. »

« La route est longue, et le temps est court,

Ne reste pas immo­bile, voya­geur, avance… »

C’é­tait Saa­di, et Bah­ram sou­rit en l’en­ten­dant, car cette femme anglaise qui citait les poètes per­sans était peut-être la per­sonne la plus étrange qu’il eût jamais ren­con­trée, et peut-être aus­si la plus vraie.

Elle s’é­loi­gna vers sa table, et Bah­ram res­ta seul, et le soleil mon­tait dans le ciel d’Is­pa­han, et quelque part dans l’hô­tel, Arthur Pope pré­pa­rait sa vengeance.

Lire la fin…

 

Tags de cet article: , ,