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La can­ta­trice du Kämp

La can­ta­trice du Kämp

Cha­pitres 4 à 6

 

Péters­bourg

Saint-Péters­bourg. 1910.

Elle arrive par le train de nuit, celui qui part d’Helsinki à onze heures du soir et qui tra­verse la fron­tière à l’aube. La Fin­lande est encore russe, à cette époque. Un Grand-Duché de l’Empire, avec ses propres lois et sa propre mon­naie, mais russe quand même. Le Tsar est le Grand-Duc. Les sol­dats russes patrouillent dans les rues. Et les artistes fin­lan­dais vont à Saint-Péters­bourg comme on va à la capi­tale, parce que c’est là que tout se joue.

Elle a trente ans. Elle est au som­met. Paris l’a consa­crée, Ber­lin l’a ado­rée, et main­te­nant c’est Péters­bourg qui l’attend. Une sai­son au Mariins­ky. Trois opé­ras : Salo­mé de Strauss, Tris­tan et Isolde de Wag­ner, La Fian­cée ven­due de Sme­ta­na. Un pro­gramme de diva. Un pro­gramme de conquérante.

L’hôtel est sur la Pers­pec­tive Nevs­ki. Pas le plus grand, pas le plus cher, mais res­pec­table. Elle aurait pu avoir mieux — le Mariins­ky paye bien —, mais elle pré­fère gar­der son argent. On ne sait jamais. L’avenir est incer­tain. L’avenir est tou­jours incertain.

Sa chambre donne sur la Neva. Le fleuve est gelé, blanc, immo­bile. Des traî­neaux le tra­versent, tirés par des che­vaux dont les sabots font un bruit sourd sur la glace. Au loin, la for­te­resse Pierre-et-Paul, avec sa flèche dorée qui perce le ciel gris.

Elle res­te­ra six mois ici. Six mois qui chan­ge­ront tout.

Il s’appelle Alexeï.

Alexeï Petro­vitch quelque chose — elle n’a jamais rete­nu les patro­nymes russes, ces noms à ral­longe qui sonnent comme des for­mules magiques. Il est offi­cier. Pas un grand offi­cier, pas un géné­ral, juste un capi­taine de la Garde impé­riale. Il a trente-cinq ans, des yeux bleus, des mains fines.

Elle le ren­contre à une récep­tion, trois semaines après son arri­vée. Une de ces soi­rées péters­bour­geoises inter­mi­nables où tout le monde parle fran­çais et où l’on sert du cham­pagne jusqu’à l’aube. Il est ados­sé à une colonne, un verre à la main, et il la regarde. Il ne la regarde pas comme les autres la regardent — avec admi­ra­tion, avec désir, avec envie. Il la regarde avec curio­si­té. Comme si elle était un pro­blème à résoudre.

— Vous êtes la Fin­lan­daise, dit-il en français.

— On dit la Löf­gren, généralement.

— La Löf­gren. Par­don. On m’a dit que vous chan­tiez très bien.

— On ne vous a pas menti.

Il sou­rit. Un sou­rire en coin, un peu moqueur, un peu tendre.

— Vous n’êtes pas modeste.

— La modes­tie est une ver­tu de pauvres. Je suis artiste.

Ils se revoient. Au Mariins­ky, d’abord, où il vient assis­ter à ses repré­sen­ta­tions. Il a tou­jours la même place, au troi­sième rang du par­terre, légè­re­ment à gauche. Elle le repère dans la foule, ce visage atten­tif, ces yeux bleus qui ne la quittent pas.

Puis ils se revoient ailleurs. Dans un salon, chez une com­tesse dont elle a oublié le nom. Dans un res­tau­rant de la Pers­pec­tive Nevs­ki. Dans son traî­neau, qui l’emmène voir les îles au cou­cher du soleil.

Et un soir, en février, alors que la Neva est encore gelée et que le vent souffle du golfe de Fin­lande, il monte dans sa chambre.

Elle se sou­vient de tout.

Du froid dehors et de la cha­leur du poêle. De la lumière de la lampe à pétrole qui des­si­nait des ombres sur les murs. De ses mains à lui, sur ses épaules, sur son dos, sur ses hanches. De sa peau à elle qui fris­son­nait, non pas de froid mais d’autre chose, de quelque chose qu’elle n’avait jamais res­sen­ti avec autant d’intensité.

Elle avait eu des amants avant lui. Un ténor à Paris, un chef d’orchestre à Ber­lin, quelques autres dont elle a oublié les visages. Mais Alexeï, c’était dif­fé­rent. Alexeï, c’était comme chan­ter un air qu’on connaît par cœur et qu’on redé­couvre sou­dain, comme si on l’entendait pour la pre­mière fois.

— Tu es belle, disait-il. Tu es la plus belle femme que j’aie jamais vue.

— Tu dis ça à toutes.

— Non. Seule­ment à toi.

Et elle le croyait. Elle avait tort, pro­ba­ble­ment. Mais elle le croyait.

Les mois passent. Mars, avril, mai. La glace fond sur la Neva. Les nuits blanches com­mencent, ces nuits de juin où le soleil ne se couche jamais vrai­ment, où le ciel reste rose et mauve et or jusqu’à l’aube.

Ils se pro­mènent sur les quais. Ils dînent dans des res­tau­rants où per­sonne ne les connaît. Ils font l’amour dans sa chambre d’hôtel, avec les fenêtres ouvertes sur la ville qui ne dort pas.

Elle sait que ça ne dure­ra pas. Elle sait qu’il est marié — il ne le lui a pas dit mais elle l’a com­pris, à sa façon de par­tir tou­jours avant minuit, à son alliance qu’il ôte et qu’il remet, à ce regard par­fois, ce regard cou­pable qu’il pose sur elle après l’amour. Elle sait aus­si qu’elle doit par­tir en juillet, retour­ner à Hel­sin­ki puis à Ber­lin, reprendre sa vie d’avant, sa vie de voyages et de scènes et de solitude.

Mais elle ne veut pas pen­ser à ça. Pas encore. Les nuits blanches sont trop belles. Alexeï est trop pré­sent. L’avenir peut attendre.

Un soir de juin, il lui dit :

— Reste.

— Je ne peux pas.

— Pour­quoi ?

— Parce que je suis ce que je suis. Une chan­teuse. Une nomade. Je ne sais pas rester.

— Tu pour­rais apprendre.

— Non.

Il n’insiste pas. Il com­prend, peut-être. Ou il fait sem­blant de com­prendre, ce qui revient au même.

Elle part le 15 juillet. Le train de nuit, encore. La fron­tière fin­lan­daise à l’aube. Hel­sin­ki qui l’attend, avec son port et ses mouettes et son Kämp.

Elle ne rever­ra jamais Alexeï. Elle appren­dra, des années plus tard, qu’il est mort en 1916, sur le front de Gali­cie, une balle dans la tête. Elle ne pleu­re­ra pas. Elle aura déjà trop pleu­ré pour d’autres choses.

Mais par­fois, les nuits d’insomnie, elle pense à lui. À ses mains. À ses yeux bleus. À cette chambre sur la Neva où elle a été heu­reuse, peut-être, pen­dant quelques mois.

Le bon­heur. Elle ne sait tou­jours pas ce que c’est. Mais elle sait ce que c’était.

Le sau­na

Hel­sin­ki. 1955.

Le troi­sième jour, elle va au sauna.

Pas celui de l’hôtel — le Kämp n’a pas de sau­na, ou elle ne l’a pas trou­vé. Un sau­na public, dans le quar­tier de Kal­lio, celui où elle allait autre­fois avec sa mère, quand elle était enfant. Il existe encore. Tout existe encore, à Hel­sin­ki. Les bâti­ments changent mais les lieux restent.

Elle prend le tram­way. Le tram­way numé­ro 3, celui qui tra­verse la ville de part en part, qui longe le port et remonte vers les quar­tiers nord. Elle s’assied près de la fenêtre, elle regarde défi­ler les rues.

Les Fin­lan­dais ne parlent pas dans les tram­ways. Ils ne parlent pas beau­coup en géné­ral, mais dans les tram­ways, le silence est abso­lu. Cha­cun regarde par la fenêtre ou fixe le vide devant lui. Pas de conver­sa­tions, pas de rires, pas de cris d’enfants. Juste le grin­ce­ment des roues sur les rails et le souffle du chauffage.

Elle avait oublié ça. Ce silence fin­lan­dais qui n’est pas de la froi­deur mais de la pudeur. On ne s’impose pas aux autres. On ne prend pas de place. On existe en silence, côte à côte, et c’est suffisant.

Le sau­na de Kal­lio est un bâti­ment de briques rouges, au bord de l’eau. Il date du siècle der­nier. Sa mère l’emmenait ici le same­di, quand elle était petite, et elles res­taient des heures dans la cha­leur, à trans­pi­rer, à se frot­ter avec des branches de bou­leau, à plon­ger dans la mer froide pour se rafraîchir.

Elle entre. La récep­tion est tenue par une vieille femme — plus vieille qu’elle encore, quatre-vingts ans peut-être, le visage ridé comme une pomme oubliée. Elle paye, elle prend une ser­viette, elle des­cend vers les vestiaires.

Il n’y a per­sonne. C’est le milieu de la mati­née, un jour de semaine. Les femmes qui tra­vaillent sont au tra­vail. Il ne reste que les vieilles, les malades, les solitaires.

Elle se déshabille.

Le miroir du ves­tiaire lui ren­voie son image. Un corps de soixante-quinze ans. Des seins qui tombent, un ventre flasque, des cuisses mar­quées de veines bleues. La peau fine, presque trans­pa­rente par endroits, comme du papier de soie. Les mains tache­tées de brun.

Elle ne se recon­naît pas. Ou plu­tôt : elle recon­naît les formes, l’architecture géné­rale, mais pas la tex­ture, pas la cou­leur. Ce corps a été beau. Ce corps a été dési­ré. Ce corps a fait jouir des hommes et a joui lui-même, dans des chambres d’hôtel de Saint-Péters­bourg et de Ber­lin et de Paris. Main­te­nant, ce corps n’est plus qu’une enve­loppe usée, un cos­tume trop grand qu’elle traîne avec elle.

Elle sou­rit. Tant pis. Le corps vieillit, mais le sau­na reste. La cha­leur reste.

Elle entre dans la salle de vapeur.

La cha­leur l’enveloppe d’un coup, comme une gifle, comme une caresse. Quatre-vingts degrés, peut-être plus. Elle s’assied sur le banc du haut, là où c’est le plus chaud. Elle ferme les yeux.

Le sau­na. La seule reli­gion fin­lan­daise. Pas l’église luthé­rienne avec ses pas­teurs aus­tères et ses hymnes tristes. Le sau­na. Ce lieu où l’on se dépouille de tout — des vête­ments, des conven­tions, des men­songes. Ce lieu où l’on trans­pire ses péchés.

Elle sent la sueur per­ler sur son front, dans son cou, entre ses seins. Son cœur bat plus vite. C’est dan­ge­reux, à son âge, mais elle s’en fiche. Il y a des façons pires de mou­rir que dans un sau­na de Kallio.

Une autre femme entre.

Jeune, trente ans peut-être. Un corps ferme, des seins hauts, un ventre plat. Elle s’assied sur le banc du bas, elle jette de l’eau sur les pierres. La vapeur monte, brû­lante, odo­rante — cette odeur de bou­leau et de fumée qui est l’odeur de la Finlande.

— Il fait chaud, dit la jeune femme.

— C’est fait pour, répond Alma.

La jeune femme rit. Un rire frais, sans arrière-pensée.

— Vous venez sou­vent ici ?

— Je venais. Autre­fois. Avec ma mère.

— Elle est morte ?

— Depuis longtemps.

— La mienne aussi.

Elles res­tent silen­cieuses un moment. Dans le sau­na, on peut par­ler ou se taire. Les deux sont accep­tables. Les deux sont nécessaires.

— Vous êtes d’Helsinki ? demande la jeune femme.

— De Tur­ku, à l’origine. Mais j’ai vécu ici. Longtemps.

— Et maintenant ?

— Stock­holm.

— Ah. La Suède. C’est bien, la Suède ?

— C’est neutre.

La jeune femme hoche la tête. Elle com­prend. Tout le monde com­prend, en Fin­lande. La Suède n’a pas fait la guerre. La Suède n’a pas souf­fert. La Suède est res­tée à l’abri, der­rière sa neu­tra­li­té, pen­dant que les Fin­lan­dais se bat­taient contre les Russes et que les bombes tom­baient sur Helsinki.

— Pour­quoi vous êtes revenue ?

— Des affaires à régler. L’appartement de ma mère.

— C’est triste, les appar­te­ments des morts.

— Oui.

La jeune femme se lève, jette encore de l’eau sur les pierres. La vapeur monte, plus dense, plus brû­lante. Alma ferme les yeux. Elle sent la cha­leur entrer en elle, dis­soudre quelque chose, un nœud, une ten­sion qu’elle por­tait depuis longtemps.

Quand elle rouvre les yeux, la jeune femme est par­tie. Elle est seule dans la vapeur, nue, vieille, vivante.

Elle sou­rit.

C’est peut-être ça, la Fin­lande. Pas les forêts, pas les lacs, pas les aurores boréales. Le sau­na. Ce lieu où l’on est nu devant soi-même. Ce lieu où l’on ne peut pas mentir.

La guerre civile

Hel­sin­ki. Jan­vier 1918.

La révo­lu­tion russe a eu lieu. Le Tsar est tom­bé. La Fin­lande s’est décla­rée indé­pen­dante le 6 décembre 1917. Et main­te­nant, c’est la guerre.

Pas la guerre contre les Russes — ça, c’était pré­vu, c’était même espé­ré. La guerre entre Fin­lan­dais. Les Rouges contre les Blancs. Les ouvriers contre les bour­geois. Les révo­lu­tion­naires contre les conser­va­teurs. Une guerre civile, la pire de toutes, celle où l’on tue son voisin.

Alma est au Kämp.

Elle y est depuis une semaine, blo­quée. Elle reve­nait de Stock­holm — elle avait pas­sé l’automne là-bas, pour fuir les troubles — et elle est arri­vée à Hel­sin­ki au mau­vais moment. Les trains ne cir­culent plus. Les ports sont fer­més. La ville est cou­pée en deux.

Du Kämp, elle entend les coups de feu. La nuit, des fusillades éclatent du côté de Sörnäi­nen, le quar­tier ouvrier. Le jour, des milices défilent dans les rues, des hommes en armes qui ne se res­semblent pas mais qui se haïssent pareillement.

— Il ne faut pas sor­tir, lui dit le direc­teur de l’hôtel. C’est dangereux.

— Je sais.

— Les Rouges ont pris le Sénat. Ils contrôlent le centre-ville.

— Je sais.

Elle sait tout. Elle lit les jour­naux — ceux qui paraissent encore. Elle écoute les rumeurs qui cir­culent dans les cou­loirs de l’hôtel. Elle regarde par la fenêtre de sa chambre, la 401, celle qui donne sur l’Esplanade déserte.

Les Rouges ont réqui­si­tion­né le Kämp.

Pas entiè­re­ment — quelques étages res­tent ouverts aux clients, ceux qui n’ont pas pu fuir. Mais le rez-de-chaus­sée est deve­nu un quar­tier géné­ral. Des hommes en veste de cuir vont et viennent, des armes à la cein­ture. Ils ont ins­tal­lé une radio dans le salon où Sibe­lius jouait autre­fois. Ils parlent de révo­lu­tion pro­lé­ta­rienne et de dic­ta­ture du peuple.

Alma les observe. Elle ne dit rien. Elle est artiste, pas poli­tique. Elle a chan­té pour le Tsar et elle chan­te­ra pour la Répu­blique, si Répu­blique il y a. Elle chan­te­ra pour n’importe qui, pour­vu qu’on la laisse chanter.

Mais elle a peur. Pour la pre­mière fois de sa vie, elle a vrai­ment peur.

Un soir, un des chefs rouges vient la voir.

Il est jeune, vingt-cinq ans peut-être. Des yeux brû­lants, une barbe mal taillée. Il parle fin­nois avec un accent d’ouvrier, pas le fin­nois des salons.

— Vous êtes la Löf­gren ? La chanteuse ?

— Oui.

— Ma mère vous a enten­due, une fois. À Tam­pere. Elle disait que vous aviez la plus belle voix de Finlande.

— Votre mère était généreuse.

— Elle est morte. Typhus, l’année dernière.

— Je suis désolée.

Il la regarde. Il n’y a pas de menace dans ses yeux. De la curio­si­té, peut-être. De la méfiance.

— Vous êtes une bour­geoise. Vous chan­tez pour les riches.

— Je chante pour ceux qui paient. Avant, c’étaient les riches. Si les pauvres paient demain, je chan­te­rai pour les pauvres.

— C’est cynique.

— C’est pratique.

Il sou­rit. Un sou­rire bref, presque mal­gré lui.

— Vous avez de la chance, dit-il. Nous ne fai­sons pas de mal aux artistes. Pas encore.

Il tourne les talons et s’en va. Alma reste seule dans le cou­loir, le cœur bat­tant. Elle ne sait pas si elle vient d’être mena­cée ou protégée.

La guerre dure trois mois.

En avril, les Blancs reprennent Hel­sin­ki. Les Alle­mands les ont aidés — des troupes débar­quées à Han­ko, qui remontent vers le nord. Les Rouges fuient ou se rendent. La ter­reur blanche commence.

Alma voit les exé­cu­tions. Pas direc­te­ment — elle reste enfer­mée au Kämp —, mais elle entend les coups de feu, les cris. Elle voit les corps qu’on trans­porte sur des char­rettes, le matin, vers le cime­tière de Mal­mi. Des ouvriers, des femmes par­fois, des ado­les­cents à peine sor­tis de l’enfance.

Elle pense au jeune homme qui était venu la voir. Celui dont la mère l’avait enten­due à Tam­pere. Elle ne sau­ra jamais ce qu’il est deve­nu. Fusillé, pro­ba­ble­ment. Ou envoyé dans un camp, où il aura cre­vé de faim et de froid.

Elle ne chan­te­ra pas à sa mémoire. Elle ne chan­te­ra pour per­sonne, pen­dant long­temps. La voix lui manque. La voix l’a abandonnée.

Ce n’est qu’en 1920 qu’elle recom­mence à chanter.

À Ber­lin, pas en Fin­lande. La Fin­lande, c’est fini. Elle ne peut plus. Trop de sang, trop de morts, trop de honte. Elle part pour l’Allemagne, où la Répu­blique de Wei­mar offre aux artistes une liber­té nou­velle, où le mark ne vaut plus rien mais où l’on peut vivre, où l’on peut oublier.

Elle oublie. Presque. La nuit, par­fois, elle rêve du Kämp trans­for­mé en caserne, des coups de feu sur l’Esplanade, du jeune homme aux yeux brû­lants qui lui par­lait de sa mère. Mais le jour, elle chante. Le jour, elle est la Löf­gren, la diva, celle qui a survécu.

C’est tout ce qui compte. Sur­vivre. Et chanter.

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