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La can­ta­trice du Kämp

La can­ta­trice du Kämp

Cha­pitres 10 à 12

 

Le por­trait

Hel­sin­ki. 1955.

Elle trouve le por­trait le len­de­main de sa visite à Sibelius.

C’est par hasard. Elle se pro­mène dans les cou­loirs du Kämp, ces cou­loirs qu’elle connaît par cœur et qu’elle redé­couvre, chan­gés et iden­tiques. Au deuxième étage, dans un recoin près de l’escalier de ser­vice, il y a des tableaux accro­chés au mur. Des pay­sages fin­lan­dais, des natures mortes, des portraits.

Et celui-ci.

Elle s’arrête.

Le por­trait repré­sente une jeune femme. Trente ans, peut-être moins. Des che­veux bruns rele­vés en chi­gnon, un cou long, des épaules nues. Une robe de soi­rée blanche, décol­le­tée. Des yeux sombres qui regardent le spec­ta­teur avec une assu­rance presque arrogante.

Elle ne recon­naît pas le visage. Pas tout de suite. C’est une étran­gère, cette femme, une incon­nue du passé.

Puis elle lit la plaque, en bas du cadre.

« Alma Löf­gren, sopra­no. Por­trait par Albert Edel­felt, 1908. »

Edel­felt. Elle se sou­vient maintenant.

Il était venu la voir à Hel­sin­ki, en 1908, après un concert. Un peintre célèbre, le plus célèbre de Fin­lande, celui qui avait fait le por­trait de la reine Vic­to­ria et de tant d’autres. Il vou­lait la peindre. Elle avait accepté.

Les séances avaient duré deux semaines. Elle posait dans son appar­te­ment, près de la fenêtre, dans cette robe blanche qu’elle avait por­tée pour Isolde. Il pei­gnait en silence, concen­tré, ne lui par­lant que pour lui deman­der de bou­ger le men­ton ou de tour­ner légè­re­ment la tête.

Elle n’avait jamais vu le tableau fini. Edel­felt était mort l’année sui­vante, subi­te­ment, et le por­trait avait dis­pa­ru. Elle l’avait oublié.

Et main­te­nant, il est là. Au Kämp. Dans un cou­loir où per­sonne ne passe.

Elle reste long­temps devant le portrait.

Cette femme, cette Alma Löf­gren de 1908, elle ne la connaît pas. Oh, elle se sou­vient d’avoir été elle — les sou­ve­nirs sont là, intacts. Mais la femme du por­trait, avec sa peau lisse et ses yeux brillants et sa jeu­nesse inso­lente, cette femme-là est morte depuis longtemps.

Ce qui reste, c’est elle. La vieille. La sur­vi­vante. Celle qui a tra­ver­sé les guerres et les exils et les deuils, et qui est encore debout, par miracle ou par obstination.

Elle lève la main. Elle touche le cadre, du bout des doigts. Le bois est froid, lisse, ancien.

— Bon­jour, dit-elle à voix basse. Bon­jour, toi.

Le por­trait ne répond pas. Les por­traits ne répondent jamais. Mais il y a quelque chose, dans les yeux peints de la jeune femme, quelque chose qui res­semble à un encouragement.

— Vous la connaissez ?

Elle sur­saute. Un homme, der­rière elle. Un employé de l’hôtel, en uniforme.

— Par­don ?

— La femme du por­trait. Vous la connaissez ?

Elle hésite. Elle pour­rait dire non. Elle pour­rait pas­ser son che­min, oublier, retour­ner dans sa chambre.

— C’était moi, dit-elle fina­le­ment. Il y a longtemps.

L’homme la regarde. Il regarde le por­trait, puis elle, puis le por­trait encore. Il ne com­prend pas. Il ne peut pas com­prendre. Qua­rante-sept ans séparent ces deux femmes, celle du tableau et celle qui est debout devant lui.

— Vrai­ment ?

— Vrai­ment.

Elle sou­rit. Un sou­rire triste, ou iro­nique, ou les deux.

— C’était une autre vie. Une autre personne.

L’homme hoche la tête, mal à l’aise. Il ne sait pas quoi dire. Que dit-on à une vieille femme qui regarde son propre por­trait de jeunesse ?

— C’est un beau tableau, finit-il par dire.

— Oui. Edel­felt était un grand peintre.

— Vous étiez… vous étiez belle.

— Je sais.

Elle ne dit pas « mer­ci ». Ce n’est pas un com­pli­ment, c’est un constat. Elle était belle. Elle ne l’est plus. C’est ainsi.

Ce soir-là, dans sa chambre, elle pense au por­trait. Et à Sibe­lius. Et à ce qu’il lui a dit.

« Fin­lan­dia. J’aurais vou­lu la rejouer. Une der­nière fois. Mais je n’ai jamais osé. »

Et si elle osait, elle ? Si elle fai­sait ce qu’il n’a pas pu faire ?

L’idée est folle. Ridi­cule. Elle a soixante-quinze ans, elle n’a plus de voix, elle n’est plus personne.

Mais jus­te­ment. Elle n’est plus per­sonne. Elle n’a plus rien à perdre.

Elle regarde par la fenêtre. La neige tombe sur Hel­sin­ki. La ville dort.

Elle prend sa décision.

L’ambassade

La pro­po­si­tion arrive le lendemain.

Un coup de télé­phone à l’hôtel. Une voix d’homme, polie, offi­cielle. Il se pré­sente : atta­ché cultu­rel. Il ne dit pas de quelle ambas­sade, mais elle com­prend. L’accent. Les for­mules. Les Soviétiques.

— Madame Löf­gren, nous orga­ni­sons une récep­tion à l’ambassade. Une soi­rée cultu­relle. Nous aime­rions vous invi­ter à chanter.

Elle faillit rac­cro­cher. Les Sovié­tiques. Ceux qui ont bom­bar­dé Hel­sin­ki. Ceux qui ont annexé la Caré­lie. Ceux qui menacent la Fin­lande depuis dix ans, qui l’obligent à cour­ber l’échine, à pra­ti­quer cette « fin­lan­di­sa­tion » dont tout le monde parle à voix basse.

— Pour­quoi moi ?

— Vous êtes une légende, madame. Une artiste fin­lan­daise de renom­mée inter­na­tio­nale. Votre pré­sence hono­re­rait notre soirée.

Une légende. Elle rit inté­rieu­re­ment. Les Sovié­tiques veulent une déco­ra­tion, un bibe­lot, une vieille gloire qu’ils pour­ront exhi­ber pour mon­trer leur ami­tié avec le peuple finlandais.

— Je ne chante plus, dit-elle.

— Nous le savons. Mais peut-être, pour une occa­sion exceptionnelle…

Elle devrait refu­ser. Tout en elle crie de refu­ser. Mais il y a cette idée. Cette idée qui ne la quitte plus depuis Ainola.

— Quel réper­toire souhaitez-vous ?

— Ce que vous vou­lez, madame. Des lie­der, des airs d’opéra, des chan­sons fin­lan­daises… Vous êtes l’artiste.

Des chan­sons fin­lan­daises. Elle sourit.

— J’accepte.

La récep­tion a lieu trois jours plus tard.

L’ambassade sovié­tique est un bâti­ment mas­sif, de style sta­li­nien, qui écrase le quar­tier de son arro­gance archi­tec­tu­rale. Des dra­peaux rouges flottent au vent. Des gardes en uni­forme sur­veillent l’entrée.

Alma arrive en taxi, dans sa robe noire, sa canne à la main. Elle a le cœur qui bat, les mains qui tremblent. Pas de peur. D’excitation.

Le hall est plein de monde. Des diplo­mates sovié­tiques en cos­tume sombre, des offi­ciels fin­lan­dais au sou­rire cris­pé, des jour­na­listes, des curieux. Tout le monde parle bas, tout le monde se sur­veille. L’atmosphère est étouf­fante, char­gée de méfiance et de fausse cordialité.

On la conduit vers un salon où un pia­no attend. Un pia­niste sovié­tique, jeune, ner­veux, qu’on lui a assi­gné. Elle lui parle à l’oreille, elle lui dit ce qu’elle va chanter.

Il pâlit.

— Madame… c’est…

— Vous savez le jouer ?

— Oui, mais…

— Alors jouez.

Elle se tourne vers le public.

Une cen­taine de per­sonnes. Des visages fer­més, atten­tifs, méfiants. L’ambassadeur sovié­tique, au pre­mier rang, un homme mas­sif au regard de pierre. À côté de lui, des offi­ciels fin­lan­dais qui trans­pirent déjà, qui sentent que quelque chose ne va pas.

— Mes­dames, mes­sieurs, dit-elle d’une voix claire. Je suis hono­rée d’être par­mi vous ce soir.

Des applau­dis­se­ments polis. Elle attend qu’ils cessent.

— On m’a deman­dé de chan­ter des chan­sons fin­lan­daises. Je vais donc vous chan­ter la plus fin­lan­daise de toutes.

Elle fait signe au pia­niste. Il hésite une seconde. Puis ses mains se posent sur les touches.

Les pre­mières notes de Fin­lan­dia résonnent dans le salon.

L’effet est immédiat.

Les offi­ciels fin­lan­dais se figent. L’ambassadeur sovié­tique fronce les sour­cils. Un mur­mure par­court la salle. Fin­lan­dia. L’hymne de l’indépendance fin­lan­daise. L’œuvre que Sibe­lius a com­po­sée contre l’oppression russe. Ici. À l’ambassade soviétique.

Alma com­mence à chanter.

Sa voix est vieille, fêlée, trem­blante. Ce n’est plus la voix d’autrefois. Mais elle chante. Elle chante l’hymne, cet hymne que tout Fin­lan­dais connaît par cœur, cet hymne qui parle de liber­té et de résis­tance et d’espoir.

« Oi Suo­mi, kat­so, sinun päiväs koit­taa… » — Ô Fin­lande, vois, ton jour se lève…

Per­sonne ne bouge. Per­sonne n’ose bou­ger. Les diplo­mates sovié­tiques sont pétri­fiés. Les offi­ciels fin­lan­dais retiennent leur souffle. Le pia­niste joue, les yeux fer­més, comme s’il priait.

Et Alma chante. Elle chante pour Sibe­lius, qui n’a pas osé. Elle chante pour tous les morts, ceux de 1918, ceux de 1939, ceux de 1944. Elle chante pour la Fin­lande, ce petit pays obs­ti­né qui refuse de mourir.

Quand elle finit, il y a un silence.

Un silence ter­rible, assour­dis­sant. Puis quelqu’un applau­dit. Un Fin­lan­dais, au fond de la salle. Un autre le suit. Puis un autre. Les applau­dis­se­ments montent, s’amplifient, deviennent un tonnerre.

Les Sovié­tiques ne bougent pas. L’ambassadeur a le visage cra­moi­si. Un atta­ché se penche vers lui, lui mur­mure quelque chose à l’oreille.

Alma s’incline. Ce geste qu’elle a fait des mil­liers de fois. Puis elle se tourne vers l’ambassadeur, elle le regarde droit dans les yeux, et elle sourit.

Un sou­rire de vieille dame. Un sou­rire inno­cent. Un sou­rire qui dit : « Qu’allez-vous faire ? M’arrêter ? Me fusiller ? Je suis une vieille femme de soixante-quinze ans. Je n’ai plus rien à perdre. »

L’ambassadeur ne dit rien. Il se lève, il quitte la salle. Les autres Sovié­tiques le suivent.

La récep­tion est terminée.

Le scan­dale éclate le lendemain.

Les jour­naux fin­lan­dais n’en parlent pas — la cen­sure veille. Mais les jour­naux sué­dois, bri­tan­niques, amé­ri­cains, si. « Une can­ta­trice fin­lan­daise défie les Sovié­tiques. » « Fin­lan­dia à l’ambassade rouge. » « La diva qui n’a pas eu peur. »

On l’appelle au Kämp. Des jour­na­listes, des admi­ra­teurs, des curieux. Elle refuse toutes les inter­views. Elle n’a rien à dire. Elle a chan­té. C’est tout.

Le minis­tère des Affaires étran­gères fin­lan­dais lui envoie un émis­saire. Un homme pâle, ner­veux, qui lui explique qu’elle a créé un inci­dent diplo­ma­tique, que les Sovié­tiques sont furieux, que la Fin­lande risque des représailles.

— Que vou­lez-vous que je fasse ? demande-t-elle. Que je m’excuse ?

— Non, madame. Nous vou­lons que vous par­tiez. Dis­crè­te­ment. Rapi­de­ment. Avant que les choses ne s’enveniment.

Elle hoche la tête. Elle com­prend. La Fin­lande doit sur­vivre. La Fin­lande doit cour­ber l’échine. Mais elle, elle a chan­té. Elle a fait ce que Sibe­lius n’a pas osé faire. Et per­sonne ne pour­ra lui enle­ver ça.

Le soir même, elle reçoit un télégramme.

Il vient de Jär­venpää. D’Ainola.

Trois mots seule­ment. Trois mots en fin­nois, écrits d’une main tremblante.

« Kii­tos. Jean S. »

Mer­ci.

Elle relit le télé­gramme. Elle le relit encore. Puis elle le plie soi­gneu­se­ment et le glisse dans son sac, contre son cœur.

Sibe­lius a enten­du. Sibe­lius sait.

C’est suf­fi­sant. C’est plus que suffisant.

Départ

Le matin du départ, il neige.

Une vraie neige d’hiver, épaisse, obs­ti­née, qui recouvre la ville d’un man­teau blanc. Hel­sin­ki dis­pa­raît sous le blanc. L’Esplanade, les tram­ways, le port — tout est blanc.

Elle boucle sa valise. Elle n’a pas grand-chose — quelques vête­ments, quelques livres, les papiers de l’appartement de sa mère qu’elle a signés chez le notaire. L’appartement sera ven­du. Les meubles seront dis­per­sés. Il ne res­te­ra rien.

Ou plu­tôt : il res­te­ra elle. Tant qu’elle vivra, il res­te­ra quelque chose de sa mère, de cette mai­son de Tur­ku, de cette enfance au bord de l’Aura. Puis elle mour­ra, et alors, vrai­ment, il ne res­te­ra rien.

C’est ain­si. C’est le des­tin de tous.

Mais il y a le télé­gramme. Le télé­gramme de Sibe­lius, plié dans son sac. Trois mots qui pèsent plus lourd que tout le reste.

Elle des­cend dans le hall.

Le récep­tion­niste lui tend sa note. Elle paye, elle remer­cie. Il hésite, puis :

— Madame Löfgren ?

— Oui ?

— J’ai lu… enfin, on m’a dit… ce que vous avez fait à l’ambassade.

Elle le regarde. Il est jeune, vingt-cinq ans peut-être. L’âge du révo­lu­tion­naire de 1918. L’âge du poète de Saint-Pétersbourg.

— Et alors ?

— Alors… merci.

Il rou­git, il détourne les yeux. Elle sou­rit. Les jeunes. Ils croient encore que les vieux sont des héros. Ils ne savent pas que les vieux sont juste des sur­vi­vants qui n’ont plus rien à perdre.

— Il n’y a pas de quoi, dit-elle. Je n’ai fait que chanter.

— C’était courageux.

— Non. C’était nécessaire.

Dehors, le froid la saisit.

Ce froid fin­lan­dais qu’elle avait oublié, ce froid qui entre par les yeux, par les oreilles, par la moindre fis­sure dans les vête­ments. Elle res­serre son man­teau. Elle avance dans la neige.

Le taxi l’attend. Elle y monte, elle donne l’adresse du port. Le chauf­feur hoche la tête, il démarre.

La ville défile der­rière les vitres embuées. L’Esplanade, le mar­ché cou­vert, la cathé­drale blanche. Tout ce qu’elle a connu, tout ce qu’elle a aimé, tout ce qu’elle quitte.

Elle ne pleure pas. Elle n’a plus de larmes. Ou peut-être qu’elle en a trop, qu’elles se sont accu­mu­lées au fil des années et qu’elles ont fini par se pétri­fier, comme tout le reste.

Le fer­ry est à quai.

Un gros bateau blanc et bleu, le même qu’à l’aller, ou un autre qui lui res­semble. La pas­se­relle est dres­sée. Les pas­sa­gers montent, leurs valises à la main, leurs cols rele­vés contre le vent.

Elle s’arrête un ins­tant. Elle se retourne.

Hel­sin­ki. Sa ville. La ville du Kämp et de Sibe­lius et de sa mère et de tous les morts. La ville où elle a chan­té, où elle a aimé, où elle a eu peur, où elle a été heu­reuse parfois.

Elle ne la rever­ra peut-être plus. Elle a soixante-quinze ans. Le cœur fati­gué. Les jambes qui flanchent. Com­bien de temps encore ?

Mais ce n’est pas grave. Elle a fait ce qu’elle avait à faire. Elle a chan­té Fin­lan­dia à l’ambassade sovié­tique. Elle a dit au revoir à Sibe­lius. Elle a regar­dé son por­trait de jeu­nesse et elle lui a par­don­né, à cette jeune femme arro­gante qui ne savait rien de la vie.

Elle a fait la paix.

Elle monte sur le ferry.

Elle trouve sa cabine, elle pose sa valise, elle s’assied sur la cou­chette étroite. Par le hublot, elle voit le port, les grues, les entre­pôts cou­verts de neige.

Le bateau vibre. Les moteurs se mettent en marche. Len­te­ment, très len­te­ment, le fer­ry s’éloigne du quai.

Elle reste à la fenêtre. Elle regarde Hel­sin­ki qui rétré­cit, qui devient une ligne grise à l’horizon, puis un point, puis rien.

La Bal­tique est calme. La neige a ces­sé. Le ciel est d’un blanc lai­teux, sans nuages, sans soleil, sans rien.

Elle sort le télé­gramme de son sac.

« Kii­tos. Jean S. »

Mer­ci.

Elle le relit une der­nière fois. Puis elle le range, contre son cœur, là où il restera.

Elle ferme les yeux.

Elle pense à Sibe­lius, dans sa mai­son d’Ainola, devant sa che­mi­née. Elle pense à Kirs­ti, dans son appar­te­ment de Töölö, avec ses pho­tos jau­nies et sa cata­racte. Elle pense à sa mère, morte depuis si long­temps, qui chan­tait des runon­lau­lu dans la cui­sine de Turku.

Elle pense à Alexeï, à Mar­ga­rethe, au jeune révo­lu­tion­naire, au poète de Saint-Péters­bourg. À tous ces morts qu’elle porte en elle, comme une par­ti­tion qu’on connaît par cœur.

Elle pense à la jeune femme du por­trait, celle qui ne savait pas ce qui l’attendait.

Et elle sourit.

Le fer­ry avance vers Stockholm.

Der­rière elle, la Fin­lande s’éloigne. Le Kämp, l’Esplanade, Aino­la, tout dis­pa­raît dans le blanc de l’hiver.

Mais la musique reste.

La musique reste toujours.

Elle fre­donne, dou­ce­ment, pour elle seule.

Fin­lan­dia.

L’hymne qu’elle a chan­té pour Sibe­lius. L’hymne qu’elle a chan­té pour la Fin­lande. L’hymne qu’elle chan­te­ra jusqu’à son der­nier souffle, parce que c’est ce qu’elle est, parce que c’est ce qu’elle a tou­jours été.

Une voix.

Une voix qui chante.

Une voix qui refuse de se taire.

FIN

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