Blog

Archéologie du quotidien

Les carnets égyptiens

Nous étions seuls et nus face à l’immensité d’un désert de sable jaune, arasé par la lumière crue d’un mois de février pas tout à fait comme les autres. Il n’y avait rien autour, tout le monde s’était évanoui, et il ne restait plus que nos pauvres âmes esseulées mais remplies de bonheur.

Le temps très lent des toutes petites choses #7

Un mardi matin comme toutes les semaines, un matin frais et doux sous un ciel de printemps. La nature crie son bonheur de pouvoir exhiber à nouveau ses charmes aux yeux de qui sait prendre le temps de l’admirer, elle se pavane dans des poses langoureuses telle une femme lisant une lettre d’amour dans un tableau de Fragonard.

Cuir et tabac, couleur vent du désert

Lorsque j'étais enfant, j'attendais avec impatience le retour de mon grand-père en comptant les jours et les nuits qui me séparaient de son retour. Même si je ne m'en rendais pas vraiment compte, j'avais un grand-père exceptionnel. J'aurais pu dire à l'école, et m'en...

Kalkış

Ce ne sont que quelques jours difficiles à passer ; une impression de déjà vu, un petit air de nostalgie déplacée, quelque chose d'un peu suranné. Springtime is coming... oui je dis un peu difficiles à passer parce qu'on ne sait pas encore trop sur quel pied danser,...

Miniature persane du samedi matin

L'impression de mouvement est déterminée par la capacité d'inertie de ce qui se trouve autour. Si l'on est soi-même en mouvement, c'est le reste du monde qui a tendance à stagner dans l'inertie, et a contrario, lorsqu'on est soi-même à l'arrêt, le monde se met en...

La porte des cent-mille songes

Si j'avais été élevé dans le Sud-est asiatique, j'aurais dit, sur un ton presque détaché, un léger sourire au coin des lèvres et le goût de l'euphémisme chevillé au corps, que cette année a ressemblé à l'année de toutes les déconvenues. « Déconvenue...» Voici un mot...

Chroniques des jours du vertige

A l'arrêt. Allongé sur mon canapé, étiré comme un chat et le regard tourné vers l'extérieur qui défile, la course des nuages heurtant la marquise en verre grêlé, les délicates fleurs de diascia chahutées par le vent et la lampe de tissu qui ne cesse de se balancer,...

Chronique des jours à rebours

Il n'y a pas de vérité. Pas de bonheur, pas de bons sentiments. Pas non plus de mots figés dans le temps, pas plus qu'il n'y a de secrets qui ne méritent d'être révélés. Il n'y a que le temps qui passe dans la douceur, dans l'extrême fluidité des jours et des nuits...

Des ruines dans l’océan

Peu importe ce qui s'est passé cette après-midi où tu as tout déposé, où tu n'es pas retourné au travail après la matinée de lundi et où tu as pris ta voiture sans prévenir personne pour partir, deux bonnes heures de route, l'asphalte qui brûle sous tes pneus...

Chroniques des jours du vagabondage

J'ai déjà vécu quelques vies, mais comme je ne compte jamais, je ne sais plus vraiment où j'en suis, je ne sais plus combien il m'en reste à user. Peut-être trois ou quatre, peut-être plus qu'une seule, je ne sais pas, il faudrait que je consulte mon solde. Depuis...

Journal du sensible

Avant que la nuit ne tombe, avant que les portes ne se referment, avant que l'on ne se sente obligé de tirer le rideau métallique et de faire un peu le ménage parmi ce qui a été et ne sera plus, je rassemble mes affaires. Voici quelques petites bribes écrites entre le...

Chronique des jours du reboisement

Lorsqu'en 2010, le volcan indonésien Mérapi, sur l'île de Java, est entré en éruption, les nuées ardentes ont tout détruit aux alentours du volcan. Champs de riz détruits, air irrespirable, populations déplacées, bêtes asphyxiées, aéroports fermés et vols annulés ;...

Moka au Silent Bar

Entrer dans un café, au Moka bar café* et demander un moka à l'amertume noble et sauvage, s'asseoir sur la banquette du fond, sur le cuir fatigué par tous ceux qui sont passés là et regarder ce qui se passe dans la rue pendant que la chaleur du café me brûle la gorge...

Latente

Assis sur le bord de l’océan en haut de la dune couverte d’oyats et de camomilles sauvages, face aux brisants en ce jour de grandes marées, face contre soleil et vent dans les oreilles, il y a quelque chose qui me revient en mémoire ; j’ai une vie là-bas alors que...