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Dictionnaire de la conversation et de la lecture

Inventaire raisonné des notions les plus indispensables à tous, pour une société de savants et de gens de lettres

Tout est dans le sous-titre de cette œuvre colossale dont le titre est très précisément : Dictionnaire de la conversation et de la lecture. La société a besoin de savants et de gens de lettres et elle ne saurait évoluer dans le bon sens sans un solide corpus de lectures affriolantes. De l’aveu du directeur de la publication, voici une somme qui offre un bon complément à la lecture du Dictionnaire de l’Académie, si le cœur vous en dit pour l’un comme pour l’autre… En exergue, une citation de Montesquieu :

Celui qui voit tout abrège tout…

Pas moins de seize volumes de plus de 800 pages vous attendent sur Gallica, prêts à alimenter vos conversations le soir entre amis, autour d’un verre et de saucisses cocktail trempées dans la moutarde.

Extrait de l’introduction que j’aime particulièrement :

Il est bon de procurer aux convalescents des distractions morales au moyen de la conversation, de la lecture et de la musique, en évitant de causer de la fatigue.

On en frémit d’avance.

Dictionnaire de la conversation et de la lecture : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous, par une société de savants et de gens de lettres. Sous la direction de M. W. Duckett - Aux comptoirs de la direction (Paris) M. Lévy frères (Paris) [puis] Firmin Didot, frères, fils (Paris)-1853-1860

Les merveilles de Jean Painlevé #9 - Comment naissent les méduses

Nous voici transportés dans le Finistère, sur l’estran de Roscoff où l’on trouve encore aujourd’hui un aquarium un peu vieillot, quelques vieilles bâtisses évoquant l’âge d’or d’Anne de Bretagne et le souvenir du colportage de légumes avec les Johnnies, les fameux vendeurs d’oignons. Mais là n’est pas la question, puisque nous sommes à la station biologique, un haut-lieu scientifique où l’on forme les futurs scientifiques de l’IFREMER et où Jean Painlevé, en 1960, filme la naissance des méduses dans un ballet de lumières tout à fait fascinant.

Comment naissent les méduses
de Jean Painlevé
France/1960/14’25” Continue la lecture

Les merveilles de Jean Painlevé #8 - Le vampire

Huitième volet des petits films de Jean Painlevé. Le vampire… Étrangement, ce film sort en 1945, juste après la guerre. Petite musique très Nouvelle-Orléans en accompagnement, nous assistons à la mise en parallèle du Nosferatu de Murnau et de l’acte de succion du sang chez la Desmodus rotundus dont la morsure vous réserve quelques belles maladies très sympathiques. En préambule, un tour d’horizon des petites bébêtes adorables qui nous pourrissent l’existence. Continue la lecture

Les merveilles de Jean Painlevé #7 - Le voyage dans le ciel

Septième volet des petits films de Jean Painlevé. Cette fois-ci nous partons dans le ciel, un ciel scientifique et poétique à la fois. J’aime bien ce ton un peu docte et très sûr de lui, presque monocorde qui font le contexte de toute une époque. On pourrait presque entendre la mélodie martiale de Gustav Holst dans Les planètes. Un voyage à ne pas manquer…

Le voyage dans le ciel
de Jean Painlevé
France/1937/10’53” Continue la lecture

Les merveilles de Jean Painlevé #6 - La quatrième dimension

Sixième volet des merveilles de Painlevé avec un petit film sur la prospective scientifique qui s’attèle à ce concept vague qu’est la quatrième dimension. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le scientifique (André Sainte-Laguë, mathématicien de son état) qui a fait ce film avec Painlevé avait l’imagination fertile et vagabonde. Même s’il semble un peu fantasque, on peut voir des embryons de concepts élaborés plus tard, comme la proprioception et l’invariance.

La quatrième dimension
de Jean Painlevé
France/1936/10’27” Continue la lecture

La physiognomonie de Lavater et Le Brun

La physiognomonie aura connu des heures glorieuses, ainsi que la phrénologie qui s’en inspire, notamment au travers d’un livre de Johann Kaspar Lavater, L’Art de connaître les hommes par la physionomie (1775-1778) que l’auteur Suisse a rédigé à partir des innombrables gravures (aujourd’hui conservées au cabinet des estampes du Musée du Louvre) du premier peintre officiel de Louis XIV en la personne de Charles Le Brun. Cette pseudo-science qui s’appuie sur des siècles de tradition littéraire et illustrative, souhaite établir les fondements d’une discipline au travers de laquelle on peut déterminer les traits psychologiques d’une personne en s’appuyant simplement sur la forme de son visage et l’analogie presque évidente avec laquelle son visage le rapproche de tel ou tel animal. Des classifications ont été établies à propos de chaque animal, par exemple la noblesse attribuée au lion, la perfidie au renard et au rat, la bêtise au chameau ou la sagesse à l’ours et en fonction des traits du visage, s’ils se rapportaient à tel ou tel animal, on attribuait à la personne les traits de caractère de l’animal, car c’est bien connu que les humains ne sont que des animaux…

Il en reste des tables d’illustrations parfois très inventives, voire farfelues, mais qui trouvent leur origine dans les cahiers d’étude et les centaines de planches de ce grand monsieur qu’est Charles Le Brun.


CouvertureLa physiognomonie ou L’art de connaitre les hommes d’après les traits de leur physionomie, leurs rapports avec les divers animaux, leurs penchans, etc.

Par Johann Caspar Lavater,
Librairie Française et étrangère (Paris)


Dissertation sur un traité de Charles Le Brun, concernant le rapport de la physionomie humaine avec celle des animaux (1806) sur le site de la bibliothèque numérique de l’Université de Strasbourg

De l’imagination en mathématiques

On dit qu’un des disciples du mathématicien Henri Poincaré, un jeune homme fort brillant à l’avenir encore plus certain que son maître, avait toutes les chances d’être un jour propulsé au devant de la scène avec les honneurs et les lauriers qui vont avec.

Cependant, malgré les espoirs que le maître plaçait en son disciple, celui-ci disparut un jour de la circulation, corps et biens (peut-être plus corps que biens) et on rapporta au grand mathématicien que l’homme était parti « pour devenir poète ».
A peine surpris, le scientifique répondit simplement :

« Je savais bien qu’il n’avait aucune imagination…»

Souvenirs de fractales

Commencer sa soirée en regardant le chemin tortueux de l’Alice de Tim Burton (une bien belle histoire presque antique servie par une réalisation approximative et des effets spéciaux pour le moins bâclés) et la terminer par un documentaire sur les fractales de Benoit Mandelbrot a quelque chose de surréaliste, d’autant que je me suis réveillé sur le canapé avec les images d’un documentaire sur la retraite.
Les fractales de Mandelbrot, un univers que les mathématiciens traditionnels rejettent, une nouvelle théorie qui attira à son fondateur les foudres de ses collègues scientifiques. Dans ce nouvel objet de la science, il y avait pour moi la part de mystère que des gens comme Stephen Hawking venaient de révéler, une science nouvelle qui philosophiquement, mais également pour tous les domaines de la connaissance humaine, remettait en cause les notions de finitude, introduisant la possibilité d’une part d’infini dans le fini, et pourquoi pas, l’œuvre de Dieu, Stephen Hawking qui vient d’affirmer que finalement, Dieu avait bien crée l’univers, mais selon les lois de la physique…
Je suis resté captivé par ce documentaire où Mandelbrot explique comment il a eu la première intuition concernant l’existence des figures fractales en regardant les estampes d’Hokusai. Dans la grande vague de Kanagawa, comme dans cette autre estampe nommée Fuji dans l’orage, on comprend que les motifs des vagues et des nuages sont tous identiques et que la structure de l’ensemble n’est que la répétition d’un seul motif. Hokusai avait donné à son œuvre, aux alentours de 1830, un systématisme applicable à la nature. La nature ne serait donc pas tant que ça inspirée par le chaos.
Les travaux de Mandelbrot s’appuie sur plusieurs travaux antérieurs :

Le paradoxe d’Achille et de la tortue

Zénon d’Élée, mathématicien grec, tenta de soutenir la thèse parménidienne et sophistique de la non-existence du mouvement. Pour cela il rédigea ses célèbres paradoxes selon lesquels notamment, Achille ne pourra jamais parcourir la même distance que la tortue.

La poussière de Cantor

Figure géométrique simple, c’est la répétition d’une forme qui ne trouve pas sa place dans la géométrie euclidienne (définie comme un espace vectoriel ou de dimension finie) puisque qu’en prenant un segment 0-1, en le séparant en trois espaces égaux et en enlevant le morceau médian, on se retrouve avec une figure qui, si elle est réitérée, tend toujours vers 0, sans pour autant l’atteindre.

Le flocon de Von Koch

Figure géométrique dessinée bien avant les fractales par le mathématicien Helge Von Koch, le flocon (ou la courbe) de Von Koch est une figure dégradée sur chacun de ses segments par la représentation de l’ensemble. Contournée de manière récursive, la figure peut ainsi se reproduire à l’infini, en conservant comme motif spécifique le motif initial.

L’ensemble de Julia

Popularisés avec la publication des œuvres de Mandelbrot, les travaux de Gaston Julia étaient tombés dans l’oubli. Mandelbrot ne fera qu’étendre la définition de l’ensemble de Julia qui est une représentation graphique de la récursivité d’une équation sur son propre résultat.

Les travaux de Mandelbrot donneront lieu à la théorie des fractales. Lorsqu’il travaillait chez IBM, c’est lui qui le premier a compris d’où venaient les problèmes de transmission de données par liaison téléphone en découvrant que les signaux étaient eux-même sujets à des fluctuations dont la répétition de la fréquence était manifeste et reproductible. Il s’attacha également à tenter de comprendre comment mesurer les longueurs des côtes d’un littoral et détermina que la mesure pouvait fluctuer en fonction de l’échelle utilisée. Plus l’échelle est petite, plus on se rapproche de la mesure exacte, sans pour autant atteindre une mesure réelle. On introduit à la place de la longueur, la notion de « rugosité ».
Mandelbrot, sur la base du travail de Julia, mettra en forme sa propre équation dans ce qu’on appelle aujourd’hui l’ensemble de Mandelbrot, une icône mondialement connue, qui a même inspirée dans une certaine mesure le graphisme de la génération psychédélique, qui met en évidence le principe d’auto-similarité, de récursivité de la figure géométrique et qui surtout introduit la notion d’infini dans le champ d’étude du fini. L’avantage de ces travaux n’est pas qu’une simple innovation intellectuelle de la pensée mathématique ; en effet on trouve dans le champ de la science et de l’industrie des applications pratiques, comme notamment la découverte des antennes fractales par Nathan Cohen, qu’aujourd’hui on trouve à grande échelle… dans nos téléphones portables.

Lectures du voyage et de la science

Pour en savoir plus sur celui qui s’appelait Abu Abdullah Muhammad Ibn Abdullah Al Lawati Al Tanji Ibn Battuta (أبو عبد الله محمد ابن عبد الله اللواتي الطنجي بن بطوطة) et qui s’est fait connaître à travers le monde qu’il a parcouru sous le nom de Ibn Battuta, pas besoin d’aller bien loin, il suffit de passer par Wikipedia. En effet, dans les sources biographiques, on peut trouver des liens vers trois de ses œuvres majeures, des traductions tombées dans le domaine public (C. Defremery et B. R. Sanguinetti - 1858).

Voyages I. De l’Afrique du Nord à La Mecque
Voyages II. De La Mecque aux steppes russes
Voyages III. Inde, Extrême-Orient, Espagne & Soudan

Presque contemporain de Battûta, Abou Zeid Abd er-Rahman Ben Mohamed Ben Khaldoun el-Hadrami (أبو زيد عبد الرحمن بن محمد بن خالدأبو زيد عبد الرحمن بن محمد بن خالد بن شحش بن كليب القردي), plus connu sous de Ibn Khaldoun et qu’on nous présente déjà tôt à l’école sous le visage d’un des plus grands penseurs de la tradition arabe. De lui on pourra trouver ces titres:

Les méharées de vieux Théodore

L’aventure de Théodore Monod dans le Sahara, celle qui donne naissance au célèbre livre Méharées est avant tout une aventure scientifique. En cours de lecture, on se rend compte que l’intention n’est pas d’écrire un traité sur le désert, ni même un roman épique, et encore moins un livre qui serait le témoin d’une époque ou d’un exploit. C’est en fait un recueil de notes, une collection ordonnée d’une équipée scientifique dans un des milieux les plus hostiles qui soit sur Terre ; le style en est souvent enlevé, d’une précision et d’une rapidité absolument efficace.

3,11 m x 1,60 m, soit 5m² ; une cellule d’anachorète marin, à bord du Grimsby 877, en août 1923. Partout coquillages, étoiles de mer, bocaux, tubes, flacons, cuvette, tout un bric-à-brac océanographique, auquel viennent fraternellement se mêler, aux coups de roulis, quand on vient en travers pour filer ou virer le chalut, des livres mouillés, des paperasses gluantes, de l’eau de mer sale et des bottes en caoutchouc.

Canyon du Tassili - Photo © Josef Giral

Avec un langage d’une parfaite clarté, il dépeint ces paysages formant son quotidien, avec une certaine poésie confinant au mysticisme. Ses descriptions sont poignantes et plongent au cœur de ce milieu étonnant qui contrairement aux idées reçues n’est pas fait que de sables et n’est pas toujours écrasé par la chaleur implacable d’un soleil au zénith.

Sinistre pays. Le premier arbre — un petit acacia — est à quarante-cinq kilomètres d’ici. La terre nettoyée, décharnée jusqu’à l’os, pulvérisée au souffle des siècles, est morte. Le vent, qui siffle sur les dunes couronnées d’une légère buée de poussière, chante un cycle révolu et le repos définitif d’un sol qui ne connaîtra plus la pluie.

Mais lorsque le soleil est là, il est l’élément dominant, versant sans consistance face à l’autre problématique de la vie dans le désert ; le besoin d’eau. On en transpirerait presque à l’autre bout des pages….

Au milieu du jour, la fournaise flamboie ; le ciel est tout décoloré tant il est lumineux ; la chaleur, torride, s’abat d’un soleil vertical en nappes brûlantes ; elle monte du sable incandescent et des pierrailles surchauffées. Impossible alors de poser le pied nu par terre, quand le sol peut atteindre 80°C. Ma gandoura sent le brûlé, le linge où vient de se promener le fer de la repasseuse. Nulle ombre sur l’horizon, invariablement plat et monotone, où l’air chaud palpite et où le mirage étale les flaques d’impossibles et décevantes lagunes.

Sahara - Photo © LOPE

Surtout, malgré une réputation d’homme austère et peu causant, l’archétype imbécile du protestant aride, il nous apparaît au travers de son texte suavement drôle et cabot, un tantinet sarcastique, mais toujours d’un esprit d’à-propos très bien amené.

Pas de lit, bien entendu. C’est un engin d’air non agité — celui de la chambre, ou de la tente — pas de plein vent. Je sais qu’il existe des lits pliants, dits de camp (“Modèle renforcé pour les Explorateurs”, spécifie le catalogue), mais ce sont de pauvres ferrailles : a-t-on idée d’une affaire comme ça dressée sur un reg ?
Cas spéciaux : 1. Le sol inondé ? C’est bien rare et le lit-escalade, voire le lit flottant, ne sont pas d’usage courant. 2. Le cram-cram ? Oui à l’occasion, mais alors, ce n’est plus vraiment le Sahara. 3. Les bêtes ? — Quelles bêtes ? — Mais les “méchantes” (sic). — Inutile, depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes, et qui dorment, ils le font au Sahara, à même le sol. Nous ferons comme eux.
Dans le sable, c’est délicieux,  bien que la matière ne soit nullement compressible et qu’il faille prévoir le logement de la tête du fémur et de la tête iliaque. Dans le reg dur, ou dans les cailloux, c’est parfois moins voluptueux.

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Dans ce livre, les références bibliques sont légions, comme autant de points d’orgues venant apportant un éclairage nouveau à l’expédition scientifique de la méharée, et colorent le texte d’informations qui se télescopent avec la réalité. Ça donnerait presque envie de plonger dans l’Ancien Testament.

L’Ahmet est chaud en été. Il est aussi aéré. Vents de sable, re-vents de sable, re-re-vents de sable et ainsi de suite. Cela manque décidément de fantaisie : un vent de sucre en poudre, d’écailles de harengs, de pépins de cornichons, à la bonne heure, mais toujours et seulement de grains de quartz à la longue, cela se fait monotone.
Fin du monde ou début ? Genèse ou Apocalypse ? La terre, radeau ivre, plonge dans un chaos décoloré.

De l’érudition à en perdre la tête, et de l’humour, toujours…

[…] Je viens de découvrir dans la falaise une vaste grotte aux parois abondamment illustrées par des artistes préhistoriques ; des silhouettes d’animaux, des corps féminins stéatopyges, comme disent les ethnologues, ou, pour parler avec Jean Temporal, “ayant les parties du derrière pleines et moufflètes” […]

Si le livre de Monod est une ode à la joie du désert né d’un fort esprit scientifique, c’est avant tout un livre qui réhabilite les longues étendues de sable et cherche à balayer les préjugés. S’il trouve des coprolithes de crocodiles et des hameçons dans les amas de ruines de certains oueds, c’est pour prouver que la constitution géologique de l’endroit a un jour été quasiment identique à certains lieux européens. S’il parle du sel en grande quantité que l’on trouve sur certaines plaines, c’est pour mieux réfuter l’idée que le Sahara a un jour été une mer et rappeler que c’est le sel qui va à la mer et non la mer qui apporte le sel. Enfin, il dit que le désert n’est pas toujours chaud, que le sable gèle et que ses pieds prennent l’onglée et ses talons se crevassent sous l’effet du froid… On y apprend également, que les noyades dans le désert ne sont pas choses rares car les pluies y sont violentes que les rares ravines ont tôt fait de se transformer en lit de torrents. Les sales bêtes ? Rares sont ceux qui meurent de morsures de serpent ou de piqûres de scorpion.
Au-delà de l’anecdote, la thématique qui soutient souvent le texte, c’est la seule chose avec laquelle il faut compter, c’est l’eau. L’eau, source de vie, élément indispensable, objet de tous les combats, mais aussi souvent source de mort. Les puits sont souvent faits d’eau sale, croupie, souillée, affublée de nombre de qualificatifs aussi bigarrés que plaisant, c’est sans parler de l’eau “piquante”, “pourrie”, des puits souillés par les déjections animales, quand ce n’est pas carrément de cadavres.

Méharées, un grand livre qu’il faut prendre le temps de lire à l’ombre d’un palmier, sur le sable chaud, ou froid, selon l’envie du moment…