Les Quatre Livres de l’Architecture d’Andrea Palladio

L’art italien de la Renaissance prend son envol à partir des vergetures du passé exhumé de la terre, là où les Antiques ont prospéré jusqu’à la chute de l’empire romain. On a presque tendance à oublier que Rome a décliné bien avant la chute de l’empire romain et que la capitale de l’empire change deux fois avant que la civilisation romaine soit rasée de près par les hordes de barbares qui ravagent l’occident connu en quelques années. Rome est abandonnée comme résidence impériale et le pouvoir éclate entre plusieurs villes comme Milan, Nicomédie ou Trèves. Constantin déplacera la capitale de l’empire à Byzance et ainsi Rome finira secouée par les tremblement de terre, enfouie sous la terre, la végétation et les détritus, démantelée pierre après pierre, saccagée, profanée jusqu’à sa redécouverte. Les cours italiennes partiront à la recherche de ce passé prestigieux oublié en amorçant les premières fouilles archéologiques in situ. C’est d’ailleurs à la fin du XVème siècle qu’on retrouve les vestiges de la Maison Dorée (domus aurea) de Néron dans des circonstances rocambolesques.

Un jeune Romain tomba dans un trou sur les pentes de l’Oppius et se retrouva dans une sorte de grotte couverte de peintures surprenantes. D’autres jeunes artistes explorèrent à leur tour ces salles étonnantes. Les fresques ainsi découvertes inspirèrent un nouveau style de décoration plein de fantaisie, que l’on baptisa «grotesques». Les célèbres artistes Domenico Ghirlandaio, Raphaël et Michel-Ange descendus à leur tour eurent la révélation de ce qu’était l’art antique oublié. On pense que Raphaël en tira une partie de son inspiration pour la décoration des fameuses Loges du Vatican. (Wikipedia)

(more…)

Mots d’un vocabulaire oublié IX

Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Grecquage

Le grecquage est une des étapes du processus de la reliure. Elle consiste à entailler sur le dos du volume à l’aide d’une scie à main. Ces entailles recevront les nerfs qui ne seront dès lors plus saillants par rapport au dos des cahiers.
Après avoir ballotté le volume par le dos et par la tête, afin de bien égaliser les cahiers, le relieur le place entre deux membrures, qui sont des ais plus épais d’un côté que de l’autre, d’une façon telle que le volume sorte de 6 à 8 millimètres ; il le place dans la presse et le serre très légèrement. Comme les membrures sont plus épaisses du côté du dos que du côté de la tranche, elles serrent davantage le dos et tiennent le volume mieux assujetti. Ensuite il fait avec la scie les entailles nécessaires d’une profondeur égale au diamètre des nerfs. Au-dessus de la première grecque, et au-dessous de la dernière, il donne un léger coup de scie pour loger la chaînette.

Grènetis

Ornement constitué d’un rang ou d’un semis de petits grains en relief sur un fond. Dans l’art des médailles, le grènetis désigne plus particulièrement le rang de petits grains en relief situé au bord des monnaies, des médailles et des jetons ; le grènetis limite ainsi l’usure du métal sur les bords. Le grènetis (ou greneté), composé de grains hémisphériques en demi-relief ou en haut relief (à peu près trois quarts de sphère), est obtenu de plusieurs manières : soit en repoussant une feuille de métal avec un outil dont l’extrémité a la forme du grain que l’on veut obtenir, le métal ressortant ainsi de l’autre côté (dans ce cas le grain est creux) ; soit en fondant le fond et son décor de grains (préparé en creux dans le moule) ; soit encore en matriçant une plaque de métal épaisse avec une empreinte (ou matrice) où la forme du grain est en creux (dans les deux derniers cas le grènetis est plein). De tout temps, le grènetis a servi à orner non seulement des médailles, mais des pièces d’orfèvrerie ou de bijouterie.

Ignudo

Vient de l’italien, adjectif nudo, signifaint “nu”, pluriel ignudi. Ignudo est le mot inventé par Michelange pour décrire les vingt figures mâles assises qu’il a incorporées dans les fresques de la voûte de la chapelle Sixtine. Chacun d’entre eux représente la figure de l’homme de manière idéalisée, dans un mélange de classicisme antique et d’une représentation moderne du héros nu. Inutile de dire qu’aucune de ces représentations a quoi que ce soit à voir avec la Bible.

Kylix

Dans la Grèce antique, un kylix (en grec ancien κύλιξ / kúlix) est un vase peu profond et évasé utilisé pour déguster du vin lors des symposia.

Manufacture typique des ustensiles de banquet, coupe de libations et objet de jeux de cottabe, il connaît une diffusion maximale à partir du VIe et jusqu’à la fin du IVe siècle avant notre ère, quand le canthare, l’élégant calice à volutes des rituels de Dionysos, reprit sa place comme coupe à vin la plus répandue.

Note: La racine indo-européenne du mot Calice est *K°lik- = coupe, vase. On la retrouve dans le sanskrit Kalásas (coupe, pot) et Kalika (bouton de fleur), en grec ancien Kúliks (coupe), en latin calix (coupe, vase à boire).

Œnochoé

Œnochoé attique à figures rouges : scène de sacrifice
Vers 430 – 425 avant J.-C. Athènes
Argile, H. : 21,5 cm. ; D. : 17 cm.
Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines. Musée du Louvre

Dans la Grèce antique, une œnochoé (prononciation correcte : /enɔkɔe/ ; courante et peu recommandée : /ø-/ ; du grec ancien οἰνοχόη / oinokhóê, d’οἶνος / oĩnos, le « vin », et χέω / khéô, « verser ») est un pichet à vin qui sert à puiser le vin dans le cratère — où il a été coupé à l’eau — avant de le servir.

Ce type de vase se caractérise par une anse unique et une taille allant de 20 à 40 cm. On distingue classiquement plusieurs types suivant la forme de l’embouchure et de la panse. Le plus courant (type 1) possède un bec tréflé. Le type 8 ressemble aux chopes modernes, avec un corps cylindrique et une embouchure à lèvre. L’apogée de l’œnochoé se situe à la période géométrique. Elle se fait plus rare pendant la figure noire. C’est cependant sur l’œnochoé à figures rouges archaïque que se fonde cette classification, élaborée par John Beazley.

L’autre type de vase à verser est l’olpè.

Patène

Asie Mineure, Xe – XIe siècle
Patène : Crucifixion, Bronze gravé, traces d’étamage
D. : 24 cm. ; H. : 35 cm.
Département des Objets d’art, Musée de Louvre.

La patène, du latin patena, plat, dérivant lui-même du grec patani, écuelle, est un objet liturgique de la religion chrétienne. Dans les Églises d’Orient, on l’appelle “discos” (disque).
Il s’agit d’une petite assiette en métal doré, sur laquelle le prêtre, lors de l’offertoire pendant la célébration eucharistique, pose l’hostie, c’est-à-dire le pain qu’il va consacrer et qui va devenir le Corps du Christ.
Avant et après la messe, la patène est posée sur le calice, si bien que patène et calice, désignés aussi vases sacrés, sont généralement fabriqués par un même artisan. Avant leur première utilisation, les vases sacrés sont consacrés avec le Saint chrême.
Autrefois très richement décorées, les patènes tendent, dans le catholicisme et depuis la réforme liturgique des années 1960-1971 à devenir beaucoup plus épurées. Ne pas confondre avec patère.
On peut voir une patène et un calice représentés sur deux mosaïques monumentales de la basilique Saint-Vital de Ravenne (VIe siècle). L’une est offerte à l’église par l’empereur Justinien et l’autre par l’impératrice Théodora. Ces offrandes solennelles célèbrent le retour à la communion orthodoxe et la libération de la ville après un épisode de domination arienne.

Phorminx

La phorminx (en grec ancien φόρμιγξ / phórminx) est un instrument de musique à cordes, ancêtre de la lyre, qui servait en Grèce antique à accompagner les chants des aèdes. Elle était réputée avoir été inventée par Hermès avec une carapace de tortue et des boyaux de bœuf.

Piriforme


Aiguière à tête de taureau
XIe – XIIe siècle, Iran, Khurasan
Alliage de cuivre martelé, décor gravé
Département des Arts de l’Islam, Musée du Louvre

Du latin pirus, poire et du suffixe -forme. Qui est en forme de poire.

spondée

En poésie, le spondée (du latin spondeus) est un pied, c’est-à-dire un élément métrique composé de deux syllabes longues.
En poésie latine, le spondée est d’usage fréquent.
Il peut facilement remplacer un dactyle ou un anapeste. En effet, la syllabe longue valant deux brèves, ces trois mètres comptent chacun quatre temps. Il n’y a donc pas de changement de longueur au final.
Il apparaît donc régulièrement à l’intérieur du très commun hexamètre dactylique où il remplace l’un ou l’autre dactyle, voire le trochée final.

Suovetaurile

Dans la Rome antique, le suovetaurile désignait un sacrifice de purification, où l’on immolait trois victimes mâles, un porc (sus), un mouton (ovis) et un taureau (taurus) à Mars afin de bénir et de purifier la terre.

C’était un des rites traditionnels les plus sacrés de la religion romaine : on conduisait en procession solennelle ces trois animaux autour de l’endroit ou de l’assemblée qu’il fallait purifier, puis on les égorgeait.

Le détail du rituel nous est parvenu grâce à Caton l’Ancien : la première étape consistait à mener les trois animaux autour des limites de la terre à bénir, en prononçant les paroles suivantes :

Cum divis volentibus quodque bene eveniat, mando tibi, Mani, uti illace suovitaurilia fundum agrum terramque meam quota ex parte sive circumagi sive circumferenda censeas, uti cures lustrare.
(« Je t’ordonne, Manius, de promener cette triste victime autour de mon domaine et de ma terre, soit en totalité, soit seulement sur la partie que tu jugeras à propos de purifier, afin qu’avec l’aide des dieux le succès couronne mes entreprises »)

Le sacrifice est alors affectué, et la prière à Mars doit être faite :

Mars pater, te precor quaesoque uti sies volens propitius mihi domo familiaeque nostrae, quoius re ergo agrum terram fundumque meum suovitaurilia circumagi iussi, uti tu morbos visos invisosque, viduertatem vastitudinemque, calamitates intemperiasque prohibessis defendas averruncesque; utique tu fruges, frumenta, vineta virgultaque grandire beneque evenire siris, pastores pecuaque salva servassis duisque bonam salutem valetudinemque mihi domo familiaeque nostrae; harumce rerum ergo, fundi terrae agrique mei lustrandi lustrique faciendi ergo, sicuti dixi, macte hisce suovitaurilibus lactentibus inmolandis esto; Mars pater, eiusdem rei ergo macte hisce suovitaurilibus lactentibus esto
« Mars notre père, je te conjure d’être propice à moi, à ma maison et à mes gens; c’est dans cette intention que j’ai fait promener une triple victime autour de mes champs, de mes terres et de mes biens, afin que tu en écartes, éloignes et détournes les maladies visibles et invisibles, la stérilité, la dévastation, les calamités et les intempéries : afin que tu fasses grandir et prospérer mes fruits, mes grains, mes vignes et mes arbres : afin que tu conserves la vigueur à mes bergers et à mes troupeaux, et que tu accordes santé et prospérité à moi, à ma maison et à mes gens. Aussi, pour purifier mes champs, mes terres et mes biens, et pour faire un sacrifice expiatoire, daigne agréer ces trois victimes à la mamelle que je vais immoler. Mars notre père, agréez dans ce but ces trois jeunes victimes. »

Du pain doit ensuite être offert, et les paroles dites simultanément :

Eiusque rei ergo macte suovitaurilibus inmolandis esto.
(« Sois glorifié par cette victime suovitaurilienne. »)

Si la divinité n’est pas apaisée, le propriétaire doit refaire le sacrifice en disant :

Mars pater, siquid tibi in illisce suovitaurilibus lactentibus neque satisfactum est, te hisce suovitaurilibus piaculo.
(« Mars notre père, si quelque chose t’a déplu dans ce sacrifice des trois jeunes victimes, accepte en expiation ces trois autres. »)

Les suovetaurilias peuvent avoir un caractère public ou privé : ainsi les fermes étaient bénites par des suovetauriles ruraux et privés lors de la fêtes des Ambarvales en mai. En revanche, des suovetauriles publics solennels étaient faits tous les cinq ans lors des cérémonies de lustration.

De même, lorsqu’un temple était détruit, le site devait en être purifié par un suovetaurile afin qu’il puisse être reconstruit.

Un suovetaurile était également offert pour bénir l’armée partant en campagne .

Le vase Portland

Un des plus beaux objets qui nous soient arrivés depuis l’époque romaine est un tout petit vase sombre, nommé vase Portland. 24 centimètres de hauteur pour 56 de circonférence pour ses dimensions, il a ceci de particulier qu’il a été fabriqué en verre et selon la technique du camée (et donc de la pâte de verre). La finesse du travail dont il a été l’objet est exceptionnelle et montre la parfaite maîtrise d’une technique compliquée puisqu’il faut travailler deux couches de verre successives. La première sert de support, tandis que la seconde est appliquée et taillé en retrait progressif jusqu’à la première couche (qui n’est pas noire, mais d’un beau bleu violet).
L’interprétation des scènes qu’il représente n’a toujours pas été clairement définie et prête le flanc à des querelles de chapelles aujourd’hui encore, mais ce qui apparait certain c’est que sa fonction première semble avoir été celle d’un cadeau de mariage. Trouvé dans les collections archéologiques de la famille Barberini (dont faisait également partie le faune), il arrivé jusqu’aux salle du British Museum où il a été cassé par un vandale :

Le 7 février 1845, un vandale projeta sur le vase une sculpture qui se trouvait à proximité, brisant les deux pièces en de multiples fragments.
Le vase fut immédiatement reconstitué, mis à part 37 petits éclats dont on ne sut que faire dans l’immédiat et dont on finit par perdre la trace. En 1948, ces éclats furent remis à un gardien par une personne qui les avait retrouvés sans les identifier. Lors d’une nouvelle restauration, la même année, trois d’entre eux purent être remis en place.

Mots d’un vocabulaire oublié VII

Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Chélande (Khélandion)

Héritière des grandes galères de l’antiquité, mais ayant nombre de spécificités Byzantines, le Khelandion, ou “chelande”, est une type de navire à rames développé pour embarquer des marchandises en plus de ses troupes et rameurs. Développé au début du VIIIe siècle après J.C., il s’agissait de répondre au problème posé par les grands dromons militaires, qui devaient embarquer leur ravitaillement sur deux “galères-servantes”, les Ousiakos. Le Khelandion devait en fait pouvoir s’en passer et tout embarquer. Représentant le sommet dans la hiérarchie typologique, bon nombre servaient de navires-amiraux aux préfets maritimes Byzantins, Ravenne et Misène par exemple. Les plus vastes mesuraient 80 mètres de long, environ 10 de large, avec deux rangs de rames et cinq rameurs par aviron, en nage “a scaloccio”. Il s’agissaient donc de “dix” rapportées aux standards antiques. Gréés en latin sur trois mâts en général, ils arboraient un armement moins important que sur les Dromons, mais encore dissuadant, réparti sur leur pont complet. Il comprenait en plus des troupes embarqués ( plus de 50 hommes ) de puissantes balistes, faites pour lancer des pots à feu grégeois ( explosif ) et autres pots remplis de serpents qui jetaient l’effroi sur le navire ennemi, mais comprenait aussi son traditionnel siphon lance-flammes à l’avant, un éperon, et pour l’abordage, des dauphins en plomb soutenus par les antennes des mâts destinés à chuter et percer le pont du navire abordé, ainsi que des nacelles pour un à quatre archers suspendus aux mâts.

Dromon

Un dromon (du grec δρόμων, « coureur », en fait « croiseur ») est un navire long, manœuvrant et rapide mû à la rame et employé dans l’Empire byzantin du VIe au XIIe siècle. Ils furent indirectement développés à partir de la trière antique et étaient propulsés à la fois par rame et par la voile.

Le terme dromon devient courant à partir du VIe siècle en même temps que le terme dromonarioi qui désignait l’équipage mais qui finit par disparaître assez rapidement. Le mot dromonarioi est en effet remplacé par des termes plus précis : élatai (« matelots ») et ératai (« rameurs »). La première mention du terme dromon se trouve dans les chartes de Ravenne du Ve siècle, si l’on ne tient pas compte des mentions en latin. Même si le terme est parfaitement compris par les contemporains de Justinien, ce type de navire n’est pas encore très répandu avant le VIIe siècle. À partir du IXe siècle, le dromon est aussi désigné chelandion, surtout par la population.

Ils pouvaient avoir différentes formes et tailles. Ils faisaient généralement entre 30 et 50 mètres de long et entre 5 et 7 mètres de large et pouvaient emporter jusqu’à 300 personnes (à la fois des soldats et des rameurs). Cependant, les dromons étaient répartis en trois classes de taille, les plus petits étant généralement dénommés monèria et les moyens galéia (ils n’avaient qu’un rang de rame mais étaient très rapides). Les plus grands dromons (appelés meizonès dromônés, chélandia mégala ou encore dynatôtéra) avaient deux rangs de rames mues par une centaine de rameurs et pouvaient emporter environ deux cents hommes d’équipage en plus.

Certains dromons avaient une tour centrale (xylokastron, « château de bois ») près du mât principal, à partir duquel des soldats pouvaient tirer des volées de flèches ou jeter des lances. Chez d’autres, le xylokastron était placé à la proue. La plupart des dromons étaient équipés de « lances-flamme » (syphonopho-rami) qui envoyaient le feu grégeois et de catapultes capables d’envoyer des projectiles de 50 kg à plus de 100 mètres. Beaucoup de dromons étaient aussi blindés avec des plaques de métal pour se protéger des éperonnages.

Vers le début du XIIe siècle, le dromon est petit à petit remplacé par l’ousie puis par l’agrarion, qui semble désigner un bateau à voile sans rames, rond et de fort tonnage, qui devient alors la norme dans la marine de guerre byzantine ; toutefois le terme est toujours utilisé par Robert de Clari dans sa chronique sur la prise Constantinople par les croisés en 1204 et désigne toujours un bateau rapide.

Epibate

(Antiquité) Soldat de la marine grecque.

Cette infanterie de marine est plus nombreuse dans les premières années du Ve siècle av. J.-C.. quand l’éperonnage ne s’est pas encore imposé en tant que standard dans le combat naval, comme par exemple durant les guerres médiques en 494 a. J.-C. lors de la bataille de Ladé :

« Ils [les gens de Chios] avaient amené […] cent navires qui portaient chacun quarante citoyens, combattants d’élite. »
(Hérodote, Enquêtes, VI, 15)

Issus comme les rameurs de la classe censitaire des citoyens les plus modestes, c’est-à-dire les thètes, les épibates n’ont pas à payer leur équipement de hoplite qui leur est fourni par la cité, au contraire des fantassins combattant sur la seule terre ferme.

Exhaure

L’exhaure désigne, par définition, l’épuisement des eaux d’infiltration principalement employé dans les mines et milieux souterrains. Désigne aussi les installations pour y parvenir.

Du latin exhaurire, « épuiser ».

Pompes d’exhaure et vis d’Archimède – Leonardo da Vinci – Codex Atlanticus

Liburne

La liburne (du latin liburna, grec ancien λιβυρνίς) est un type de bateau léger qui tire son nom de la Liburnie, province dalmate.

Après les guerres puniques, les Romains construisent des bateaux légers et rapides dont la liburne sur le modèle des bateaux des pirates Illyriens. Après la bataille d’Actium, elle devient le modèle standard utilisé par la marine romaine. Végèce donne sommairement les principes de construction des liburnes et de la coupe des bois. Les liburnes ont de un à cinq rangs de rameurs. Des navires légers de vingt rameurs les pilotent et servent à la reconnaissance navale : ils sont camouflés (littéralement picati ou « peints ») en couleur vert océan.

Institutions militaires de Végèce sur Wikisource.

Nautonier

Mot provençal, derivé du latin nauta, « matelot ».
(Vieilli) Celui, celle qui conduit un navire, une barque.
Synonyme : nocher

Charon, nocher des enfers (détail)
Charles-François HUTIN, marbre, Département des Sculptures, Musée du Louvre

Navarque

Le navarque (en grec ancien ναύαρχος / nauarkhos, de ναῦς / naus, « le bateau » et ἀρχή / arkhê, « le commandement »), littéralement le « commandant de navire », est le titre militaire donné aux capitaines de vaisseaux de guerre dans la Grèce antique. À Sparte, c’est une magistrature importante donnant le commandement de la flotte. Mais on trouve également des navarques à Athènes.
En Macédoine et dans les royaumes hellénistiques, chez les Séleucides comme chez les Lagides le navarque est l’amiral de la flotte. Ainsi Alexandre le Grand est navarque de la flotte macédonienne au siège de Tyr.
À Rome, le navarque est le commandant d’un escadron de la flotte. Les Byzantins utilisent parfois ce terme pour désigner le capitaine d’un navire.
Sans rapport avec ces fonctions militaires, le navarque est enfin également le responsable d’une liturgie spécifique à Érétrie et dans d’autres cités, dans le cadre de fêtes de la navigation en l’honneur d’Isis et d’autres divinités égyptiennes.

Alexandre le Grand – bataille d’Issos par Philoxénos d’Erétrie

Pentécontère

Le pentécontère (grec ancien : πεντηκοντήρ) est un bateau de guerre à 50 rameurs (d’où son nom), auquel il faut ajouter un barreur et peut-être d’autres marins.
Il mesurait environ 35 mètres de long, pour 5 mètres de large.
C’est à l’époque de la « Guerre de Troie » qu’apparaissent les premiers pentécontères ou pentecontores soit aux environs de XIIe siècle av. J.-C..
Ce type de navire disparait avec le développement de la trière, qui s’impose à partir du VIe siècle av. J.-C.

Rostre

Le rostre (rostrum) est l’éperon d’abordage placé à la proue des galères de combat de l’antiquité.

 

Trière (Trirème)

Du grec ancien τριήρης, de même sens.

Une trière (du grec ancien τριήρης / triếrês), ou trirème, ce dernier terme étant l’appellation latine, est une galère de combat antique, développée à partir de la pentécontère. Plus court que son prédécesseur, c’est un navire équipé d’une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval.

Les trières apparaissent en Ionie et deviennent le navire de guerre dominant en Méditerranée de la fin du VIe siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C. puis à nouveau, du fait de leur efficacité, sous l’empire romain jusqu’au IVe siècle.

La première et plus célèbre bataille navale de l’Antiquité utilisant des trières demeure celle de Salamine en 480 av. J.-C. qui met aux prises la flotte grecque, principalement athénienne, face à l’armada perse numériquement très supérieure. La victoire des Grecs donne un coup d’arrêt à la deuxième expédition achéménide censée venger l’affront de Marathon. D’autres batailles navales sont relatées en détail, notamment la bataille des Épipoles au cours de laquelle Athéniens et Syracusains s’affrontent dans le port de Syracuse en 413 av. J.-C. pendant la guerre du Péloponnèse.

L’équipage est composé de :

  • Thranites poussant sur les rames supérieures.
  • Zygites poussant sur les rames médianes.
  • Thalamites poussant sur les rames inférieures.

Le développement des guerres maritimes avec la technique de l’éperonnage pendant cette période de l’Antiquité sont l’occasion de bâtir des galères de plus en plus grandes, de plus en plus rapides et de plus en plus monstrueuses. L’apothéose de ces surenchères arrive avec la flotte des Ptolémée (flotte Lagide) qui construira des galères à doubles coques. Le nom des galères varie en fonction du nombre de rameurs sur une bordée.

  • tétrères (quadrirèmes)
  • pentères (quinquérèmes)
  • héxères
  • heptères
  • octères
  • nonères
  • décère (dekere)
  • passé dix rameurs par bordée, on arrive aux galères ’11’, ’12’, ’13’, ’20’, ’30’, jusqu’à la ’40’ ou Tesseracontère (Tettakonteros) de Ptolémée Philopator.

Pour plus de renseignements sur ces navires de guerre colossaux, se reporter à la section Antiquité de Navistory.

Mots d’un vocabulaire oublié V

Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Douelle

C’est le parement intérieur d’un arc, qu’on désigne aussi sous le nom d’intrados. Dans une voûte, chaque claveau possède sa douelle. A est la douelle du claveau représenté fig. 1.

Douelle.png

Empyrée

Vient du grec empyros, έμπυριος (embyrios) signifiant qui est enflammé, dérivé de πυρ (feu)
Partie du ciel la plus élevée, que les anciens regardaient comme le séjour des divinités célestes.

Bosch Hieronymus, vers 1450-1516. “LES VISIONS DE L’AU-DELÀ: L’ASCENSION VERS L’EMPYRÉE”,
détail. 1500-1504. Dernier des 4 panneaux, 87×40 cm. Huile sur bois. Venise, Palazzo Ducale.

Enfeu

Déverbal de enfouir. Un enfeu est une tombe encastrée dans l’épaisseur du mur d’un édifice religieux (église, cimetière). Il était généralement réservé aux nobles.

Il peut être superposé. Des gisants peuvent figurer en dessous ou au-dessus. Plusieurs niches peuvent montrer le défunt à différents moments de sa vie. Des saints peuvent aussi y figurer.

Enfeu dans un prieuré dominicain, Athenry, County Galway, Edwin Rae

Escoperche (ou écoperche)

Vieux français : escot : « rameau » et de perche.

  1. (Arts) Perche qui, dans un échafaudage, soutient des perches ou planches horizontales.
  2. (Bâtiment) Grande perche verticale d’échafaudage en bois ou en acier munie d’une poulie, servant à élever des matériaux de construction.

Perche ou baliveau posé verticalement pour soutenir les boulins d’un échafaud de maçon (voy. Échafaud). L’escoperche est aussi une pièce de bois munie d’une poulie à son extrémité supérieure, et qu’on attache au sommet d’une chèvre pour en augmenter la hauteur ou lui donner plus de nez.

Imposte

Dans l’architecture classique maçonnée :

  • Une imposte est une pierre saillante (généralement dure) qui forme le couronnement du piédroit d’un arc (l’imposte est au piédroit ce que le chapiteau est à la colonne). Cette pierre est généralement moulurée selon les ordres architecturaux.
  • Le corps de moulure de l’arc (le châssis de tympan) se nomme également imposte .

Orant

Un orant (ou priant, du latin orare, prier) désigne, dans l’art religieux, un personnage représenté dans une attitude de prière, souvent agenouillé. La réalisation est fréquemment une statue en ronde-bosse ou une sculpture en haut-relief.

Associé au gisant, c’est l’un des éléments de décoration d’un tombeau ou d’un enfeu.

Tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis dans la Rotonde des Valois,
Basilique de Saint-Denis – Gravure d’Alexandre Lenoir (19e siècle)

Remploi

Les spolia (terme latin neutre pluriel, donc masculin pluriel en français) ou remplois ou réemplois, désignent la réutilisation, notamment sous l’empire romain tardif, de pièces et œuvres d’art de monuments romains antérieurs comme matériaux de construction dans un nouveau monument (comme par exemple l’arc de Janus, l’arc de Constantin).
Il n’est pas établi si cet usage est d’abord idéologique (retour à une gloire passée), esthétique (remploi d’œuvres d’art appréciées et ainsi sauvegardées) ou pratique (récupération d’un monument en ruine, et coût de matière première réduite).
L’hypothèse du recyclage pour des raisons économiques et pratiques est la plus probable, dans l’édification des remparts des cités romaines à partir de la fin du IIIe siècle, par la réutilisation de pierres de monuments, en particulier funéraires, bâtis à l’entrée des villes et souvent à l’abandon.

Reused inscribed blocks

Arch of Constantine