Le cours du fleuve Mississippi comme un ruban, et autres rubans…

On me rappelle à l’ordre en m’indiquant une autre carte du Mississippi dont j’avais déjà parlé sur un ancien blog, disponible sur le site Pruned, un blog à la gloire passée. Cette carte est un relevé topographique de la grande vallée alluviale datant de 1944. Dans cette version aux couleurs chatoyantes, elle est également disponible superposée à une image satellite et mise à l’échelle sur ce site.

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Autochromes du musée Albert Kahn

L’année dernière, avec mon fils et ma grand-mère, nous sommes allés visiter le musée Albert Kahn, ou plutôt les superbes jardins du musée, car si l’intérêt de cette résidence située en bord de seine à Boulogne-Billancourt réside principalement dans les jardins agencés par le banquier alsacien, c’est aussi une des plus grandes collections d’autochromes avec plus de 72 000 pièces conservées dans cette institution. La librairie du musée permet d’acheter des tirages d’art de ces petits bijoux qui font des photographes de l’époque de véritables artistes qui ont su donner ses lettres de noblesse à cet art jeune qu’est la photographie, des tirages en couleurs, absolument émouvants de par leur âge et leur précision.

Vieille maison,
Le Caire, 1914,
Auguste Léon, inv. A 3 067

Porte de la tour du Jasmin au fort Rouge,
Agra, Inde, 1913,
Stéphane Passet, inv. A 4 235

Fayz Bey el-Azm, un compagnon de l’émir Fayçal,
Quweira, mars 1918,
Paul Castelnau, inv. A 15 506

Prêtre en tenue d’officiant dans le temple jaïn de Hathi Singh,
Ahmedabad, Inde, 20 décembre 1913,
Stéphane Passet, inv. A 4 177

Camera obscura

J’ai parlé hier de Sebastian Schutyser et de ses photos prises à la chambre noire. La chambre noire ou camera obscura est l’appareil photo du pauvre, simplement fabriquée avec une boîte percée d’un trou d’aiguille (pinhole). Elle permet de faire de photos sans objectif, en deux dimensions et très proches de la vision humaine réelle. Ces « sténopés » nécessitent des temps de poses longs puisque le diaphragme est pour le coup très petit. Afin de découvrir ces petites merveilles de simplicité, je vous invite à vous rendre sur © l’œil en boite (Delphine Lancelle) ainsi que les 197 superbes photos de Effixe, et un peu plus loin quelques exemples sortis de la sténocaméra de Thierry Gonidec.

Sebastian Schutyser – Ermita

Sebastian Schutyser a photographié 575 chapelles romanes à travers l’Europe avec un sténopé (ou “pinhole camera”). Toutes ces structures ont pour point commun d’être des lieux construits à l’écart du monde. Un travail superbe sur l’architecture de l’humilité et de la simplicité, renforcé par le cadre simple de l’environnement de ces lieux hors du temps, hors des lieux des hommes. Tout ceci est fort bien expliqué par Geoff Manaugh sur son superbe site BLDGBLOG.

A voir également un travail superbe sur les mosquées en adobe du Mali.

Un coup de téléphone d’Istanbul n°1

A l’issue d’un week-end de dépressif confiné dans la fièvre et la douleur, je me suis réveillé avec quelques petites merveilles trouvées sur mon chemin.

Kanako Sasaki

Xiao

Et également ces photos très impressionnantes des alentours de ce volcan dont personne n’ose plus prononcer le nom sans se ridiculiser sur trois générations ; Eyjafjallajökull, photographié par Sean Stiegemeier et en vidéo.

Visions souterraines de Steve Duncan et autres circonvolutions fluviales

Steve Duncan est un doux dingue qui adorent trainer ses guêtres dans les souterrains les plus sordides à la recherche de la lumière des profondeurs. Collecteurs d’égouts, rivières souterraines, pipelines et autres tuyaux et couloirs désaffectés n’ont pas de secret pour ce photographe des longues expositions. Un univers suintant et magique au creux de nos villes, un rien angoissant…
L’article de Paul Hond sur Columbia Magazine.

A l’autre extrémité des labyrinthes de pierre creusés dans le sol meuble de nos villes, on voit se dessiner dans la nature les circonvolutions des grands fleuves. En l’occurrence ici sur Pruned le fleuve Yukon et la Porcupine River. J’ai suivi ainsi sur Google maps plusieurs des plus grands fleuves de la Terre. Tous suivent un parcours qui n’est en rien du au hasard et en ceci la construction des canaux souterrains s’en rapproche énormément. Si les seconds sont artificiels et généralement rectilignes ils imitent les rivières et souvent les canalisent, tentent de les diriger et d’en infléchir le cours, souvent pour des besoins liés au réseau de distribution ou d’évacuation des eaux usées, et son parcours a des raisons bien particulières, tout comme le fleuve qui suit les accidents de son parcours en partant du point le plus haut et se soumettant par la force des choses à la gravité, tombant vers le point le plus bas, la mer.
L’Homme, en maitrisant le flux des cours d’eau, en le retenant pour ses barrages, en le déviant pour ses besoins d’irrigation ou de consommation, imite la nature et s’y conforme.
Les caprices de la nature et le catastrophisme qu’elle inspire ont donné lieu à une nouvelle forme de tourisme : la chasse aux inondations, une pratique éprouvante pour les nerfs qui consiste à visiter les sites les plus touchés par le débordements des lits de rivières. Tourisme, sport ou voyeurisme ?