Picnic in Tchernobyl (Yom and the wonder rabbis)

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Picnic in Tchernobyl, With Love

Si vous ne connaissez pas encore le klezmer, il est largement temps de vous y mettre. Originaire d’Europe de l’est, aux confluences de la tradition yiddish, des musiques orientales ashkénazes et saupoudré de quelques accords tziganes, le klezmer est un style musical enjoué qui évolue avec de nouveaux artistes tels que Yom and the Wonder Rabbis. Guillaume Humery de son vrai nom est un fan de musique klezmer et sort sa clarinette pour magnifier le genre. Avec un album radicalement moderne que de son propre aveu il n’imaginait pas comme ça (il voyait au début un pur hymne à la clarinette classique et au fur et à mesure d’ajouts se retrouve avec un album jazz rock très puissant), Yom exerce un charme attractif indéniable grâce à une musique tantôt calme et joyeuse, tantôt électrique et saccadée. En dehors de ces deux extraits, on écoutera aussi la douceur de Highway to Constantinople, la longueur de Kadish for Superman et d’autres titres encore, tous plus entrainants les uns que les autres sur l’album With Love.

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Saving the world is easy, With Love

Nuit sur le mont chauve (Ночь на лысой горе)

Une nuit sur le Mont Chauve (Ночь на лысой горе) est certainement le chef d’œuvre de Modeste Moussorgski. Le compositeur, mort alcoolique, ruiné et solitaire avait là, avec les Tableaux d’une exposition, joué son va-tout. Composé comme un poème en s’inspirant d’une nouvelle de Nicolas Gogol, Nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve (in Les soirées du hameau), cette pièce porte en elle une dimension dramatique hallucinante. En quelques douze minutes, sont évoquées successivement l’apparition d’esprits des croyances païennes russes, des adorations suspectes, le sabbat des sorcières et le retour au jour au son de la cloche du village. Une pièce sévère, majestueuse qui révèle à la fois l’âpreté de l’âme russe et sa grandeur.
La version la plus jouée est celle que le compositeur Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov a réorchestré en 1908. Certains auront découvert ce morceau grâce au Fantasia de Walt Disney, mais dans mon cas c’est sur la bande originale du film Saturday Night Fever, où la reprise disco n’est pas sans charme…

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Le bianzhong et le jian du Marquis Yi de Zeng

Photo © Feng Zhong

Parmi les objets trouvés dans la tombe du Marquis Yi (乙) de Zeng, datant du Vè siècle avant J.-C., se trouvait un instrument colossal, regroupant 65 cloches de bronze, toutes retenues sur une charpente finement ouvragée. La découverte de cet instrument dans la tombe du roi d’une petite province de la période des Royaumes Combattants (战国) indique à quel point les arts prenaient une place importante dans les cours des petits royaumes d’alors. Dans la tombe ont également été trouvés les cercueils emboités du Marquis, recouverts d’un somptueux laque rouge et noir ainsi qu’un jian en bronze, une énorme cuve à double fond servant d’isotherme. Continue reading

Caballeros de otro mundo

Un peu de musique médiévale de bonne qualité…

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Caballeros de otro mundo (Os que boa morte morren)
Extrait de l’album Caballeros, par Eduardo Paniagua, grand spécialiste de musique médiévale espagnole et andalouse en particulier, d’après le répertoire des cantiques d’Alphonse X de Castille, dit le Sage (el sabio) avec le groupe Musica Antigua.

Lisa Gerrard, l’enchanteresse

On connaît l’Australienne Lisa Gerrard au travers du groupe à qui elle donna sa voix avec Brendan Perry, Dead can dance, mais c’est en solo depuis quelques années qu’elle trouve son chemin, notamment avec l’album The Mirror Pool en 1995, point culminant de sa carrière. Sa puissante voix de contralto qu’elle pousse parfois à l’extrême dans les graves a quelque chose de magique, d’envoûtant. Beauté froide et hautaine, elle est une icône de la new wave, druidesse sensuelle aux mélopées qui restent gravées dans la mémoire…

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Tamerlano (HWV 18)

Tamerlano est un des plus beaux opéras de Haendel composé en moins de vingt jours en 1724. L’histoire s’inspire de l’Historiae Byzantinae du chroniqueur Michel Doukas et raconte l’histoire de Tamerlan (Timur Lang, le boiteux, تیمور Timūr) et du sultan ottoman Bajazet (Bayezid Ier, Yıldırım Beyazıd , يلدرم الصاعقة بايزيد) qu’il a vaincu et fait prisonnier.
Un des fleurons de la musique baroque…

Tamerlan et Bajazet
peint par Stanisław Chlebowski

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Tamerlano – Ouverture. Orchestré par Jean-Claude Malgoire, interprété par La Grande Ecurie et La Chambre du Roy.

 

Trois versions d’une même oeuvre : Tableaux d’une exposition (Modeste Moussorgski)

Tableaux d’une exposition (Картинки с выставки) est une des deux seules œuvres instrumentales composées par le compositeur russe Modeste Moussorgski à partir d’une série de tableaux peints par son ami Victor Hartmann. A l’origine composée pour piano en 1874, elle fut ensuite orchestrée par plusieurs musiciens, dont Maurice Ravel en 1922 qui la rendit célèbre, version que n’entendra jamais son compositeur, mort ruiné et alcoolique. Ces tableaux, au nombre de dix, plus une, Promenade, déclinée en quatre ou cinq pièces jouées avec des tonalités différentes, sont avant tout des illustrations d’histoires traditionnelles ou des contes oraux de la Russie ancienne. On y trouve par exemple l’histoire de Samuel Goldenberg et Schmuyle ainsi que La cabane sur des pattes de poule qui n’est autre que la hutte de Baba Yaga, la méchante sorcière. Continue reading

don Pietro Gnocchi, sonates IX et XIII

Voici un compositeur absolument confidentiel, un de ceux qui restent dans l’ombre des grandes travées d’églises baroques, derrière les paravents des chambres dans lesquelles on ne joue qu’une certaine musique, une musique pour l’âme, une musique qui réchauffe les corps et qui ne fait jamais de mal. A une époque où l’on ne peut se contenter d’une seule activité, don Pietro Gnocchi, non content d’avoir composé une soixantaine de messes, dont certains requiem, était également historien et géographe, à la tête d’une volumineuse histoire des colonies de la Grèce ancienne en 25 tomes.

Voici deux extraits de très belles sonates, réédités récemment et interprétées par Brixia Musicalis (Sonate a tre) :

Photo © Uqbar

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Sonata XIII in re minore – Grave
(oboe, violino, violoncello, arciliuto & clavicembalo)

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Sonata IX in mi minore – Largo, Arcate distese
(violino I e II, violoncello, arciliuto & organo)

Haydn, sonate 28

Parfois, au détour d’une écoute hasardeuse dans la lumière ténébreuse d’un jour pluvieux de décembre, un petit bijou, au clavecin. Pour une fois, je trouve le jeu peu agressif et le son du clavecin clair, un peu étouffé, sensuel. Une des nombreuses sonates de Franz Joseph Haydn, la 28 en ré mineur pour clavecin seul. Silence…

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Haydn / Pf Sonate 28 D-dur (Divertimento) HobXIV:5 2. Menuet
Christine Schornsheim (clavecin) in Die Klaviersonaten, Vol.1

Karl Bartos – Live cinema

Bartos est un nom qu’on n’oublie pas, surtout lorsqu’il vient se produire à deux pas de chez vous, au centre des arts d’Enghien-les-bains. Il ne fait pas partie du noyau fondateur de Kraftwerk, le groupe pionnier en matière de musique électronique créé par Ralf Hütter et Florian Schneider, mais il en est un des membres éminents des premiers temps.

A l’origine de certains de titres les plus connus, on considère souvent qu’il est le plus original de la bande et c’est d’ailleurs ce qui le fera quitter la troupe puisque ses visions de la musique était largement plus progressistes que celles de deux membres fondateurs. On le voit d’ailleurs bien dans son dernier spectacle puisque s’il y est souvent question de son compagnon de route Wolfgang Flür, les images concernant les deux autres sont soigneusement évitées, laissant présager d’un conflit dans lequel il préfère certainement se passer de cet encombrant héritage. Toutefois, il n’hésite pas à reprendre sur scène certains des plus grands titres de Kraftwerk — surtout lorsqu’il en est le principal instigateur.

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Le spectacle Live Cinema qu’a monté Bartos avec son acolyte Mathias Black au mixage est un réel travail de scénographie et de production d’image, car depuis la dissolution (même si Kraftwerk continue de se produire avec Hütter) du groupe, Bartos a continué de publier des albums de son côté, tout en montant un spectacle à partir des courts-métrages qu’il a réalisé ces dernières années. On y retrouve certains des titres phares du groupe (Trans Europe Express, Tour de France, Robots, Das Model, etc.) mais également les titres de son album Communication, dont The Camera, illustré superbement par les images de Blow up d’Antonioni et de Peeping Tom de Michael Powell.
Un spectacle superbe, réglé au millimètre, orchestré par un Bartos fringuant, souriant et dont la voix, toujours aussi claire est la véritable pâte de sa présence auprès du groupe allemand pendant toutes ces années de succès. Ses réorchestrations sont beaucoup plus rythmées, on sent le percussionniste dans son meilleur œuvre. Du début à la fin, tout glisse, rien n’accroche, jusqu’au final où les salutations, brèves, mettent un terme au spectacle sans rappel, un spectacle halluciné, hypnotique, pour ne pas dire chamanique.