Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 28 juillet) : La Süleymaniye et Üsküdar

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Bulletin météo de la journée (samedi) :

  • 10h00 : 37.8°C / humidité : 44% / vent 22 km/h
  • 14h00 : 37.8°C / humidité : 31% / vent 30 km/h
  • 22h00 : 35.2°C / humidité : 78% / vent 13 km/h

Je me réveille sur les coups de 9h00, pour la dernière fois. La nuit n’a pas été bonne parce que j’ai laissé la climatisation toute la nuit et j’ai dû me lever pour l’éteindre, mais forcément, j’ai fini par avoir trop chaud. Il va falloir que j’apprenne à la régler de telle sorte à avoir la bonne température. Quand je me lève, je suis plein de courbatures, les jambes rompues, le dos cassé. Je prends mon petit déjeuner dans la salle du bas et à la télévision passe une très belle demoiselle qui chante du rap et s’amuse avec une canne comme les loulous de New-York City. La caricature est avantageuse. Elle porte le doux nom de Şimal, et chante une chanson qui s’appelle Şimal Yıldızı (chimal yeuldeuzeu) ce qui veut dire, à peu de chose près, Étoile Polaire. Je dois dire que j’aime bien…

Turquie - jour 2 - Istanbul - 06 - Küçük Ayasofya Camii

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La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 15 : Sur la rive asiatique, Üsküdar, Kuzguncuk et la Yeni Valide Camii…

Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 14 : sur les quais d’Eminönü, Yeni Camii, Sirkeci, Mısır Çarşısı

Istanbul - avril 2012 - jour 6 - 052 - Üsküdar - Kuzguncuk - café turc

Café turc et lokoum en terrasse, sous le soleil de Kuzguncuk

Rien de plus facile que d’aller en Asie. A Eminönü, trouvez le quai où l’on voit écrit en gros Üsküdar, mettez deux pièces d’une lire turque dans le jetonmatik, passez le tourniquet et… embarquez. A quelques encablures de cette rive se trouve l’Asie, celle qu’on appelait autrefois Mineure… Une immense péninsule qui s’engouffre jusqu’à l’Iran. Sur cette rive, qui à l’arrivée sur le quai d’Üsküdar semble bruyante, touffue, ramassée, l’air n’est pas le même qu’en face. Continue reading

La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 14 : sur les quais d’Eminönü, Yeni Camii, Sirkeci, Mısır Çarşısı

Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 13 : une mosquée au-dessus du monde, Rüstem Paşa Camii

Voici un des quartiers les plus animés d’Istanbul. Loin de Sultanahmet et ses restaurants chers, loin de l’Istanbul calme face à la mer de Marmara, Eminönü est un carrefour où se bousculent ceux qui traversent le pont de Galata pour aller à Beyoğlu, ceux prennent le tram pour s’engouffrer dans les petites rues au pied de la Süleymaniye, ceux qui prennent le bateau ou le car pour Eyüp et ceux qui prennent le ferry pour la rive asiatique et qui peuvent se targuer de dire qu’il vont travailler en Asie la journée et retournent le soir en Europe. Continue reading

La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 13 : une mosquée au-dessus du monde, Rüstem Paşa Camii

Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 12 : Sur les toits du caravansérail de la sultane Valide (Büyük Valide Han)

Istanbul - avril 2012 - jour 4 - 145 - Rüstem Paşa Camii

Construite en plein cœur du quartier d’Eminönü, la mosquée de Rüstem Paşa ne se laisse pas approcher facilement. En fait, rien ne distingue son entrée de l’entrée de n’importe quel autre bâtiment et il faut lever les yeux, dans ces rues étroites, bouillonnantes de monde et aux étals débordant, pour se repérer et comprendre qu’on est au pied de la mosquée, située dans Hasırcılar Caddesi. Il faut repérer une arche de pierre suffisamment basse pour y entrer en courbant l’échine. A première vue, rien ne laisse supposer qu’on soit autorisé à y pénétrer, mais un vieil homme assis à côté de la porte me fit signe en souriant qu’il y avait nécessité impérieuse de passer par ce chemin. Après une volée de marches hautes en pierre, on se retrouve dans le péristyle, un instant coupé du brouhaha de la rue qui en bas continue pourtant de prétendre à la vie. Les colonnes donnent sur une cour dégagée et mènent à l’entrée qui se trouve sur le côté. Une fois déchaussé, on entre dans une petite mosquée qui a cependant un quelque chose qui attire immédiatement l’œil ; le bleu d’Iznik. Continue reading

Sainte-Sophie de Constantinople – Gaspare Fossati – Londres [1852]

Entre 1847 et 1849, le sultan Abdülmecit Ier commandite la restauration du plus beau et du plus grand monument de Constantinople, ce qui est alors encore la Mosquée Sainte-Sophie. Pour cela, il fait appel à deux frères, Gaspare et Giuseppe Fossati pour mener les travaux et toujours sur la demande du sultan, des gravures seront exécutées afin de rendre compte de l’état de la mosquée avant restauration. C’est ce que fera Gaspare en publiant en 1852 ce recueil de gravures montrant Constantinople entre deux ères, à l’aube de l’époque moderne encore très fortement imprégnée de la culture ottomane dans laquelle elle a baigné pendant près d’un demi millénaire. Voici la reproduction intégrale de ce livre de gravure avec la description des planches. Continue reading

La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 10 : Au pied de Sultan Ahmet Camii, la majestueuse Mosquée Bleue

Episode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 9 : Yerebatan Sarnıcı, domaine de Méduse

Istanbul - avril 2012 - jour 2 - 140 - Sultanahmet Camıı (Mosquée bleue)

Difficile de passer devant sans être frappé par sa majesté, son immense stature, ses six interminables minarets qui semblent déchirer le ciel. La Mosquée Bleue, qu’on appelle ainsi en raison des milliers de carreaux de faïence provenant d’Iznik qui en parent l’intérieur et dont la dominante de couleur créé un ensemble bleu, se voit de loin et attire nécessairement le regard. Ses façades sont de marbre, de ce marbre qu’on retrouve partout dans la ville sous de multiples formes, dans tous les lieux publics, sur les places, les fontaines, les pavements des magasins, et même jusque dans les toilettes publiques, à Beyazit, où des dalles de marbre séparent les cabines des toilettes à la turque et à la Süleymaniye où le marbre occupe richement le moindre espace dans les toilettes souterraines de la mosquée. Ce marbre veinée de gris et de bleu, d’une exceptionnelle finesse, n’est pas là par hasard. La région n’a pas l’air spécialement pourvue en minéraux, et il faut en réalité aller du côté d’une île au nom étrange, Proconnèse (île aux chevreuils en grec), qu’en turc on appelle Marmara Adası et qui donna son nom à la mer qui borde Istanbul. Marmara, c’est tout simplement le marbre, celui qui affleure et donne sa majesté à l’Istanbul ottomane en la parant de blanc, un blanc qui éblouit et donne mal à la tête lorsque le soleil s’y réfléchit.
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La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 7 : Le Grand Bazar (Kapalıçarşı) et la mosquée Bayezid II (Beyazıt Camii)

Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 6 : Sokollu Mehmed Paşa Külliyesi (Kadırga)

Istanbul - avril 2012 - jour 2 - 045 - Nuruosmaniye Camii

On m’avait prévenu ! Le grand bazar, c’est une immense blague, c’est plein de touristes américains en bermudas qui viennent dépenser des fortunes pour couvrir de toc leur épouse en Gucci et Chanel. Effectivement, beaucoup d’argent qui passe d’une main à l’autre, beaucoup de monde, beaucoup de charlatans, beaucoup de vol institutionnalisé, bref, tout ce qui compose une parfaite carte postale pour cars de touristes chinois (exit les Japonais). Pourtant se rendre dans le grand bazar ne manque pas de charme. C’est un peu une plongée en apnée dans un monde de sirènes qui vous vantent leurs produits et vous prient instamment de visiter leur boutique pour commencer à vous vendre quelque chose, n’importe quoi, tout, pourvu que vous sortiez les Atatürk. Passée la noyade, on prend vite l’air renfrogné de celui qui ne cherche rien en particulier et souhaite qu’on lui laisse le passage, et comme avec les chiens de garde, surtout, ne jamais les regarder dans les yeux… On vous prévient, n’achetez rien sans l’avoir au préalable négocié, il existe des techniques pour cela… Pour éviter le monde, il faut éviter le grand bazar. Pourtant, c’est avec une certaine délectation que je me suis plongé dedans, je voulais connaître ça. Continue reading

La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 6 : Sokollu Mehmed Paşa Külliyesi (Kadırga)

Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 5 : Divan Yolu Caddesi et Çemberlitaş

Istanbul - avril 2012 - jour 4 - 003 - Sokollu Sehit Mehmet Pasha Camii

Dans le quartier de Kadırga, à deux pas de l’hôtel, je passe le soir venu devant un bâtiment avec une grande porte verte flanquée d’un palmier défraichi et encore ouverte alors qu’il est presque 21 heures. En venant du bas de la rue, rien n’indique qu’on est en face d’une des plus belles mosquées d’Istanbul. Construite sur le flanc d’une des collines de la ville, son complexe s’étend sur tout un pâté de maison qu’on peut à peu près apprécier lorsqu’on descend Katip Sinan Camii Sokak, seule rue qui donne une belle perspective sur l’ensemble, même si on voit plus les cheminées de la medrese que la cour de la mosquée elle-même. Son plan est tout à fait particulier puisque, comme dans une autre mosquée que je visiterai plus tard du côté d’Eminönü, il faut monter une grande volée de marches pour se retrouver dans la cour, face au şardivan. Face aux murs latéraux de l’entrée, sur le parvis, sont agenouillés de jeunes garçons qui se balancent en ânonnant des textes dont je n’arrive pas à reconnaître la langue. Tantôt debout, tantôt assis, ils expriment par ce balancement leur ferveur. Troublé par leurs gestes, je finis par me demander s’ils ne sont pas juifs, alors j’émets des hypothèses hasardeuses, me disant qu’ils viennent peut-être ici par qu’il y a peu de synagogues en ville, mais je me raisonne vite : nous sommes dans une medrese, une école coranique, et ils ne sont là que pour apprendre les versets du Coran et les réciter. D’ailleurs, l’homme que j’avais vu la veille leur parler a un aspect sévère et le charisme d’un homme d’église. Veste verte posée sur les épaules, chachia noire, barbe blanche taillée en pointe sur un visage anguleux, il n’a rien de sympathique. C’est pourtant lui qui surveille les allées et venues des quelques personnes qui y entrent. Continue reading