Retour à la maison (ritournelle ottomane)

Retour en terrain connu, en Cappadoce sur la terre des premiers chrétiens, là où la terre n’est que tuf, un pays qui disparaîtra un jour et qui taira à jamais ses refuges d’ermites qui se cachaient de leurs persécuteurs. Retour aussi dans la ville lumière à la porte de l’Orient, au bord du Bosphore, où le thé coule à flot au chant du muezzin. Retour à la maison, dans ce pays qui me devient de plus en plus étranger au fur et à mesure qu’il me devient familier, dans lequel je me sens vivre, où j’aime à me poser pour regarder la vie battre des paupières comme les ailes d’un papillon. Retour à la maison, pour en revenir une fois de plus dépossédé de moi-même, kidnappé par ses sourires enjôleurs.

Istanbul - avril 2012 - jour 6 - 114 - Vapur - Sur le Bosphore

Départ demain matin pour İstanbul, escale puis saut de puce jusqu’à l’aéroport de Kayseri (l’ancienne Césarée) dans la partie est de la Cappadoce, voiture de location à l’aéroport pour rejoindre Çavuşin où je serai logé pendant 5 jours. Le 6 mai, retour à Kayseri, retour à İstanbul pour 5 jours, dans un hôtel à deux pas de la mosquée de Beyazıt. Retour à Paris le 11 mai au soir.

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 31 juillet) : Kariye Kilisesi, Balat, Fener…

Épisode précédent :Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 30 juillet) : Anadolu Kavağı et Rüstem Paşa Camii

Bulletin météo de la journée (mardi) :

  • 10h00 : 36.4°C / humidité : 42% / vent 33 km/h
  • 14h00 : 35.6°C / humidité : 43% / vent 26 km/h
  • 22h00 : 31.2°C / humidité : 53% / vent 15 km/h

Il fait tellement chaud que je pense pouvoir compter sur les mosquées ou les églises pour me rafraichir un peu, mais en pure perte. Je finis quand même après quatre jours à ne plus ressentir la chaleur comme une fatalité et j’ai l’impression que mon corps ne transpire plus autant. C’est étrange à dire, mais j’ai l’impression d’avoir passé mon temps à suer du matin au soir pendant ces quelques jours. Les choses vont mieux à présent, et c’est vraiment comme si mon métabolisme s’adaptait doucement. Ce matin, je file encore vers Eminönü pour prendre le bus. Je verrai bien sur place comment faire et par chance, en regardant les plans de bus de la gare routière, un type me tape sur l’épaule et me dit « Kariye Museum ? this bus » et il me fait monter dans le E38 qui va jusqu’à Edirnekapı, une des portes de la ville située près des remparts. Par bonheur, le bus est climatisé, ce qui surprend un peu quand on voit que ce sont quand même de grosses machines qui crachent leur diesel dans des nuages de fumées noires. On s’imagine facilement que ce sont des fours roulants mais pas du tout.

Turquie - jour 5 - Istanbul - 03 - Edirnekapı

Lorsque le bus s’arrête, le chauffeur klaxonne pour prévenir qu’il est là (comme à peu près tout ce qui roule à Istanbul) et parler d’un arrêt est peut-être exagéré. On dirait plutôt que, jeune ou vieux, il faut attraper le bus en marche, et donc pour en descendre, c’est à peu près le même tarif. Le chauffeur, sans chaleur excessive mais très serviable me fait signe lorsqu’il est temps pour moi de descendre, ce qui m’arrange plutôt étant donné que je voyais bien les arrêts défiler sur le tableau de contrôle, mais je n’avais aucune idée du nom de l’arrêt qu’il fallait que je prenne. C’est Edirnekapı, tout simplement. Continue reading

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 30 juillet) : Anadolu Kavağı et Rüstem Paşa Camii

Épisode précédent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 29 juillet) : Kabataş et Beşiktaş par le Bosphore

Bulletin météo de la journée (lundi) :

  • 10h00 : 37.5°C / humidité : 69% / vent 17 km/h
  • 14h00 : 37.0°C / humidité : 39% / vent 17 km/h
  • 22h00 : 34.9°C / humidité : 68% / vent 15 km/h

Je me lève tôt ce matin et je déjeune en vitesse. Je dois vite rejoindre Eminönü car j’ai décidé de prendre le bateau pour aller jusqu’à la Mer Noire (Karadeniz). Cette mer a une histoire compliquée et encore aujourd’hui sujette à discussion, mais surtout, c’est une mer ancienne, qui porte en elle une histoire longue à tel point qu’on l’appelle encore parfois la mer des Scythes (Skythikos Pontos ou encore Pontos Euxeinos, mer accueillante, traduit en français par Pont-Euxin). La raison pour laquelle on lui a adjoint le qualificatif noir, c’est  une question de culture anatolienne (l’Anatolie compose la majeure partie de l’actuelle Turquie asiatique) ; les quatre points cardinaux sont représentés par des couleurs.

  • Kara, le « noir » désigne le nord,
  • Ak, le « blanc » désigne le sud,
  • Kızıl, le « rouge » désigne l’ouest,
  • Yeşil, le « vert » ou Sarı, le « jaune » désignent l’est. (source Wikipedia)

Turquie - jour 4 - Istanbul - 04 - Sur le Bosphore

C’est la raison pour laquelle la mer se trouvant au nord de la Turquie a pris l’épithète « noir », celle du sud ayant pris le « blanc ». La Mer Méditerranée se dit donc Akdeniz. Continue reading

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 29 juillet) : Kabataş et Beşiktaş par le Bosphore

Épisode précédent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 28 juillet) : La Süleymaniye et Üsküdar

Bulletin météo de la journée (dimanche) :

  • 10h00 : 36.5°C / humidité : 46% / vent 22 km/h
  • 14h00 : 37.8°C / humidité : 48% / vent 22 km/h
  • 22h00 : 34.8°C / humidité : 78% / vent 15 km/h

Le réveil est difficile, je fais tout pour ne pas me rendormir de peur de dépasser l’heure du petit déjeuner. Je me suis couché trop tard la veille et ce matin j’ai l’impression de ne pas être suffisamment reposé. Mes pieds et mes mollets me font souffrir à cause de ces maudites rues en pente, mais il faut repartir.

Turquie - jour 3 - Istanbul - 06 - Karababa Türbesi Sokak

Continue reading

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 28 juillet) : La Süleymaniye et Üsküdar

Épisode précédent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 27 juillet) : Retour à İstanbul

Bulletin météo de la journée (samedi) :

  • 10h00 : 37.8°C / humidité : 44% / vent 22 km/h
  • 14h00 : 37.8°C / humidité : 31% / vent 30 km/h
  • 22h00 : 35.2°C / humidité : 78% / vent 13 km/h

Je me réveille sur les coups de 9h00, pour la dernière fois. La nuit n’a pas été bonne parce que j’ai laissé la climatisation toute la nuit et j’ai dû me lever pour l’éteindre, mais forcément, j’ai fini par avoir trop chaud. Il va falloir que j’apprenne à la régler de telle sorte à avoir la bonne température. Quand je me lève, je suis plein de courbatures, les jambes rompues, le dos cassé. Je prends mon petit déjeuner dans la salle du bas et à la télévision passe une très belle demoiselle qui chante du rap et s’amuse avec une canne comme les loulous de New-York City. La caricature est avantageuse. Elle porte le doux nom de Şimal, et chante une chanson qui s’appelle Şimal Yıldızı (chimal yeuldeuzeu) ce qui veut dire, à peu de chose près, Étoile Polaire. Je dois dire que j’aime bien…

Turquie - jour 2 - Istanbul - 06 - Küçük Ayasofya Camii

Continue reading

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 27 juillet) : Retour à İstanbul

Mon voyage en Turquie commence. Voilà bien deux ou trois mois que tout est déjà prévu, que les billets d’avion sont réservés, que les chambres d’hôtel le sont exactement. J’ai juste encore un petit doute sur les deux nuits d’hôtel pour les deux derniers jours à Istanbul mais j’attends en fait de voir à quoi il ressemble une fois sur place puisque de toute façon, je passe par là avant d’y revenir à la fin du mois. L’itinéraire, lui, est parfaitement bouclé, même s’il y aura toujours de la place à l’imprévu. Il faut savoir sur si je suis un grand voyageur dans ma tête, il n’y a réellement que peu de temps que j’ai commencé à réellement partir à l’aventure et que malgré mon côté assez peu organisé en apparence (j’ai du mal dans mon travail et dans ma vie à avoir une visibilité au-delà d’une semaine), il me fallait absolument pour partir trois semaines en Turquie m’organiser un minimum d’autant que j’ai commencé à fréquenter des coins un peu excentrés. Sur une carte de la Turquie, voici ce que ça peut donner :

Carte de la Turquie - carnet de voyage août 2012

Je pars de Paris le 27 juillet au matin et j’atterris en début d’après-midi à Istanbul, aéroport Atatürk. 5 jours prévus pour voir quelques petites choses qui m’ont échappées en avril. Ensuite départ en avion depuis Atatürk pour Antalya dans le sud, location de voiture et trajet assez long (environ 300 km) jusqu’à la petite ville de Kaş où je dois rester 8 jours. Je repars ensuite en voiture à 30 km de là seulement pour changer de rayon et m’installer dans une toute petite ville, Patara où je reste 4 jours. Ensuite, je retourne à Antalya pour rendre la voiture et prendre le car jusqu’à Nevşehir en passant par la ville de Konya. A Nevşehir, je prends une navette qui m’emmène jusqu’à Uçhisar où je reste 4 jours. Retour à Nevşehir pour prendre un vol interne jusqu’à Istanbul, où je reste deux jours avant de reprendre l’avion pour Paris. Si je compte bien, ça fait 24 jours en comptant le jour du départ. Vingt quatre jours !! Quand j’y pense, ça semble faire une éternité loin de chez soi, loin des gens avec qui l’on est familier et en même temps l’éloignement est d’autant plus important que je suis rarement parti aussi loin, qui plus en est en Asie. Mais voilà, c’est parti, il faut y aller. Lorsque le réveil sonne le 27 au matin, j’ai comme l’impression de ne plus vraiment être dans mon corps, ni même dans mon esprit, c’est comme si déjà j’avais endossé la peau de quelqu’un d’autre, la transformation s’est amorcée.
Continue reading