Jan
5
2010
Il en fallait du talent pour transformer l’œuvre de Maurice Sendak en film. Le livre qui a servi de point de départ au film — on ne peut pas vraiment dire que le film soit l’adaptation du livre mais plutôt le fil conducteur — est un classique de la littérature américaine pour enfant et ce qu’en a fait Spike Jonze est un véritable travail de “raconteur d’histoire”.

Le soir même du jour où j’ai visionné le film, je me suis plongé dans le bouquin de Sendak pour tenter de comprendre un peu mieux les brèches ouvertes dans le film, mais là où celui-ci élargit l’horizon, le livre en dit peu, ferme le discours, s’auto-enroule sur sa définition et c’est ce qui me porte à dire que je n’aime pas du tout le livre, que je trouve particulièrement inintéressant, contre-productif et c’est sans parler du graphisme auquel je n’adhère pas.
Il y a vraiment peu de choses à raconter du film parce que c’est le genre d’œuvre qui fait partie des expériences à vivre ; il s’en dégage une sorte de bienfaisance sacrée, entourée de mystères superficiels, d’une belle douceur de vivre que seule l’enfance est à même de porter et de sublimer.
Le tout est porté à merveille par Max, Max Records, parfait beau petit diable qui semble superbement habiter son monde imaginaire, des créatures monstrueuses ingérables et crédibles — seul bémol, le doublage de KW par Charlotte Gainsbourg, à baffer, insupportable, je n’en ferais mon amie pour rien au monde — et une bande originale littéralement géniale, composée par l’ex-petite amie de Jonze, la très provocante et jolie Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs.

Where the wild things are (admirons tous ensemble l’imagination qu’il faut pour traduire ça en Max et les Maximonstres) est un chef d’œuvre dont on ressort difficilement tellement il nous tire vers ce que nous avons de plus intime, de plus intouchable ; notre enfance…
A déguster avec les petits, ça fait un bien fou…
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Nov
23
2009
Une conversation à laquelle j’ai participé il y a peu de temps m’a mis la puce à l’oreille. Les musiques d’aujourd’hui seraient elles mortes ? Brel aurait-il emporté avec lui dans la tombe les derniers arias de musique populaire ? Björk ne serait qu’une imposteuse imposture ? Atterré j’étais. Il ne se serait donc rien passé pendant toutes ces années ? Je devais dormir.
Là où je suis passablement circonspect, c’est qu’il y a quelques temps déjà, j’ai emmené mon fils dans un Virgin — je devrais plutôt dire que je suis allé dans un Virgin accompagné de mon fils — et je me suis mis en tête de découvrir un truc que je ne connaissais pas, et qui surtout me surprenne. Un truc bien avec du bonheur dedans, y’en a besoin. J’ai écouté quelques trucs, pas convaincu, pendant que mon fils (6 ans) écoutait tout ce qu’il trouvait avec déjà l’oreille connaisseuse. Et soudain, c’est le drame, c’est l’illumination, j’entends les carillons du ciel, les anges claironner, des Alléluia sonores résonner dans mes oreilles. Mon bout de chou, le casque vissé sur les oreilles, se met à crier dans le magasin à la face de son père rouge de honte PAPA C’EST GENIAL CE TRUC ACHETE-LE MOI PAPA C’EST SUPER. Finalement, la musique n’est pas morte.
Il a raison le coquin, c’est chouette, agréable à écouter, j’écoute quelques pistes et je suis convaincu. Je ne connais pas ce groupe composé de gens venus d’Islande, des gens bizarres avec des noms bizarres… (Gunnar Örn Tynes, Örvar Þóreyjarson Smárason, Ólöf Arnalds…) et c’est le début pour lui et moi d’une belle histoire d’amour.
Ce billet aurait pu s’appeler Comment mon fils de 6 ans m’a fait découvrir Múm…
EDIT: je recommande vivement ce billet de la blogothèque de Chryde où deux vidéos vous attendent en tapant du pied.
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7 comments | tags: enfant, Islande, musique | posted in Arts, Chambre acoustique