Emile Prisse d’Avennes en trois nouveaux volumes

Emile Prisse d’Avennes en trois nouveaux volumes

Il y avait bien longtemps que je n’avais présenté ces livres merveilleux illustrés par le génialissime Prisse d’Avennes, qui illuminent de leurs couleurs puissantes les plus belles pages de l’Égypte ancienne. Un volume de texte, deux volumes d’illustrations, tous les trois disponibles sur le site de Gallica.

Histoire de l’art egyptien d’après les monuments… / par Prisse d’Avennes,… ; Texte par P. Marchandon de la Faye

Histoire de l’art égyptien d’après les monuments, depuis les temps les plus reculés jusqu’à la domination romaine / par Prisse d’Avennes ; ouvrage publié sous les auspices du Ministère de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts ; texte par P. Marchandon de La Faye (1)

Histoire de l’art égyptien d’après les monuments, depuis les temps les plus reculés jusqu’à la domination romaine / par Prisse d’Avennes ; ouvrage publié sous les auspices du Ministère de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts ; texte par P. Marchandon de La Faye (2)

 

 

Le pharaon cannibale

Lorsque le pharaon lui-même est plus grand que le plus grand des dieux, il les mange…

Le pharaon devient dieu lui-même par le couronnement, il s’approprie la force des couronnes au sens le plus réaliste, en les mangeant. C’est de la même façon qu’il s’approprie la substance divine. Dans les Textes des Pyramides se trouve «le fameux hymne au pharaon cannibale qui se nourrit des dieux, mange les grands au déjeuner, les moyens au dîner et les petits au souper, qui leur brise les vertèbres et leur arrache le cœur, qui dévore cru ceux qu’il rencontre sur son chemin.» C’est laisser entendre que le pharaon est le plus grand de tous les dieux, au moins leur égal, le maître des hommes et des choses, le maître des eaux du Nil, de la terre et même de la récolte en train de croître. «J’étais, fera-t-on dire plus tard à un pharaon défunt, quelqu’un qui faisait pousser l’orge.»

Fernand Braudel, Les mémoires de la Méditerranée
Livre de Poche, Collection Références
Éditions de Fallois 1998

Détail du Papyrus de Greenfield ou Livre des Morts de Nésitanebtashérou du British Museum

Détail du Papyrus de Greenfield ou Livre des Morts de Nésitanebtashérou
British Museum, Londres

Les nuits du Caire, Gilbert Sinoué

Les nuits du Caire, Gilbert Sinoué

This is Cairo....This is my hometown.

Photo © Marwa Morgan

Tout nouvellement sorti dans une petite collection chez Arthaud, le livre de Gilbert Sinoué, Les nuits du Caire, est un vrai grand bol d’air frais. Le narrateur, un Égyptien chrétien né au Caire mais qui a passé sa vie en France, revient en pleine révolution pour retrouver la femme qu’il a aimé quarante ans auparavant dans l’espoir de refonder quelque chose. Sur son chemin, ceux qui ont fait la révolution, les foules en colère, les islamistes qui l’enlèvent avant de se rendre compte qu’ils ont connu son propre père… Son parcours jusqu’à l’appartement de sa bien-aimée, Myriam, sera jonché des ombres de son passé, dans un Caire bouleversé où il ne reconnaît plus rien.
Alors au bout du chemin, il ne reste plus rien, à part les souvenirs…

Lorsque je l’aperçus, ce fut comme un jaillissement de lumière, l’éclatement d’un soleil. A un souffle de moi. Ses parents l’accompagnaient.
Elle ne pouvait être réelle ! Cette blancheur ! L’éclat de ce teint ! Ces joues de lys et de roses. Ce cou d’albâtre. Cheveux noirs de jais, tressés dans le poudroiement des nuits du Caire. Lèvres serties dans le rubis et le corail. Et ses yeux. Ses yeux couleur opale comme la mer.
Elle ne pouvait être réelle.
Elle l’était pourtant.
Et je m’embarquai dans un rêve fou.

Gilbert Sinoué, Les nuits du Caire
Arthaud, 2003

Mystérieux portrait de femme du Fayoum (l’invention de la peinture de chevalet et du pointillisme)

Ne vous est-il jamais arrivé de rencontrer une peinture qui vous trouble à ce point que vous n’arriviez pas à chasser l’image de votre mémoire ? Ne vous est-il jamais arrivé d’être à ce point troublé par le visage d’une femme que vous n’auriez jamais pu connaître puisqu’elle est morte il y a des centaines d’années, éloignée de vous par un gouffre d’intemporalité, mais que vous vous disiez tout de même que vous auriez aimé la connaître ? C’est à peu près l’impression que j’ai eu la première fois que j’ai vu ce visage peint exhumé du Fayoum.

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Monuments égyptiens, bas-reliefs, peintures, inscriptions…

Encore une très belle production dans la collection des œuvres illustrées d’Émile Prisse d’Avennes, éditée en 1847 par Didot frères à Paris. On notera à la fin de l’ouvrage des planches en couleur absolument superbes. On regretterait presque qu’il y ait aussi peu de planches…

Monuments égyptiens, bas-reliefs, peintures, inscriptions… etc, d’après les dessins exécutés sur les lieux par E. Prisse d’Avennes, pour faire suite aux Monuments de l’Egypte et de la Nubie, de Champollion le Jeune.