Dans la vapeur blanche des jours sans vent

Il se passe quelque chose. Quelqu’un avec qui j’ai affaire en ce moment me disait « quand il ne se passe rien, c’est que quelque chose de nouveau est en germination, c’est là que naissent les événements. » Les révolutions naissent ainsi. Ce qui se prépare à l’heure actuelle, c’est mon carnet de voyage en Turquie, les douces heures chaudes passées dans la fournaise de l’été sur ce long parcours qui m’a mené d’İstanbul à Kaş, puis de Kaş à Patara sur l’antique chemin des Lyciens que parcourut en son temps Paul de Tarse, puis de Patara à Uçhisar au cœur d’un des foyers les plus anciens de la religion chrétienne, pour finir par retourner à İstanbul où le ramadan touchait à sa fin. Retour sur un parcours riche de sens, de découvertes et de rencontres. Très bientôt.

Lever de soleil en Cappadoce

Lever de soleil sur la Cappadoce,
15 août 2012
Altitude au dessus du niveau du sol: 1000m

Citoyen croqueur

Mon coup de cœur du moment, ce sont les carnets de Marc Taro Holmes qu’il remplit de superbes aquarelles aériennes, très légères, exploitant l’ombre et la lumière sous un trait parfaitement fin, discret qui donne à voir ce qui est l’essentiel d’une représentation. C’est avec ce genre de croquis qu’on comprend à quel point on n’a pas à s’embarrasser du détail et que les deux seules choses qui comptent, c’est le trait et la lumière. Et une bonne dose de patience aussi.

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Le carnet de Villard de Honnecourt

Villard de Honnecourt nous vient tout droit du début du XIIIè siècle, de sa Picardie natale. Sa profession était magister latomus, c’est-à-dire maître d’œuvre, profession dans laquelle on reconnaît le titre de dessinateur, architecte, chef de chantier et compagnon du devoir. Villard n’avait en soi rien d’exceptionnel, si ce n’est que l’homme était un voyageur, un artiste et certainement une personne reconnue dans la profession des bâtisseurs de cathédrales, mais il nous a laissé un témoignage de son art dans son carnet, car l’homme était dessinateur de talent, laissant une trace des monuments qui lui ont plu, expérimentant diverses techniques pour dessiner les proportions d’un corps humain ou appliquer des moyens mnémotechniques. On y trouve également des recettes, des planches naturalistes et des scènes religieuses.
Le carnet contenait à l’origine une centaine de pages au format 14×22, mais il n’en reste plus qu’une soixantaine aujourd’hui, parfaitement conservés à la Bilbiothèque Nationale de France. Continue reading

Où en étions nous ?

Vivre n’est pas si facile pour moi et si on me demande souvent pourquoi je lis, pourquoi je papillonne, pourquoi je m’intéresse et pourquoi je suis curieux, pourquoi je suis toujours occupé à quelque chose et pourquoi je ne m’ennuie jamais, pourquoi j’ai constamment l’air de penser à quelque chose, pourquoi je parle tant quand je m’y mets, pourquoi il y a de la passion dans mes yeux, pourquoi je ne dors plus, pourquoi je n’arrive pas à renoncer à tout ce que je m’étais promis de renoncer, pourquoi je suis si malheureux en fin de compte et pourquoi je n’arriverai jamais à rien qui puisse me satisfaire complètement, et pourquoi je m’intéresse toujours à des choses qui a priori n’intéressent personne et pourquoi je ne fais jamais rien comme tout le monde et pourquoi je ne laisse jamais tomber, et pourquoi j’ai parfois les yeux rougis par le sang et les larmes et pourquoi j’aime tant les femmes et pourquoi j’aime tant être avec elle et pourquoi je déteste les aimer alors que je pourrais aimer les haïr de toutes mes forces, et pourquoi elles m’ont tant fait souffrir quand moi j’avais tant besoin qu’on ne m’offre que de l’amour, pourquoi je crie souvent entre mes oreilles pour faire taire le bruit de la nuit, pourquoi je deviens dingue et pourquoi je m’en veux trop, alors je répondrais qu’il faut que je reste en activité car si le néant m’envahit, si le rien arrive à se saisir de moi, si le vent souffle sur la plaine, si la poussière me brule les yeux, peut-être alors — je ne sais pas, je n’ai jamais essayé — peut-être vais-je ne pas supporter ça. Et je ne sais pas ce qu’il y a après.

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Bande originale du film In the electric mist,
chanté et joué par Courtney Granger, artiste américain cajun d’expression française

Sooke - from Gordon's Beach

Geißstraße

commerce building, san antonio, texas